L'armurerie James à Autun, véritable institution en Saône-et-Loire, est un nom qui résonne bien au-delà des frontières de l'Autunois Morvan. Forte d'une histoire de près de deux siècles, cette enseigne a su évoluer d'une modeste coutellerie à une armurerie de renom, tout en conservant un savoir-faire artisanal précieux. Récemment, la nouvelle propriétaire, Pauline Zacharie, a célébré les 195 ans de ce commerce emblématique, offrant l'occasion de revenir sur son histoire riche et passionnante.
L'histoire de l'armurerie James débute en 1824, lorsqu'un coutelier nommé Pierre Asselineau ouvre une coutellerie au 51 de la rue Aux-Cordiers à Autun. Issu d'une famille de couteliers, Asselineau perpétue un savoir-faire traditionnel dans un local exigu, qui restera l'adresse de l'entreprise jusqu'à nos jours. Son fils, Gervais, reprend l'affaire familiale, assurant la continuité de la tradition coutelière.
Au fil des générations, la coutellerie Asselineau évolue et se diversifie. L'entreprise se forge une solide réputation pour la qualité de ses produits et son expertise dans le domaine de la coutellerie.
Au fil du temps, la coutellerie s'ouvre progressivement au monde de l'armurerie. Cette évolution stratégique permet à l'entreprise de répondre aux besoins d'une clientèle plus large, notamment les chasseurs de l'Autunois Morvan et d'ailleurs. L'armurerie James acquiert une renommée qui dépasse les frontières départementales, attirant des clients de toute la région et au-delà.
Jean-Claude James, ancien propriétaire, a joué un rôle clé dans le développement de l'armurerie.
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Pauline Zacharie est la seule femme armurière de France à avoir obtenu le brevet des Métiers d’arts en armurerie, dans la seule école française. Elle est une artisane armurière et cheffe d’entreprise qui colle à son époque, même si son travail est empreint de tradition.
En reprenant l’armurerie James, l’une des plus vieilles de France, la cheffe d’entreprise autunoise a su s’imposer par son talent, son dynamisme et son courage, auprès d’une clientèle majoritairement masculine.
Dès le lycée, Pauline Zacharie se distingue. Elle reçoit le diplôme de la meilleure élève en baccalauréat professionnel et BTS de la région Rhône-Alpes. Puis elle intègre la formation des Métiers d’arts en armurerie, à Saint-Étienne. Là, elle obtient son brevet et finit major de promotion. Au nombre de ses succès, on peut ajouter sa victoire au concours de l’Institut national des métiers d’arts en Rhône-Alpes et la troisième place au niveau national.
À 21 ans, elle décroche le concours national des Talents d’or du Rotary. Pauline Zacharie a connu un parcours semé d’embûches. C’est sa passion pour les armes à feu et sa détermination qui lui ont permis de s’imposer dans un milieu exclusivement masculin.
Pratiquante du tir sportif dès l’âge de 15 ans, la jeune femme se voit d’abord comme tireur d’élite. Freinée dans ses ambitions, elle rêve de devenir écrivain. Le déclic survient quand son père, chasseur, l’emmène aux portes ouvertes du seul lycée de France à former aux métiers de l’armurerie, à Saint-Étienne (Loire).
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Son brevet des métiers d’arts armurerie en poche, major de sa promotion, elle ne trouve cependant pas de travail à sa sortie d’école. Elle finit par décrocher un premier poste dans un atelier de fabrication, près de Saint-Étienne. Un métier physiquement difficile qu’elle quitte au bout de deux ans.
C’est à l’issue d’une rencontre avec Jean-Claude James, à la tête de l’une des plus grandes armureries de France à Autun (Saône-et-Loire), qui la prend sous son aile, qu’elle saisit sa chance en se lançant dans la création d’une gamme de fusils de collection.
En 2011, Jean-Claude James lui propose la cogérance de l’armurerie familiale, fondée en 1824. Un changement de statut difficile dans un métier traditionnellement réservé aux hommes qu’elle a appréhendé avec courage pour finalement s’imposer.
Depuis 2016, la marque allemande de fusils de prestige Blaser en a fait son ambassadrice à l’international. « Je reste à ce jour la seule armurière au monde à être l’ambassadrice de cette marque », avoue la cheffe d’entreprise.
Pauline Zacharie est faite chevalière de l’ordre national du Mérite en 2019 à seulement 34 ans.
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Malgré des journées à rallonge, l’armurière est engagée dans diverses associations ou chambres consulaires. Ainsi, on la compte parmi les membres du Rotary club, de la Confédération des petites et moyennes entreprises, de la Chambre du commerce et de l’industrie, de l’association Femmes qui bougent. Elle est aussi administratrice de la caisse locale du Crédit agricole Centre-Est.
À 38 ans, Pauline Zacharie prouve, par sa réussite professionnelle, que l’on peut faire son chemin dans des domaines que l’on considère, à tort, réservés aux hommes.
Pendant plusieurs décennies, l'atelier de coutellerie de la Maison James était caché du public. Pauline Zacharie, seule armurière diplômée en France, a pris la décision audacieuse de remettre l'atelier à sa place originelle, en vitrine de la boutique. Cette initiative vise à valoriser le savoir-faire artisanal de l'entreprise et à le rendre accessible à tous.
"C'est là que tout a commencé," explique Pauline Zacharie. "Je me suis dit qu'il était bien de montrer mon travail aux passants autant qu'aux clients. Que chacun puisse voir comment on aiguise les couteaux ou encore les tondeuses pour les animaux !"
Cette démarche témoigne de l'attachement de Pauline Zacharie à l'histoire de l'entreprise et de sa volonté de perpétuer les traditions tout en s'adaptant aux exigences du monde moderne.
L'aiguisage de couteaux est l'une des spécialités de Pauline Zacharie. Elle aiguise environ 1200 couteaux par an, de toutes les tailles, du couteau de table au couteau de boucher. Elle utilise une meule électrique, qu'elle juge plus confortable que les meules à eau traditionnelles que l'on peut encore trouver à Thiers, en Auvergne.
Les passants sont souvent intrigués par le lapidaire, une machine utilisée pour aiguiser les tondeuses pour les bovins et les ovins. Bien que cette activité soit moins fréquente qu'auparavant, en raison des hivers moins rigoureux, Pauline Zacharie continue de proposer ce service aux agriculteurs locaux. "On en fait moins qu’avant, environ une vingtaine à la semaine, parce que les hivers sont beaucoup moins froids qu’il y a quelques décennies.
Pauline Zacharie, originaire du département de l'Isère, apporte un soin particulier à chaque lame qu'elle aiguise. Son objectif est de rendre les couteaux aussi impeccables que tranchants, pour la satisfaction de ses clients.
Les tarifs proposés par Pauline Zacharie sont raisonnables : 7,90 euros pour une tondeuse et de 3 à 7 euros pour un couteau. Ces prix attractifs sont appréciés des amoureux des beaux couteaux, qui reconnaissent la qualité du travail effectué.
Pauline Zacharie, artisane armurière et cheffe d’entreprise autunoise, a tiré de trois personnages mythologiques l’inspiration lui permettant de créer trois fusils d’exception : Amazone, Calypso et Cassiopée. « La réalisation de cette trilogie a duré un an et demi », souligne la créatrice.
Telle une architecte, Pauline Zacharie a su façonner ses fusils en s’alliant avec des artisans bourguignons, comme Thibault de Corval (graveur ciseleur à Dijon), Stéphane Aufrère (joaillier à Beaune) ou encore Gilbert Tsomake (sculpteur animalier à Luzy).
De par la minutie apportée et les matières employées, ces armes dépassent leur fonction première pour devenir des objets d’art. Ainsi l’arme portant le nom d’Amazone, un calibre 28, se distingue par ses motifs de dentelle ciselés en forme de corset et une pyramide de diamant servant de guidon. « Il aura fallu 1,20 m de fil d’or pour représenter le laçage présent sur le pontet », souligne l’armurière.
Pour Calypso, on retrouve un décor de sirène. Pour ce fusil de calibre 410, l’armurière a employé de la nacre, une perle et un pontet en argent. Quant au calibre 20, nommé Cassiopée, il est serti de 102 pierres précieuses (diamants et saphirs) représentant à l’identique la constellation éponyme.
Mais toutes ces armes ont deux points en commun : le « S » symbolisant le terme de mise en sécurité de l’arme a été remplacé par un diamant. De plus, les canons de ces armes ont reçu un vernis cuit au four, qui reste un procédé unique au monde.
À partir de l’année prochaine, les chasseurs français enregistreront désormais leurs fusils et autres carabines au sein du SIA, le nouveau système d’information pour les armes. Les particuliers disposeront d’un râtelier virtuel qui leur permettra notamment d’éviter de se déplacer en préfecture pour déclarer les armes mais aussi d’éditer leur carte européenne d’arme à feu en ligne. Les armuriers, quant à eux utiliseront un registre totalement dématérialisé.
Plusieurs armuriers partagent leur avis sur le SIA: "Ainsi, notre profession en sortira grandi et apportera une véritable sérénité auprès des non-utilisateurs d’armes à feux. C’est indéniablement une excellente chose pour notre profession." "Nous allons ainsi remettre à plat toutes nos réglementations. C’est un avantage pour nous mais aussi pour les chasseurs et les tireurs. Cela simplifiera leur quotidien et le nôtre." "C’est bien évidemment une excellente chose pour l’ensemble des possesseurs d’armes dans notre pays, qu’ils soient chasseurs, tireurs sportifs ou collectionneurs. Ce système va permettre de clarifier les choses, de responsabiliser les gens et aider les armuriers à travailler dans de meilleures conditions." "Sage décision, le papier remplacé par le numérique le tout géré par des professionnels ! Terminés les registres, les photocopies et les courriers par mètres cubes expédiés aux préfectures, sans compter les nombreuses questions et retours de courriers pour telle ou telle arme non répertoriée sur le fichier AGRIPPA." "Je pense que le SIA est une évolution évidente dans notre nouveau monde virtuel. De nombreuses démarches administratives seront réduites, le suivi sera minutieux et il sera plus rapide pour les professionnels, tireurs et chasseurs d’obtenir des informations sur leurs acquisitions."
L'armurerie James à Autun est bien plus qu'un simple commerce. C'est un lieu chargé d'histoire, un témoin du passé artisanal de la région. Certains outils utilisés dans l'atelier, comme l'enclume, ont même 200 ans, témoignant de la longévité de l'entreprise. L’une des machines, le lapidaire, n’a pas loin d’un siècle…
La reprise de l'armurerie par Pauline Zacharie est une excellente nouvelle pour la préservation de ce patrimoine vivant.
De nombreux clients ont partagé leurs expériences positives avec l'Armurerie James et Pauline Zacharie :
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