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Richard Cœur de Lion et Guillaume Tell… deux célébrités médiévales qui doivent beaucoup à l’arbalète, comme victime pour l’un et comme virtuose pour l’autre. Inventée par la Chine il y a plusieurs centaines d’années, l’arbalète est une arme de grande histoire. Objet que l’on peut d’ailleurs retrouver dans plusieurs film ou série télévisée comme Game of Thrones ou The Walking Dead.

Origines et Évolution de l'Arbalète

On trouve trace de l’arbalète dès l’antiquité, avec un apogée en Chine dès l’antiquité, et au Moyen Âge en occident. Les premières traces d'arbalètes nous viennent de Chine. L'arbalète à des origines anciennes, remontant à la Chine du 6e siècle avant notre ère. Les premiers modèles étaient rudimentaires, construits à partir de bois et de tendons, mais ils représentaient une avancée significative par rapport à l'arc classique. L'arbalète chinoise, appelé "nu", était utilisé par les troupes pour sa capacité à tirer des projectiles avec une force et une précision accrue.

En Grèce antique, des conceptions similaires, appelées "gastraphetes", ont été développées, combinant les principes de l'arc et de la catapulte. Les Grecs ont perfectionné l'arbalète pour des sièges et des batailles navales, mais c'est en Chine que l'arme a véritablement pris son envol. La dynastie Qin a standardisé l'utilisation de l'arbalète dans son armée, en faisant une arme de choix pour ses fantassins.

Avec le temps, l'arbalète s'est propagée en Asie, en Inde et au Moyen-Orient, et a finalement atteint l'Europe où elle a été adoptée par les Grecs et les Romains. En Europe, l'arbalète a gagné en popularité au Moyen Âge, surtout pendant les croisades. Les croisés ont découvert des versions plus avancées de cette arme au Moyen-Orient et ont rapidement adapté la technologie à leurs besoins. L'un des moments les plus marquants de l'histoire de l'arbalète en Europe est sans doute la Bataille d'Hastings en 1066, où l'arme fut utilisée par les Normands pour terrasser l'armée anglo-saxonne. Son efficacité et sa capacité à percer les armures ont révolutionné les tactiques de combat et ont contribué à son adoption massive par les armées européennes.

L'arbalète a également laissé une empreinte significative en dehors de l'Europe et de la Chine. En Inde, l'arbalète a été adopté par certains royaumes, notamment dans les régions du sud où elle a été utilisée à la fois pour la guerre et la chasse.

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Cette arme de trait, apparue dès l’antiquité chinoise, a été utilisée en Europe comme arme de guerre jusqu’à la fin de la Renaissance, où son usage s’est alors limité à la chasse, et l’est encore en partie aujourd’hui. À l’époque de sa fabrication, l’arbalète n’était dotée d’aucun mécanisme. Elle est avant tout utilisée pour la chasse et a commencé à se développer durant les guerres du Moyen-Age, principalement les Croisades. Une des plus grosses évolutions de l’arbalète était au XIVème siècle lors de l’invention d’un système qui permet de recharger automatiquement.

Fonctionnement de l'Arbalète

Ce qui ressemble pour l’essentiel à un arc monté sur une pièce rigide, l’arbrier, a longtemps coexisté avec l’arc sur les champs de bataille. L'arbalète est une arme de jet qui a joué un rôle crucial dans l'histoire militaire, la chasse, et même le sport moderne. Contrairement à un arc traditionnel, l'arbalète utilise un mécanisme de verrouillage qui permet de maintenir la corde en position tendue, offrant ainsi une plus grande précision et puissance à l'utilisateur.

Le principe de base du fonctionnement de l’arbalète est semblable à celui de l’arc. L’énergie fournie lorsqu’on bande le dispositif est stockée dans la déformation élastique des branches. Lorsqu’on relâche la corde, cette énergie est alors transférée à la flèche ou au carreau, se convertissant ainsi en énergie cinétique.

Deux paramètres sont importants : la puissance, exprimée en livres, c’est-à-dire la force maximale exercée pour bander l’arme et la maintenir ainsi ; la course de la corde, la distance parcourue entre sa position au repos et sa position bandée.

Composants clés d'une arbalète

  • Le stock (fût ou crosse): Le corps principal de l'arbalète, qui sert de support à l'arc et abrite le mécanisme de déclenchement.
  • L'arc (ou "molle"): Partie horizontale, appelée également "molle" ou "arc", qui est fixée à l'avant du stock.
  • Le mécanisme de déclenchement: Composant qui retient la corde de l'arc jusqu'à ce qu'elle soit libérée.
  • Les traits ou carreaux: Les projectiles utilisés par l'arbalète, généralement plus courts et plus lourds que les flèches traditionnelles.

L'une des principales différences entre l'arbalète et l'arc classique est le mécanisme de tir. L'arbalète offre plusieurs avantages : elle permet à l'utilisateur de maintenir une tension constante sur la corde sans effort musculaire continu, ce qui améliore la précision et réduit la fatigue. Cependant, l'arbalète présente également des inconvénients. Elle est généralement plus lourde et plus encombrant qu'un arc classique, et son temps de recharge est plus long.

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Puissance et Performance

Pour fixer les idées, estimons les performances d’une grosse arbalète de chasse (spécifiée pour gros gibier) moderne. Sa puissance est de 300 livres (1,3 kilonewtons) et sa course de 0,432 mètre. On en déduit qu’elle stocke une énergie d’environ 280 joules, à même de propulser un carreau de 400 grains (25,76 g) à une vitesse de 540 kilomètres par heure. Presque la moitié de la vitesse du son !

La « puissance », d’abord, équivalente au poids d’une masse de 136 kilogrammes. On ne pourrait évidemment pas, avec un arc classique, retenir la corde avec la seule force musculaire. C’est tout le premier avantage de l’arbalète : la corde est maintenue mécaniquement. Cette puissance n’a cessé d’augmenter au cours des siècles : des premières arbalètes chinoises de quelques dizaines de livres, disons 60 livres (27 kilogrammes) jusqu’à des arbalètes Renaissance à arc en acier, annoncées avec des puissances de 1 000 livres (450 kilogrammes) ! Elle avait été supérieure dès le Moyen Âge à la puissance du fameux arc long anglais, de l’ordre de 120 livres.

Ce progrès n’a été possible qu’avec l’évolution des techniques. En effet, la puissance de l’arme est aussi une mesure des contraintes mécaniques qui agissent sur l’arc des arbalètes à la fois en étirement pour l’extérieur des branches (l’extrados) et en compression pour l’intérieur (l’intrados). L’usage d’une seule essence de bois limiterait la puissance supportable avant l’endommagement du matériau : aussi, très vite, l’arc des arbalètes a-t-il été réalisé en matériau composite, en faisant appel à l’association de bois, tendons, cornes, le tout encollé… Avant même l’apparition des arcs en acier au XIVe siècle, ou aujourd’hui en fibre de verre, des puissances au-delà de 200 livres n’étaient pas rares pour ces arbalètes composites. Et avec des matériaux performants, très rigides, ces puissances sont atteignables avec de petites déformations qui ne nécessitent que des branches d’arc relativement courtes, ce qui rend l’arme bien moins encombrante qu’un arc, un second avantage.

Mécanismes de Tension

Surgit alors une difficulté : armer l’arbalète ! Pour tirer sur la corde jusqu’à la bonne position, l’arbalétrier exerce à un moment donné une force égale à la puissance de l’arme. Comment faire face à l’augmentation de la puissance ? Plusieurs options. Armer l’arbalète avec deux mains et non pas une seule comme dans l’arc augmente la force musculaire déployée, et plus encore en mobilisant la force des jambes, notamment les quadriceps des cuisses, et du dos.

Pour ce faire, il y a le choix ! À chaque fois, un effort physique est nécessaire et, s’il est amené à se répéter, peut vite épuiser un homme. Et comme un arbalétrier n’est pas un haltérophile, bander un arc de plus de 200 livres (97 kilogrammes) reste un problème. D’où l’introduction de dispositifs mécaniques pour démultiplier la force : cela peut être aussi simple qu’un bandoir dont le fonctionnement n’est pas sans rappeler celui d’un palan. Il divise par deux la force nécessaire pour armer l’arbalète.

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Aujourd’hui, grâce à la maîtrise de la démultiplication avec des poulies, les armuriers conçoivent de nouvelles géométries pour les arbalètes avec des branches parallèles à l’arbrier. L’arbalète évoquée précédemment (200 livres) ne fait que 31 centimètres de large une fois armée, une force de seulement 5 livres suffisant à le faire.

Le Carreau : Un Projectile Bien Conçu

Une autre distinction fondamentale entre l’arc et l’arbalète est le projectile : la flèche et le carreau. Ce dernier est manifestement plus court et son empennage en général bien plus simple, se limitant à deux petites plumes ou ailettes. Pourquoi ? Remarquons déjà qu’étant guidé, le carreau part droit dans la ligne de visée et n’a pas besoin d’être aussi flexible qu’une flèche dont le fût fléchit et oscille au départ pour éviter le manche de l’arc.

Il peut donc être beaucoup plus rigide et aussi plus court, puisque la course de la corde est plus petite que l’allonge d’un arc classique. Par ailleurs, compte tenu de la vitesse de départ du carreau, de l’ordre de 200 kilomètres par heure, si on se limite à de courtes portées (disons 20 mètres), on est en situation de tir tendu, où l’effet de la gravité est modéré : le carreau va (presque) droit au but. Quelques astuces aident néanmoins à stabiliser la trajectoire. Le fût du carreau peut être renflé en son centreou vers l’arrière. Conséquence, s’il dévie de la ligne droite pendant le vol, les forces aérodynamiques s’exerçant à partir de son milieu étant plus élevées que celles qui s’exercent sur sa pointe (il y a plus de surface face à l’écoulement de l’air), la trajectoire se redresse.

Ensuite, puisque le carreau repose sur l’arbrier, l’empennage est limité à deux petites ailettes. Cela n’est pas forcément une mauvaise chose, car un empennage important est à l’origine d’une traînée notable et fait plus rapidement perdre de l’énergie au carreau. Son pouvoir de pénétration en est diminué d’autant. En installant de travers les ailettes, on obtient le même effet qu’un canon rayé sur une balle : le carreau tourne sur lui-même, cette rotation ajoutant un effet gyroscopique qui améliore sa stabilité aérodynamique.

Ces deux ingrédients sont présents dans le vireton, un carreau spécialement conçu pour percer avec facilité les armures. Ce n’était pas nécessaire pour tuer Richard Cœur de Lion qui, peu soucieux de sa sécurité, ne portait pas d’armure. L'arbalète, une arme redoutable qui tuait à distance sans formation de haut niveau, et dérangeait le code guerrier.

Impact Tactique et Déclin

L'arbalète est une arme qui semble avoir été inventée en Chine, avant d'être utilisée en Europe. Au départ, elle servait surtout pour la chasse, puis on a commencé à l'utiliser à des fins militaires, sans doute à l'époque des Croisades. Cette arme, au départ rudimentaire, fut progressivement perfectionnée. Une des évolutions majeures se produisit au XIVe siècle lorsqu'on inventa un système qui permettait de recharger automatiquement l'arbalète. Une arme qui permit à ceux qui la manipulait de devenir des soldats d’élite

Comme cela a été très souvent le cas dans l'histoire, une évolution technologique fait le bonheur des uns et le malheur des autres. La diffusion de l'usage de l'arbalète modifia en effet les rapports de force entre les groupes de guerriers. Nous en avons là une autre belle illustration. L'arbalète bouleversa les normes qui dominaient jusque-là dans l'activité militaire.

Les chevaliers, qui étaient considérés comme l'élite des guerriers, se sentirent menacés dans leurs prérogatives. Ils détestaient l'arbalète car elle tuait à distance, ne permettant pas à l’adversaire de se défendre en corps à corps, ce qui était leur spécialité. De plus, l'usage de l’arbalète ne nécessitait aucune formation de haut niveau. Elle donnait donc à des soldats peu aguerris la possibilité de tirer de loin, sans risque, sur un chevalier en armure, alors que ce dernier avait consacré toute son existence au métier de la guerre.

Considérée comme une arme déloyale par les nobles, l'arbalète fut dénoncée comme une arme immorale par le clergé, en raison du peu de courage et de formation que demandait son usage. En 1139, le deuxième concile du Latran interdit son utilisation. Quelques années plus tard, le pape Innocent II menaça même les arbalétriers, les fabricants d’arbalètes et ceux qui en faisaient le commerce, d’anathème et d’excommunication. Cela n'empêcha pas les princes qui se faisaient la guerre de recourir de plus en plus à cette arme nouvelle.

Tout cela avait un coût, notamment une fréquence de tir limitée, de l’ordre de deux carreaux par minute pour l’arbalète à moufle au lieu de dix flèches dans le même temps pour un archer anglais, ce qui n’était pas sans conséquences sur le champ de bataille, comme les Français en ont fait l’amère expérience à Crécy ou à Azincourt ! Aussi l’arbalète était-elle surtout utilisée dans des situations où la cadence de tir était moins cruciale comme les sièges de places fortes ou la chasse.

Pendant la guerre de Cent Ans, on fit aussi appel à des mercenaires arbalétriers étrangers, en particulier italiens et génois, dont le tir pouvait percer une armure jusqu’à une distance de 100 mètres. Les Italiens se démarquent dans la conception d’arbalète spécifiquement efficace. Un tir peut atteindre jusqu’à 350 km/h.

Comme les arcs, les arbalètes ont quasiment disparu quand les armes à feu, plus facile à utiliser, nécessitant peu d’entraînement, et également moins chères deviennent l’équipement de base du soldat.

Caractéristiques et Types d'Arbalètes

Les différents types d'arbalètes se caractérisent par le mécanisme utilisé pour bander l'arc : à la main, à pied de biche, à tour ou à cry. Les premières arbalètes se bandaient à la main à l'aide d'un étrier et d'un crochet attaché à la ceinture. Les arbalètes à pied de biche étaient plutôt utilisées par des cavaliers. Des mécanismes plus sophistiqués permettaient une plus grande puissance mais alourdissaient l'arme.

Type d'Arbalète Puissance (livres) Portée de Tir (mètres)
Pistolets arbalètes 50-80 10-20
Arbalètes recurve 150-175 25-40
Arbalètes à poulies (vitesse < 400 FPS) Variable 40-70
Arbalètes à poulies (vitesse > 400 FPS) Variable Jusqu'à 100-125

Voici quelques types d'arbalètes:

  • Arbalète de chasse: Conçue pour une utilisation en milieu sauvage, elle est généralement légère, compacte et facile à manœuvrer.
  • Arbalète de compétition: Utilisée dans les compétitions sportives, elle est conçue pour la précision et la stabilité.

Portée et Efficacité de l'Arbalète

Très puissante et précise, c'était une arme très meurtrière. Sa portée pouvait aller jusqu'à 150 mètres. Ses défauts étaient son poids et sa cadence de tir (2 carreaux par minute contre 12 flèches pour un bon archer). Lorsqu'on plonge dans l'univers des arbalètes, la question cruciale qui se pose est celle de la distance de tir. Choisir la bonne arme dépend de divers facteurs, notamment de la portée spécifique à chaque modèle.

Les pistolets arbalètes, avec une puissance de 50 à 80 livres, offrent une portée de tir allant de 10 à 20 mètres. Les arbalètes recurve, plus puissantes avec une force de 150 à 175 livres, étendent la portée à 25-40 mètres. Les arbalètes à poulies, avec une vitesse en dessous de 400 FPS, repoussent les limites avec une portée de 40 à 70 mètres. Les arbalètes à poulies dépassant les 400 FPS repoussent les frontières avec une portée pouvant atteindre jusqu'à 100 mètres, voire 125 mètres pour des modèles à 500 FPS.

Arbalètes à Répétition

Les arbalètes, et plus particulièrement les arbalètes à répétition, sont des pièces d’ingénierie fascinantes. Une arbalète à répétition se distingue par sa capacité à tirer plusieurs traits ou carreaux sans nécessiter un rechargement entre chaque tir. L’arbalète à répétition est une prouesse technique considérable pour son époque. Au Moyen Âge, l’utilisation des arbalètes à répétition était surtout réservée aux armées bien équipées et aux troupes spécialisées. En effet, leur fabrication sophistiquée et coûteuse en faisait des armes rares.

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