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Le bouclier, indissociable de l'équipement du combattant à travers l'histoire, remonte au moins à l'époque sumérienne en Mésopotamie, au IIIe millénaire avant J.-C. Il n'a cessé d'évoluer et de se diversifier au gré des besoins et des techniques.

Évolution et Diversité des Boucliers

Les modèles les plus anciens sont en cuir, cousu sur une armature de bois. Le cuir tendu et séché offre une bonne résistance aux flèches, voire aux lances. Le bouclier connaît une grande variété de formes et de matériaux à travers les âges et suivant les régions. Épaisseur et qualité sont améliorées quand apparaissent de nouvelles armes.

Les premiers modèles sumériens sont rectangulaires et de grande taille, presque à hauteur d'homme, protégeant ainsi le corps tout entier. C'est le cas du bouclier mycénien, dont la forme incurvée et enveloppante est comparée à une tour. Les Minoens usaient d'un bouclier bilobé, en forme de 8 : deux lobes superposés sur une armature de bois, recouverts de peaux de bœufs.

Avec l'essor de la métallurgie, on emploie du bronze, destiné à renforcer le bouclier, généralement apposé sur la face externe, en disques espacés. Le bronze massif serait trop lourd à porter. Sa forme bombée permet aux traits de ricocher facilement en surface sans pénétrer, tout en enveloppant mieux les flancs du soldat.

C'est au VIIe siècle av. J.-C., peu après l'époque d'Homère, qu'apparaît en Grèce un nouveau type de bouclier : l'aspis koilè, "bouclier creux", arme de l'hoplite et de la phalange. C'est un bouclier rond d'environ un mètre de diamètre, bombé, que soutient tout l'avant-bras, ainsi aisément maniable. L'armature de bois est recouverte d'une plaque de bronze décorée d'un emblème identifiant le soldat et sa cité. Ce peut être un animal, une figure mythologique, une lettre.

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Le Bouclier au Moyen Âge

Les boucliers ont été utilisés de manière constante tout au long du Moyen Âge. Des boucliers aux boucliers pavoisés, ils étaient fabriqués dans différentes formes, tailles, épaisseurs et matériaux, avec ou sans lanières pour le poignet et l’avant-bras. Ils assurent une protection passive en fermant une ou plusieurs lignes d’engagement pendant le combat ; ils sont utilisés pour intercepter les attaques d’armes à courte portée et les projectiles tels que les flèches et les boulons.

Le grand bouclier rond ou en amande du haut Moyen Âge s'est peu à peu rétréci et raccourci au fil des siècles, mais sa forme est restée en longueur jusqu'à la fin du XIIe. Puis il rétrécit encore pour une forme plus maniable à pied comme à cheval et aboutit à l´écu de forme triangulaire très légèrement plus haut que large qui sera armorié à partir du XIIIème siècle.

Même si les boucliers étaient souvent décorés auparavant, l'héraldique telle qu'on la connaît commence véritablement avec les croisades, elle naît du fait qu'il devient difficile d'identifier les chevaliers avec l'évolution de leur équipement. Marquer d'une croix son appartenance à la croisade se complète rapidement du besan (monnaie de l'empire byzantin) symbolisé d'un rond d'or le plus souvent disposé par trois. Puis d'autres signes distinctifs chargés de symbolique vont compléter ce signalement et cette mode va se généraliser partout en Europe en devenant très complexe jusqu'à devoir se codifier dans une science pour distinguer les différents lignages, les croiser et les répartir au gré des unions et des descendances.

Le bouclier s'est donc rétréci avec l'ajout des premières plaques d'acier disposées en renfort sur les cottes armées, il est devenu de plus en plus petit à mesure de leur extension jusqu'à parvenir à la couverture complète du corps par le harnois dans le milieu du XIVème siècle. Devenu inutile et encombrant le bouclier disparaît alors totalement de l'équipement du chevalier, sauf exception pour des cas particuliers comme la joute ainsi que pour compléter des parures de prestige qui n'avaient plus aucune utilité militaire et qui n'ont pour la plupart jamais été portées.

Dans le même temps de son rétrécissement puis de sa disparition de l'équipement du chevalier, d´autre formes de boucliers sont apparues, mieux adaptées à des pratiques ou à d'autres types de combattants, notamment pour les fantassins.

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Types de boucliers médiévaux

  • Pavois: Le pavois était le bouclier typique du fantassin, principalement des archers et arbalétriers. Porté dans le dos pendant les déplacements il était généralement grand voire très grand de manière à abriter complètement son utilisateur lorsque la troupe était en ordre de bataille.
  • Mantelet: Le mantelet est une version plus lourde du pavois qui était utilisée lors des sièges, sa base était prolongée de crochets pour s'arrimer au sol et il était retenu en position par un ou deux bras articulés.
  • Rondache: La rondache également nommée rouelle au XIIème et XIIIème siècle était ronde comme son nom l´indique et relativement petite. Rarement utilisée à cheval sauf en orient et dans l´est de Europe. Au XIIIème siècle la rondache de fer ou de cuir bouilli ne dépassait pas 30 cm de diamètre.
  • Targe: La targe longtemps synonyme de l´écu et même des petits boucliers ronds appelés aussi targes réondes devint le bouclier de joute lorsqu´elle s´échancra sur le canton dextre pour faciliter le passage de la lance.

Fabrication d'un bouclier médiéval : Méthode par cintrage

La méthode par cintrage permet de réaliser facilement un bouclier en bois solide et avec des matériaux communs pour un prix modéré. Le bouclier sera utilisable en bataille de reconstitution ou en AMHE.

Même si les matériaux utilisés sont "histo-compatibles", cette réalisation ne porte pas sur la reconstitution technique d'un bouclier médiéval tel que les montrent les pièces archéologiques.

Prérequis

Il faut commencer par se fabriquer une "forme". C'est sur cette forme que les planches seront cintrées. Ici les formes sont en contreplaqué de 15mm ou en agglo. Elles sont fixées entre-elles par des tiges filetées de 14mm. Chaque élément de la forme est bloqué entre deux écrous. Ce principe permet d'ajuster facilement chaque élément en fonction de la taille du bouclier ou de le remplacer.

Il faut choisir la forme de son bouclier en fonction de ce que l'on souhaite réaliser. Dans notre cas ce sera un bouclier de piéton du XIIIe siècle. La taille en fonction du porteur sera d'une hauteur mesurée de l'épaule au genoux (environ 100 cm en général) et la largeur d'environ 60cm. Faire un gabarit de la forme du bouclier dans un carton (1/2 forme suffit). Il sera conservé pour d'autres productions.

Il faut de la colle à bois à prise progressive, du cuir tanné végétal pas trop épais (2/3mm) ou du lin fort, des clous de tapissier, des sangles à cliquet (idéal), des serre-joints, 2 planches de contreplaqué de 5mm ou 3 planches si besoin (attention au poids).

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Étapes de fabrication

  1. Encollage : Il s'agit d'enduire de colle les planches de contreplaqué. Utiliser par préférence une palette de type "peigne" à grosses dents en croisant les passages pour étaler la colle. Une fois les faces encollées les positionner centrées sur la forme. Pour s'aider on peut pointer les deux planches pour éviter qu'elles ne glissent au serrage.
  2. Serrage et cintrage : Une fois les deux planches positionnées et après avoir pris soin de mettre en place les sangles à cliquet, elles sont mises en pression progressivement. Les excès de colle vont couler sur les côtés, prévoir de quoi essuyer... Ne pas hésiter à retendre les sangles et à vérifier régulièrement le dispositif. Laisser sécher 48h minimum.
  3. Démoulage : Enlever les sangles et les serre-joints. Dégager la pièce obtenue (elle est parfois collée avec des coulures de colle mal essuyées). Reporter le dessin du bouclier avec le gabarit sur la pièce puis procéder à la découpe.
  4. Pose du revêtement de cuir ou de tissus de lin :
    • Cuir : Découper le cuir à la forme en laissant une bonne marge pour le rabattre. Bien l'humidifier puis le positionner et riveter. Il peut être riveté au moyen de clous forgés matés sur des carelles (rondelles carrées). Les carrelles sont découpées dans un fer plat. Alternative collage : Il peut aussi être collé de préférence à la colle à bois progressive. Dans ce cas il reste préférable de l'humidifier (sans détremper) pour que la colle pénètre bien.
    • Tissus : Si on a fait le choix de poser du tissus de lin, le collage suffit. Bien imbiber de colle à bois et le positionner sur la forme. Il est possible de le pointer avec deux ou trois petites pointes pour éviter qu'il ne bouge au moment du positionnement. Ensuite maroufler avec une palette droite pour chasser l'air et les excès de colle. Rabattre sur les côtés ou couper au ras de la forme. Un conseil : laver le tissus en machine avant pour le détendre et enlever l'apprêt industriel.
  5. Les énarmes : Elles sont réalisées en cuir. Leur fonction est de permettre de fixer le bouclier au bras et de le manoeuvrer. Elles sont réglables au moyen d'une boucle ou d'un lacet de cuir. La longueur des énarmes doit prendre en compte le port de gants, d'un gambison et éventuellement d'un haubert. Elles sont rivetées au bouclier à la manière indiquée ci-dessus (clou et carrelle). La guige passe autour du cou. Elle permet de transporter le bouclier au cours d'une marche et de le supporter plus facilement en combat. Positionnement plutôt en biais.

Le bouclier gaulois

Le bouclier gaulois correspond vraisemblablement à ce que nous pourrions nommer une arme mixte. Ce terme dénote sa pluralité fonctionnelle. Il est défensif, évidemment, car le but majeur du bouclier demeure la protection dynamique du corps. Il conserve néanmoins également une fonction offensive.

Le bouclier gaulois est généralement composé d'une planche de bois, partie couvrant l’essentiel du corps du combattant et constituant l’essentiel de l’arme. Plate, peut-être très légèrement concave - sans commune mesure avec les boucliers de leurs contemporains (pensons à l’hoplon de l’hoplite grec ou au scutum du légionnaire romain) - cette partie pouvait être réalisée d’un seul tenant, par un « franc-bord » (planches juxtaposées) de plusieurs planches ou dans un lamellé-collé.

Ordinairement, cet élément de la panoplie est de forme ovale, même s’il semble y avoir des modèles quadrangulaires, circulaires voire hexagonaux selon les peuples, les corps d’armes et les époques.

Le bouclier laténien est tenu de la main gauche à l’aide d’une poignée horizontale en bois, le manipule, vraisemblablement sans courroie et sans énarme. Ce manipule est placé au centre de gravité de ce bouclier de façon à favoriser son utilisation rapide et à alléger le port de l’arme.

La main du guerrier, logée dans une cavité au centre de laquelle passe le manipule, est protégée par un élément en bois, la « spina ». Pièce fondamentale du bouclier pendant tout le Second Âge du Fer, cette spina tend à disparaître avec l'apparition de l'umbo circulaire à la fin de l'Indépendance gauloise.

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