Le Brésil, pays de football, est malheureusement aussi confronté à des problèmes de violence, parfois liés à l'utilisation d'armes à feu, notamment dans le contexte des matchs.
Des tirs ont éclaté en plein direct lors d'une interview de Philippe Coutinho à Rio. Parmi eux, Philippe Coutinho, ancien joueur de Liverpool et du FC Barcelone, récemment revenu dans son club formateur, était en train d’échanger avec des journalistes du média Globo Esporte lorsqu’une série de détonations a été entendue à quelques centaines de mètres. D’autres membres de l’équipe, comme l’attaquant portugais Nuno Moreira et le gardien brésilien Léo Jardim, ancien joueur du LOSC en France, étaient également en pleine intervention médiatique lorsque l’incident est survenu. Ce dernier, visiblement peu surpris, a laissé échapper un rire nerveux, confiant que ce type d’événement fait désormais partie du quotidien dans le quartier. « On s’habitue, malheureusement. Ce nouvel épisode souligne une fois de plus les tensions sécuritaires qui règnent dans certaines zones de Rio.
Dans un autre incident, durant un match entre deux équipes brésiliennes de niveau amateur, l'arbitre central, pris à parti par des joueurs, a sorti une arme à feu de son short. C'est son assistant qui l'a empêché, de justesse, de commettre l'irréparable. La scène, hallucinante, s'est déroulée ce week-end au Brésil. Plus précisément sur la pelouse bosselée d'un terrain de la petite ville de Brumadinho, non loin de Belo Horizonte, où s'affrontaient, dans le cadre d'un Championnat amateur, les équipes de Brumadinho (donc) et d'Amantes da Bola. Ce sont les joueurs de cette dernière qui ont mis le feu aux poudres en frappant à coups de poings et de pieds l'arbitre de la rencontre, le dénommé Gabriel Murta. Lequel, policier de profession, portait alors son arme de défense sur lui et l'a dégainée sur le terrain pour répondre à ses agresseurs. C'est son assistant, drapeau à la main, qui le dissuadera in extremis d'appuyer sur la gâchette. Il risque, évidemment, une lourde sanction. L'arbitre aurait courru dans les vestiaires pour récupérer son arme.
Un arbitre brésilien risque gros après avoir sorti une arme à feu en plein match au Brésil le week-end dernier. Le Daily Miror rapporte que l'arbitre était policier de métier, et qu'il se faisait physiquement agresser par des joueurs de l'équipe de ligue mineure Amantes de Bola. Il aurait ensuite couru dans les vestiaires pour récupérer son pistolet de service. C'est l'arbitre de touche qui a tenté de calmer l'officiel, qui devra passer des tests psychologiques et devrait faire face à une longue suspension au minimum.
La violence ne se limite pas aux incidents isolés. Les affrontements entre supporters sont également un problème récurrent. Un blessé est évacué sur un brancard à l'issue des incidents opposants fans de l'Atletico Paranaense à ceux de Vasco de Gama, dans le championnat brésilien, le 8 décembre 2013 à Joinville (Brésil). Dimanche 8 décembre, à Joinville (Brésil). Le club de Vasco de Gama affronte l'Atletico Paranaense. Résultat final : 3 personnes dans le coma, 70 minutes d'interruption, un homme lynché devant les caméras, un hélicoptère qui atterrit sur le terrain, des joueurs en pleurs. "J'ai vu un jeune au sol, passé à tabac, à coups de bâton. On leur a dit d'arrêter, ils ne l'ont pas fait", raconte, hébété, le défenseur de l'Atletico Luiz Alberto, cité par le Daily Mirror (en anglais).
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Depuis 1988, 234 personnes ont perdu la vie dans les violences liées au football, note le site Inside World Football (en anglais). Quand il était ministre des Sports, Pelé avait déclaré : "Les hooligans sont en train de tuer notre sport." Il avait aussi ironisé sur le niveau de violence des hooligans européens, sans commune mesure avec ce qui se passe au Brésil. "Je suis arrivé ici il y a 12 ans en me disant que ce n'était pas aussi terrible que ce qu'on raconte, se souvient le journaliste britannique Tim Vickery dans un documentaire de Discovery Channel. Effectivement, ce n'est pas comme ce qu'on raconte : c'est pire." Ce dernier prend l'exemple des fans de Flamengo, considérés comme les plus dangereux du pays : "S'ils ne trouvent personne pour se battre, alors ils se battent entre eux."
Curieusement, une rixe entre supporters de Fluminense et Vasco de Gama, qui a fait un mort et entraîné 21 arrestations, en 2012, a fait beaucoup moins de bruit en France. Un adolescent de 14 ans a été tué, début 2013, par un fumigène lancé par des supporters de l'équipe brésilienne des Corinthians, lors d'un match de Copa Libertadores, l'équivalent de la Ligue des champions. Marta Rocha, responsable de la police de Rio, déclarait déjà : "On ne peut plus tolérer toute cette violence. Ce n'est pas le genre d'exemple que nous voulons montrer lors de la Coupe du monde". "C'était mieux avant, renchérit Paulo, un des leaders des supporters de Flamengo sur Discovery Channel. Avant les supporters s'affrontaient avec les poings, pas avec des armes à feu."
Face à cette situation, des mesures de sécurité sont mises en place, notamment lors de grands événements comme la Coupe du monde.
Lors de la rencontre, aucun policier n'était présent dans le stade, à peine quelques stadiers dépassés, alors que le match était classé à hauts risques. Lors de la Coupe du monde, la Fifa compte avoir recours à des sociétés de sécurité privées, mais avec dix fois plus de stadiers (900 contre 80) et 200 caméras de surveillance, laissant la police brésilienne sécuriser les abords des stades. "Notre concept a très bien marché lors de la Coupe des confédérations", sorte de répétition générale du Mondial, qui s'est déroulé en juin, s'est défendu la Fifa dans un communiqué. Surtout, le public de la Coupe du monde sera bien différent des habitués du championnat brésilien à cause du prix des tickets, deux à trois fois plus chers.
Depuis 2005, la FIFA privilégie la lutte contre le terrorisme à l'endiguement du hooliganisme, remarque ESPN (en anglais). Les autorités brésiliennes suivent particulièrement l'activité des gangs, très puissants à Rio. Si leurs membres sont trop durement traités en prison, il y aura des représailles. Sans doute une menace plus prégnante que les hooligans.
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Pour prévenir les risques, le Quai d'Orsay a publié un guide à l'intention des supporters français qui se rendent à la Coupe du monde. Le Brésil, ses plages de rêve, sa samba... et ses violences. Avec son taux d’homicides particulièrement élevé, le pays fait partie des champions de l'insécurité en se classant juste derrière la Colombie et le Venezuela, les deux Etats les plus dangereux au monde, selon les statistiques de l’ONU (PDF en anglais). Pour assurer la tranquillité des 600 000 touristes qui s’apprêtent à faire le déplacement, le gouvernement brésilien a réquisitionné 157 000 policiers et militaires.
Le ministère des Affaires étrangères a publié, pour eux, un guide du parfait supporter (PDF). Voici quelques recommandations :
En 2012, des incidents ont éclaté lors de la finale retour de la Copa Sudamericana entre Sao Paulo et Tigre. Mercredi soir, après de premiers incidents entre joueurs qui ont provoqué une interruption du match avant les deux buts de Sao Paulo, signés Lucas Moura (23e) et Osvaldo (28e), une bagarre générale a éclaté lors du retour aux vestiaires. Lucas Moura, qui disputait sa dernière partie avec Sao Paulo avant de rejoindre le Paris Saint-Germain en janvier contre un transfert de 43 millions d'euros, a eu le nez en sang.
Selon l'arrière latéral gauche de Tigre, Lucas Orban, la police serait ensuite entrée dans le vestiaire et aurait menacé un joueur avec une arme à feu. "Les agents de la sécurité de Sao Paulo sont entrés, nous ont tapés avec des bâtons, ont sorti un revolver et l'ont pointé sur le gardien de but Damian Albil et puis la police est venue et a recommencé à nous taper", a déclaré Orban.
L'un des responsables de la police militaire brésilienne, le commandant Gonzaga, a nié ces affirmations. "Personne n'était armé", a-t-il assuré aux medias brésiliens. Selon lui, quand la police est intervenue, "la bagarre était générale entre la sécurité de Sao Paulo, les joueurs et l'encadrement du Tigre. Personne n'était armé. Il y a eu des blessés des deux côtés".
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