Beretta, fondée par Bartolomeo Beretta en 1526, est l'une des marques d'armes à feu les plus anciennes et respectées au monde. La société Beretta, également connue sous le nom de Fabbrica d’Armi Pietro Beretta S.p.A., est l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses fabricantes d’armes à feu au monde.
L’histoire de Beretta commence avec Bartolomeo Beretta, un maître armurier originaire de la ville de Brescia, en Italie. En 1526, Bartolomeo a ouvert son atelier d’armurerie à Gardone Val Trompia, une petite ville dans la région des Alpes italiennes. La première trace de Beretta remonte à 1526, date d’un contrat entre Bartolomeo Beretta et la République de Venise.
Gardone, Lombardie. Rien à première vue ne distingue cette très ancienne cité d’une quelconque ville de province de l’Italie du Nord. Rien, sinon la présence en son sein de l’une des plus vieilles firmes au monde : la très réputée Fabricca d’Armi Beretta. Implanté au cœur de la ville, l’établissement et ses dépendances emploient 8000 personnes.
De ce Bartolomeo, on sait peu de chose sinon qu’il naquit en 1490, qu’il eut un fils et que, dans les dernières années de sa vie, il acheta un domaine dans les environs de Gardone, signe d’une certaine prospérité. Ce qui est sûr en revanche, c’est que pendant des siècles, les Beretta ne se distinguèrent en rien de leurs confrères armuriers.
Au fil des décennies et des siècles, les armuriers Beretta se sont distingués par leur engagement envers la qualité, l’innovation et l’artisanat. La famille Beretta a suivi une tradition d’excellence qui a été transmise de génération en génération. L’un des jalons importants dans l’histoire de Beretta a été l’invention du système à platine latérale, une innovation qui a grandement amélioré la fiabilité des armes à feu à percussion.
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Guerres avec la Turquie, l’Espagne, la France, la papauté, sans parler des conflits avecles autres cités italiennes : l’histoire de Beretta se confond avec celle, agitée, de la péninsule. Techniciens avant tout, ouverts à l’innovation - au XVIIe siècle, ils sont ainsi parmi les premiers à fabriquer des mousquets en lieu et place des antiques arquebuses - les descendants de Bartolomeo Beretta se succèdent de père en fils - toujours l’aîné -, affermissant méthodiquement leur emprise sur la Ligue des armuriers de Gardone tout en se gardant bien de prendre parti dans les innombrables querelles politiques du moment.
Les alliances matrimoniales sont le moyen privilégié de leur ascension. Mais la famille n’hésite pas à recourir, quand il le faut, aux intrigues : à plusieurs reprises, des membres de la Ligue se plaignent des agissements des Beretta. L’un d’eux est même soupçonné du meurtre d’un concurrent, arrêté puis relâché faute de preuves… Résultat : à la fin du XVIIe siècle, les Beretta sont le principal fabricant de mousquets et de pistolets de la région.
Les guerres révolutionnaires et l’occupation française en Italie du Nord vont donner à la famille le « coup de pouce décisif » : se rangeant résolument dans le camp des envahisseurs, auxquels ils livrent toutes les armes qu’ils demandent, les Beretta s’attirent les bonnes grâces de Bonaparte qui leur octroie un certificat de bons et loyaux services. A la fin des années 1790, la dissolution de la Ligue des armuriers de Gardone par ce même Bonaparte sert au mieux les intérêts des Beretta.
C’est avec Pietro Antonio que les Beretta sortent véritablement de l’ombre. Né en 1791, ce jeune homme ambitieux s’emploie à transformer ce qui est encore un modeste atelier d’artisan en une authentique fabrique d’armes. En 1832, il lui donne le nom qui est encore le sien aujourd’hui. Mais Pietro Antonio ne s’arrête pas là : toujours sur les routes, il multiplie les accords avec des importateurs et développe les productions, ajoutant couteaux, sabres, baïonnettes, pistolets et fusils de chasse à un catalogue déjà bien fourni.
A sa mort en 1853, son fils Giuseppe reprend le flambeau et entame un « règne » qui devait durer un demi-siècle. Un record ! Au milieu des années 1860 en effet, l’« usine » Beretta dépasse à peine 1.000 mètres carrés et emploie un peu plus de 50 personnes. Giuseppe lui-même vit modestement dans un appartement qu’il s’est fait aménager à l’intérieur même de l’établissement, fidèle en cela à la tradition familiale.
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Rompant en revanche avec la prudence multiséculaire de la famille qui voulait que ses membres se mêlent le moins possible des affaires du vaste monde, Giuseppe s’implique très avant dans la vie publique. A Gardone, berceau de la dynastie, il est un membre éminent et actif du conseil municipal. La cité lui doit même son premier hôtel, édifié sur ses deniers personnels « pour l’embellissement de la ville et le confort des voyageurs ».
Nationaliste convaincu, partisan de la « cause italienne », il soutient Garibaldi et laisse son frère s’engager dans ses rangs, lui recommandant avant tout d’être « discipliné et obéissant ». Conséquence de ces prises de position ou reconnaissance de la qualité des produits Beretta ? Toujours est-il qu’au début des années 1870, le roi de la jeune Italie réunifiée fait de la petite firme de Gardone l’un des fournisseurs privilégiés de son armée. La consécration pour l’antique dynastie…
Le début du XXe siècle constitue un moment charnière dans l'histoire de l'Entreprise. C'est dans ces années que Pietro Beretta (1870-1957) marqua un tournant dans la modernité : Fabbrica d'Armi, qui comptait à l'époque 130 employés, changea de visage grâce à l'introduction des techniques de production les plus modernes. Il y eut une forte impulsion pour le brevetage de nombreux mécanismes, dispositifs et technologies de construction qui firent de Beretta non seulement la plus importante fabrique d'armes, mais aussi l'une des entreprises les plus modernes et efficaces du monde. Le nombre d'employés s'élève à 1 500.
Intelligent, intuitif et charismatique, Pietro Beretta lança la production du premier pistolet semi-automatique, le 1915 de calibre 9 mm Glisenti, adopté par l’Armée royale ; l'une des toutes premières mitrailleuses, le « mousqueton automatique 1918 » ; puis le célèbre 1938 MAB (Mousqueton Automatique Beretta). En 1923, le poète Gabriele D'annunzio inventa la devise « dare in brocca », qui signifie atteindre la cible, représentée dans le symbole des trois flèches atteignant autant de cercles. Inspiré du monde des combats navals, le logo a été réalisé par le sculpteur Marussig sur le pilier au centre de l’allée d'entrée, utilisé par D'Annunzio comme papier à lettres, reproduit sur une de ses voitures, sur l'avion du vol pour Vienne et sur les vitraux de Schifamondo.
En 1933, le projet de la Série SO est achevé, le premier fusil superposé italien pour la chasse et le tir sportif : une arme destinée à devenir une référence dans le monde des fusils de chasse de luxe entièrement fabriqués à la main. Ses fils Giuseppe (1906-1993) et Carlo (1908-1984) poursuivent l'œuvre de modernisation du père, développant le caractère multinational grâce à la conquête de nouveaux marchés ainsi qu’au lancement d'activités commerciales et de production dans d'autres pays, dont l'Amérique. Et les marchés ont vite récompensé cette vision courageuse.
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Ces années ont vu l'arrivée de nouveaux produits tels que le fusil d'assaut BM59 adopté par l'armée italienne ou le pistolet mitrailleur PM12. Impossible de ne pas mentionner la création, au milieu des années 1950, de ce qui allait devenir pendant plus de deux décennies le fusil de référence de tous les chasseurs : le Beretta S55 et le semi-automatique A300.
Au XXe siècle, Beretta a joué un rôle clé pendant les deux guerres mondiales en fournissant des armes légères aux forces armées italiennes et alliées. Au cours des deux guerres mondiales, les soldats italiens furent souvent équipés d’armes bien fabriquées mais certaines étaient cependant peu pratiques et parfois peu fiables. Beretta fabrique des fusils et des pistolets pour l'armée italienne jusqu'à l'Armistice de 1943 entre l'Italie et les forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Avec le contrôle de la Wehrmacht du nord de l'Italie, les Allemands s'emparent de Beretta et ont continué la production jusqu'en 1945 à la capitulation de l'armée allemande en Italie.
Au milieu de ces armes médiocres, le pistolet-mitrailleurPistolet-Mitrailleur More Beretta Modèle 38 se distingue par sa simplicité d’emploi et son efficacité. À ce titre, il représente sans doute l’une des armes le plus réussies de l’arsenal italien jusqu’en 1945. L’incertitude qui persistait au sein des états-majors sur l’emploi tactique du pistolet-mitrailleurPistolet-Mitrailleur More conduisit Tullio Marengoni à proposer un nouveau type d’arme : le mousqueton automatique ou « Moschetto automatico » en italien.
À cette époque, l’effort de guerre allemand commence à s’enliser en Russie : 1942 est l’année de Stalingrad et la campagne d’Afrique commence à prendre des airs de défaite. Fin 1942, le ministre de l’armement, Albert Speer, incorpore purement et simplement l’industrie d’armement italienne aux sources d’approvisionnement normal de l’armée allemande. Le troisième Reich ayant décidé fin 1943 d’abandonner la fabrication des MP 40 au profit de celle des MP 43 et 44, décide que les besoins en pistolets-mitrailleurs des troupes du Reich seront désormais satisfaits par des PM Beretta, qui prennent dans la nomenclature allemande l’appellation de « MP 739 (i) ».
La Libération du Nord de l’Italie, pas plus que le bombardement qu’elle subit le 3 avril 1945, n’interrompent les activités la firme Beretta qui poursuit ses fabrications pour armer les forces de l’ordre du nouveau gouvernement italien et qui ne tardera pas à rencontrer de très beaux succès à l’exportation vers le Moyen-Orient et l’Amérique du Sud où les PM Beretta seront abondamment employés.
En 1975, la célèbre firme italienne Beretta acheva le développement de l’arme de poing qui sera son plus grand succès commercial : le Beretta 92. Le modèle 92 fait partie de la première génération de pistolets modernes dits « Wonder Nine » pour les anglophones : C’est-à-dire les pistolets semi-automatiques chambrés en 9×19 parabellum, dotés d’un chargeur grande capacité en double colonne, ainsi que d’une détente double action pour le premier tir (DA/SA). Une fois la production lancée en 1976, le Beretta 92 équipa dans un premier temps la police et les forces armées italiennes : Celui-ci répondait à leurs exigences en matière de sécurité, de fiabilité et de puissance de feu.
Comme évoqué précédemment, le mécanisme du modèle 92 est repris du Walther P38 allemand, fonctionnant sur le principe de court recul du canon en utilisant un système de verrouillage du bloc tombant. Après le tir, la pression développée par les gaz de combustion fait reculer l’ensemble culasse / canon. Après un court instant, le bloc de verrouillage s’abaisse et libère la culasse qui recule alors que le canon s’arrête contre la carcasse.
L’arme est également très sûre grâce à la sécurité automatique du percuteur : si la queue de détente n’est pas complètement tirée en arrière, un dispositif de blocage assure le percuteur et l’empêche de se déplacer vers l’avant. Autre avantage, le démontage est jeu d’enfant !
En 1985, l’entreprise italienne obtient le contrat du siècle : le pistolet semi-automatique Beretta 92 (ou M9) devient l’arme de service de l’armée américaine. Pour obtenir ce marché, l’entreprise italienne ouvre une usine de production sur place, dans l’État du Maryland. En parallèle, Beretta va immédiatement mettre sur le marché une version du Beretta 92 pour la population civile.
En 1977, l’armée américaine lance un appel d’offre à l’initiative de l’U.S Air Force, pour remplacer le vénérable 1911. Finalement, le Beretta fut choisi au détriment de ses concurrents : le SSP de Colt, le Modèle 459 de Smith & Wesson, le Hi-Power de Browning, les P9 et VP70 de Heckler & Koch, le P226 de SIG Sauer, le P88 de Walther et le GB de Steyr.
Le Beretta 76, pistolet semi-automatique en calibre .22 LR, est une légende du tir sportif italien. Ce pistolet semi-automatique en calibre .22 LR est une véritable légende dans le monde du tir sportif. Le Beretta 76 est principalement considéré comme une arme de collection et de loisir. Son design esthétique en fait un objet prisé des collectionneurs. Mais ne vous y trompez pas, c’est aussi une arme redoutable en compétition !
La compagnie Beretta USA a été fondée en 1977 et est basée à Accokeek, dans le Maryland et fabrique des armes pour les militaires, policiers et civils. En Janvier 2014 Beretta a annoncé la construction d'un centre de conception et de production à Gallatin, dans le Tennessee, pour étendre ses opérations aux États-Unis.
Beretta a étendu son influence en acquérant plusieurs filiales spécialisées dans différents domaines de l'armement :
Les modèles de la gamme 92 tirent le 9 mm Parabellum. Ceux de la gamme 96 sont chambrés en .40 S&W. Quant aux variantes 98 et 99 réservés au marché civil italien, leur calibre est le 7,65 mm Parabellum ou le 9 mm IMI. Les pistolets type Centurion/Compact sont plus courts (197 mm, soit 20 mm de moins que le modèle de référence). Les nombreuses variantes du Beretta 92 sont désignées à l’aide d’un suffixe. La série S est dotée d’un levier de désarmement du marteau Ce même levier est ambidextre sur la série B.
Voici un tableau récapitulatif des modèles et calibres associés :
| Modèle | Calibre |
|---|---|
| Gamme 92 | 9 mm Parabellum |
| Gamme 96 | .40 S&W |
| Variantes 98 et 99 (marché civil italien) | 7,65 mm Parabellum ou 9 mm IMI |
| Type Centurion/Compact | Plus courts (197 mm) |
Depuis les années 2010, la firme est présidée par Franco et Pietro, les fils de Ugo Bussali Beretta. Ils sont la seizième Beretta à veiller sur l’entreprise multiséculaire dont le nom est une référence dans le monde des armes individuelles. Portées par la demande, les installations de Gardone se sont déployées progressivement de part et d’autre de la vallée coupée par la rivière Mella. La production est désormais assurée par des machines à haute vélocité et utilise des procédés de contrôle numérique de dernière génération. L’assemblage se fait cependant toujours à la main.
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