Le tir à l’arc est l’un des plus vieux arts encore pratiqués. Bien que le tir à l’arc date probablement de l’Age de Pierre (env. 20 000 av. J-C), des arcs sous forme de fossiles, découverts dans des tourbières, dateraient de huit mille ans avant notre ère.
Les flèches (des branches) ont d'abord été lancées à la main, puis propulsées. Malheureusement, tous les matériaux organiques composant l'arc, sa corde et les flèches ont pu être utilisés pendant des millénaires et disparaître sans laisser de trace. On peut supposer que l'ARC est né vers la fin de l'époque Paléolithique, soit il y a environ 20000 ans.
En Chine, le tir à l’arc remonte à la Dynastie Shang (1766-1027 av. J-C). Un véhicule de guerre datant de cette époque emmenait des équipes de trois: un conducteur, un lanceur et un archer. Lors de la dynastie suivante, la Dynastie Zhou (1027-256 av. J-C), la noblesse japonaise s'exerçait à envoyer le plus de flèches possibles entre le lever et le coucher du soleil à plus de 380 mètres. En 1686, un garde lança 15053 flèches !
Les Chinois ont introduit le tir à l’arc au Japon au 6ème siècle. Ces arcs décorés étaient en bambou refendu, contrecollé et ligaturé de laque noire et rouge. Cette introduction aura une très forte influence sur les techniques et protocoles futurs. Le kyudo moderne est principalement pratiqué comme une méthode de développement physique, moral et spirituel. Après quelques mouvements rituels, l’archer se dirige vers la ligne de tir et tire à 28 mètres sur une cible de 36 cm de diamètre placée dans un bac de sable à ciel ouvert.
Les Indiens d'Amérique latine connaissaient l'arc, mais l'utilisaient plus volontiers à la chasse qu'à la guerre. Il existe de très nombreux styles d'arcs en Amérique du Nord. Les arcs des indigènes des deux Amériques étaient droits et ceux des Peaux Rouges étaient parmi les plus courts. Ne connaissant pas la taille de la pierre et le travail du métal, les Indigènes s'aidaient de morceaux de coquilles de mollusques ou de coquillages des rivières.
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L'if était aussi utilisé en Europe au moyen âge (d'où son surnom de bois d'arc). Les autres bois les plus communs étaient le frêne, le chêne, l'acacia et l'érable. cornouiller, voir en roseau. Les flèches en roseau à encoche et pointe en bois dur rapportées mesuraient entre 1m 50 et 1m 70. fibres d'écorce de certains palmiers. La fibre servait également à ligaturer les plumes et les pointes de bambou aux flèches en roseau, le tout enduit de cire d'abeille chauffée. brisées étaient réparées, le roseau n'étant récolté que pendant deux mois de l'année. Le poison n'était pas utilisé.
Des références au tir à l’arc sont aussi fréquemment faites à travers la mythologie grecque, dont un exemple célèbre est l’histoire d’Odysseus dans le 21ème livre de l’Odyssée. Pénélope, pensant que son mari ne reviendrait jamais après vingt ans d’absence, décida de déterminer le prétendant auquel elle donnerait sa main en les faisant tirer avec l’arc de son époux absent. Odysseus, de retour de la guerre de Troie et déguisé en berger, fut le seul capable d’empoigner son propre arc et tirer une flèche à travers les douze anneaux.
Dans plusieurs sources occidentales, l’arc turc, qui fit la force et la renommée des armées seljoukides et mamloukes, est qualifié d’arc turquois. Sa nuisance est un topos de la littérature de croisade. Tantôt avec stupeur, tantôt avec humour, les auteurs utilisent des expressions imagées servant à décrire son action redoutable.
L’auteur de la Conquête de Jérusalem, épopée qui prolonge la Chanson d’Antioche, raconte que les archers, armés de leurs arcs de sorbier, décochent des flèches « plus drues que la neige qui tombe en février » et qu’ils tirent « plus vite que le vent ne chasse la paille ». Dans sa chronique des croisades et des Etats latins d’Orient, Guillaume de Tyr évoque l’obscurcissement du ciel sous la densité des flèches projetées. Ernoul, auteur de l’Eracles, rapporte leurs offensives pendant le siège de Jérusalem par Saladin (1187) et les traits si drus qu’aucun assiégé n’ose « montrer le doigt » !
Les historiens arabes eux-mêmes louent les vertus de cette arme. Ainsi, ‘Imâd ad-dîn décrit, dans une poésie toute guerrière, comment les arcs « bourdonnent » et les cordes « chantent » au combat ; il rapporte avec dérision la façon dont les croisés se transforment en hérissons sous le nombre des flèches fichées dans leur armure. Les historiens actuels usent aussi d’une formule suggestive, telle que la « tactique de l’essaim », pour traduire les salves de flèches tirées par l’archerie turque, tournoyant à cheval lors des batailles.
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Des archers d’Okmeydanı aux tireurs olympiques, la Turquie perpétue un art du tir où la rigueur domine le spectacle. Des champs de tir d’Okmeydanı aux stands d’aujourd’hui, la Turquie a fait de cette discipline un art de maîtrise avant d’en faire un sport de podiums. Le tir n’est pas né avec le sport en Turquie. Stèle commémorant un record de tir à l’arc à Okmeydanı, Istanbul.
Le tir à l’arc était enseigné dans des tekke d’archers, des confréries où l’apprentissage mêlait technique et morale. L’élève devait d’abord apprendre l’immobilité, la respiration, la retenue du geste, avant même de toucher un arc. Certaines miniatures ottomanes montrent le tir à cheval : cavalier lancé au galop, corps pivoté vers l’arrière, flèche décochée en plein mouvement. Cette culture du tir, transmise par les maîtres archers (tozkoparan), a peu à peu décliné au XIXᵉ siècle avec l’arrivée des armes à feu modernes. Mais ses principes, maîtrise, calme, discipline, n’ont jamais disparu.
Avec la fin de l’Empire ottoman et l’avènement de la République en 1923, le tir à l’arc et les pratiques traditionnelles déclinent progressivement. Okmeydanı tombe à l’abandon, les tekke d’archers sont fermées et l’usage militaire de l’arc disparaît face aux armes à feu modernes. Dans les années 1920 et 1930, le tir renaît sous une autre forme. D’abord au sein de l’armée, qui utilise le tir à la carabine comme discipline de formation des officiers. En parallèle, le tir à l’arc est réintroduit comme sport. La Fédération turque d’archerie est fondée en 1961 ; des clubs voient le jour à Konya, Ankara et Bursa. Ce tournant marque la transformation du tir : d’un art héritier de l’Empire à une discipline sportive codifiée, encadrée par des règles, des compétitions et des infrastructures.
Mete Gazoz a marqué l'histoire du tir à l'arc turc en remportant la médaille d'or de l'épreuve individuelle masculine aux JO de Tokyo. À 22 ans, le jeune Turc a fait sensation en réalisant un magnifique parcours, s'imposant en finale 6-4 face à l'Italien Mauro Nespoli. Pour arriver en finale Gazoz a successivement éliminé Jeff Henckels, Ryan Tyack et Taylor Worth, dans des matchs plutôt disputés.
Le tireur turc Yusuf Dikeç a captivé le monde avec sa pose décontractée devenue virale lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Tirant la main dans la poche, sans lunettes techniques ni casque, il a décroché une médaille d'argent au pistolet à 10 mètres mixte. C’est l’une des stars surprenantes de ces Jeux olympiques.
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Ancien officier de la gendarmerie à la retraite depuis un an, Yusuf Dikeç préfère tirer sans matériel de protection. « Comme je tire les deux yeux ouverts, je ne me sens pas à l’aise avec les lunettes de protection, les casques ou tout autre accessoire. C’est pour cela que je ne les utilise pas », explique-t-il. « Certains ont pensé que ma main dans la poche était un signe d’arrogance. Ceux-là ne connaissent rien sur moi, ni au tir sportif », raconte-t-il en riant. « Je le fais uniquement pour tenir mon corps plus stable, pour être en équilibre. »
Rapidement, la vidéo de sa prestation devient virale. De nombreux sportifs des JO l’ont imité après avoir remporté une médaille, comme la star de la perche, le Suédois Armand Duplantis. Ce n’est pas un inconnu dans le milieu : le tireur détient plusieurs titres aux championnats du monde et d’Europe dans diverses épreuves de pistolet.
| Discipline | Nombre de médailles d'or | Nombre total de médailles |
|---|---|---|
| Lutte | 39 | 94 |
| Autres disciplines | Variable | Variable |
En 2024, Yusuf Dikeç transforme l’image du sportif turc. Son tir main dans la poche sans équipement sophistiqué fait le buzz mondial. Même le perchiste Duplantis imite sa pose ! Derrière ces résultats, une transformation technologique silencieuse. Le tir turc mise sur des pistolets équipés de canon Steelium Pro pour gagner en précision. En archerie, les capteurs vidéo dernière génération permettent un feedback instantané aux athlètes.
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