Envie de participer ?
Bandeau

L'arbalète, une arme avec une histoire riche et complexe, a joué un rôle significatif dans la guerre et la chasse à travers les siècles. Inventée en Chine il y a des centaines d'années, elle a évolué considérablement, particulièrement pendant le Moyen Âge. Cet article explore les caractéristiques, l'évolution, l'utilisation et l'impact de l'arbalète médiévale.

Origines et Évolution Précoce

À l'origine, l'arbalète était une arme simple, dépourvue de mécanismes complexes. Principalement utilisée pour la chasse, elle a commencé à se développer et à gagner en importance durant les guerres du Moyen Âge, notamment pendant les Croisades. L'une des évolutions les plus significatives s'est produite au XIVe siècle avec l'invention d'un système de rechargement automatique.

L'Arbalète au Moyen Âge: Utilisation et Perception

Au Moyen Âge, l'arbalète servait à la fois d'arme de chasse et d'arme de guerre. Cependant, elle était mal vue par la chevalerie, qui la considérait comme une arme déloyale. Cette perception découlait du fait que l'arbalète permettait de tuer à distance, sans donner à l'adversaire la possibilité de se défendre en combat rapproché. Les Français la considéraient comme l'arme des lâches, permettant à un individu sans courage de tuer un homme vaillant sans risque.

Le clergé considérait également l'arbalète comme immorale, car elle ne nécessitait pas une formation de haut niveau et permettait à des soldats peu expérimentés d'abattre des chevaliers en armure. En 1139, le deuxième concile du Latran interdit son utilisation, une interdiction confirmée par le pape Innocent II en 1143. Cette interdiction, bien que valable seulement pour les combats entre chrétiens, fut médiocrement respectée par les princes d'Occident, malgré les efforts du pape Innocent III pour la réaffirmer en 1205.

L'Arbalétrier: Un Soldat d'Élite

L'efficacité de l'arbalète faisait de ceux qui la maniaient des soldats d'élite, bien payés et très prisés. Les arbalétriers étaient souvent les troupes les mieux rémunérées des armées occidentales, parfois même mieux équipées que certaines classes de chevaliers.

Lire aussi: Petite arbalète ancienne : détails et histoire

Améliorations Techniques et Mécanismes

Parallèlement à l'évolution de l'armure, les progrès de la sidérurgie ont permis d'augmenter la puissance de l'arbalète. L'arc en acier, apparu au début du XIVe siècle, a progressivement remplacé les arcs en bois et les arcs composites. Des mécanismes coûteux et complexes, tels que le treuil et le cric, ont été inventés pour bander l'arbalète, mais ils augmentaient le temps de rechargement à 2-3 minutes. Les Italiens se sont distingués dans la conception d'arbalètes particulièrement efficaces, capables d'atteindre des vitesses de tir allant jusqu'à 350 km/h.

Le cranequin, une arbalète à pied, a donné son nom au mécanisme spécifique utilisé pour la tendre. Pour éviter toute ambiguïté, l'arbalète a été renommée cric d'arbalète, bien que ce terme soit parfois utilisé aujourd'hui pour désigner uniquement une partie de l'arme.

Le Carreau d'Arbalète: Projectile et Variantes

Le carreau d'arbalète est le projectile utilisé avec une arbalète. Il se distingue par son fer pyramidal à quatre pans avec une base carrée. Plus court (environ 30 cm) et plus lourd qu'une flèche, il possède un empennage réduit en cuir ou en parchemin. Il existe plusieurs types de carreaux, chacun ayant des caractéristiques spécifiques :

  • La dondaine: Un projectile d'usage exclusivement militaire, caractérisé par la forme renflée de son fût, destinée à augmenter son poids et sa force de pénétration.
  • Le vireton: Un type de trait d'arbalète, également destiné à un usage militaire, qui se distingue par la disposition hélicoïdale de son empennage, lui conférant une rotation stabilisante pendant son vol.
  • Le matras: Un projectile gros et lourd, doté d'une tête plate rectangulaire ou cylindrique, conçu pour assommer plutôt que pour transpercer.

Arbalètes à Répétition

Les arbalètes à répétition représentent une prouesse technique pour leur époque. Elles permettent de tirer plusieurs traits ou carreaux sans nécessiter un rechargement manuel entre chaque tir. Au Moyen Âge, leur utilisation était principalement réservée aux armées bien équipées et aux troupes spécialisées, en raison de leur fabrication sophistiquée et coûteuse. Le principe mécanique repose sur un levier combiné à un système de poulies ou de ressorts, permettant de bander la corde et de charger simultanément un nouveau trait.

Arbalète vs Arc

Contrairement aux arcs, qui demandent plus de pratique pour atteindre une précision optimale, l'arbalète est plus facile à utiliser, ce qui attire les novices.

Lire aussi: Choisir ses traits d'arbalète

Portée et Efficacité

L'arbalète était une arme très meurtrière en raison de sa puissance et de sa précision. Sa portée pouvait atteindre jusqu'à 150 mètres. Cependant, elle avait des défauts, notamment son poids et sa cadence de tir plus lente que celle d'un archer (2 carreaux par minute contre 12 flèches). La distance de tir varie en fonction du type d'arbalète:

  • Pistolets arbalètes (50-80 livres) : 10 à 20 mètres
  • Arbalètes recurve (150-175 livres) : 25 à 40 mètres
  • Arbalètes à poulies (vitesse < 400 FPS) : 40 à 70 mètres
  • Arbalètes à poulies (vitesse > 400 FPS) : jusqu'à 100 mètres, voire 125 mètres pour les modèles à 500 FPS.

Déclin et Héritage

Comme les arcs, les arbalètes ont quasiment disparu lorsque les armes à feu, plus faciles à utiliser, nécessitant moins d'entraînement et moins chères, sont devenues l'équipement de base du soldat. Cependant, l'arbalète a laissé une marque indélébile dans l'histoire militaire et culturelle.

Arbalètes Modernes et de Collection

Aujourd'hui, on trouve des arbalètes médiévales de décoration, inspirées des modèles historiques. Bien que ces arbalètes ne soient pas conçues pour le tir sportif ou de loisir, elles sont appréciées pour leur valeur esthétique et leur capacité à compléter une collection d'armes anciennes. Des boutiques spécialisées proposent également des modèles d'arbalètes tactiques, de mini arbalètes, d'arbalètes de chasse et de pistolets arbalètes pour les amateurs de tir.

Le Carreau d'Arbalète dans la Culture Populaire

Certains carreaux d'arbalète ont traversé l'histoire jusqu'à entrer dans la légende, comme celui de Guillaume Tell, symbole de précision et de résistance à l'oppression.

Arbalète vs Armure de Plate: Un Comparatif

Par rapport à l'armure de plate, l'arbalète représente un défi significatif. Bien que l'armure de plate soit souvent idéalisée comme une carapace à toute épreuve, elle présente des faiblesses face à la puissance de l'arbalète. En réalité, l'armure de plate était lourde, encombrante et relativement fragile. Elle protégeait des projectiles lancés à force humaine, mais elle serait presque inutile dans un combat contre un ours, par exemple.

Lire aussi: Arbalète ou arme à feu : avantages et inconvénients

Les premières arbalètes médiévales avaient une puissance de 140 livres en moyenne, les modèles suivants sont allé jusqu'à 400 livres. On sait que l'arbalète arrivait à traverser une armure de plate (c'est de là que viens l'expression resté sur le carreaux) donc partons de là.

Si 400 livres de pression suffisent à transpercer une armure de plate, un chevalier aurait sacrément morflé face à un lion ou une hyène, et même un pitbull aurait put lui donner du fil à retordre.

Tableau Comparatif: Puissance de Pénétration

Source de Pression Puissance (livres) Capacité à Transpercer une Armure de Plate
Arbalète Médiévale (moyenne) 140 Potentiellement, selon le modèle
Arbalète Médiévale (avancée) 400 Oui
Morsure d'un Chien Domestique 328 Potentiellement
Morsure d'un Lion 691 Oui
Morsure d'une Hyène 1000 Oui

Attention ! Tout dépend de ce que tu veux lui opposer ... La meilleure arme pour défaire un chevalier en armure de plate à l'époque du XVIième, c'est la dague, pour la simple raison qu'elle est la plus pratique pour aller chercher avec précision les faiblesses de l'armure, soit les points non protégés par cette dernière. Un homme en armure de plate, c'est une plaie à abattre.

Reconsidérons aussi la puissance de la mâchoire des animaux vis-à-vis d'une flèche ! (Et précisons qu'une flèche vise plus à affaiblir qu'à tuer, en dehors des points vitaux, elle ne tuera qu'après la bataille.) Une flèche frappe un point précis de toute sa puissance, une mâchoire voit tous les points de pressions lui opposer une résistance. A égale mesure, donc, une morsure de chien dont deux crocs seulement s'appliquerait sur l'armure verrait sa force divisé par deux ... Voilà pourquoi je peux presque t'affirmer qu'un tigre, un lion, ou un chien, n'a pas la MOINDRE chance contre un chevalier en armure de plate complète. Tout dépendra de l'endroit du duel.

Une hyène ne viendrait sans doute pas s'y frotter, mais là encore, transpercer l'armure avec les premières dents n'amèneraient pas une blessure mortelle et bloquerait même peut-être la mâchoire à l'intérieur.

Fragile, pour son usage, pas du tout. Même si la flèche transperce, il lui faut après traverser le gambison qui est obligatoirement porté avec, ça nécessite une précision remarque pour descendre en une seule un homme équipé de cette carapace. (Les arbalètes, je ne sais pas, mes sources proviennent de reconstitutions de plusieurs groupes, de forgerons et bouchers, de musées, mais je n'ai pas vu d'essai avec arbalète.)

Lourd, relativement. S'il faut se déplacer dans un environnement difficile, oui, sinon, ce n'est pas si gênant sur courte période. Encombrant, pas tellement. En dehors de la gêne au niveau des jambes, tout dépend de l'environnement.

Des tests récents ont montré que l'on avait sur-estimé la capacité de pénétration d'une arbalète par rapport aux plaques et plates médiévales : la plupart ne transperçaient pas un heaume. Elles restaient, bien sûr, plus efficaces que l'arc et ses flèches mais surtout pour des raisons de précision (inutile de tenir la corde tendue pendant la mise en joue), et de facilité de formation. Difficile d'évaluer le véritable impact découlant de la différence de tension mécanique sans des reconstitutions fidèles (Youtube est une bonne source pour le coup, même si on ne pourra jamais totalement être sûr de ce que l'on y voit).

A voir aussi la dureté des matériaux, les crocs d'un animal sont plus fragiles que l'acier et la puissance de la morsure se retournera contre l'attaquant en endommageant sa dentition.

Le terme "armures de plates" est plutôt désinvolte, car il désigne tantôt des harnois du XVème tantôt certaines loricas romaines. Admettons que nous parlons ici du harnois complet médiéval, dans ce cas aucun animal vivant ne peut mettre en danger le porteur, sauf si celui-ci se fait avoir par surprise et joue de malchance.

L'instinct d'un prédateur le poussera à attaquer à la gorge, si par malchance les crocs trouvent la faille (les crocs d'un prédateur étant plus courts que n'importe quelle dague d'estoc), la vie du porteur pourra être effectivement mise en danger.

Autrement, le principal danger viendra du trauma découlant de la pression pouvant provoquer l'asphyxie ou la déformation d'une plaque, ou des fractures ou des lésions aux cartilages, mais rarement des crocs (plus fragiles que l'acier, plus courts qu'une dague).

L'idée reçue des plaques encombrantes vient du fait que les archéologues étudièrent en premier lieu et pendant longtemps des armures d'apparats en pensant qu'elles étaient destinées aux champs de bataille.

Quatre moyens de venir à bout d'un mec portant une telle armure (réservée aux nobles) :

  • Armes à feu, qui causèrent leur déclin
  • Armes d'estoc frappant aux failles
  • Armes d'hast si le porteur est monté (viser l'aisselle ou l'aine)
  • Armes contondantes si on est doté d'une force suffisante (mais là encore les protections secondaires situées sous les plaques rembourrent bien), mais c'est le seul moyen de causer un trauma sérieux sans transpercer l'armure ou passer par les failles.

La gorge il faut réussir à passer ... Par contre je soutient que des crocs animaux peuvent transpercer le métal et atteindre la chaire

Transpercer le métal, oui, mais tu sous-estimes le gambison, qui était une défense à lui tout seul pour certains cas. Non, un croc ne viendra pas faire très mal aux chairs.

Relativement efficaces contre les chocs, les jaques pouvaient aussi être efficaces contre les armes tranchantes et les flèches. Tout dépendait de l'épaisseur et de l'assemblage des composants de la défense (au xve siècle des jaques d'archers pouvaient facilement atteindre les 10 kilogrammes).

Pour moi, tu sous-estimes encore la solidité d'une plate de bonne qualité, et du fait que la personne n'est pas en train d'attendre de se faire bouffer ... Un animal dévoile sa tête quand il attaque, s'il perd ne serait-ce que deux secondes à passer à travers les défenses, c'est fini pour lui, et il n'aura pas eu le temps de transpercer.

Tous les points que tu cites ensuite sont probants, et ce que tu devrais mettre d'abord en lumière. Quand au gambesson c'était certes un tissu matelassé et épais mais c'était surtout un sous-vêtement à l'armure pour pouvoir la porter plus confortablement, en matière de protection c'était limité (disons que quelque chose qui aurait traversé sans mal le fer n'aurait pas été arrêté par le gambesson).

Alors oui, tous les points que tu as soulevé (coûts de production, difficulté de revêtir le harnois, circonstances du combat contre la créature) font de très bons arguments contre l'usage des plates. Par contre, pour fausser les plaques de l'armure avec une morsure, c'est complètement l'exception et pas la règle. La seule manière dans la vraie vie serait de porter une attaque, à la lance par exemple, depuis une monture en charge, ou encore une fois d'utiliser une contondante avec une grande force.

Pour qu'un animal accomplisse cet exploit, il faut qu'il passe au travers de la garde d'un homme entraîné, l'amène au sol et attaque à la gorge. Néanmoins, les harnois restent difficiles d'utilisation dans ces circonstances et donc les soldats ne peuvent se permettre une telle protection.

Pour le documentaire National Geographic, ça peut être de bonnes sources mais il faut avoir un oeil critique. Je préfère les youtubeurs moins pros, mais passionnés du genre Skallagrim ou Metatron (même si leur commu et vidéos politiques sont pas terribles).

Exemple de sensationnalisme cheap et peu fiable dans ton lien : ils disent quelque chose du genre "l'armure de plates doit pouvoir arrêter le pinacle de la métallurgie médiévale : l'épée longue, dont on voit la terrible efficacité sur ces images manuscrites". Oui en effet, efficace contre des gens sans armure. L'épée longue était le symbole d'une époque militaire et une arme d'appoint, mais restait très peu usité sur les champs de bataille.

Atteindre la gorge est en soit une sorte d'exploit pour le loup-garou qui n'a que pour lui les points suivants : sa vitesse, sa masse/force (?) et les circonstances de l'affrontement (forêt, nuit, surprise ?). Le matériel, l'entraînement et la protection sont largement en faveur des soldats. Après tout, si on ne lui ajoute pas de features surnaturelles, un loup-garou n'est qu'un loup avec plus de force et d'intelligence, mais moins de copains.

Les gambisons/jaques étaient des protections autonomes. Après là on parle de principe protecteur et de fabrication, et ça peut varier de la protection légère ne valant guère mieux qu'un pourpoint matelassé jusqu'aux protections de dix kilos que portaient certains franc-archers. Ceux de qualité militaire protégeaient efficacement des flèches, des chocs et des tranchants.

Le problème de déformation des plaques sous la pression est minimal, étant donné qu'un loup-garou arrivant à accomplir un tel exploit serait vulnérable aux soldats pendant un laps de temps largement suffisant pour l'abattre. Les arguments prosaïques, économiques, l'encombrement etc. sont par contre tout à fait valides.

Enfin j'insisterai sur l'efficacité des protections type gambisons, bien loin d'êtres de simples sous-vêtements, très efficaces contre les projectiles, les chocs et les tranchants, et qui étaient portées sous les plates pour se prémunir de la grosse faiblesse des harnois : les chocs contondants.

Yep c'est exactement ce qu'il se passe Je voulais aussi réagir à ça :

On parle d'hommes entraînés et dotés d'une plus grande allonge que leur adversaire. Atteindre la gorge est en soit une sorte d'exploit pour le loup-garou qui n'a que pour lui les points suivants : sa vitesse, sa masse/force (?) et les circonstances de l'affrontement (forêt, nuit, surprise ?). Le matériel, l'entraînement et la protection sont largement en faveur des soldats. Après tout, si on ne lui ajoute pas de features surnaturelles, un loup-garou n'est qu'un loup avec plus de force et d'intelligence, mais moins de copains.

Dans mon monde les lycants sont de forme humanoïde Ils sont dotés d'une force et d'une vitesse surhumaine, ils sont entraînés au combat aussi. Par contre ils ne manient pas d'arme longue (ils préfèrent les armes dont l'emp...

Les arbalètes légères ce sont des arbalètes "à poing" à mon sens. A noter que dans la table ADD1 des armes contre armures ou celle ADD2 plus courte il faut prendre en compte de la bonification au touché.

Oui, les dommages des différents types d'arbalète sont plus faibles que l'arc, mais sans comprendre pourquoi. Les pointes sont les mêmes et l'arbalète peut se révéler plus puissante.

En effet, les arbalètes sont utilisables sur D&D et AD&D par des classes qui ne sont pas des combattants, stricto sensus. Les non combattants ne peuvent pas manier les arcs les plus efficaces. Dans le système, je pense que la logique veut que les armes accessibles aux combattants mineurs ou non combattants fassent moins de dégâts que les armes réservées aux combattants.

Effectivement si on prend une arbalète lourde, les dégâts sont honorables et comparables a ceux d'un arc long, sauf qu'on tire 4x moins (je n'ai jamais compris la cadence de l'arc... Oui, les dommages des différents types d'arbalète sont plus faibles que l'arc, mais sans comprendre pourquoi. Les pointes sont les mêmes et l'arbalète peut se révéler plus puissante.

De la discussion de l'époque, il était ressorti, pour valoriser l'arbalète de refléter sa perforation en considérant toutes les cibles en CA10 ajusté par la magie ou la dexté, même si elle avait une armure de plate.

tags: #arbalète #vs #armure #d #eplate #efficacité

Post popolari: