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La collection du Parc Saint-Georges, composée de cent quatre-vingt-treize objets antiques, présente un extrême intérêt. Elle est issue d’une zone d’activité en bord de berge de Saône, située en périphérie de la ville, or ce type d’espace est resté jusqu’à présent très peu concerné par les grands travaux de fouilles archéologiques urbaines.

Importance de la Collection et du Contexte Archéologique

L'instrumentum gallo-romain appartient à des séquences stratigraphiques précises, elles-mêmes intégrées à l’évolution chronologique bien définie de l’occupation. Le phasage de l’occupation débute à la fin du Ier siècle après J.-C. et s’achève à la fin du IVe siècle. Ce secteur de la berge de Saône ne semble pas occupé durant les trois premiers quarts du Ier siècle après J.-C. L’occupation, faiblement marquée au début, progresse rapidement pour atteindre son apogée au IIIe siècle. Dès le IVe siècle, la décroissance très nette est vraisemblablement liée à une désaffection momentanée de ce quartier de Lugdunum.

Les niveaux humides de la berge ont favorisé la conservation de matières périssables tels le cuir, le bois et le tissu. Les étapes de nettoyage et de stabilisation ont en outre rendu leur lisibilité à de nombreux objets en fer et leur solidité aux objets de bois. Cette restauration a permis la réalisation des dessins ad hoc.

Aperçu des Activités Révélées

L’originalité de certaines séries est remarquable, évoquons en premier lieu celle des apparaux de batelier. Ces accessoires de batellerie, abondamment recueillis, témoignent d’une intense circulation d’embarcations et de marchandises sur ce bord de Saône. La collection concernant les activités artisanales et commerciales révèle quant à elle de précieux indices sur des activités spécifiques comme le traitement des peaux et des tissus, mais aussi le travail du bois, domaines pour lesquels la documentation touchant la Gaule romaine reste encore très sporadique. L'absence d'objets militaires accentue la nature commerciale de l'occupation de ce secteur.

Les activités réservées à l’alimentation émergent distinctement. Elles sont représentées par de la vaisselle de cuisine et de table ainsi que par de nombreux ustensiles. Le tamisage des sédiments a permis d’extraire des objets d’aussi petite taille que des dés à jouer : le seul ramassage sur le terrain n’aurait pas suffi pour les trouver, surtout dans des conditions de fouille mécanisée. On doit enfin signaler l’absence inexpliquée d’artefacts en verre.

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Méthodologie de Présentation des Objets

Nous avons pris le parti d’une présentation par catégorie d’activités plutôt que d’un classement par matériaux ou d’une description des artefacts par phases chronologiques - le phasage intervenant à l’intérieur de chaque catégorie. Celles-ci sont au nombre de six, elles-mêmes subdivisées en plusieurs domaines :

  • cadre de vie (construction, menuiserie, huisserie, mobilier domestique) ;
  • activités personnelles (toilette, habillement, coiffure, ornement et parure, effets personnels) ;
  • travaux domestiques (éléments de foyer, instruments de préparation, récipients de cuisine, accessoires de cuisine, couverts de table ou de cuisine, récipients de table, couture) ;
  • activités riveraines (engins de marinier, autres objets de batellerie, instruments d’accastillage, transport de denrées, traction, pêche) ;
  • activités productives et commerciales (filage, tissage, tannerie, agriculture, moulage, travail du bois et de la pierre, outils à usage divers, pesage) ;
  • vie sociale (écriture, jeux).

Chaque catégorie d’activités fait l’objet d’un commentaire documenté : comparaison, identification et attribution sont discutées, illustrées par de nombreuses découvertes locales, nationales ou étrangères. Il reste cependant quelques pièces souvent fragmentaires dont l’identification est incertaine ou inconnue. Il nous est apparu utile de présenter ici ces objets indéterminés qui sont trop souvent écartés des catalogues archéologiques.

Exemples d'Objets et Leur Contexte

Les notices de chaque objet du quotidien catalogué dans ces catégories d’activités sont construites comme suit :

Q [pour « Quotidien », suivi du no de cat.] • Identification de l’objet [réf. à l’illustration]. Type de matériau. Dimensions (en mm) / dimensions des éventuelles sous-parties / poids éventuel. Numéro d’inventaire / contexte archéologique / datation Description. (Bibliographie.)

Cadre de Vie

Construction

Q1 • Tuyau [fig. 172 : 1]. Plomb. L. (tuyau) 1340 mm ; épais. (tuyau) 70 mm / L. (cordon) 40 mm ; l. (cordon) 10 mm. inv.1385.6 / alluvions de la rivière / fin du Ier ap. J.-C. - début du IIe s. Tuyau aux parois crevées, présentant des cassures et de nombreuses entailles (coups d’outils tranchants ou de pioche). Il est marqué de deux inscriptions comprises à l’intérieur de deux cartouches juxtaposés. À gauche de ces marques, quelques centimètres de soudure sont décollés. Type IB. Cartouche terminé par deux extrémités concaves et deux éléments décoratifs circulaires (L. 308 mm ; h. 28 mm / h. [lettre] 21 mm), portant l’inscription : L(ucius) S[i]l (ius ?) Maximus L(uguduni) [f (ecit) ?]. À droite du cartouche se situe un second (L. 110 mm / h. [lettres] 35 mm) au relief inégal dont les bords sont matérialisés par un trait discontinu formé par des parallélogrammes aux extrémités inclinéesà 45°. On discerne un O ou un C (douteux) séparé d’un P : R(ei ?) p (ublicae ?) c (oloniae ?) L(ugudunensis ?). Extrémité du cartouche connu également sur le tuyau Q2 (L. 110 mm ; l. 35 mm).

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Q2 • Tuyau [fig. 172 : 2]. Plomb. L. (tuyau) 540 mm / L. (cordon) 30 mm ; l. (cordon) 12 à 13 mm. inv.1385.4 / alluvions de la rivière / fin du Ier ap. J.-C. - début du IIe s. Tuyau proprement scié aux deux extrémités, présentant deux inscriptions identiques, à l’intérieur d’un unique cartouche rectangulaire (L. 210 mm ; h. 38 mm / h. [lettre] 29 mm) décoré à chaque extrémité par deux demi-cercles affrontés suivis (ou précédés) par deux cercles concentriques. Type IB. Inscription : R(ei ?) p (ublicae ?) c (oloniae ?) L(ugudunensis ?). À gauche de la troisième lettre (C) et accolée à celle-ci, une trace est difficile à interpréter : interponction ou premier C, plus petit (c (oloniae) C(opiae) ?). Faute de parallèle sûr, l’interprétation reste incertaine.

Q3 • Feuille [fig. 173]. Plomb. L. 1380-1450 mm ; l. 840 mm. inv.1385.6 et inv.1696.2 / alluvions d’inondation / seconde moitié du IIIe s. Deux fragments d’une même feuille de plomb portant chacun le même décor et la même inscription dans le même cartouche (L. 242 mm ; h. 47 mm / L. [champ ép.] 236 mm ; h. [champ ép.] 46 mm / h. [lettre] 18 mm). Le bord longitudinal supérieur bien net est consolidé par un renfort de fonderie présentant une surépaisseur de section triangulaire variant entre 5, 8 et 12 mm. La largeur de ce glacis est de 15 mm. Les autres côtés sont grossièrement découpés. Le long du bord supérieur, sous le renfort, court une frise formée d’une arcature entre deux rinceaux. Le tout est moulé à l’aide d’une même plaque-modèle d’environ 265 x 70 mm. Cette frise est complétée par un alignement de perles et de pirouettes moulé avec un autre outil. Sur la plaque se trouvent également deux barres longues de 105 mm avec, pour l’une aux deux extrémités, pour l’autre à une des extrémités seulement, une pointe, le tout moulé avec l’arête d’une planchette, à l’instar des faisceaux de dards des sarcophages. Inscriptions : • inv.1385.6 : M(arcus) Car () Vassedo et / M(arcus ?) Val (erius) Centurio L(uguduni) f (ecerunt). • inv.1696.2 : M(arcus) Car () Vassedo et / M(arcus ?) Val (erius) Centurio L(uguduni) [f (ecerunt)]. Au début de la ligne 2, M dont la dernière haste est incomplète, plutôt que N.

Q4 • Clou [fig. 174 : 1]. Fer. L. (tige) 135 mm ; sect. 13 mm. inv.1510.7 / alluvions de crue / fin du Ier ap. J.-C. - début du IIe s. Tête hémisphérique pseudo-circulaire et tige de section quadrangulaire, pointe manquante.

Q5 • Clou. Fer. L. (tige) 90 mm ; sect. 9 mm. inv.1725.4 / alluvions de crue / fin du Ier ap. J.-C. - début du IIe s. Tête plate discoïdale et tige de sectionquadrangulaire, pointe manquante.

Q6 • Clou. Fer. L. (tige) 120 mm ; sect. 9 mm. inv.1322.1 / alluvions de crue / début du IIIe s. Tige de section quadrangulaire et pointeeffilée. Tête non identifiable. (Objet non restauré.)

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Q7 • Clou [fig. 174 : 2]. Fer. L. 120 mm ; sect. 11 mm. inv.1374.6 / alluvions de berge / milieu du IIIe s. Tige fragmentaire de section quadrangulaire. Tête et pointe manquantes.

Q8 • Clou. Fer. L. (tige) 120 mm ; sect. 10 mm. Inv.1261.3 / dépôts anthropiques d’assainissement / milieu du IIIe s. Tige fragmentaire de section quadrangulaire. Tête et pointe manquantes.

Q9 • Clou. Fer. L. (tige) 122 mm ; sect. 10 mm. inv.1261.4 / dépôts anthropiques d’assainissement / milieu du IIIe s. Tige de section quadrangulaire et pointe effilée. Tête circulaire bombée.

Menuiserie

Q10 • Clou [fig. 175 : 1]. Fer. L. (tige) 85 mm ; sect. 7 mm. inv.1510.4 / alluvions d’inondation / fin du Ier s. ap. J.-C. - début du IIe s. Tête pseudo-circulaire légèrement bombée et tige de section quadrangulaire. Pointe manquante.

Q11 • Clou. Fer. L. (tige) 45 mm ; sect. 9 mm. inv.1261.2 / dépôts anthropiques d’assainissement / milieu du IIIe s. Tête plate discoïdale, tige de section quadrangulaire et pointe effilée.

Q12 • Piton fermé à deux pointes. Fer. L. 34 mm ; diam. 16 mm. inv.1356.35 / alluvions de décantation / milieu du IIIe s. fiche à tête en forme d’anneau et à deux branches appointées. (Objet non restauré.)

Q13 • Piton fermé à deux pointes [fig. 175 : 2]. Fer. L. (branche) 66 mm / diam. (anneau) 23 mm. inv.691.1 / dépôt alluvial d’inondation / milieu du IIIe s. fiche à tête en forme d’anneau et à deux branches appointées.

Huisserie

Q14 • Clenche [fig. 176]. Alliage cuivreux. L. 210 mm ; section 8 mm. inv.1761.1 / alluvions anthropiques / milieu du IVe s. Tige courbe de section circulaire opposant une extrémité bifide à une pointe taillée en biseau. Les branches de l’extrémité bifide sont ouvertes à 45°. Lune se situe dans l’axe de la tige, tandis que la seconde présente un léger méplat qui correspond au réceptacle d’une pièce transmettant le mouvement d’ouverture de la porte. La partie inférieure de la tige présente un appendice triangulaire servant de fixation et de guide, à partir duquel la tige se cintre et s’affine légèrement jusqu’à sa pointe biseautée.

Mobilier Domestique

Q15 • Clochette. Alliage cuivreux. L. 54 mm ; l. 50 mm. inv.1385.9 / alluvions de rivière / fin du Ier s. ap. J.-C. Clochette hémisphérique très fragmentaire présentant un simple anneau de suspension, en méplat percé de deux trous.

Q16 • Clochette [fig. 177 : 1]. Alliage cuivreux. h. 71 mm ; diam. 39 mm. inv.1543.27 / dépôt anthropique de berge / seconde moitié du IIIe s. Clochette haute de section circulaire pourvue d’une bélière de suspension hexagonale.

Q17 • Applique [fig. 177 : 2]. Os. L. 25 mm ; l. 22 mm. inv.1356.13 / alluvions de décantation / milieu du IIIe s. Élément découpé en forme de palmette simplifiée et ajourée présentant une face plane. Il peut s’agir d’un fragment de décor d’incrustation de meuble.

Q18 • Plateau [fig. 178]. Marbre blanc (gros cristaux). diam. (reconstitué) 650 mm ; h. 41 mm. inv.1357.5 / dépôt anthropique d’assainissement / milieu du IIIe s. Fragment d’un récipient correspondant à un plateau de grande taille. Ne présentant pas d’usures liées à un quelconque usage, il est probablement à ranger parmi le mobilier domestique.

Q19 • Manette en U [fig. 177 : 3]. Alliage cuivreux. L. 95 mm ; sect. (manette) 4 mm. inv.1227.2 / dépôt anthropique d’assainissement / milieu du IIIe s. Élément composé d’une tige coudée de section carrée aux extrémités moulurées formant anneau. À chacune d’elle est insérée la tête en anneau d’un piton fermé à pointes rivetées. Les pitons permettaient la fixation de la manette sur un coffre ou un meuble.

Q20 • Disque [fig. 177 : 5]. Alliage cuivreux. diam. 86 mm ; épais. 2 mm. inv.1543.23 / dépôt anthropique de berge / seconde moitié du IIIe s. Disque présentant une face polie et une seconde où sont visibles des traces de martelage et d’usure. Cette dernière présente une excroissance centrale parallélépipédique, décorée de deux incisions parallèles sur ses faces latérales, et percée en son centre. Cette perforation circulaire permet de supposer soit que l’élément était fixé sur un meuble ou une pièce de harnachement, soit qu’il tournait autour de l’axe d’un mécanisme.

Q21 • Boîte à compartiments [fig. 177 : 6]. Bois (buis). L. 54mm ; l. 21 mm ; h. 11 mm. inv.1356.19 / alluvions de décantation / milieu du IIIe s. Deux fragments non raccordables appartiennent à cette boîte. Celle-ci possédait au moins quatre compartiments séparés par trois fines parois. Un bord latéral présente une feuillure droite sans doute aménagée pour le passage d’un couvercle coulissant.

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