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L’Alsace est une des régions d’Europe qui compte le plus de châteaux forts. A flanc de montagne, des forteresses de grès rose émergent des forêts, majestueuses et chargées d’histoire, offrant une vue imprenable sur la vallée ou les plaines de la région.

Trois d’entre elles dominent la charmante cité de Ribeauvillé, entre vignobles et montagnes. Avec ses ruelles pittoresques et pavées, ses maisons Alsaciennes colorées et fleuries, les jolies enseignes, les remparts, ou encore les places ornées de fontaines, Ribeauvillé est à n’en pas douter l’un des plus jolis villages situé sur la Route des Vins.

Au Moyen-Âge, la cité était le siège de la Seigneurie de la famille des Ribeaupierre (d’où le nom de la ville de Ribeauvillé). Ces derniers firent construire trois châteaux forts. Classés monuments historiques, ils sont accessibles aujourd’hui par un sentier de randonnée, à flanc de montagne.

Les Trois Châteaux de Ribeauvillé

Château de Girsberg

L’ascension continue jusqu’au château de Girsberg, ça grimpe mais le panorama vaut le coup. On découvre une vue dégagée sur les vignobles, avec en fond la Forêt Noire, les Hautes Vosges et le Grand Ballon. Installé sur un éperon rocheux, entre les châteaux de Saint-Ulrich et de Haut-Ribeaupierre, le Girsberg possède un donjon pentagonal.

Les constructeurs ont exploité avec talent le roc naturel. Sur un espace très réduit, est érigé un donjon pentagonal, prolongé par une courtine qui épouse exactement le tracé du rocher. Le château, dénommé -Stein- est construit notamment pour éviter que le rocher serve à des agresseurs du grand château voisin à 300m, le St Ulric.

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En 1316, la famille de Girsberg donne aux Ribeaupierre ses possessions du Val de Munster et, en échange, obtient le Stein qu'elle restaure et qui prend le nom de la famille. Celle-ci y restera installée jusqu'à l'extinction de la lignée, au milieu du 15ème siècle. Les Ribeaupierre récupèrent alors le bien, qu’ils délaisseront rapidement.

Une légende raconte qu’il y a fort longtemps, deux frères habitaient le Saint Ulrich et le Girsberg. Au matin, le premier levé réveillait l’autre en envoyant un carreau d’arbalète dans son volet. Hélas, un jour par malheur l’un des seigneurs ouvrit son volet au mauvais moment et pris une flèche en plein cœur. Depuis un fantôme rôde autour du château, et parfois des vents puissants tourbillonnent d’une ruine à l’autre.

Château de Saint-Ulrich

Après avoir admiré les belles ruines du château du Girsberg, on se dirige vers le plus imposant et le mieux conservé des trois châteaux de Ribeauvillé. Situé à 528 mètres d’altitude, le Saint-Ulrich contrôlait autrefois la route stratégique reliant la plaine d’Alsace à la Haute-Vallée de Lièpvre. Témoin de la puissance des sires de Ribeaupierre, il fut leur demeure principale jusqu’à son abandon final au XVIème siècle.

Il est fondé avant 1038. Selon les péripéties, il appartient tantôt aux féodaux locaux tantôt à l’église. En 1162 il est rendu à celle-ci par Frédéric I Barberousse (1152-1190). A cette époque, le château est reconstruit en pierre au nord du rocher, autour du donjon.

Au début du 13ème siècle, se construit un autre château sur la partie sud du rocher; il comprend la salle des chevaliers aujourd’hui bien conservée, chef d’œuvre d’art profane, ainsi qu'un petit donjon en arrière. Au 14ème siècle, un rempart à l'ouest relie les deux châteaux pour donner l'illusion d'une seule fortification. Le palais roman est rehaussé d'un étage supplémentaire gothique. En 1435 la chapelle est consacrée à Saint Ulric qui donnera son nom au château. Mais dès le 15ème siècle, la demeure est délaissée par les Ribeaupierre et elle tombe en ruines.

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Une dame blanche apparaîtrait chaque année la nuit de Noël au Saint Ulrich. Elle fait plusieurs fois le tour du château et s'arrête devant le donjon, une clef à la main. Seul un vivant pourrait la délivrer et il entrerait en possession des trésors du château. On dit que la dame serait Gertrude de Ribeaupierre, amoureuse de Rodolphe de Horbourg, ennemi des Ribeaupierre installé au château de Zellenberg ; l'oncle de Gertrude était opposé à ce mariage et, une nuit de Noël où Rodolphe devait enlever Gertrude, ce dernier fut tué par l'oncle qui les avait surpris : alors chaque année les trois se retrouvent piteusement au pied du château pour pleurer leur malheur.

Château du Haut-Ribeaupierre

On poursuit notre randonnée direction le château du Haut-Ribeaupierre qui, comme son nom l’indique, est le plus élevé des 3 châteaux. Établi au sommet d’une petite montagne à 645 m d’altitude, il a été conçu au XIIème siècle pour renforcer la sécurité du château Saint-Ulrich sur ordre des sires de Rapoltstein (Ribeaupierre). Les ruines du logis sont visibles dans la cour surmontée par l’imposant donjon circulaire qui offre une vue imprenable sur la plaine et les crêtes vosgiennes. Les vestiges du Haut-Ribeaupierre sont actuellement en cours de rénovation, il est cependant possible de l’admirer depuis son entrée.

L'ancien nom d'Altenkastel est à traduire en "château d'en haut" et non "vieux château". Il se caractérise par son donjon rond. A l’instar du St Ulric, les Ribeaupierre le tiennent en fief de l'Eglise de Bâle. Au 14ème siècle, les fortifications sont renforcées d'un mur-bouclier. Le donjon sert de prison. Y est enfermé le chevalier anglais John Harleston de 1384 à 1387, ensuite ce sont des juifs à qui on fait avouer qu'ils ont empoisonné des puits. En 1447 c’est Philippe de Croy que le chevalier de Ribeaupierre a capturé lors de la bataille de Nancy contre Charles le Téméraire. Au 16ème siècle, le château est modernisé pour parer aux nouvelles armes à feu et servir de tour de guet du fait de sa position haute.

Les Tours des Cigognes

L’étude archéologique des tours des Cigognes a donc été conçue comme une opportunité d’accroître de façon significative nos connaissances sur le système défensif de Ribeauvillé et, en particulier, sur les adaptations dont il a fait l’objet au temps du développement des armes à feu. Les bois d’œuvre (planchers, charpentes et boulins) susceptibles d’être conservés dans les deux tours permettaient d’envisager des apports significatifs en matière de datation, par le recours à la dendrochronologie. La datation attendue des ouvrages défensifs devait, in fine, permettre de les replacer dans leur contexte historique, militaire, technique, économique, social et éventuellement symbolique.

La tour est située sur l’angle formé par les courtines nord et est, pour lesquelles elle fait office de flanquement. Si le mur d’enceinte nord est bien conservé au contact de la tour, il ne subsiste du mur oriental que le tracé, repris dans la façade d’un immeuble moderne. C’est une tour de plan circulaire, mesurant 6,85 m de diamètre hors-œuvre.

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Dans les maçonneries qui relèvent de la construction initiale, la tour emploie essentiellement en parement des moellons dégrossis et bruts, ainsi que de cailloux de grès vosgien de couleur rose, jaune et grise. On y trouve également quelques gros galets, quelques moellons de granite, des briques, employées entières ou fragmentaires, et des fragments de tuiles creuses. Les matériaux de construction sont posés en appareil irrégulier. La diversité de ces matériaux suggère le plus volontiers plusieurs sources d’approvisionnement et n’exclut pas, éventuellement, le recours à des réemplois. Toutefois, les briques, de couleur rouge, ont un format moyen homogène (28-29 x 15 x 5-5,5 cm), qui plaide en faveur d’une source d’approvisionnement en matériaux neufs. Leur usage a été réservé de préférence aux embrasures des baies et, de façon systématique, à leurs voussures, en raison des commodités de mise en œuvre qu’elles offrent. Les éléments de construction sont liés par un mortier blanc de sable et de chaux, assez fin.

La tour conserve de nombreux boulins d’échafaudage, encore engagés dans l’épaisseur des maçonneries. Leurs extrémités sont quelques fois visibles dans le parement externe des murs. Il s’agit de boulins en bois résineux, de section circulaire (diamètre de 10 à 15 cm), habituellement pourvus de leur écorce. Les boulins n’étaient pas traversants : ils étaient engagés dans l’épaisseur des murs sur une longueur comprise entre 0,68 et 1,25 m. Ils ont été noyés dans la maçonnerie au fur et à mesure de la construction, ce qui explique qu’ils n’ont pas pu être retirés de leur gaine à l’issue du chantier ; ils ont donc été sciés à fleur du parement externe. Les rangées horizontales de boulins témoignent de la mise en œuvre d’au moins quatre platelages habituellement espacés entre eux de 1,50 à 1,60 m.

Le plancher du premier étage est massif : il est constitué d’une poutre longitudinale, qui soulage en leur centre treize puissantes solives de section quadrangulaire (24-34 x 25-26 cm), posées bord à bord. Les solives, en sapin, ont été soigneusement taillées pour être ajustées au plan circulaire de l’ouvrage ; l’une des faces des deux courtes solives de rive a ainsi une forme en arc de cercle. Les extrémités des solives reposent directement, sans recours à une sablière, sur un ressaut du mur périphérique. Le niveau d’occupation d’origine de l’étage correspond à la face supérieure des solives, celles-ci n’ayant manifestement jamais été recouvertes par une aire de planches. La partie occidentale du plancher ménage une trémie destinée à la circulation d’un niveau à l’autre de la tour.

La charpente qui couvre la tour appartient à son état primitif. Le toit polygonal repose sur deux cours de sablières de toit, placées de façon concentrique sur l’arase de la tour. La sablière intérieure, au nu du parement interne, est constituée de cinq pièces de bois incurvées, de section rectangulaire, posées bout à bout, sans assemblage. La sablière extérieure est placée en saillie par rapport au parement externe, la face visible étant moulurée en cavet.

Les trois niveaux de la tour étaient dévolus à la défense active. Les deux niveaux inférieurs étaient respectivement équipés de deux meurtrières (ME2 et ME3, cette dernière ayant été transformée en porte) et de trois meurtrières (ME4, ME5 et ME7, la dernière étant murée).

Les cinq baies libres (BA8 à BA12) qui s’ouvrent à l’étage sommital de la tour présentent des caractéristiques morphologiques et techniques communes : maçonnées en briques, elles sont ébrasées et couvertes de voussures segmentaires. Les ébrasements sont tous pourvus, en leur centre, de gaines maçonnées : dans chaque embrasure, une gaine profonde (de 32 à 37 cm) est couplée à une gaine peu profonde (de 13 à 16 cm), autorisant la mise en œuvre de pièces de bois amovibles (disparues). Ce dispositif correspond manifestement à des poutres d’appui pour des armes à feu portatives.

La datation dendrochronologique de la construction de la tour en 1473 ou peu après ouvre la voie à une réflexion sur les motivations historiques qui ont conditionné ou accompagné le programme architectural dont elle est l’expression.

Autres Points d'Intérêt à Ribeauvillé

  • Notre Dame de Dusenbach
  • Chapelle Sainte Catherine
  • Eglise des Augustins (fondée au 12ème siècle)
  • Marktbrunnen
  • Sinnbrunnen (construite en 1899)

Légendes de Ribeauvillé

On raconte ainsi que deux frères habitaient le Saint Ulric et le Girsberg. Ils se réveillaient chaque matin en envoyant un carreau d'arbalète dans le volet de l'autre. Hélas, un matin, l'un des seigneurs tua son frère qui ouvrait son volet au mauvais moment. Le meurtrier disparut à jamais, mais son fantôme rôde parfois autour du château, et, dans le hurlement de la tempête, entraîne avec lui, dans les airs, une chasse infernale d'un château à l'autre.

Informations Complémentaires

À 45 minutes de Strasbourg, cette randonnée à la découverte des châteaux forts offre un panorama époustouflant sur la plaine d’Alsace, les Hautes-Vosges, le Grand Ballon, la Forêt Noire et la cité médiévale de Ribeauvillé en contrebas. Un moment en osmose avec la nature qui nous replonge l’espace d’une balade dans l’univers du Moyen-Age.

tags: #arbalète #ribeauvillé #histoire

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