La catapulte et l'arbalète sont deux machines de guerre emblématiques utilisées depuis l'Antiquité jusqu'au Moyen Âge. Elles ont joué un rôle crucial dans les sièges et les fortifications, et leur histoire et fonctionnement sont fascinants. Au cœur de cette ère tumultueuse se trouvent les armes, symboles de pouvoir et de prestige autant qu’instruments de guerre.
Bien que l'arbalète, c.-à-d. l'arc monté sur affût, paraisse avoir été en usage dans l'Antiquité, au moins comme machine de guerre de grande dimension et non portative, ce n'est qu'à une époque relativement récente que nos ancêtres ont employé cette arme telle que nous venons de la décrire. Il n'en est fait mention pour la première fois dans les armées européennes que vers la fin du Xe siècle.
On n'en voit nulle trace dans la tapisserie de Bayeux, quoique un chroniqueur la mentionna à la bataille de Hastings en 1066. La princesse Anne Commène (1083-1148) parle, à son tour, d'un arc connu depuis peu, qu'elle désigne sous le nom de tzagra, mais ne dit pas clairement que ce fût l'arbalète. Vers cette époque, elle paraît s'être répandue promptement en France; déjà, sous Louis le Gros (1108-1137), l'usage en est général.
En 1139, sous Louis le Jeune, un canon du concile de Latran défend de se servir d'une arme aussi meurtrière, entre chrétiens; on ne pourra en faire usage que contre les infidèles. Mais cette défense est bientôt éludée, car Richard Coeur-de-Lion; dès 1198, rend l'arbalète à ses gens de pied. Boleslaus, duc de Schweidnitz, introduit en 1286 le tir de l'arbalète dans ses Etats, et cette arme, adoptée avec faveur par les Allemands, atteint chez eux un haut degré de perfection.
Les premières arbalètes reproduites par la peinture sont celles d'un manuscrit anglo-saxon du XIe siècle, qu'on peut voir au British Museum. Au temps des royaumes humaines son utilisation se généralise Des corps d'arbalétriers à pied ou à cheval intégrèrent toutes les armées. Cette arme a été utilisée comme arme de guerre jusqu'au temps de la Fédération.
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Moyen Âge - Europe. Son usage est jugé si dangereux par l’Église qu’il est proscrit par le concile du Latran en 1139. Pour des raisons sociales plutôt que militaires. Le deuxième concile du Latran, qui a eu lieu en avril 1139 à Rome, compte parmi les grandes assemblées ecclésiastiques du Moyen Âge. Il a mis fin à un schisme et a abouti à l’excommunication d’un roi [Roger II de Sicile].
Par conséquent, le fait que l’on s’y soit également préoccupé de “l’art mortel et honni de Dieu de l’arbalétrier et de l’archer” en dit long sur l’image publique de ces armes. Quiconque en userait contre des chrétiens serait dorénavant voué à la damnation, ainsi en décidèrent les princes de l’Église. Les choses allaient pourtant changer. Plus de six cent soixante ans plus tard, dans son drame intitulé Guillaume Tell, Friedrich Schiller fera justement d’un arbalétrier l’incarnation du combattant héroïque de la liberté, auquel les démocrates ont érigé des monuments.
L'arbalète se compose d'un arc, fixé par son milieu sur un fût de bois nommé arbrier. L'arbrier est creusé, dans une partie de sa longueur, par une rainure qui sert à diriger la flèche; il est terminé par une espèce de crosse que l'on appuie à l'épaule comme celle d'un fusil, pour viser dans la direction de la rainure; il est muni, vers son milieu, d'un disque d'os, d'ivoire ou de métal, appelé noix, dont le contour porte deux encoches : l'une pour recevoir la corde de l'arc, quand elle est tendue; l'autre pour arrêter l'extrémité d'un ressort de détente.
Dans certaines armes, le fût se trouve évidé en demi-cylindre pour servir de direction aux différentes espèces de trait. On se sert le plus souvent d'arbalètes à jalet, dont le fût porte un canon ou tube dans lequel on met une balle ou un caillou rond, et qui est fendu de chaque côté, de manière à laisser passer la corde. Arbalète à pied de biche (XVe siècle). L'arbalète se tient comme un fusil : on l'élève de la main gauche et l'on appuie la crosse à l'épaule droite.
L'index de la main droite appuie légèrement sur une gâchette, placée en dessous. Le projectile touche le milieu de la corde tendue; on vise : et en tirant la gâchette; on met en liberté la corde qui se détend violemment et lance au loin le projectile. Le nom latin de l'arbalète au Moyen âge était balista. Le trait ordinaire lancé par l'arbalète était une flèche courte et solide appelée au Moyen âge carrel ou carreau, à cause de la forme carrée de son fer.
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On appelait ce trait vireton, quand les plumes ou le cuir dont il était empenné étaient inclinés sur l'axe de manière à imprimer à ce projectile un mouvement de rotation. L'arbrier, permettant d'adapter à l'arbalète des appareils de tension susceptibles d'emmagasiner une force très supérieure à celle que peut développer directement la main de l'humain, on put donner à son arc une grande énergie et à son tir une grande puissance. Le carreau de certaines arbalètes pouvait, dit-on, percer un madrier de six pouces d'épaisseur. Arbalète à baguettes (époque de Louis XIV).
Le Moyen âge vit de nombreux modèles d'arbalètes; nous allons donner une idée des plus employés.
Nous mentionnerons enfin l'arbalète chinoise, que les soldats français rencontrèrent encore en face d'eux dans la campagne de 1860 en Chine, mais qu'ils ne trouvèrent plus, quelques années plus tard, pendant la guerre du Tonkin. Dans cette arme de construction très ingénieuse, un tiroir, mobile le long de l'arbrier, est disposé de telle sorte qu'il fournit de lui-même, à chaque coup, une flèche nouvelle, sans que le tireur ait besoin de recourir à son carquois. Cette arbalète à magasin peut porter jusqu'à vingt flèches.
L'arbalète, supérieure à l'arc comme arme de siège, lui était inférieure comme arme de campagne. Pendant qu'un archer lançait dix ou douze traits, l'arbalétrier n'en pouvait guère tirer plus de trois. D'après Juvénal des Ursins, dans armée du duc de Bourgogne, en 1441, il fallait trois hommes et deux arbalètes pour réaliser le tir d'un seul arbalétrier, à qui deux aides étaient nécessaires pour charger ses armes et le couvrir d'un pennart ou bouclier.
En temps de pluie, l'archer pouvait abriter facilement la corde de son arc, ce qui était beaucoup plus difficile à l'arbalétrier et cette circonstance eut une certaine influence sur la défaite des Français à Crécy en 1346. La nuit qui précéda la bataille avait été pluvieuse, et les cordes des arbalétriers génois, alliés des Français, s'étant détendues, les mirent dans une situation d'infériorité marquée, en présence des archers anglais dont les armes avaient conservé toute leur puissance.
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L'arc avait encore une autre supériorité sur l'arbalète, c'est qu'il pouvait se tirer, l'arme tenue verticalement, ce qui permettait à l'homme d'occuper moins de place dans le rang. L'arbalète a été en Europe l'arme de jet par excellence du Moyen âge. Elle ne disparaît que vers le milieu du règne de François Ier (1536), comme arme de guerre, et qu'au siècle suivant comme arme de chasse. Elle n'existe plus aujourd'hui qu'à l'état d'arme servant à des tirs sportifs, dans certaines sociétés d'arbalétriers amateurs, et dans les fêtes foraines.
Comme arme de chasse, l'arbalète a été longtemps employée, même après l'adoption des armes à feu. Elle avait l'avantage de tuer sans bruit et de ne pas effaroucher le gibier. Elle était encore en grand usage en France au commencement du XVIIe siècle pour le sport cynégétique. L'arbalète a connu un regain de faveur à la fin du XIXe siècle, époque à laquelle quelques femmes du monde ont remis à la mode le tir de l'arbalète pour la chasse aux grenouilles sur le bord des étangs. Pour cet usage, le trait acéré était rattaché au fronteau de mire par un cordonnet de soie qui ramènait la proie lorsqu'elle est piquée. Ce jeu d'adresse, quoique cruel, fut en grande vogue dans les garden parties, donnés par les grandes mondaines.
L'arbalète, qui est quasiment oubliée depuis des siècles en tant qu'arme de guerre, est demeurée, ainsi que l'arc, une arme sportive.
Il existe deux types de pratiques à l’arbalète, le match et le field. L’arbalète Field quant à elle, se rapproche plus de la pratique du tir à l’arc avec l’utilisation de cordes et de flèches.
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