La construction d'une arbalète peut être un projet de bricolage intéressant, mais il est essentiel de comprendre les différentes étapes et les matériaux nécessaires. L’arbalète est une arme ancienne composée d’un arc, d’un manche sur lequel est posé le carreau (sorte de flèche courte) et d’un élastique retenu par un crochet relié à la gâchette, qui servira à la projection du carreau.
On commence par tracer un gabarit en carton de l'arbrier. Ensuite, on reporte sur une planche. Ici, c'est du pin de GSB, qualité médiocre... On perce des trous dans les angles, et on découpe à la scie sauteuse. Il faut ensuite tourillonner les deux parties obtenues, qui vont permettre de travailler correctement et de façon symétrique l'arbrier.
Ensuite, on sort la défonceuse, une fraise droite et on creuse l'emplacement de la détente. Ici, un système simple qui fait sortir la corde d'une saignée. Pour défoncer correctement, on se bricole des gabarits simples : un tasseau sur une planchette en CTP de 3,6mm, on passe la défonceuse et on est sûr du coup d'avoir le bon gabarit !!!
Ensuite, avec une fraise à 45°, on peut s'occuper du "rail" de guidage de l'arbalète. Pour ça, j'ai contrecollé 4 épaisseurs de CTP de 3,6mm, à la colle blanche. Quand c'est sec, on perce le trou (6,5mm pour laisser un peu de jeu), on coupe et on ponce. On procéde donc par essai... Ensuite, grâce à l'assemblage à blanc, par tourillon, on peut vérifier "en vrai". L'axe est du tourillon de hêtre de 6mm, et quand on "tire"... De toute façon, faudra ajuster peu à peu... Gardez la poncette au chaud !!!
Voici le système de détente qui a été prévu, tiré de Webarcherie. Ca va du très simple, comme celui-ci, au super-méga compliqué, comme d'autres...
Lire aussi: Fonctionnement des pistolets arbalètes à poulies
Très sincèrement, la seule vraie difficulté de l'arbalète, ben c'est l'arc !!! Et en plus, comme il a été raté, il est facile d'en parler !!! Si vous savez vous servir normalement d'une défonceuse, c'est sans problème.
L'arc de cette arbalète fait moins de 80 livres, or il en faut au moins 100 sur une arbalète vu les frottements. L'arc est en effet la faiblesse de cette arbalète (moins de 80# : on arme facilement à la main !!!), mais il a surtout été bricolé pour valider le concept de détente. La prochaine aura un arc plus costaud.
Pour l'arc, il n'y a pas de photo. C'est un morceau de rotin d'environ 38mm de diamètre, sur 1,1m de long. Pas assez de diamètre, pas assez de reflex... Et pas assez puissant de toute façon !!! Mais on y travaille...
Plusieurs options existent pour la fabrication de l'arc :
Si vous optez pour l'acier, il faut éviter de chauffer l'acier, il faut donc le refroidir très régulièrement lors de la découpe, ou bien carrément, faire un travail de forge comme pour une lame de couteau (recuit, mise en forme, recuit de détente, trempe, et revenu). Enfin là, je parle surtout en théorie.
Lire aussi: Guide des arbalètes sous-marines pneumatiques
On va ensuite faire des carreaux. Du tourillon de hêtre (pas le mieux, pas mais autre chose dans mes GSB...) de 10mm pour le fut, et une pointe métallique. Pour ça, j'ai pris du rond de fer de 10mm, qu'on perce au centre, on passe un coup de tareau, et on a un pas de vis de 5mm. On boulonne un boulon (!!!) dedans, on coupe la tige filetée, on met tout ça dans le mandrin d'une perceuse, on sort la meuleuse et on meule jusqu'à avoir ça.
On perce un trou dans le fut, on colle (à l'époxy lente, la bleue) la pointe. On met ensuite des plumes (de chez D4, mais j'ai l'impression qu'ils n'en vendent plus !). J'ai fait 6 carreaux comme ça. Pour info, la pointe n'est pas assez pointue, mais c'est les premières que je faisais. Si vous faites des carreaux, mettez-les pointus !!!
Et on visse, pour ma part dans le sens des aiguilles d'une montre. On tourne, on tourne... Quand le toron commence à s'épaissir, on arrête, on dégage le crochet et on va accrocher le bout à la pointe fixe (on divise la corde en deux en somme). On met la boucle dans le crochet, et on visse en sens inverse !!!
On se retrouve au bout de quelques dizaines de tours avec une corde solide et épaisse. Ici, le lin résiste en moyenne à 14 kg. 16 brins vous donnent donc une résistance théorique de 224 kg, soit 200 kg si on compte les bizarreries du lin.
Il faut ensuite faire les boucles de la corde : pour celà, on va passer le bout dans le toron, comme sur la photo. Ensuite, on repasse à l'envers, et quand c'est terminé, on passe toute la corde dans le bout : la boucle est bouclée, et ne peut se défaire. Faut quand même recommencer pour l'autre bout de la corde !!!
Lire aussi: Projet DIY : arbalète en bois
Pour terminer, une photo de l'arbalète finie. Elle a juste été passée à l'huile de lin.
Pour réduire les frottements, il faut IMPERATIVEMENT utiliser de la cire de pont. C'est une cire dont on enduit le pont et la portion de corde en frottement avec le pont.
Ce qui m'importe, c'est d'avoir un tir direct à au moins 25 mètres. Pour le reste, puis-je rappeler que la chasse à l'arbalète est interdite en France, et que ça reste quand même un jouet très dangereux... à réserver aux adultes.
tags: #arbalète #latte #sommier #informations