La région semi-autonome de Hong Kong est plongée dans la pire crise de son histoire récente. Les gigantesques manifestations pacifiques qui agitent les rues de l'ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997 occasionnent de plus en plus d'affrontements sporadiques entre contestataires radicaux et policiers.
Le week-end de mobilisation à Hong Kong a été marqué par une rare violence. Quarante-quatre des 49 manifestants qui ont été arrêtés dimanche durant la dernière manifestation vont être inculpés pour participation à des émeutes. Ils risquent jusqu'à dix ans de prison , a déclaré mardi un responsable de la police.
La mobilisation est partie du rejet du projet hongkongais d'autoriser les extraditions vers la Chine. Un projet vite suspendu par le gouvernement local pro-Pékin. Ce qui n'a pas calmé les ardeurs des manifestants, qui retournent dans la rue pour dénoncer l'emprise croissante du régime communiste sur la région.
Lundi, le gouvernement chinois a renouvelé son soutien à la cheffe contestée de l'exécutif hongkongais Carrie Lam et à la police locale, et appelé à "rétablir l'ordre au plus vite" dans ce haut lieu de la finance internationale. Dimanche soir, des manifestants pro-démocratie ont pour la deuxième journée consécutive affronté la police , ce qui a donné lieu aux scènes les plus violentes observées à ce jour sur le territoire.
D'autant plus qu'un symbole avait été pris pour cible la semaine précédente : le Bureau de liaison chinois, qui représente l'autorité de Pékin dans la région semi-autonome. Lors d'une rare conférence de presse de l'organe chinois assurant le lien entre la capitale et le territoire autonome, le Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao s'est contenté de renouveler le soutien de Pékin à la cheffe contestée de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, et à la police locale, tout en condamnant les manifestations qui ont "gravement compromis" la prospérité et la stabilité du territoire .... et fait planer le spectre d'une intervention.
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"Nous pensons que pour l'heure, la tâche prioritaire de Hong Kong est de sanctionner les actions violentes et illégales en conformité avec la loi, de rétablir l'ordre au plus vite et de maintenir un environnement propice pour les affaires", a déclaré l'une des porte-parole de ce Bureau, Xu Luying. "Nulle société civilisée ou régie selon l'Etat de droit ne peut tolérer de violences rampantes", a averti son collègue Yang Guang.
Il a dénoncé le soutien apporté par des "personnes irresponsables en Occident" aux manifestants et rejeté "toute ingérence étrangère " dans les affaires de Hong Kong. Ces personnes "ne veulent rien de moins que semer le chaos à Hong Kong et de le transformer en un problème pour la Chine, afin d'endiguer le développement" du pays, a accusé M. Yang. "Ce complot est voué à l'échec".
La police a accusé lundi les manifestants de lancer des briques, des bouteilles, des bombes de peinture, des liquides corrosifs et même fait état de billes métalliques projetées au moyen d'une arbalète. Des arcs et des flèches ont aussi été récupérés sur les lieux des affrontements, selon les forces de l'ordre.
Des manifestants ont aussi pointé des lasers verts sur les policiers dans le but de gêner leurs opérations, mais aussi de ne pas être pris en photo. Ce qui a donné lieu à des scènes surréalistes. La police a riposté avec un emploi massif de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, les unités d'élite intervenant dans la foulée pour arrêter ceux des manifestants qui restaient à la traîne. Les autorités ont fait état lundi de 16 blessés.
Samedi, des affrontements avaient déjà ponctué une manifestation à Yuen Long , près de la frontière chinoise. Les protestataires entendaient dénoncer l' agression de militants pro-démocratie le 21 juillet , attribuée à des triades, des gangs violents, et qui avait fait 45 blessés dans cette localité.
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Ce mardi, des manifestants ont organisé une action de désobéissance civile en empêchant des métros de quitter la station Tiu Keng Leng, rapporte le site Hong Kong Free Press . L'opération a entraîné des retards et perturbations sur le réseau. Mais aussi quelques tensions.
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