L'arbalète, arme de trait emblématique, fascine par son ingéniosité et sa puissance. Cet article explore en profondeur l'arbalète, de sa définition précise à son évolution historique, en passant par son fonctionnement mécanique et ses diverses applications.
Une arbalète est une arme de trait composée d'un arc, généralement en acier, bandé à l'aide d'un ressort et monté sur un fût appelé arbrier. Ce fût sert de support et de guide pour le projectile, qui peut être une balle, un carreau (flèche courte et empennée) ou un jalet (projectile sphérique). L'arbalète se distingue de l'arc traditionnel par son mécanisme de tension de la corde, qui permet de stocker une énergie importante et de propulser le projectile avec une grande force et une précision accrue.
Les premières arbalètes apparaissent en Chine au Ve siècle avant J.-C. Ces armes primitives étaient constituées d'un arc composite fixé sur une monture en bois. Elles furent utilisées à la guerre pour leur puissance et leur capacité à percer les armures. Selon Thomas Louis et Tommy Ito, l’arbalète à flèche est apparue au Japon au VIIe siècle, équipant, pour l’essentiel, l’infanterie. Elle fut utilisée sur les champs de bataille autant sous sa forme portative qu’en tant qu’arbalète de siège projetant des pierres (oyumi).
L'arbalète fait son apparition en Europe au Moyen Âge, vers le Xe siècle. Elle devient rapidement une arme redoutable, capable de percer les armures des chevaliers. Son utilisation se répand rapidement, tant à la guerre qu'à la chasse. Au XIIe siècle, le deuxième concile de Latran interdit l'usage de l'arbalète entre chrétiens, en raison de sa puissance destructrice. Son usage est jugé si dangereux par l'Église qu'il est proscrit par le concile du Latran en 1139. Pour des raisons sociales plutôt que militaires.
Ainsi, considérant que l’arbalète, qui n’exige pas une grande formation, permet à des soldats peu aguerris de tuer de loin un chevalier en armure qui a voué son existence au métier de la guerre, le clergé estime que c’est une arme immorale pour le peu de courage et de formation qu’elle exige de celui qui la manie. « Les Français la regardaient comme l’arme des lâches et refusaient de s’en servir.
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À partir du XIVe siècle, l'arbalète connaît des perfectionnements techniques importants. On voit apparaître des systèmes de tension plus sophistiqués, tels que l'arbalète à pied-de-chèvre (ou de biche), l'arbalète à cric et l'arbalète à cranequin. Ces mécanismes permettent d'armer l'arbalète plus facilement et d'augmenter sa puissance. On invente aussi un mécanisme complexe et coûteux, avec temps de rechargement de plus en plus long de 2 à 3 minutes (jusqu’à 30 minutes pour les modèles les plus puissants) comme le cric ou le treuil (appelé aussi le « moufle ») pour tendre l’arbalète.
Les Italiens se distinguèrent dans la fabrication d’arbalètes particulièrement efficaces : un trait pouvait atteindre jusqu’à 350 km/h ! Le cranequin (du moyen néerlandais cranekijn « sorte d’arbalète »7) était une arbalète à pied mais le terme a fini par désigner aussi le mécanisme particulier destiné à le tendre. Pour lever cette ambiguïté, l’arbalète elle-même a été renommée improprement cric d’arbalète, terme malheureusement utilisé de nos jours alors qu’il semble ne désigner qu’une partie de l’arme.
À la veille de la prolifération des armes à feu, l'arc était progressivement remplacé en Occident par l'arbalète. Par la suite, au XVIe siècle, l'arc et l'arbalète perdent leur rôle militaire au profit d'armes à feu comme l'arquebuse. Cependant, l'arbalète reste utilisée pour la chasse et le tir de loisir.
Aujourd’hui, parmi les arbalètes modernes, on retrouve différents modèles avec des technologies très innovantes. L'arbalète à poulies, ou arbalète compound, représente la meilleure innovation technologique dans l’univers des arbalètes. En effet, la présence du système de poulies permet la réduction de la force nécessaire à l’armement de la corde, mais aussi une optimisation de la précision de tir.
Le principe de l’arbalète repose sur l'accumulation d'énergie potentielle dans l'arc bandé.
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Il existe de nombreux types d'arbalètes, qui se distinguent par leur taille, leur puissance, leur mécanisme de tension et leur utilisation.
L'arbalète a été utilisée à diverses fins au cours de l'histoire :
Les carreaux longs de 25 à 32 centimètres, plus lourds qu'une flèche, avaient un impact très destructeur. Selon les modèles et la puissance des arbalètes, la vitesse à laquelle les flèches se propulsent varient significativement. En générale, les mini arbalètes de 50 à 80 lbs lancent des flèches à une vitesse allant de 165 km/h à 295 km/h. Vitesse initiale : 102 m/s (env.
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