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Cet article explore l'histoire et l'utilisation des carreaux d'arbalète, en mettant en lumière des découvertes archéologiques récentes et des collections historiques.

Carreaux d'Arbalète : Un Aperçu Historique

Les carreaux d'arbalète, flèches spécifiques utilisées avec les arbalètes, ont joué un rôle important tant dans les compétitions de tir de prix que dans les applications militaires et de défense. L'expression "Se tenir à carreau" est une expression du Moyen Âge qui signifiait se mettre à l’abri dans une bataille pour ne pas être à la portée d’une flèche d’arbalète, appelée un carreau.

Tir de Prix & Type Militaire : Un Ensemble Rare

Un ensemble rare et très recherché de cinq carreaux anciens européens pour arbalète illustre à la fois le raffinement cérémoniel et l’aspect utilitaire martial.

L'ensemble comprend :

  • Quatre carreaux décoratifs utilisés pour le tir de prix en confrérie.
  • Un carreau à pointe en fer, de type militaire ou de défense fortifiée.

Chaque pièce est unique, fabriquée à la main au XIXᵉ siècle ou plus tôt.

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Description détaillée :

Ce lot exceptionnel illustre à la fois le raffinement cérémoniel des confréries de tireurs et l’aspect utilitaire martial des carreaux destinés à la guerre ou à la défense.

Carreaux de Tir de Prix (vers 1850-1900)

Les carreaux de tir de prix présentent les caractéristiques suivantes :

  • Fût en bois dur soigneusement façonné, décoré de filets peints rouges et noirs.
  • Pointe en corne polie, conique, conçue pour le tir sur cible en bois ou métallique.
  • Décoration raffinée avec incrustations de pastilles en os dans des bandes contrastées, typique des confréries de tir à l’arbalète du Belgique, des Pays-Bas ou du nord de la France.
  • Empennage coloré (plumes rouges, oranges, violettes) fixé avec du fil naturel, avec un embout en os à l'arrière du carreau.
  • Longueur : env. 38 cm

Utilisés dans des compétitions appelées tir de prix (prijsschieten / tir de confrérie), ces carreaux sont des témoins du patrimoine martial et festif des schutterijen ou confréries d’arbalétriers.

Carreau Lourd à Pointe en Fer (vers 1780-1850)

Le carreau lourd à pointe en fer présente les caractéristiques suivantes :

  • Fût plus épais, finition sobre, destiné à une arbalète à forte puissance (type militaire ou monté sur muraille).
  • Pointe massive en fer forgé, conique, conçue pour perforer l’armure ou frapper des cibles solides.
  • Plumes naturelles (probablement d’oie ou de dinde) au ton bicolore, montage fonctionnel.
  • Encoche carrée à l’arrière, typique des arbalètes militaires ou d’artillerie de siège.
  • Longueur : env. 48 cm

Ce carreau servait probablement dans un arsenal municipal, une milice urbaine ou pour des tirs lourds sur cibles simulant un usage militaire.

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État de conservation :

Ensemble en très bon état : matériaux d’origine, incrustations en os bien conservées, pointes intactes.

  • Patine naturelle et traces d’usage légères, cohérentes avec l’âge des pièces.
  • Empennages en bon état avec usure mineure sur certaines plumes.

Provenance probable :

  • Origine : Europe occidentale, très probablement Belgique (Flandre ou Wallonie), Pays-Bas ou Allemagne rhénane.
  • Ensemble issu d’une collection privée ou d’une confrérie historique.

Découvertes Archéologiques et Collections

L’archéologie a mis au jour de nombreux carreaux d’arbalète, témoignant de leur utilisation répandue au Moyen Âge et à la Renaissance.

Le Château du Guildo (Côte-d’Armor)

Depuis 2015, le laboratoire LandArc mène l’étude de la vaste collection de petits objets découverts au cours de la fouille programmée du château du Guildo (Côte-d’Armor). Entre 1990 et 2013, la fouille dirigée par Laurent Beuchet (Inrap) a permis de mettre au jour plus de 5000 objets en grande partie métalliques dont 2150 remarquables datés des XIe-XVIIIe siècles. L’armement est fortement présent sur le site à travers des carreaux d’arbalète, des pointes de flèche, des balles de mousquet, des chausse-trappes, des dagues ou encore des fers de lance.

Le Château de Gien

Le château de Gien est un monument remarquablement bien préservé situé le long de la vallée de la Loire, dans le centre de la France. Après avoir connu de nombreux usages, le château de Gien abrite aujourd’hui des collections patrimoniales du Musée national de la Chasse. Une partie de l’histoire du château a été récemment dévoilée lors d’opérations préventives réalisées entre 2011 et 2015. Les découvertes documentent de manière inédite l’occupation du site de l’époque médiévale aux périodes les plus récentes.

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Occupation du Promontoire de Gien (IXe-XIe Siècles)

Deux étroites fenêtres de fouilles préventives ont révélé deux séquences d’occupation du promontoire entre le ixe et le xie siècle. Elles sont ici remises en perspective afin de préciser le mode de vie et les critères discriminant le groupe privilégié occupant cet espace. Gien est donc à partir des ixe-xe siècles une agglomération qui s’est progressivement constituée autour de plusieurs noyaux de peuplement : une paroisse rurale avec le prieuré de Gien-le-Vieux dépendant de l’abbaye Saint-Benoît-sur-Loire et, sur un promontoire plus à l’est, la nouvelle résidence d’un groupe social privilégié autour du castrum des Donzy.

Le choix de ce promontoire a pu être déterminé par différents facteurs. En premier lieu, le promontoire giennois est plus proche du cours d’eau que la bourgade de Gien-le-Vieux. La possibilité de s’installer à proximité de l’eau constitue une opportunité majeure lorsque l’on prend en considération la navigabilité de la Loire et son rôle comme artère économique.

L’occupation médiévale de ce promontoire a été retrouvée sur le rebord sud de ce dernier, dans les niveaux de sédiments non détruits par l’installation du château de la fin du xve siècle.

Autres hypothèses de l'expression "Se tenir à carreau"

D'autres hypothèses existent quant à l'origine de cette expression :

  • L’origine de l’expression viendrait de la révolution française : dans la salle du tribunal révolutionnaire, le public se tenait sur une partie dallée, faite de carreaux et n’avait pas le droit de s’exprimer.
  • Une dernière hypothèse relie l’expression à l’argot policier du XIXe siècle. Le “carreau ” désigne le domicile, par extension de la “carrée” ou “carre” qui est une chambre.

Au fil du temps, l’expression est passée dans le langage courant et elle est maintenant utilisée pour faire référence au respect de règles et des limites établies.

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