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L'arbalète, une arme emblématique du Moyen Âge, a joué un rôle crucial dans les conflits de cette époque. Cet article explore en détail son fonctionnement, son évolution et son importance stratégique.

Origines et Évolution de l'Arbalète

L’origine de l’arbalète est revendiquée par deux pays : la Chine et la Grèce. Pour ce dernier, les témoignages ne portent que sur des catapultes, techniquement très proches de l’arbalète, qui apparaissent vers 400 avant J.-C. En Chine, des mécanismes de détente en bronze ont été découverts lors de fouilles archéologiques : ils dateraient du début du IIe siècle avant J.-C. (Foley, Palmer et Soedel 1985). En France, la présence d’arbalète avant l’ère chrétienne est attestée au moins à deux reprises. L’une sur la fusaïole d’Arnoux, à Dardes dans l’Ardèche (Bellin 1959), l’autre sur le cippe funéraire de Solignac déposé au musée Crozalier du Puy-en-Velay et qui daterait des alentours du IVe siècle avant J.-C. (Abélanet 1986). Bien que beaucoup plus récente que l’arc, l’arbalète aura marqué le paysage guerrier du « monde civilisé » dès l’Antiquité et jusqu’à l’apparition des armes à feu. Elle connaît son apogée militaire au Moyen Âge, alors qu’elle est restée très discrète aux précédentes périodes.

Fonctionnement de l'Arbalète Médiévale

Malgré son évolution au cours du temps, l’arbalète se caractérise par des critères techniques très précis et se compose, en règle générale, de six éléments principaux :

  • L’arbrier ou fût: c’est la pièce maîtresse sur laquelle viennent se fixer tous les autres éléments.
  • L’arc: il se décompose en deux parties : l’arc proprement dit et la corde. Suivant les époques, l’arc est fabriqué soit en bois, soit en acier. La corde, elle, était souvent confectionnée à partir de tendons d’animaux.
  • L’étrier: cette pièce, qui rappelle la forme de l’étrier de cavalier, est parfois double. Elle est fixée à l’extrémité du fût dont elle déborde et sert à maintenir l’arbalète au sol avec le pied. Sur les anciens modèles d’arbalètes où le bandage de l’arc se fait par tension manuelle, elle facilite la tension de la corde. Elle disparaît donc progressivement avec l’invention des arbalètes à armement mécanique.
  • La noix de décoche: c’est le mécanisme qui arrête la corde une fois tendue. Il s’agit d’un cylindre généralement en corne de cerf, comportant deux encoches diamétralement opposées. Celle du haut retient la corde, celle du bas est bloquée par le mécanisme de détente (cran à cliquet). Ce système très simple est le plus couramment employé en Europe durant tout le Moyen Âge.
  • La détente: elle est directement liée au mécanisme d’arrêt de la corde. Il s’agit généralement d’une tige métallique coudée à angle droit, située sous la noix de décoche. Une simple pression dégage la corde de son cran et éjecte le trait.
  • Le mécanisme d’armement: ce système permet par une manœuvre manuelle ou mécanique de tendre la corde. Très rudimentaire à l’origine, il s’est rapidement perfectionné, surtout grâce à l’emploi de matériaux plus performants et plus durs dans la composition de l’arc.

Au Moyen Âge, deux sortes de systèmes mécaniques permettaient de tendre des arcs de grande puissance. Le premier se composait d’un petit treuil à manivelles fixé à l’arrière du fût. Le deuxième, conçu à partir d’un engrenage appelé craquelin, apparut au début du XVe siècle. C’est alors que l’arbalète, pourtant à l’apogée de sa technique, perd du terrain devant la concurrence des armes à feu.

L'Arc : Un Précurseur Essentiel

L’origine de l’arc n’est pas connue avec certitude ; il est probablement né presque simultanément en plusieurs points du globe. Certains le considèrent comme le descendant direct du propulseur du Paléolithique et en situent l’invention à la fin de cette période. Ce qui est sûr, c’est que, dès le Ville millénaire, on trouve dans de nombreux sites archéologiques des pointes de flèches en silex, qui prouvent indiscutablement sa présence au Mésolithique (Guilaine 1980). Il ne cesse alors de se développer et demeure très répandu au Moyen Âge.

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Dans l’art rupestre, les plus anciennes représentations de l’arc sont connues en Espagne vers 6000 ans avant J.-C., sur les sites du Levant espagnol (Bertran 1984). D’un point de vue chronologique, surtout sur les roches gravées, l’arc reste un très médiocre indicateur en raison de sa longue perduration dans le temps. Dans les fouilles archéologiques, le problème se pose différemment. Bien que les éléments qui constituent l’arc lui-même ne se conservent pas, les armatures de flèches, généralement taillées dans du silex, sont pratiquement indestructibles. Leur typologie très affinée offre alors d’excellentes possibilités de datation.

Établir la fiche technique de l’arc se résume à énumérer deux éléments : l’arc lui-même « tige souple » et la corde attachée à ses deux extrémités.

Définitions Clés

Pour mieux comprendre les motifs associés à l'arbalète, il est essentiel de définir certains termes :

  • Arbalète: Motif où l’on retrouve les pièces maîtresses de l’arme : fût, figuré par un axe vertical, arc et corde, tendue ou non, et un ou plusieurs éléments caractéristiques de son fonctionnement, comme l’étrier, le mécanisme de détente, la noix de décoche ou le mécanisme d’armement.
  • Arbalétiforme: Motif voisin de l’arbalète c’est-à-dire formé au moins des trois éléments de base que sont le fût, la corde et l’arc, mais ne présentant aucun des accessoires caractéristiques de l’arme ou offrant une forme incompatible avec son fonctionnement effectif comme arbalète. Ex : absence ou surnombre de corde, redoublement de l’arc (deux arcs accolés en sens inverse), arc inversé, etc.

Il faut bien comprendre que ces deux définitions s’entendent au niveau formel, graphique. Elles sont en effet, établies par référence au degré de ressemblance entre « l’objet-arbalète » et le « dessin-arbalète » (ou arbalétiforme), sans préjuger de son sens. Ainsi, un dessin classé parmi les arbalètes et donc figuratif par rapport à l’objet-arbalète peut, en fait, représenter par métaphore ou allégorie, un homme. À l’inverse, un arbalétiforme muni d’un arc inversé et sans mécanisme de détente pourrait - maladresse du dessinateur ou déformation volontaire - représenter l’objet-arbalète, malgré le manque de réalisme du dessin.

L'Artisan Armurier au Moyen Âge

C’est chose vaine que de vouloir apprécier l’importance de l’artisan armurier au Moyen Age, en se plaçant sur un plan étroitement technologique ou social. Son rôle ne peut se mesurer uniquement en fonction de ces critères. Il possède une autre dimension qui le classe nécessairement hors de pair dans le monde pré-industriel : c’est le prestige qui entoure la pratique de son art mystérieux, dans un contexte de connaissances empiriques, donc de superstitions.

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Lucien Febvre a admirablement montré, dans une enquête des « Annales », que le forgeron, en raison de son savoir-faire, acquis par empirisme et jalousement transmis à des initiés, a toujours passé pour un être exceptionnel, doué de pouvoirs surnaturels que 1 ignorance du profane se plaisait d’ailleurs a &tendre a des domaines étrangers à la ferronnerie. De ce fait, cet artisan jouissait d’un grand prestige, qu’il retirait tout à la fois de la crainte qu’il inspirait et de l’admiration qu’il suscitait.

Avec l’apparition de l’artillerie à poudre et l’élargissement consécutif des connaissances techniques, le prestige du fabricant d’armes ne fait que croître. Sans cesser d’être le Vulcain de toujours, maître des secrets de la matière, il tend à devenir Prométhée, qui affirme sa volonté de puissance par la technique. La conscience de ses possibilités créatrices confère à l’artisan un sentiment de supériorité et aussi, avec la volonté d’en tirer profit, une solide dose de forfanterie.

Nanti d’un tel prestige et se sachant indispensable dans une société où la guerre occupe la place que l’on sait, l’armurier pouvait prétendre à une position sociale relativement privilégiée. Le fait de pouvoir traiter directement avec les grands ou avec les membres de leur entourage était, certes, un moyen efficace d’abattre les barrières hiérarchiques. Encore, cela n’était-il pas donné à tous les artisans car ceux-ci différaient forcément par le mérite, la fortune et la chance !

La faveur dont jouissent les armuriers se traduisait aussi par des dons généreux, des recommandations, voire des mesures de grâce « en considération des bons services » rendus, d’autant que certains étaient parfois appelés à fournir des prestations spéciales, en accompagnant un grand personnage pour le servir à la guerre ou au tournoi.

Organisation du Travail et Formation

L’ésotérisme soigneusement entretenu par les membres du « mestier et labeur d’armoierie » s’opposait à la diffusion des méthodes de fabrication en dehors d’un cercle restreint. Les techniques se transmettaient donc de personne à personne, de bouche à oreille, à forced’exemple et de pratique, discrètement en tout cas. L’enseignement livresque n’apparaîtra qu’a la fin du Moyen Age, dans une mesure restreinte qu’il conviendra de préciser.

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La formation traditionnelle était acquise, comme pour les autres métiers, par l’apprentissage auprès d’un maître-armurier ou simplement d’un ouvrier armurier. Les contrats d’apprentissage, conservés d’ailleurs en bien petit nombre pour cette profession, ne font pas mention d’un quelconque enseignement théorique. En fait, il s’agissait plutôt d’un stage dans l’atelier d’un ou même de plusieurs artisans. La durée de cette préparation variait d’une profession à l’autre, de même que les stades de sa progression.

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