Envie de participer ?
Bandeau

Les éditeurs des jeux Candy Crush et Angry Birds seraient valorisés plusieurs milliards de dollars. Un succès foudroyant qui pourrait cependant être sans lendemain.

Le Phénomène Angry Birds

Ces "oiseaux en colère" ont pris leur envol en 2009. Le but du jeu ? Projeter des oiseaux, grâce à un lance-pierre, sur des cochons verts, souvent protégés par des murs et autres planches de bois, en vue de les détruire.

La popularité de ce jeu restant phénoménale Rovio ne semble pas près de battre de l'aile. En 2012, ses résultats financiers ont été des plus solides : le chiffre d'affaires a doublé passant de 75 millions d'euros à plus de 150 millions d'euros, une marge opérationnelle de 50%, et la société a même plus que doublé ses effectifs sur l'année: le nombre de ses salariés est passé de 224 à 518.

En revanche, concernant le projet d'introduction en bourse de leur société, les dirigeants se font plus discrets depuis quelques mois et ne semblent guère pressés de passer à l'acte.

Le Succès des Jeux Simples

Pour Rovio comme pour King, les chiffres ont de quoi donner le tournis, d'autant que ces entreprises sont très jeunes - la création de King remonte à 2003, mais sa conversion aux réseaux sociaux et au mobile remonte à 2012 - et encore assimilables à des grosses PME.

Lire aussi: Le phénomène Angry Birds

Comment expliquer le succès foudroyant de ces jeux ? Le fun est au cœur de ces applications. Le principe est toujours simple, la prise en main rapide, on est très vite au cœur du jeu.

Par ailleurs, aucun de ces jeux n'aurait connu de tels succès sans les réseaux sociaux et les mobiles. Le succès des Casual Gaming (jeu simple et destiné à un large public) ne date pas d'hier, il suffit de se rappeler Tetris sur PC, sur la Game boy, certains jeux sur la Nintendo DS, ou bien encore Bejeweled sorti en 2001, et dont Candy Crush est aujourd'hui le portrait craché.

Mais des centaines d'applications et jeux du même genre sortent tous les mois. Comment expliquer que certains jeux rencontrent ainsi un engouement mondial ?

"Au-delà des qualités intrinsèques du jeu, pour connaître un tel succès, il y a forcément une part de chance. "Il y a forcément un côté irrationnel", abonde Grégory Hachin, expert digital au sein du cabinet de conseil Kurt Salmon.

Le même genre de jeu peut donc connaître une réussite à géométrie très variable. "C'est ce qui rend également ces sociétés d'édition fragiles. Avec 50.000 euros, n'importe quel développeur peut lancer son application. Impossible de vivre donc très longtemps sur son succès. C'est important d'avoir une offre variée.

Lire aussi: Pistolet à Eau Lance-Flammes : Guide Complet

Mais à un moment, il ne faut pas juste faire des bons jeux, il faut en faire des très bons, cela ne sert à rien d 'en avoir vingt-cinq moyens. Zynga en est un bon exemple. Et puis la mécanique s'est subitement grippée. Principalement parce que les nouvelles "franchises" n'ont pas rencontré le succès attendu.

Une erreur de taille sur un marché où les envies d'un jour ne sont pas forcément celles du lendemain. 75% de leur revenu était issu de leur activité sur ce réseau social. Car dans le secteur du casual gaming, trouver son public durant un temps est une chose.

Ce qui fonctionne le mieux actuellement pour les applications du type de Candy Crush, ce sont les achats intégrés, en quelque sorte, "indolores", lorsque le joueur ne s'en rend presque pas compte. Il joue à son application gratuite et on lui propose de dépenser moins d'un euro pour pouvoir recommencer à jouer quand il n'a plus de vie, ou pour passer au niveau supérieur.

Il faut faire de son jeu phare une marque très forte, qui dépasse le seul cadre du jeu en ligne dont le succès n'est pas durable dans le temps. Et c'est ce que fait très bien Rovio avec Angry Birds : ils ont réalisé des dessins animés, ils vont sortir un film d'animation au cinéma en 2016. Rovio a clairement basculé dans ce qu'on appelle l'entertainment (l'industrie du divertissement).

Mais Candy Crush et Angry Birds sont-ils capables de devenir les nouveaux Super Mario et Zelda, voire davantage ? Angry Birds peut connaître un succès durable à la Pokemon, puisque les chiffres de Rovio se maintiennent alors qu'ils sont en haut de cycle.

Lire aussi: Fonctionnement Arbalète Lance-Pierre

Le design, les graphismes des jeux, la cohérence des suites et des différentes déclinaisons : tout cela est très professionnel et soigné, ce qui montre la construction d'une véritable licence.

Par ailleurs, de nombreuses inconnues demeurent. Notamment au niveau des formats, car actuellement, un support de taille n'a pas encore été exploré par les jeux en ligne : la télévision.

"Pour le moment, tous les acteurs du secteur des jeux en ligne hésitent à se positionner sur cette question, mais il va bien falloir, le potentiel de ce marché pour les jeux est gigantesque", souligne Grégory Hachin.

Google et Apple ne se sont pas du tout prononcés sur le sujet des jeux en ligne, ce qui ne leur ressemble pas. Ce ne sont que des suppositions mais c'est peut-être bien le calme avant la tempête. Car ce n'est dans leur habitude de laisser filer un gros marché comme celui-là sans rien faire.

Immersion dans le Jeu

Le principe est simple : tu disposes d'une tripotée d'oiseaux, que tu balances à l'aide d'un lance-pierre (avec le doigt, tu décides de la vitesse et de l'angle) dans le seul et unique but d'exterminer ces foutus cochons verts. Qui te narguent en souriant connement quand tu as échoué, en plus.

Il faut dire que la difficulté va crescendo, qu'on nous "fournit" régulièrement de nouveaux oiseaux, aux capacités différentes (l'oiseau jaune qui accélère, le petit zozio qui se divise en 3 oiseaux quand tu le touches, le gros coucou qui explose et celui qui balance un oeuf-bombe), ce qui varie suffisamment le gameplay pour ne pas tomber dans la monotonie.

Quant à la durée de vie, elle est tout simplement insensée et le challenge toujours relevé. Il n'est pas rare de bloquer pendant plusieurs dizaines d'essais sur une carte, puis de réussir un peu miraculeusement (ou pas) à débloquer la situation et souvent, on avance sur plusieurs maps avant d'en trouver une qui donne à nouveau du fil à retordre.

Un jeu essentiel, même pour celles et ceux qui, comme moi, pensaient que l'iPhone, c'était fait pour travailler et pas pour jouer.

Angry Birds en Réalité Virtuelle

Si vous êtes passionné par la réalité virtuelle et que vous recherchez une expérience ludique immersive, ne cherchez pas plus loin. Angry Birds VR : Isle of Pigs promet de redéfinir vos attentes en matière de jeux VR.

Imaginez-vous plongé dans un environnement coloré où la physique prend tout son sens, et où chaque vol de l’oiseau est une véritable prouesse de précision et de stratégie. Ce jeu captivant parvient à combiner parfaitement la nostalgie des personnages bien connus avec des mécaniques innovantes adaptées à la réalité virtuelle.

Dès les premiers niveaux, le joueur est plongé dans un environnement 3D où chaque angle pourrait être la clé pour progresser. Avec l’introduction du mode Mixed Reality (MR) exclusivement disponible sur le nouvel Oculus Quest 3, « Angry Birds VR: Isle of Pigs » redéfinit l’interaction en étendant le terrain de jeu à notre propre espace de vie. Cette convergence entre le réel et le virtuel ouvre des perspectives inédites.

Les joueurs peuvent littéralement se déplacer autour des obstacles, planifiant leur stratégie d’attaque avec une liberté inégalée dans un jeu vidéo. La VR exige souvent une nouvelle approche du gameplay, et ici, Resolution Games ne déçoit pas.

Outre une précision accrue permise par la liberté de mouvement, le jeu bénéficie également d’une fonction de tracking des mains, ce qui signifie qu’aucune manette n’est nécessaire. Les joueurs peuvent utiliser leurs mains pour tenir et manipuler le lance-pierres virtuel avec une facilité déconcertante.

Le contenu ne manque pas non plus : de multiples niveaux, chacun proposant un défi unique, gardent le jeu varié et engageant.

Avec ses niveaux intuitifs mais profonds, il est accessible pour les novices tout en offrant des défis suffisants pour les joueurs expérimentés. En résumé, « Angry Birds VR: Isle of Pigs » pourrait bien être un des meilleurs jeux VR de sa génération.

L'Évolution d'Angry Birds : Angry Birds Blast

Candy crush... Cela fait maintenant 7 ans que les oiseaux en colère ont petit à petit exploité tout ce qu'il était possible et imaginable de faire, s'éloignant à force de leur principe de base : envoyer les Angry Birds via une sorte de lance-pierre géant pour les propulser avec force sur les bâtisses des cochons mangeurs d’œuf.

Avec Angry Birds Blast, c'est exactement ce principe, avec un match-3 très convenu, sans grande innovation, ou en tout cas avec quelques idées mal ou trop peu exploitées...

La règle basique d'un match-3 se résume comme ceci : faire en sorte que le joueur associe plusieurs éléments de la même couleur pour les faire éclater, par minimum de trois concomitants. Avec Angry Birds Blast, c'est presque cela. Le minimum est ici de deux, et pour simplifier encore un peu plus le gameplay, pas besoin ici de glisser des éléments, mais uniquement d'appuyer sur un minimum de deux cubes, jusqu'à une infinie sans pour autant effectuer une forme géométrique cohérente, sachant que plus vous en aurez, plus vous pourrez créer de bonus explosifs (fusée, mine, pistolet,...

Le gameplay se prend de ce fait très facilement en main, et ce n'est véritablement pas l'ajout successif de'obstacles sous forme de bloc glacé, en bois ou en pierre qui apportera une réelle grosse difficulté, même si, comme les cochons, il faudra les briser en exploser des combinaisons à leur abord.

Que ce soit avec les bulles, les ballons, les montgolfières, les parois glacés, et les autres surprises, Angry Birds Blast n'apporte vraiment pas grand chose d'innovant, sauf peut être dans les défis quotidiens, où il faut supprimer le plus de cochons à la suite pour le réussir, en jouant avec les combinaisons de bonus, et où vous pourrez exploser le roi des cochons, bien plus gros, bien plus résistant. Cette idée est assez mal exploitée, et mériterait une place bien plus importante dans le jeu qu'elle ne l'a actuellement, réduisant l'intérêt général, bien que les oiseaux seront présents dans les blocs à casser pour faire de nouvelles combinaisons par libération de volatile en série...

Angry Birds Blast n'a donc pas l'idée géniale qui lui apporterait un intérêt par rapport aux centaines d'autres titres du genre, et ne fait qu'exploiter un peu plus la licence, pour gagner de l'argent facilement, sans prise de risque, sans innovation. Le jeu n'est pas pour autant déplaisant, mais ne cherchez rien d’exceptionnel ici, au contraire, avec les classiques 5 vies à rechargement en 30 minutes, les publicités, les bonus de partie, et les achats intégrés bien sûr...

L'univers est très coloré, et très convenu, restant vraiment très proche d'un jeu de match-3 classique. Les oiseaux n'apportent pas grand chose à l'ensemble, les cochons un peu plus d'humour, cet univers enfantin restera donc plutôt pour les fans de la série, avec pas mal de couleur, comme de très nombreux titres du genre...

Hormis le bonus en quantité (très) limitée, pas de lance-oiseau... perdant ainsi la philosophie des Angry Birds de vue, ce qui est dommage. Le gameplay reste tout de même simple et facile à comprendre, avec des appuis sur les blocs colorés pour les faire éclater, et une interface assez bien adaptée aux écrans de mobiles ou tablettes Android.

Comme dans tous les match-3, vous devrez réussir diverses missions de destruction pour débloquer le niveau suivant, vous aurez 5 vies se rechargeant en 30 minutes l'unité, la possibilité d'envoyer des vies à vos amis, en recevoir, des défis quotidiens,... Rien d'exceptionnel dans ce énième match-3 disponible sur appareils tactiles Android, hormis l'univers des oiseaux qui enrobe des mécaniques très convenues et assez peu innovantes.

Angry Birds Blast restera un simple passe-temps pour les fans des deux genres, et encore !

Tetris et Jeux Débiles

En 1989, alors que le communisme s’effondrait en Europe de l’Est et que les manifestants s’apprêtaient à abattre le mur de Berlin, Nintendo, le géant japonais des jeux vidéo, traversait la planète pour faire déferler sur les Etats-Unis sa propre version de la liberté : la Game Boy.

Ce petit appareil de poche fonctionnant à piles allait affranchir des joueurs enchaînés depuis des décennies aux salles de jeux d’arcade. Le boîtier était vendu avec une seule et unique cartouche : Tetris, un jeu de casse-tête simple mais addictif qui consiste à manœuvrer des blocs qui tombent du haut de l’écran pour bâtir des murs le plus rationnellement possible.

La symbiose entre le jeu et son support était parfaite. L’ensemble s’est vendu à plus de 70 millions d’exemplaires, répandant la liberté de s’adonner compulsivement à l’empilage de briques dans tous les coins repas et files d’attente des Etats-Unis.

Au cours des presque trente ans qui se sont écoulés depuis l’invention de Tetris, et plus particulièrement ces cinq dernières années, avec l’essor des smartphones, ce jeu et ses descendants (Angry Birds, Bejeweled, Fruit Ninja, etc.) ont colonisé nos poches et nos cerveaux et entièrement bouleversé le modèle économique du secteur du jeu vidéo. Aujourd’hui nous vivons, pour le meilleur et pour le pire, dans un monde de jeux débiles.

Tetris, lui, a été inventé dans un laboratoire informatique soviétique en 1984. Le principe du jeu reflète son origine. L’ennemi, dans Tetris, n’est pas un méchant identifiable, c’est une force incessante, sans visage ni raison qui menace sans arrêt de vous écraser, un déluge de blocs contre lequel on ne peut lutter qu’en procédant à un rangement répétitif et vain. C’est de la bureaucratie à l’état pur, une tâche dépourvue de sens à laquelle il est impossible de se soustraire. Et, pour couronner le tout, le jeu anéantit le libre arbitre.

En 2009, vingt-cinq ans après l’invention de Tetris, Rovio, une entreprise finlandaise au bord de la faillite, imagine à son tour la parfaite combinaison jeu-support : Angry Birds. Il s’agit de lancer des oiseaux grognons sur des cochons verts cachés dans des structures instables. Son fonctionnement enfantin - on utilise son index pour tendre le lance-pierres - se marie à merveille avec les nouveaux écrans tactiles : suffisamment simple pour séduire une nouvelle et immense clientèle de joueurs occasionnels, et suffisamment gratifiant pour les rendre accros.

En quelques mois, Angry Birds devient le jeu le plus populaire sur iPhone et gagne toutes les autres plateformes mobiles. A ce jour, il a été téléchargé plus de 700 millions de fois sous ses différentes formes, et a donné lieu à une stupéfiante panoplie de produits dérivés. Angry Birds, de toute évidence, est le Tetris de notre époque.

L'Addiction aux Jeux Mobiles

Il y a un an environ, incapable de résister à ce raz-de-marée culturel et désireux d’acquérir un appareil photo pour photographier mes enfants (prétexte), j’ai acheté un iPhone. Puis j’ai téléchargé un jeu d’échecs qui semblait plutôt innocent. Mais cela a été l’engrenage.

Renouant avec ce bonheur sans faille que je trouvais dans les jeux de mon petit gadget de poche, l’adolescent de 13 ans qui était en moi a refait surface. Je me suis mis à télécharger des jeux aux noms atroces comme Bix ou MiZoo. Puis je suis passé à des jeux encore plus prenants comme Orbital, Bejeweled, Touch Physics et Anodia, qui m’ont mené à mieux encore : Peggle et Little Wings. Finalement, un petit chef-d’œuvre, Plants vs. Zombies, a pris l’équivalent de la lecture d’Anna Karénine sur mon temps libre. Les jeux vidéo étaient de retour dans ma vie.

Je ne suis pas le seul à avoir plongé dans le monde des jeux débiles : ces dernières années, des millions de personnes ont été aspirées par ce tourbillon. En 2011, le patron de Rovio affirmait que les joueurs d’Angry Birds consacraient 200 millions de minutes par jour à jouer, un chiffre qui semble à la fois absurde et plausible.

Les humains ont toujours joué à des jeux débiles. Les dés remontent à la nuit des temps. Tout le monde a déjà joué à pierre-papier-ciseaux, au morpion, aux dames, aux dominos, au solitaire, à tous ces petits jeux abstraits où un ensemble de règles simples s’applique à des scénarios de plus en plus compliqués.

tags: #angry #bird #lance #pierre #dimensions #réelles

Post popolari: