L'histoire des armes à feu est riche et complexe, et les affiches anciennes qui en font la promotion offrent un aperçu fascinant de leur évolution et de leur impact sur la société. Ces affiches, souvent de véritables œuvres d'art, témoignent des différentes époques et des avancées technologiques dans le domaine de l'armement.
L’arquebuse est la première arme à feu portative européenne, inventée au début du XVIe siècle. Elle est aussi bien utilisée à la chasse qu’à la guerre. Son incorporation dans l’armement de l’infanterie va d’ailleurs profondément bouleverser l’art de la guerre à la Renaissance. L’arquebuse ici présentée est probablement une arme de chasse, comme le montre son décor en incrustation d’ivoire qui a pour sujet une chasse à l’ours. Son système d’allumage est à mèche, un système plus ancien que le rouet et qui va coexister tout au long des XVIe et XVIIe siècles.
La mèche qui sert à la mise à feu est placé entre les mâchoires d’un serpentin, ce qui libère la main de l’arquebusier et lui permet d’épauler l’arme avant le tir. En pressant la détente, il fait plonger la mèche préalablement allumée dans le bassinet, mettant ainsi le feu à la poudre d’amorçage qui y est contenue. Ce système demeure peu fiable, tant le taux d’humidité de l’air impacte la mèche mais également les propriétés explosives de la poudre noire.
L’arquebuse étant assez courte, se prêtait mal au tir de guerre sur plusieurs rangs, l’embouchure du canon se retrouvant au niveau de l’oreille du rang précédant. Il fut donc décidé de rallonger l’arquebuse et d’en augmenter le calibre, donc le poids du projectile et la puissance destructrice. Le mousquet était né. Le nom « mousquet » provient de l’italien « moschetto », issu du latin « musca », la mouche, à cause de la balle (qui sifflait et qui était invisible en vol comme une mouche aux oreilles des soldats.
L’expression « prendre la mouche », qui exprime la colère, viendrait du fait de recevoir des mouches (balles) ce qui n’est guère plaisant. Pour des raisons de vitesse et de facilité de rechargement, le canon resta lisse, et la balle inférieure d’un à deux mm environ au calibre de ce dernier. Cette balle était enveloppée d’un « canepin », pièce de tissu graissé au suif, pour la caler dans le canon. Le nom canepin sera déformé en « calepin » à partir du 17è siècle.
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Initiée par Louvois, ministre d’état, et sur le conseil du maréchal de Vauban, Louis XIV, généralisera par ordonnance la platine à silex à la française (déjà partiellement en service dans l’armée depuis 1660 sur des mousquets allégés dits à fusil) , sur les mousquets en allégeant leur poids en 1703. Les piquiers seront aussi supprimés et la baïonnette à douille généralisée sur les « mousquets à silex » (la baïonnette à douille autour du canon et permettant le tir, a remplacé la baïonnette-bouchon introduite dans le canon, sur l’initiative de Vauban en 1689).
Un « mousquet à fusil » plus court destiné à la cavalerie, mais utilisant généralement la même cartouche au 2/3 de sa charge de poudre que le « fusil » (le reste de poudre de la cartouche est jeté), sera aussi inventé et prendra le nom de « mousqueton ». Il sera généralement attaché par un anneau à la selle des cavaliers. Le système simple qui le tient à la selle, prendra ultérieurement aussi le nom de l’arme « mousqueton ».
1728-40 Généralisation en France de la cartouche de guerre en papier, comportant 10 à 12 grammes de poudre noire (suivant la qualité de la poudre) et une balle de 16,3 mm en général. La balle est plus petite d’environ 1,2 mm que le calibre de 17,5 mm, pour qu’elle rentre facilement lors du rechargement, même si le canon est un peu encrassé par le tir précédent. Il n’y a plus de calepin de tissu graissé avec la cartouche, le papier de celle-ci en faisant office, tassé avec elle lors du rechargement. En revanche, ce type de chargement nuit à la précision, car la balle rebondit sur les parois internes du canon et c’est le dernier rebond avant sa sortie qui définit sa direction.
Les travaux sur les agents chimiques explosant suite à un choc, réalisés par le chimiste français Bertholet, comme le fulminate de mercure et le muriate de potassium, amenèrent le pasteur écossais Alexandre John Forsyth en 1808 à concevoir la première platine à percussion par chien (sans pierre) dite à « flacon de parfum », n’utilisant pas le silex, mais le fulminate de mercure, sur un fusil de chasse.
Du fusil 1777 qui symbolise aussi bien la prise de la Bastille que la révolte vendéenne, au Lebel, qui incarne la Grande Guerre, du pistolet-mitrailleur MAT 49 qui dit tant aux anciens d’Algérie au Famas en cours de remplacement, les armes ont développées un visage militaire lié à de nombreux conflits. Outil du soldat, ce dernier entretient des relations complexes avec l’arme. Mais l’imprégnation de la société civile par les armes à feu mérite aussi d’être appréhendé de manière novatrice.
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La chasse joue encore un rôle économique et culturel non négligeable (2 Millions de chasseurs), les clubs de tir sportif (150 000 licenciés) et les magazines consacrés à l’armement sont nombreux et dynamiques (à commencer par la fameuse Gazette des armes), Régulièrement l’opinion et les médias s’émeuvent du trafic d’armes de guerre et de la circulation croissante de kalachnikov dans le Milieu (5000 armes à feu saisies chaque année) ou dans les « quartiers ». Devant le nombre élevé de morts par arme à feu en France (environ 1600 par an, y compris les suicides), certains réclament des réglementations plus contraignantes.
La renaissance du tir à la poudre noire a commencé au milieu du siècle dernier. Le tir à la poudre noire est un sport de cible pour les armes à feu historiques à chargement par la bouche chargées de poudre noire traditionnelle. Le MLAIC propose des compétitions de tir de précision et de tir sur cible d'argile pour les pistolets, revolvers, mousquets, carabines et fusils à allumettes, à silex et à percussion. Les matchs de pistolets et de revolvers sont tirés à 25 et 50 m, les matchs de carabines sont tirés à des distances allant de 50 m à 1200 yards. Les armes à feu sont réparties entre les classes par âge et par caractéristiques techniques.
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