Le canon de fusil est un élément essentiel des armes à feu. Voici une exploration détaillée de ce composant crucial, incluant la définition de l'alésage et son importance pour la performance de l'arme.
En termes d'Artillerie, le terme "canon" désigne une pièce d'artillerie qui sert à lancer des projectiles. On parle de canon de 75, de 155, de 240, selon le diamètre intérieur compté en millimètres. Il existe des canons de campagne, de place, de siège, de côte, de montagne. Plus généralement, il désigne cette partie des autres armes à feu où l'on met la cartouche et par où elle s'échappe.
Le rainurage désigne le processus de fabrication de rainures hélicoïdales par l'alésage du canon d'une arme à feu. Les rayures sont définies par leur taux de rotation, qui indique quelle distance le projectile doit parcourir pour achever un tour complet comme « 1 tour en 10 pouces » (1:10 pouces) ou « 1 tour en 30 cm » (1:30 cm). La masse, la longueur et la forme d'un projectile conditionne le taux de rotation nécessaire pour le stabiliser - les canons destinés à des projectiles courts et de gros diamètre comme des balles de plomb sphériques ont des rayures avec un taux de rotation faible, typiquement 1 tour en 48 pouces (122 cm). Dans certains cas, les rayures ont un taux de rotation qui augmente le long du canon, appelé « taux de rotation progressif ». Un taux de torsion qui diminue à partir de la culasse à la bouche n'est pas souhaitable, car elle ne peut pas stabiliser de façon fiable la balle.
Les rayures du canon ont été inventées à Augsbourg, à la fin du XVe siècle et en 1520, August Kotter, un armurier de Nuremberg, améliore cette invention.
Les mousquets avaient un canon lisse. C'étaient des armes de gros calibres avec des munitions sphériques tirées à des vitesses relativement faibles. En raison du coût élevé, de la grande difficulté liée à la fabrication de précision et de la nécessité de le charger facilement de la bouche, la balle de mousquet avait un diamètre plus petit que l'alésage du canon. Que le canon soit rayé ou lisse, un bon ajustement du projectile au diamètre du canon était nécessaire pour assurer l'étanchéité des gaz propulseurs et fournir la meilleure portée et la meilleure précision possibles. Arme à canon lisse: arme dont l'âme du canon est de section circulaire et ne peut donner aucun mouvement de rotation à un projectile unique ou multiple. Pour diminuer la force nécessaire pour charger le projectile, ces armes utilisaient un projectile de diamètre plus petit que celui de l'alésage du canon et une pièce de tissu, de papier ou de cuir - la bourre - était nécessaire pour remplir le jeu entre la balle et les parois du tube. Cette pièce fournissait un certain degré d'étanchéité, gardait la balle assise sur la charge de poudre noire, et conservait la balle concentrique à l'alésage. Dans un canon rayé, cette pièce fournissait également un moyen de communiquer la rotation à la balle, puisque la pièce était gravé plutôt que de la balle.
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Partie terminale du canon, le choke mène un rétrécissement progressif du diamètre de l’âme. En effet, un rétrécissement nul ou faible de l’ordre de 1 à 2 dixièmes de mm aura tendance à former une gerbe cylindrique avec une surface frontale importante, à la sortie du canon l’air pénétrant rapidement dans la gerbe éclatera cette dernière rapidement. Par voie de conséquence, le groupement des plombs sera plus important. L’écrasante majorité des fusils de chasse dispose désormais de chokes interchangeables, ces embouts que l’on visse à l’extrémité du canon. Généralement, les armes sont livrées avec 3 ou 5 chokes : le lisse, un quart, demi, trois-quarts et full.
À vrai dire, nul ne connaît le créateur de ces ingénieux embouts. L’idée de réduire le diamètre du canon à son extrémité pour améliorer la gerbe serait parvenue à Fred Kimble, un chasseur américain de l’état de l’Illinois aux alentours de 1866. Il aura alors fallu patienter près de 100 ans, jusqu’en 1959 plus précisément, pour voir le premier fabricant de fusils de chasse proposer une arme avec des chokes interchangeables. Il s’agit en l’occurrence de Winchester et son Model 59. Le succès ne fut pas immédiat, il aura encore fallu attendre quelques décennies avant que l’utilisation des chokes interchangeables soit appréciée des chasseurs et exploitée par les fabricants.
Le choke joue un rôle fondamental dans le groupement d’une gerbe. Fixé à l’extrémité du canon, cet embout permet de réduire le diamètre interne de celui-ci. Cela permet de concentrer davantage la gerbe. Comme nous le disions en introduction, les fusils de chasse sont généralement livrés avec cinq modèles de chokes : le lisse, le quart, le demi, le trois-quarts et le full. Chacun d’entre eux aura un rôle et une incidence différente sur la gerbe. Le choke vous permet donc d’adapter votre arme à votre mode de chasse et ce, sans changer le canon, comme il était obligatoire à l’époque. En plus de ces chokes que nous appellerons « d’origines » étant donné qu’ils sont fournis par le fabricant de l’arme directement, vous pouvez trouver sur le marché de nombreux autres modèles, fabriqués par des sociétés spécialisées. Il existe une multitude de marques, parmi les plus fameuses on retrouve : Patternmaster, Kick’s ou encore Briley.
En résumé, le choke a pour rôle d’offrir une qualité de groupement de gerbe idéale à une distance donnée. Chaque modèle de choke propose un diamètre différent. C’est cette donnée qui influencera le groupement de la gerbe. Les fabricants respectent une norme dans la fabrication des chokes, voici les différents diamètres en mm auxquels correspondent les « cylindres de rétrécissement ». L’incidence du choke sur la gerbe est différente selon qu’il s’agit de plombs, d’aciers ou d’autres substituts. Ces correspondances sont valables pour les fusils de calibres 10, 12, 16 et 20. Vous l’aurez compris, chaque choke est différent. Ces différences de quelques dixièmes de millimètres joueront pourtant un rôle fondamental dans la formation de la gerbe de projectiles. Chaque choke peut être utile dans une situation précise. La majorité des chasseurs optent pour le full en espérant pouvoir tirer les oiseaux les plus éloignés, au risque de louper la grande majorité des gibiers qu’ils auront « dans leurs bottes ». Plus le chokage sera serré, plus l’exigence envers le tireur est grande. Il s’agit de trouver la meilleure combinaison entre groupement de gerbes et distance moyenne de tir.
On attend d’une cartouche qu’elle soit performante à une distance donnée. Pour obtenir de meilleurs résultats, la bonne cartouche doit être adaptée au bon choke. Les gerbes varient tellement d’un choke à l’autre, d’une cartouche à l’autre voir même d’un fusil à l’autre qu’il faut exploité au maximum les capacités des chokes fournis. Le meilleur moyen pour trouver le choke qui correspondra au mieux à votre situation de chasse et à votre cartouche reste de cibler votre fusil. Ces distances sont données à titre indicatif, comme nous ne cessons de le répéter, les résultats sont différents selon chaque cartouche, fusil et choke. Nous ne pouvons donc que vous conseiller d’effectuer des tirs d’essais sur cibles afin de trouver réellement quelle combinaison de choke/cartouche vous correspond. Vous pouvez tout simplement n’essayer que votre modèle de cartouche favori à une distance de 35 mètres avec votre choke habituel ainsi qu’avec les modèles inférieur et supérieur.
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La fabrication des rayures s’appelle « le rayage ». La méthode impactera directement sur la précision et la résistance du canon. En effet, la manière de procéder peut « stresser » plus ou moins le métal. Le traitement à l’issue du rayage est primordial également. Tout ceci dans un but unique = Respecter au mieux le métal afin d’en exploiter au mieux ces capacités et, si possible, le plus longtemps possible. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas les passages successifs des balles dans le canon qui l’usent. Tout du moins, pas directement. En effet, la formation de nitrures par les gaz se déposent dans le canon formant des petites irrégularités. Très dur mais aussi très fragiles, ces nitrures aux passages des balles viennent user le tube. On comprend donc que sans ces dernières il n’y aura pas ou très peu d’usure. Le choix du métal et la manière dont il est usiné conditionne la résistance à cet effet abrasif. Les aciers utilisés pour les canons sont l’acier Inoxydable #416 ou l’acier Chromoly (Chrome/Molybdène). Après avoir découpé un tube à la longueur nécessaire au rayage (ne correspondant pas à la longueur finale réelle), il est foré de part en part. L‘extérieur du tube sera, ou non, façonné avant le rayage en fonction de la méthode choisie. Il s’agit à ce stade d’un tube de métal troué de part en part.
Un calibre de fusil se détermine par le nombre de balles que l’on fabrique par livre de plomb. Ainsi, l’appellation calibre 12 signifie qu’à partir de 453,6 g de plomb on peut fabriquer 12 balles au diamètre interne de l’arme. Le calibre 20 est d’un diamètre plus petit : on peut fabriquer 20 balles à partir d’une livre de plomb. Et ainsi de suite….
| Calibre | Nombre de balles par livre de plomb (453,6 g) |
|---|---|
| 12 | 12 |
| 20 | 20 |
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