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Alain Souchon est un artiste majeur de la chanson française, dont l'œuvre explore des thèmes variés avec une plume unique. Une des grandes affaires de la carrière d’Alain Souchon est de savoir à quoi il sert, de définir quelle est vraiment la fonction d’un artiste de variétés. Et il a plusieurs fois essayé de le préciser dans ses chansons.

Les Débuts et l'Ascension d'un Artiste

Il porte d'abord le nom de son père officiel Kienast, avant de prendre celui de son père biologique, Pierre Souchon, qui est l'amant, puis le second mari de sa mère Madeleine Lemaître. Alain vit six mois à Casablanca au Maroc, puis passe son enfance à Paris et sept ans dans une pension en Suisse. En 1959, sur la route du retour de vacances au ski, leur voiture est percutée par un camion, son père biologique Pierre Souchon, meurt sur le coup, alors qu'Alain n'a que quatorze ans.

Élève distrait et rêveur, il a des résultats scolaires calamiteux, si bien qu'il est envoyé à quinze ans en pension dans l'École d'horlogerie de Cluses en Haute-Savoie (actuellement lycée Charles-Poncet) où son frère aîné, professeur d'anglais, est aussi guide de montagne. Ne pouvant s'adapter au milieu des autres élèves, il se réfugie dans la poésie et finit par se faire renvoyer pour indiscipline. Il est envoyé par sa mère en 1961 dans un lycée français en Angleterre. Son inscription n'étant pas valable, il reste néanmoins sur place et y vit de petits boulots pendant dix-huit mois. Il est surnommé le Frenchman.

Il passe trois fois son baccalauréat par correspondance sans l'obtenir. Rentré en France, il vit toujours de petits boulots et tente sa chance dans la chanson en se produisant dans des salles parisiennes. En mai 1968, il décide de quitter Paris.

Collaboration avec Laurent Voulzy

Pour Souchon, qui écrivait auparavant d’une manière très classique, donc ordinaire, et recherchait déjà une écriture plus dépouillée, mais en vain (« Carrément débile, j’trouve pas mon style ! »), c’est la rencontre avec Laurent Voulzy, en 1973, grâce à leur directeur artistique commun chez RCA, Bob Socquet, qui allait jouer le rôle de catalyseur. Voici ce qu’il m’en disait en 1980 : « Je savais bien qu’il fallait que j’écrive autrement, mais je n’y arrivais pas. C’est la musique de Laurent qui a constitué le déclic, elle m’obligeait à trouver des mots différents et m’a fait comprendre qu’il fallait utiliser des mots simples et le moins possible. »

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L’égalité parfaite dans la fusion amoureuse est le secret de l’orgasme chansonnier (et peut-être pas que…) : un grand texte sans une belle musique et surtout sans une vraie mélodie ne donnera jamais une grande chanson ; de même, une formidable mélodie n’accouchera jamais d’une grande chanson sans un texte à sa hauteur.

"Rame" : Un Canon Musical Innovant

En 1980, Alain Souchon crée la surprise avec sa nouvelle chanson : c’est un canon ! Une forme de musique rarissime en chanson de variété ! Tout de suite, ce titre s’impose comme un tube. Ce titre a été écrit et produit en 1977, mais n’est sorti qu’en …1980 ! Pourtant, entretemps, Souchon a sorti un autre album : « Toto 30 ans, rien qu’du malheur » (en 1978) ! Bizarre, non ? D’autant plus qu’on trouve dans « Toto » des titres enregistrés plus tard que « Rame », comme par exemple « L’amour en fuite », enregistré en 1978 ! Que s’est-il passé ? C’est ainsi que « Rame » est devenu un des titres majeurs du répertoire de cet artiste… et même de la chanson française !

Car c’est bien de nos vies que parle Souchon. Suivons l’itinéraire : Chaumont (sur Loire), Langeais… on n’a guère avancé (à peine 60 Km) : on est englué dans la France profonde, au beau milieu de la Loire, loin de la source et loin de l’océan. Très statiques, les couplets tournent sur deux notes répétitives. Ils illustrent ainsi l’immobilité du bateau de notre vie, qui est pourtant censé être un « mobilis in mobile ».

Dans son canon, Souchon nous fait ramer dans un refrain qui se mord la queue. Cela illustre parfaitement le propos du texte, cette navigation vaine où tout le monde suit le mouvement sans aller nulle part. Du pur génie !

Le Soldat Rose : Une Collaboration Familiale

Le Soldat Rose revient pour un troisième et ultime épisode. Après Louis Chedid et Francis Cabrel, cette fois ce sont Alain Souchon et ses fils qui ont mis en musique l'histoire de Pierre-Dominique Burgaud. Les textes de Pierre-Dominique Burgaud sont empreints de bienveillance à l'égard des personnes différentes. Les musiques signées Alain, Pierre et Charles (Ours) Souchon mèlent la pop, le folk, le rap, et des mélodies qu'on n'oublie pas.

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Alain Souchon : oui, les textes de Pierre-Dominique Burgaud sont porteurs de ça, la gentillesse entre les gens, le fait de positiver, le fait que ce n'est pas grave si les filles ne se trouvent pas exactement comme elles ont envie d'être. C'est comme la chanson de Goldman "c'est ta chance, c'est ta marque, ta différence", et bien là c'est pareil. Et c'est très important que ce petit message soit divulgué à travers la musique, et ce conte pour enfants.

"Âme Fifties" : Un Retour Nostalgique

Onze ans après son dernier album en solo, revoici le plus grand auteur vivant de la chanson française. 75 ans, la voix un peu ternie mais la plume intacte. Le roi de l’esquisse, du non-dit, de l’ironie moqueuse et de la tendresse partagée. Celui qui, mieux que tout autre, a pu traduire en vers le mal-être contemporain. L’éternel adolescent, qui n’a eu de cesse de regretter l’enfance qu’il venait à peine de quitter. Lui qui nous a offert ses tourments intimes, ses révoltes désabusées, son regard oblique. Comme il nous a manqué !

Le disque décline, au fil de tableaux dressés par petites touches, toute une gamme d’évocations, d’instantanés et d’ambiances, pour aborder des thèmes universels : l’enfance, la rupture, les occasions manquées, les inégalités, le vieillissement, les barrières sociales, la tristesse… Rien de vraiment neuf sous le soleil. Mais quand cela nous est raconté avec un tel brio, comment résister ?

Chroniques et Hommages

Une des grandes affaires de la carrière d’Alain Souchon est de savoir à quoi il sert, de définir quelle est vraiment la fonction d’un artiste de variétés. Et il a plusieurs fois essayé de le préciser dans ses chansons.

Titres Mentionnés

  • Quand je serai KO
  • La Chanson parfaite
  • Chanter c'est lancer des balles
  • Arlette Laguiller
  • Une guitare, un citoyen
  • Derrière les mots

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tags: #alain #souchon #fusil #histoire #chanson

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