L’airsoft est une pratique sportive qui tend à se populariser en France et dans le monde. Invention attribuée au Japon, l’airsoft apparaît à la suite de la Seconde Guerre mondiale, au sein d’un peuple qui n’est pas autorisé à posséder des armes, qu’elles soient militarisées ou non. Longtemps jugée, la pratique étant assimilée à la délinquance, aux braquages et à l’extrême droite, elle semble malgré tout s’installer durablement. En France, l‘airsoft se compose de plusieurs centaines d’associations et de milliers de pratiquants.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon perd son droit à la légitime défense. La sécurité du pays, tant dans sa dimension humaine que géographique, est gérée par les États-Unis. Les forces armées sont démantelées et tombent sous le contrôle des États-Unis.
La nouvelle constitution du Japon se veut très stricte en ce qui concerne la capacité du pays à redevenir un pays belligérant. Le Japon n’est pas un pays où les armes à feu sont courantes, le taux de possession d’armes au sein de la population est faible. Les gouvernements successifs ont toujours cherché à limiter la possession d’armes aux non-combattants.
Dans l’histoire du Japon, les armes ont été confisquées ou interdites à trois reprises par le pouvoir. Même aujourd’hui, le Japon demeure l’un des pays les plus stricts en matière de possession d’armes, avec des règles de possession très contraignantes pour les acquéreurs. Selon le Gunpolicy.org, il y a 0,6 armes pour 100 habitants au Japon selon leur étude de 2018.
Malgré ces interdictions, certains membres du public, notamment des collectionneurs, souhaitaient pouvoir acquérir des répliques ou des armes inertes.
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La demande initiale émane des collectionneurs qui souhaitent posséder des armes, même factices, en plastique ou non-fonctionnelles. La réglementation est très stricte, et même aujourd’hui, lorsqu’un grand nombre d’armes de la Seconde Guerre mondiale sont découvertes lors d’héritages et conservées clandestinement, elles sont confisquées par les autorités.
Cependant, à partir de 1960, une entreprise japonaise parvient à contourner les réglementations afin de proposer un produit aux collectionneurs. La société Maruzen fabrique des répliques d’armes en plastique inertes.
Par la suite, des répliques en résine et en métal voient le jour, avec quelques pièces mobiles, telles que le chargeur, la culasse ou encore la détente. Malgré ces éléments mobiles, il est impossible pour ces répliques de tirer des projectiles.
Au milieu des années 1970, des ingénieurs développent des répliques d’airsoft fonctionnelles, capables de tirer des billes de 6 millimètres. Le mécanisme de propulsion repose sur un système d’air comprimé.
Ces premières répliques d’airsoft sont entièrement légales et fonctionnelles, bien que peu fiables, ce qui permet déjà leur utilisation dans le cadre d’activités de loisirs telles que les Survival Games ou les Wargames.
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Pour le plus grand plaisir des amateurs français, nos amis japonais ont reproduit le fusil d’assaut de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (FAMAS), qui est devenue la première réplique fonctionnelle commercialisée.
La pratique de l’airsoft n’était pas aussi aisé qu’aujourd’hui. Les joueurs devaient se déplacer avec plusieurs bouteilles d’air comprimé pendant les parties, ce qui réduisait le réalisme recherché. Par la suite, les bouteilles d’air comprimé ont été remplacées par des bouteilles de gaz, mais l’autonomie était réduite et les bouteilles ou capsules de gaz étaient très bruyantes.
Dans cette perspective, les différentes sociétés japonaises spécialisées dans la production de répliques d’armes ont réalisé des innovations. Les répliques sont devenues plus fiables, plus puissantes et plus réalistes. Contrairement au paintball, l’objectif de l’airsoft est d’être le plus réaliste possible.
Les répliques sont classées en trois types distincts, reposant sur des mécanismes différents, adaptés à différentes utilisations :
Les répliques d’airsoft à ressort (spring) sont souvent destinées aux « plus jeunes », car elles nécessitent une recharge manuelle pour chaque tir. Ces répliques ne permettent pas d’avoir une cadence de tir élevée et leur qualité de fabrication ainsi que leur précision sont souvent médiocres. Elles ne sont pas conçues pour être utilisées lors des parties.
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Cependant, ce mécanisme est également utilisé pour des répliques fonctionnelles couramment utilisées par les joueurs d’airsoft. C’est notamment le cas des fusils de sniper à verrou qui reposent sur ce mécanisme. La cadence de tir n’est pas élevée, mais elle est cohérente avec l’utilisation réelle de l’arme qu’elle reproduit.
Les répliques à gaz sont nombreuses et utilisent divers mécanismes tels que GBB (Gas Blow-Back), GBBr (Gas Blow-Back real) ou NBB (Non-Blow-Back). Elles utilisent également différents types de gaz (comme le CO2 par exemple).
Les répliques à gaz utilisant la technologie GBB, où la culasse se déplace à chaque pression de la détente, sont appréciées pour leur réalisme. Bien qu’elles aient tendance à avoir une trajectoire de tir légèrement descendante en raison de la faible puissance du projectile par rapport aux vraies armes, leur action reste impressionnante pour les non-initiés.
Les répliques d’airsoft à gaz présentent des contraintes, notamment liées à la température. À des températures inférieures à 0 °C, la plupart des répliques à gaz ne fonctionnent pas correctement car le gaz ne peut pas se dilater correctement. Le système HPA (High Pressure Air) peut résoudre cette contrainte tout en améliorant l’autonomie des répliques à gaz, mais il réduit considérablement le réalisme de la réplique.
Les répliques d’airsoft électriques, également appelées AEG (Automatic Electric Gun) ou AEP (Automatic Electric Pistol), sont considérées comme la Rolls-Royce des répliques, car elles ont contribué à populariser la pratique de l’airsoft. Ces répliques allient fiabilité, réalisme et coût d’utilisation abordable.
C’est en 1991 que Tokyo Marui, une entreprise encore très populaire dans le monde de l’airsoft, a commercialisé les premières répliques électriques, après avoir longtemps proposé des répliques à ressort. Les grands succès de la marque avec cette technologie incluent le FAMAS, le M16A, le M16 VN, le CAR-15 et le H&K MP-5.
Tokyo Marui a joué un rôle majeur dans le succès et l’innovation de l’airsoft. Elle a notamment breveté le système Hop-up, qui permet aux billes de gagner en portée et en précision grâce à l’effet Magnus. La plupart des marques d’airsoft se sont basées sur les fondements technologiques de cette entreprise japonaise, ce qui est indéniable.
Notre rétrospective de l’histoire de l’Airsoft n’a pour le moment pas encore évoqué toutes les modalités d’une partie. En effet, il est important d’avoir une réplique fonctionnelle, mais il faut également des règles, des équipes et surtout des joueurs.
De plus, un équipement adéquat est nécessaire pour pouvoir pratiquer cette discipline. Bien qu’il ne soit pas toujours facile de s’équiper dans des boutiques physiques, de nombreux sites internet vendent des répliques et de l’équipement adapté à la pratique de l’Airsoft (Airsoft-Entrepot, Amazon, Gun-Evasion, etc.).
La pratique de l’airsoft se veut encore très discrète. Afin de ne pas mettre en danger les habitants et de ne pas les déranger par le bruit des répliques, les terrains sont généralement situés à distance des zones résidentielles, que ce soit dans des champs aménagés, des forêts privées, voire dans de rares cas, dans des espaces urbains abandonnés ou prévus à cet effet.
Le terrain est un élément crucial du jeu, car une partie en forêt ne sera pas la même qu’une partie en intérieur (CQB). La tactique, les équipements et le nombre de joueurs peuvent donc varier en fonction du choix du terrain.
Les terrains sont le plus souvent loués ou appartiennent à une association de joueurs. Plus rarement, des entreprises créent des terrains ou achètent des espaces qu’elles aménagent pour l’Airsoft. Bien que la pratique se soit démocratisée ces dix ou quinze dernières années, il reste difficile pour les entrepreneurs de s’y consacrer entièrement.
En fonction du terrain, des associations et des préférences des joueurs, les scénarios peuvent être très différents. Le plus souvent, deux équipes s’affrontent pour prendre le contrôle du terrain, en comptabilisant le nombre de « hits » (joueurs touchés) durant la partie. À la fin du temps réglementaire, l’équipe avec le moins de joueurs touchés remporte la partie.
Bien entendu, il est possible d’imaginer des scénarios plus complexes, tels que la capture de drapeaux, les recherches et destructions, le déminage, la protection de VIP ou encore les prises d’otages.
Les scénarios se divisent en trois catégories : les scénarios minimalistes (par exemple, les matchs à mort), les scénarios de simulation militaire (prises d’otages, protection de VIP) et les scénarios de jeu de rôle grandeur nature (fictifs, enterrements de vie de garçon, humour, etc.). On observe également une tendance croissante chez les joueurs appelée Speedsoft, un mode de jeu sans scénario qui se rapproche de la pratique du paintball.
L’airsoft reste une pratique potentiellement dangereuse si elle est réalisée sans respecter les règles. Une réplique peut facilement causer des blessures aux yeux ou casser une dent. Il est donc essentiel de respecter les règles lorsqu’on évolue sur un terrain, à proximité d’un terrain ou simplement en présence d’une réplique.
La Fédération française d’Airsoft fournit toutes les informations nécessaires sur les limites de puissance, les équipements de protection individuelle obligatoires, ainsi que les règles à suivre pour garantir une pratique ludique et conviviale. Nous vous encourageons à consulter leur site directement à l’adresse suivante : FFFAirsoft.
Il est également important de noter que chaque terrain peut adapter les règles de la fédération, il est donc essentiel de respecter les règles spécifiques du terrain ou de l’association avec laquelle vous jouez.
La France légifère la pratique de l’airsoft et la possession des répliques.
Les services de renseignement ont également dans leur viseur une dizaine d’activistes particulièrement investis dans la communauté airsoft - une pratique qui consiste à simuler des affrontements militaires avec des répliques d’armes à feu tirant des billes de plastique. L’un d’eux, fiché pour son appartenance à la mouvance d’ultragauche, organise en région parisienne, via sa structure, des parties d’airsoft extrêmement violentes.
Ce propriétaire de terrain d’airsoft s’inquiète de ces pratiquants ultra-politisés, photos à l’appui. Certains ont d’ailleurs déjà combattu, aux côtés des Kurdes du Rojava, et se préparent clairement à la « lutte armée ». « Le renseignement territorial est au courant, la DRPP aussi, mais rien ne bouge », déplore l’entrepreneur.
Depuis le 20 septembre 2019, le SGDSN a également mis en ligne une plateforme de sensibilisation VIGIPIRATE ( www.vigipirate.gouv.fr), qui donne à chacun, particuliers comme professionnels, des clefs de compréhension simples sur la menace terroriste afin de mieux la comprendre et l’identifier. Il s’agit ainsi d’élever la capacité de résilience de la société tout entière.
L’implication de chaque acteur est notamment structuré autour de 4 thématiques : se préparer, prévenir, réagir et gérer l’après-attentat. Ce plan comprend des 116 mesures socles et 194 mesures additionnelles qui permettent d’adapter le niveau de vigilance et de protection, en mobilisant tous les acteurs concernés.
L’activation de ces mesures se traduit par des « postures Vigipirate », élaborées par le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et décidées par le Premier ministre. Une posture précise également le niveau de vigilance et son évolution.
Pour saisir les ressorts sociologiques de la radicalisation, on s’est s’appuyée sur une ethnographie en ligne réalisée entre 2007 et 2011 ayant permis d’observer les publications numériques des fans sur YouTube - conversations en ligne, profils d’utilisateurs, vidéos. On a aussi récolté les paquets multimédias des tueurs impliqués dans sept fusillades entre 1999 et 2011. L’analyse de ce qui fascine dans ces tueries dévoile l’enjeu du recours à Internet : la possibilité́ de sortir de l’isolement, d’un malaise perçu comme personnel et de partager son ressenti par rapport aux épreuves de l’existence avec des jeunes venus de différents horizons.
Le réseau est aussi une source d’empowerment. La contribution numérique est une façon de renverser le stigmate : on réclame sa marginalité plutôt que de la subir ; on se définit comme un être hyperclairvoyant, par opposition à la masse des aliéniés par le conformisme. Ainsi, le réseau de sociabilité juvénile devient un moyen de mettre à distance les rôles sociaux imposés afin d’acquérir davantage d’autonomie subjective.
Si l’on s’intéresse aux vidéos des tueurs plutôt qu’à celles créées par leurs fans, on constate que l’engagement dans la radicalisation a également trait au processus d’individuation. Le projet de fusillade est ce qui permet le renversement des postures. Leurs mots expriment la domination sociale subie lorsqu’ils portent un regard rétrospectif sur eux-mêmes, leurs expériences et leurs raisons de se radicaliser.
En s’intéressant aux publications numériques créées par les internautes fascinés par le recours à la violence extrême, on retrouve cette problématique de l’autonomie. Alors que l’individualité est une valeur centrale des sociétés démocratiques contemporaines et l’individuation une injonction, la différenciation est devenue la norme.
Le processus de radicalisation a moins à voir avec la défense d’un mouvement politique, comme certains le prétendent, qu’avec avec la promesse délivrée par le passage à l’acte : la possibilité de regagner du pouvoir et de s’extraire d’un état de subordination. En ce sens, il s’agit moins de se repositionner sur l’échiquier social en tant que membre d’une sous-culture et de renverser les rôles sociaux entre « perdants » et « gagnants », que d’acquérir de l’autonomie et d’éprouver son individualité en redéfinissant son identité de façon valorisante.
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