Des incidents impliquant des agents de police et des armes à feu ont récemment fait la une des journaux, soulevant des questions sur la sécurité et la violence.
Une manufacture de bijoux utilisant des métaux précieux située à Besançon (Doubs) a été la cible d'un braquage ce vendredi matin. Ce matin vers 7h30, la manufacture à bijoux Losange, située à la frontière du quartier Temis à Besançon a été braquée à l'explosif par cinq individus par ailleurs équipés de fusils d'assaut.
Des policiers intervenant sur un braquage contre une manufacture de bijoux ont été la cible de tirs ce vendredi matin à Besançon (Doubs), selon les informations de L'Est Républicain. Les policiers ont été visés par les malfaiteurs alors qu'ils prenaient la fuite, a indiqué Nuñez. « Nous retrouverons les auteurs et ils répondront de leurs actes », a-t-il promis.
D'après une source policière, la cible du braquage est l'entreprise Losange, une manufacture de bijoux utilisant des métaux précieux, située dans une zone d'activité du nord de la ville. Elle avait déjà fait l'objet d'un braquage par le passé. Cinq individus, encagoulés et porteurs de fusils d'assaut, ont attaqué l'usine vers 7h30 « en faisant usage d'explosifs », d'après le procureur de Besançon.
Ils ont menacé l'agent de sécurité et dérobé des marchandises de valeur avant de prendre la fuite en voiture, faisant feu sur les policiers qui arrivaient sur place. « Le montant du préjudice est en cours d'estimation », a précisé le parquet. Une source policière a précisé à l'AFP que des employés ont été pris en otages et que les malfaiteurs se sont faits remettre de l'or.
Lire aussi: Le Pistolet Agent Secret Nerf Rebelle
Les salariés de l'entreprise ont été menacés par les malfaiteurs selon le Parquet de Besançon. Aucun blessé n'est à déplorer, même si une voiture de patrouille de la police nationale avec trois agents à son bord a été prise pour cible. "Ils ont été extrêmement choqués" affirme Emmanuel Pin, secrétaire départemental adjoint du syndicat de police Alliance.
Alors qu'un véhicule de police leur barrait le passage, l'un des malfaiteurs a tiré une rafale dans la direction des policiers qui venaient de sortir du véhicule, selon le parquet. Un impact a été retrouvé sur une portière. Après le braquage, des policiers étaient encore occupés à rechercher des indices derrière des rubalises.
« On emmenait les enfants a l'école vers 7 h 20 lorsqu'on a entendu une petite explosion puis une seconde explosion, tellement forte que nous avons pensé au passage du mur du son par un avion. Ça a tout fait trembler », a déclaré un témoin. « Nous sommes rentrés chez nous et ça a commencé de tirer à l'arme automatique de partout », a ajouté cet homme, qui a refusé de donner son nom.
« Nous ne déplorons heureusement aucun blessé parmi les forces de l'ordre », a précisé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur le réseau X, tout en dénonçant « cette violence débridée et criminelle ».
L'entreprise Losange, à Besançon, a été braquée ce vendredi matin. Les braqueurs ont attaqué les locaux à l'explosif avant de tirer sur les policiers arrivés sur place et de s'enfuir. Selon la police, il n'y a pas de blessé.
Lire aussi: Jeux de tir d'agent secret : une expérience immersive
Lorsqu'ils arrivent sur place, les policiers sortent de leur véhicule pour s'équiper plus lourdement comme le veut le protocole dans ce genre de situation. Un réflexe qui leur évitera certainement d'être blessés : "Ils se sont mis à couvert derrière leur véhicule ayant entendu des tirs et ils ont vu le véhicule leur foncer dessus. Et puis à ce moment là, il y a eu une rafale avec des détonations" raconte Emmanuel Pin.
Une volonté de "tuer du policier" selon Alliance"Ils ont encore le bruit des détonations, l'odeur de la poudre qui leur reste", ajoute le représentant syndical qui précise que les policiers vont bénéficient d'un accompagnement psychologique.
Emmanuel Pin qualifie même les faits de "tentative de meurtre" car selon lui, les malfaiteurs situés à plusieurs dizaines de mètres "n'étaient pas bloqués, les policiers n'étaient pas en train d'essayer de les interpeller. Ils leur ont tiré dessus délibérément pour tuer du policier délibérément" développe-t-il.
"On est complètement atterré par cette agression. Une étape a été franchie, dans la gravité de la violence. La dernière fois, c'était en 2002, sur une tentative d'évasion, depuis on n'avait pas connu de tirs sur des policiers à Besançon. Donc là, on est profondément choqués" conclut le porte-parole du syndicat Alliance.
La société Losange, spécialisée dans la conception et la fabrication de bijoux pour des joailliers de renom, avait déjà subi en 2019 un vol considérable de 38 kilos d'or, pour une valeur dépassant le million d'euros. Six employés avaient été pris en otages lors de ce braquage et 11 hommes ont été condamnés l'an dernier pour ces faits, les deux principaux accusés écopant de 21 ans de réclusion.
Lire aussi: Agent de sécurité armé en France
Plus récemment, en juin dernier, neuf hommes, âgés de 19 à 24 ans, avaient été repérés en train de découper le grillage entourant les locaux. Ils ont été mis en examen.
Une enquête a été ouverte pour retrouver au plus vite les deux agresseurs du fonctionnaire de police. "On savait que cela allait arriver à l'un d'entre nous, pour la bonne et simple raison que l'on braque les citoyens".
La phrase sort de la bouche de Louisy Berté, secrétaire territorial adjoint du syndicat Alliance Police nationale, en réaction au braquage à main armée dont a été victime ce mercredi, aux alentours de 4h du matin, un policier de la brigade canine, qui avait terminé son service. L'agression s'est déroulée non loin d'une station-essence de Fort-de-France.
Deux individus sont en cause. "On l'a braqué au pistolet mitrailleur, on lui a volé son scooter, son arme de service, sa carte de réquisition, sa carte bancaire, tout", poursuit Louisy Berté, visiblement stupéfait. "L'enquête va dévoiler ce qui s'est passé réellement, mais on suppose que les bandits ne savaient pas qu'il s'agissait d'un policier, puisqu'il n'était pas en tenue". Et d'ajouter : "Ils ont aussi tiré un coup de feu en l'air".
Le 27 juin restera à jamais gravé dans la mémoire d'André Bélacel, très grièvement blessé au cours du braquage du Géant Casino de Marmande. Ce jour là à l'ouverture des caisses, message radio sur les ondes de la police: « Vol à main armée au Géant Casino ».
Le hasard fait que ce policier est à deux pas du hold-up en cours dans l'hypermarché route de Périgueux. Il ordonne à ses deux collègues féminines, une gardienne titulaire et un agent de sécurité, d'y rester dissimulées. « J'ai pris l'arme de ma collègue, un Ruger calibre 38. Le personnel m'a reconnu et m'a fait des signes depuis l'étage pour m'indiquer que l'un des braqueurs se trouvait dans les bureaux. J'ai pu distinguer la scène depuis en bas.
André Belacel songe avant tout à la sécurité des clients qui pénètrent dans le magasin. « Je décide d'évacuer les abords, discrètement. Je recule tout en regardant la sortie. Je suis obligé d'intervenir à nouveau, une dame pousse son caddie vers le sas ».
« Quelques secondes ont suffi pour que je sois le dos à la sortie. Dès que je me suis retourné, je me suis retrouvé nez à nez avec trois hommes. A cinq mètres d'eux. Ils ont repéré mon arme et se sont doutés que je suis policier. Ils m'ont mis en joue, moi aussi. J'ai fait les sommations d'usage plusieurs fois. Mais ils n'ont pas bougé. Le « chef », c'est Jean-Philippe Caviglioli, un Marseillais. Il appuie sur la gâchette de son pistolet automatique. La balle atteint en pleine poitrine le policier.
« Ils ont protégé leur sortie en me tirant dessus à nouveau. Un complice les attendait dans une voiture volée. Ils ont fait feu une dizaine de fois en tirant dans ma direction et vers ma collègue qui s'était saisie du pistolet de l'agent de sécurité. J'ai tiré deux coups avant qu'ils sautent dans leur véhicule ».
La Clio volée le matin du hold-up à Marmande est abandonnée dans le quartier de La Gravette à Marmande. La bande de malfaiteurs a opéré un échange de véhicules. Une BMW immatriculée en Allemagne fait l'objet de toutes les recherches.
Un appel téléphonique permettra d'établir qu'il est à la tête de l'organisation du braquage de Marmande. La cavale durera en réalité quarante-huit heures puisque, le vendredi, dans une pizzeria de Bergerac, face à la gare, le gang est maîtrisé par surprise par le SRPJ de Toulouse.
Le 11 septembre suivant, le juge d'instruction dirigeait une reconstitution des faits. Les trois hommes armés revenaient à Géant Casino fermé pour l'occasion. Caviglioli l'a fait après lui. Le troisième complice, Rodrigues Cassin, était armé d'un fusil d'assaut. « C'est lui que j'ai dans le viseur le jour du braquage car c'est celui qui est le plus nerveux », poursuit André Belacel.
Les malfrats avaient pourtant préparé leur hold-up en prenant le soin de venir repérer les lieux quelques jours auparavant. Mais ils ne se doutaient pas qu'ils perdraient autant de temps à atteindre le coffre-fort.
La balle est passée à 0,5 cm du coeur. « Caviglioli a tiré pour tuer »: André Belacel est en convaincu, compte tenu de la détermination de l'individu. C'est une chance inouïe que la trajectoire de la balle ait évité l'organe vital. « Je le dois certainement à ma position quand je tenais le gang en joue ».
Pendant deux mois, il vivra dans un état comateux. André Belacel a subi dix opérations: épanchement du péricarde, éclatement de la rate, intestins percés, ruptures d'une artère pulmonaire, d'une artère lombaire, fracture de deux vertèbres... La seconde balle s'est logée dans la hanche, à 5 cm de l'artère fémorale.
Malgré tout ce qu'il a enduré, André Belacel a repris son activité au commissariat de Marmande. « J'aime trop mon métier et j'en connaissais les risques avant le braquage ».
Affecté par des troubles du sommeil, le policier est assez anxieux à l'idée d'affronter à nouveau les braqueurs lors de leur procès qui s'ouvre aujourd'hui. « Jamais ils n'ont exprimé le moindre remord. Aujourd'hui, c'est encore un autre face à face auquel sera confronté André Belacel, épaulé par son avocat Me Reulet.
Les trois accusés sont jugés pour vol à main armée, tentative d'homicide sur des fonctionnaires de police et crime en bande organisée. Vu la spécifité et la gravité des faits, la cour d'assises a prévu d'y consacrer l'ensemble de la semaine.
Une patrouille qui aurait dû être ordinaire mais qui, pourtant, a marqué les fonctionnaires. Alors qu’ils circulent à bord de leur véhicule, les forces de l’ordre repèrent une 508 suspecte, avec trois individus à son bord. Le conducteur de la Peugeot repère les policiers et accélère jusqu’à leur véhicule.
En quelques secondes, la situation bascule : le passager sur le siège arrière sort par la fenêtre et positionne face à eux une arme de guerre. "On a eu un réflexe humain, indique Maxime, un des policiers. Face à un fusil d’assaut comme ça, le sentiment qui prédomine, c’est la peur. Ils ont un temps d’avance sur nous, on ne peut que constater ce qu’il se passe.
"Mon premier réflexe quand j’ai compris ce qu’il se passait c’est de me dissimuler, sortir son arme dans ce genre de situation ne sert à rien, indique Vincenzo. On sait que le moindre geste peut tout faire dégénérer.
"Ce qui nous a sauvés, c’est en premier le déport que notre collègue a réalisé avec notre voiture pour nous sortir de l’angle de tir du passager, précise Maxime. De son côté, le conducteur de la 508 fait un demi-tour et déstabilise l’individu qui nous braque avec le fusil d’assaut, dont il avait armé la culasse.
Le temps est suspendu pour les policiers, la situation leur échappe. "Quand le véhicule prend la fuite, le braqueur continue à nous viser pendant une vingtaine de mètres pour être sûr que nous ne les suivons pas, se remémore Vincenzo. Quand il a vu que nous ne les poursuivions pas, le passager est rentré dans l’habitacle de la voiture.
"A 10h30 ou 11 heures, un lundi matin, on n’est pas tout seul dans les rues du 14e arrondissement, rappelle Maxime. On fait face à des individus lourdement armés qui n’ont pas hésité à nous braquer avec une arme de guerre. Ce n’est pas rien.
"C’est de plus en plus compliqué de faire notre boulot, avoue à demi-mot Maxime. Si ce genre de situation reste heureusement plutôt rare, on se demande parfois si on va rentrer le soir auprès de sa famille et de ses enfants. Parfois on rentre chez soi en se demandant si notre place est toujours dans la police.
Quelques jours après s’être fait braquer, un second équipage de la division nord essuie une rafale de kalachnikov. "Pour ma part c’était la première fois que je vivais une situation comme ça, reconnaît Vincenzo. Ça ne laisse pas indemne. On n’est pas blessé physiquement mais psychologiquement c’est autre chose. On comprend qu’on n’est pas passé loin de la fin. C’est difficile à assimiler, à vivre.
"On respecte de moins en moins l’uniforme, avoue Maxime. Il y a quelques années on nous applaudissait, maintenant on nous crache dessus. Mais beaucoup oublie que nous ne sommes que des êtres humains. Les insultes, les violences et le lynchage sur les réseaux sociaux des collègues... c’est difficile de rester insensible.
tags: #agent #de #police #braque #fusil #mitrailleur