Cet article se penche sur les armements utilisés par les appareils en AFN, en mettant en lumière le fonctionnement de l'affût annulaire de mitrailleuse de défense pour avion.
À la fin de la guerre, l'armée française était équipée de divers matériels, anglais, américains, français d'avant-guerre, et même allemands. C'est ce qui explique les armements très hétéroclites des appareils utilisés. Certains, comme les chasseurs d'origine US étaient armés de mitrailleuses de 12,7 mm ou, comme par exemple les Corsair, de canons de 20 mm.
Les plus anciennes armes, d'origine française, étaient les mitrailleuses MAC 34 d'un type destiné à l'aviation, dérivé d'une arme MAC 1931 de "casemate". Dès le début des années 30, l’alimentation de ces armes par ces « camemberts » empêchait le tir de longue rafale et nécessitait le changement des chargeurs, ce qui était évidemment impossible sur les monoplace. Il en restait encore un certain nombre en bon état et qui pouvaient encore servir. Nous ne savons pas si c'étaient les stocks restant de la guerre ou des outillages remis en service qui permirent leur utilisation. Ce type de cartouches avait été normalisé à partir de 1929 pour remplacer les cartouches de 8 mm « Lebel » lequel avait une cartouche plus conique, ce qui rendait sont utilisation difficile dans une arme automatique moderne. C’est son fût conique et son bourrelet de culot qui la rendait impropre à l’utilisation avec des armes automatiques (La mitrailleuse Hotchkiss qui l’utilisait la presentait en bandes de 18 cartouches sur un support metallique rigide).
La mitrailleuse d'aviation modèle 1934 a été construite pour l'aviation par la Manufacture Nationale d'Armes de Châtellerault (MAC). La conception est dérivée de celle du fusil-mitrailleur modèle 1934 (qui ne sera pas fabriqué en série). La mitrailleuse MAC 34 tire des cartouches de 7,5 mm modèle 1929 C à balle légère. La cartouche à une longueur 76 mm et un poids environ 24 g. Le canon de l'arme est en acier forgé, sa température de revenu est d'environ 480 °C. Sa longueur est de 0,60 m.
La mitrailleuse de tourelle est dérivée de l'arme d'aile. D'autre part, les organes pneumatiques étant supprimés, les manœuvres d'armement, de détente et de sûreté sont assurées manuellement par des commandes mécaniques. Le montage est fait sur des tourelles SAMM de type divers suivant les époques et les appareils.
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Du fait de la faible contenance des chargeurs rotatifs, ce type de mitrailleuse amena immédiatement à l'étude d'une nouvelle version : type "Mac 34 modifié 39" à bandes, dite "à alimentation continue". C'est cette version qui équipa les Bloch 174 et peut-être 175. Ces armes avaient été préférés à la mitrailleuse Darne Modèle 1933 qui pourtant était plus économique, fonctionnait à bande depuis les années 20, et qui fonctionnait tous aussi bien.
Mitrailleuse de 7,5 mm - Modèle 1934 M. Arme utilisée sous les ailes des T-6 ainsi que sur les MS "Vanneau" et les SIPA, en montage sur supports fixes, les bandes étant positionnées à l'intérieur des ailes. L'alimentation de l'arme s'effectue par la droite ou par la gauche (côté du cylindre à gaz ou côté du canon).
Les armuriers rechargent les MAC 52 (AA 52) avec des bandes de cartouches de 7,5. Il s'avéra très vite que l’armée française (l'infanterie principalement mais aussi l'aviation) devait posséder une arme automatique de fabrication française, ce fut l’Arme Automatique type 52 fabriquée par la Manufacture d’Armes de Châtellerault. La mitrailleuse AA 52 (ou MAC 52) fut donc conçue et développée en raison des retombées directes des campagnes d'Indochine du début des années cinquante.
Cette arme fonctionne à culasse non verrouillée. La percussion de la cartouche déclenche évidemment l’action de projection de la balle, et la réaction provoque le recul de la masselotte et l’extraction-éjection de l’étui percuté, l’action se répète tant que la détente est actionnée. Ce système déjà utilisé par les pistolets-mitrailleurs notamment les Sten et les MAT 49, mais avec des cartouches courtes, devenait plus difficilement réalisable avec les cartouches type 1929, et la mise au point fut assez délicate. L’arme était simple et relativement légère et pouvait donc aussi servir d’arme pouvant tirer à la hanche. Par la suite l’AA 52 fut modifiée pour tirer des cartouches OTAN de 7,62. Cette version calibrée à 7,62 mm est la AA 7,62 NF-1.
Les mitrailleuses AA 52 furent montées par deux sur les T-6 dans des carénages fixés sous les ailes, évidemment allégées des pièces inutiles et avec un système de déclenchement électrique. Très utilisée en Algérie pour tout un tas d’applications, elle ne semble pourtant pas avoir été utilisée sur les avions, seul quelques T-6 semblent en avoir été équipés en arme de capot avec tir synchronisé à travers l’hélice, et d'arme d'aile, mais sans que ces appareils aient été utilisés en opération.
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Arme collective à tir tendu des petites et moyennes distances, jusqu'à 1.200 mètres. Destinée aux compagnies F. Exécute : du tir direct, éventuellement du tir masqué (niveau non prévu), du tir repéré. Exceptionnellement du tir contre avions. Portée maximum : 3.160 mètres, balle ordinaire et traceuse ; 4.100 mètres balle perforante A P M 2. Arme précise, hausse réglable. Arme à tir automatique, ne tire pas coup par coup. Principe moteur court recul du canon, refroidissement à l'air. Cadence de tir 400 à 500 coups-minute. Vitesse pratique de tir : 150 coups-minute. Utilise la bande chargeur souple en toile.
Ce type d'arme, très courante dans toutes les armées pendant la Deuxième Guerre mondiale, en AFN et même encore actuellement, était alors aussi bien montée sur des blindés qu'en casemate ou sur les avions, mais dans ce cas, principalement sur les appareils américains (par exemple dans les ailes sur les P/F 47 ou le nez des B-26 "Invader") mais elles furent aussi utilisées montées en gondole sur les "Fennec" un système d'armement de fabrication française.
Arme collective à tir tendu, très précise et très stable destinée aux compagnies d'accompagnement et à la protection des véhicules (D. G. A. et D. C. B.). Sa puissance et sa fiabilité l’ont utilisée par l’aviation américaine notamment sur les avions P-47, et les avions de la deuxième guerre mondiale avec l'appellation arme de .50 (soit 50/100 de pouces = 12,7 mm).
Le conteneur pour deux mitrailleuses de 12,7 mm monté sous les avions Fennec. Détail de ce conteneur à la fin de l'article sur les Fennec.
A côté des divers équipements de récupération - guérites de tous types, cloches observatoires, tourelles de char, boucliers de tranchée, etc… - destinés à "meubler" les intervalles de la Ligne Maginot et dont il est largement question ici même dans l'article " La Ligne Maginot des intervalles ", un engin nettement plus intéressant émerge du lot : la tourelle STG par éléments dite aussi tourelle démontable ou tourelle Dufieux. C'est en effet le seul engin spécialement destiné à la fortification de campagne qui a été étudié et construit dans les années 1930 à cet effet.
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Maintes fois confondu avec une tourelle de char - dont il a effectivement l'apparence une fois mis en place sur le terrain - cet engin découle directement des enseignements de la guerre de positions et même, peut-on dire, de la guerre de tranchées !
Conscients de la redoutable efficacité d'une seule mitrailleuse, soigneusement implantée et embusquée, contre un assaut d'infanterie, les hautes sphères militaires mettent à l'étude au début des années 1930 un engin mobile, facilement transportable, rapidement installé, destiné à abriter une mitrailleuse sous une protection blindée et doté de divers perfectionnements.
Inspirées de la tourelle mobile allemande Gruson-Schumann pour un canon de 53 mm Krupp, réalisée dès 1889 et destinée à équiper les parapets des Festen[1], ces études aboutissent à la fabrication de la tourelle démontable modèle 1935 et de son modèle 1937 légèrement amélioré.
Prévue pour recevoir la mitrailleuse Hotchkiss Mle 1914 de 8 mm, la tourelle démontable devait être adaptable, ultérieurement, pour recevoir aussi le canon antichar de 25 mm SA Mle 1934 Hotchkiss, dérivé du type de l'infanterie. Un modèle de tourelle renforcée, à l'épreuve de coups de 47 mm, était également à l'étude.
Plusieurs centaines d'exemplaires de cette tourelle sont fabriqués entre 1935 et 1939. A la date de mai 1939, au moins 485 exemplaires étaient construits mais, si on se réfère au numéro de fabrication (jusqu'à 495 pour le modèle 1935, à partir de 496 pour le modèle 1937), plus de 600 exemplaires auraient été construits. Certaines tourelles retrouvées dans les Alpes sont en effet numérotées de 596 à 624.
Stockées généralement jusqu'à la mobilisation dans les parcs mobiles de fortification, ces tourelles ont garni tous les fronts en 1939-1940, de la mer du Nord à la Méditerranée y compris ceux du Rhin et du Jura. Quelques-unes ont combattu, en particulier dans le Nord, les Ardennes et surtout au cours des combats des 14-15 juin 1940 dans la Trouée de la Sarre.
La grande majorité d'entre elles ont ensuite disparu durant l'occupation allemande du fait des grands besoins en métal du Reich. Sur le front des Alpes, les Italiens ne semblent pas avoir eu les mêmes préoccupations puisque la plupart des tourelles étaient encore en place longtemps après la fin de la guerre. De plus en plus rares aujourd'hui, il en subsiste cependant encore quelques exemplaires in situ, plus ou moins dépouillés, en particulier dans le Jura, en Tarentaise, Maurienne, Ubaye, dans les Alpes Maritimes. Par contre, des exemplaires plus complets demeurent dans les musées Maginot du Nord-Est tels que ceux de Fermont, du Hackenberg, de Rohrbach, du Simserhof, de Hatten (Esch) et d'Uffheim.
La tourelle comprend une partie fixe et une partie mobile.
La tourelle démontable 35/37 est utilisée soit pour compléter la défense des intervalles de la fortification permanente, soit pour constituer l'armature d'une position de campagne fortifiée.
Les tourelles sont normalement entreposées soit dans un parc mobile de fortification, soit dans un parc régional du génie, sans armes ni munitions. Au moment voulu, elles sont mises à la disposition d'unités d'infanterie, en particulier les compagnies de mitrailleurs des troupes de forteresse. Celles-ci en assureront le transport et l'installation, et les garniront des armes et munitions nécessaires.
Le camouflage de la tourelle a une grande importance afin d'éviter qu'elle ne soit prise à partie prématurément par l'artillerie ennemie et afin de réserver l'effet de surprise que son entrée en action produira lors d'une attaque en...
La manutention des éléments de la tourelle exige comme personnel : un gradé et 8 hommes, le gradé étant à la fois chef de tourelle et tireur, l'un des hommes étant le chargeur. comme matériel : les engins de manœuvre et l'outillage faisant partie intégrante des tourelles à l'exclusion de tout autre matériel.
Les opérations de montage s'effectuent dans l'ordre suivant :
Les opérations de démontage s'effectuent bien entendu dans l'ordre inverse.
Le poids des éléments les plus lourds variant de 150 à 280 kg, l'équipe de 8 hommes et un gradé suffira largement pour toutes les manutentions.
| Type d'Armement | Calibre | Cadence de Tir | Portée Maximale | Utilisation |
|---|---|---|---|---|
| MAC 34 | 7,5 mm | Variable | Variable | Avions (Bloch 174, MS "Vanneau", SIPA) |
| AA 52 | 7,5 mm (puis 7,62 mm) | 400-500 coups/minute | 3160-4100 mètres | T-6 (sous les ailes) |
| Mitrailleuse .50 (12,7 mm) | 12,7 mm | 400-500 coups/minute | Variable | Avions (P-47, B-26 "Invader", Fennec) |
| Tourelle STG 35/37 | 8 mm (Hotchkiss Mle 1914) | Variable | Variable | Fortification de campagne |
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