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La répression contre les « gilets jaunes » a été massive.

Le gouvernement a fait le choix d’un maintien de l’ordre brutal et disproportionné face au mouvement : dispositifs policiers démesurés, journalistes bousculés et empêchés de travailler, gardes à vue et arrestations préventives, gazages et matraquages systématiques, évacuations violentes, tirs de Flash-Ball et de grenades de désencerclement, drones et hélicoptères, déploiement de blindés…

En annonçant le retour de la loi « anticasseurs », invention de la droite après Mai 68, le premier ministre affiche la couleur.

La désescalade n’est pas l’option du gouvernement.

La matraque est désormais sa seule réponse politique !

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Le choix de la force et de l’affrontement est toujours la tentation d’un pouvoir affaibli, ébranlé par une exigence démocratique et sociale qui vient des profondeurs du pays et qui le conteste.

L’escalade répressive et l’utilisation intensive des moyens de police finissent d’ailleurs par mettre en danger les gendarmes et les policiers eux-mêmes.

Le président, le gouvernement, la majorité parlementaire et leurs relais médiatiques en appellent aujourd’hui à la défense des institutions et de la République pour mieux se protéger et justifier la criminalisation d’un mouvement qui ne saurait se résumer aux violences que nous condamnons.

Ce faisant, ils nourrissent la logique infernale de la « provocation-répression » et minent en fait encore un peu plus les bases de notre pacte républicain.

Nous sommes bien en face d’une incompréhension de classe, doublée d’une tentative désespérée de mettre à l’abri une oligarchie qui a permis à Emmanuel Macron d’accéder au pouvoir.

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Ce choix de la répression et de la violence policière est à l’œuvre depuis longtemps dans les quartiers populaires et touche particulièrement les pauvres, les précaires, les jeunes, les migrants.

Il est également à l’œuvre contre les ZAD et les mouvements d’écologie radicale.

Le Flash-Ball est une marque française déposée d'arme non létale, appartenant aux lanceurs de balles de défense (LBD).

Un ancien professeur et expert en balistique mosellan l'a inventée en 1990 dans son garage.

Pierre Richert souhaitait "faire le contraire de ce que tout le monde avait fait, petit calibre et grande vitesse qui font des trous.

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Selon Verney-Carron, l'entreprise basée à Saint-Etienne qui l'a fabriqué et commercialisé à l'échelle industrielle, le flash-ball est une arme "non létale de calibre 44 mm au look dissuasif, à la prise en main immédiate" qui "s'adapte à toutes les situations".

Le flash-ball dit "Compact" peut être acquis par des particuliers, à condition de le déclarer et de détenir un permis de chasse ou une licence de tir.

La présentation d'un simple certificat médical attestant que l'état de santé physique et psychique est compatible avec la détention de ce type d’arme peut suffire.

Dès son invention par Pierre Richer en 1990, le flash-ball est expérimenté par les unités d'élite de la police et de la gendarmerie françaises, telles que le Raid et le GIGN.

Comme l’indique Libération en 1995, cette décision s'inscrit alors dans une "stratégie de lutte contre les violences urbaines" et non de "maintien de l'ordre".

Quand les policiers en sont équipés, les voyous ne viennent pas les chercher.

Peu à peu, le lanceur de balles de défense devient un outil de maintien de l’ordre, y compris dans les manifestations.

En théorie, non.

C’est du moins ce qu'assurait son inventeur, expliquant que la balle en caoutchouc s'écrase sur la surface touchée mais ne la perfore pas.

Tirée à une distance de 15 à 20 mètres, elle ne provoquerait "au pire" "qu'un gros hématome".

Sa théorie prend du plomb dans l’aile en décembre 2010, lorsque Mustapha Ziani, 45 ans, meurt des suites d'un tir de flash-ball au thorax lors de son interpellation dans un foyer de travailleurs à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Six ans après les faits, l'auteur du tir, le policier Xavier Crubezy, est condamné à six mois de prison avec sursis.

Dès janvier 2008, la Commission nationale de déontologie de la sécurité - dont les missions ont été depuis transférées au Défenseur des droits - demande de proscrire l'usage du flash-ball "Super-Pro" dans le cadre de manifestations, estimant qu'un tir à moins de 10-15 mètres accroît "considérablement les risques".

Ça correspond à un coup de poing de Mike Tyson.

Au vu des nombreux incidents provoqués par le flash-ball, les autorités ont fini par se ranger à l’avis de la Commission nationale de déontologie de la sécurité.

En 2007, le LBD 40, une autre arme de 4e catégorie, apparaît dans les rangs des forces de l'ordre françaises pour une expérimentation.

Fabriqué par la firme suisse Brügger et Thomet, il est doté d'un viseur électronique permettant un tir plus précis et puissant à 30 mètres.

Malgré un blessé lors d’une manifestation à Nantes en 2007 - un lycéen est éborgné -, ce nouveau "gomme-cogne" commence à être généralisé en 2009.

Il cohabite une dizaine d'années avec le flash-ball "Super-Pro", jusqu’à ce que celui-ci soit progressivement retiré de l'équipement des policiers et gendarmes à partir de 2018.

L'arme de poing continue toutefois à être utilisée par certains services non spécialisés, comme les pelotons de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) et les polices municipales.

Ce ne sont pas les conclusions du Défenseur des droits, qui a plaidé pour son retrait dans un rapport publié en janvier 2018.

"On constate que malgré leur précision, les LBD 40 ont à ce jour généré autant de victimes que les flash-balls 'Super-Pro'", souligne-t-il, se basant sur le recensement effectué par l'Acat entre 2000 et octobre 2017.

Comme le flash-ball en 2010, le LBD 40 pourrait également être impliqué dans la mort d'un homme, victime d’un arrêt cardiaque en janvier 2017 à Auxerre (Yonne) après avoir été touché à la poitrine lors de son interpellation.

L'utilisation du LBD 40 est strictement encadrée par la loi.

Lors d'une manifestation, par exemple, les forces de l'ordre peuvent avoir recours à ce lanceur de balles pour dissiper un attroupement "susceptible de troubler l'ordre public" mais seulement "en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée".

Comme le stipule l’article L211-9 du Code de la sécurité intérieure, un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations restées sans effet.

En gendarmerie, l'emploi du LBD 40 est conditionné par l'obtention d'un certificat initial d'aptitude, obtenu lors d'une formation au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie à Saint-Astier (Dordogne).

Une piqûre de rappel doit être effectuée tous les ans.

Dans les rangs de la police, la formation initiale requise pour pouvoir utiliser le LBD 40 est de six heures, avec un "recyclage", c'est-à-dire une piqûre de rappel, tous les trois ans.

"On tire cinq cartouches pour avoir l'habilitation, explique Nicolas Comte, le porte-parole du syndicat Unite-SGP Police FO, sur franceinfo.

On peut estimer qu’un "recyclage" est nécessaire quand on ne tire pas souvent au LBD.

Elles figurent noir sur blanc dans une instruction signée par les directeurs de la police et de la gendarmerie nationale en septembre 2014.

Le tireur doit également tenir compte de la distance à laquelle le tir est effectué, sachant que les "risques lésionnels" sont "plus importants en deçà de 10 mètres".

Il doit aussi éviter de tirer sur une personne vulnérable (femme enceinte, personne handicapée ou âgée…).

Si quelqu'un est en train de mettre des coups de batte de base-ball à une autre personne, le policier peut procéder à un tir au visage pour protéger la victime.

Ce principe de proportionnalité est au cœur des controverses entourant le LBD 40.

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