L'acier Damas est un matériau légendaire, réputé pour sa robustesse, son tranchant et ses motifs uniques. Cet article explore l'histoire de cet acier, ses méthodes de fabrication et ses applications, des armes anciennes aux objets modernes.
Selon la légende, les épées de Damas pouvaient couper en deux un mouchoir de soie flottant dans le vent. Une prouesse qui a fait la réputation de ces armes dont l'acier, et surtout le tranchant, étaient redouté des croisés dans leur combat contre les musulmans.
Une équipe de scientifiques allemands de l'université technique de Dresde, conduite par Peter Paufler, professeur de cristallographie, pense avoir retrouvé les secrets de fabrication de ces lames. Elle en révèle une partie dans la revue Nature du 16 novembre.
En observant au microscope électronique un fragment d'acier prélevé sur un sabre de Damas élaboré par le fameux maître forgeron persan Assad Allah au XVIe siècle, elle émet l'hypothèse que ces armes réputées devaient leurs caractéristiques exceptionnelles à la présence de minuscules tubes - nanotubes - de carbone. Une forme cristalline du carbone dont l'existence n'a été mise en évidence qu'en 1991.
Ces nanotubes sont devenus apparents sur l'échantillon fourni par le Musée historique de Berne (Suisse) après sa dissolution dans de l'acide chlorhydrique. Cette opération a permis également de mettre en évidence "des nanofibres de cémentite, qui auraient été encapsulées et protégées par les nanotubes de carbone", précisent les chercheurs dans leur communication.
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Pour réaliser ces armes, les forgerons utilisaient un acier spécial inventé en Inde et importé de ce continent sous forme de lingots - le wootz - contenant, outre le fer, de 1,2 % à 1,8 % de carbone, et des traces de silicium, de manganèse, de phosphore et de soufre (Pour la science, août 2001). Ces lames étaient ensuite façonnées au cours d'opérations répétées de chauffage et de martelage, suivant une technique inégalée.
Le carbone a une influence sur le point de fusion et la dureté de l'acier. "Mais c'est la première fois, à ma connaissance, que l'on met en évidence la présence de nanotubes de carbone dans du fer ancien", explique Vincent Serneels, professeur à l'Institut de minéralogie et de pétrographie de l'université de Fribourg (Suisse). "Malheureusement, l'article de Nature ne dit pas en quoi cela change les propriétés du métal", regrette le scientifique.
Pour Max Schvoerer, professeur de physique à l'université de Bordeaux et spécialiste des archéomatériaux, il "s'agit d'une très belle et intéressante observation". Mais le chercheur regrette qu'elle n'ait été réalisée que sur un seul échantillon. Pour que cette analyse soit probante, il faudrait, dit-il, répéter l'opération sur d'autres épées.
Quoi qu'il en soit, les épées de Damas n'ont pas encore livré tous leurs mystères. Sans doute parce qu'il s'agit d'un sujet complexe. "L'acier de Damas a été produit pendant mille ans. C'est plus une famille qu'un produit homogène", fait remarquer Vincent Serneels. D'autant que la composition de l'acier utilisé a pu varier selon les lieux et les époques.
A cet acier de Damas travaillé par les mulsumans, s'en est ajouté un autre, pendant la période médiévale, produit par les Européens selon une technique différente. Les forgerons gaulois, romains et mérovingiens soudaient en effet des couches alternées d'acier à haute et à basse concentration de carbone, qu'ils repliaient ensuite sur elles-mêmes à plusieurs reprises. Mais la structure interne de ces lames est différente de celles qui sont forgées avec le wootz, même si leur aspect est similaire.
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Ce Damas "d'assemblage" est revenu en force aux XVIIe et XVIIIe siècles, période durant laquelle les armuriers ont conçu des canons de fusil et de pistolet en acier de Damas. En France, de nos jours, les forgerons de la société Laguiole, dont les couteaux sont renommés, réalisent des lames en acier de Damas.
Bien que l'acier de Damas originel soit l'acier de type wootz, sa relative rareté a conduit à ce que le terme « damas » désigne essentiellement des damas de corroyage, son usage dans ce sens est donc devenu courant et légitime.
Une des caractéristiques les plus évidentes des aciers Damas (sous leurs deux formes) est la singularité de leurs apparences visuelles. Le motif observé sur le wootz est le produit de la cristallisation du métal lors de son élaboration, la haute teneur en carbone produisant les motifs caractéristiques. Les motifs présents sur le Damas de corroyage correspondent à la forme des différentes couches d'acier soudées.
Contrairement au wootz, la forme du motif est intentionnelle, choisie par le forgeron au moment de l'élaboration de la pièce en provoquant des déformations soit par des techniques de forge libre, soit en estampant la barre de matériau composite des motifs recherchés. Les motifs possibles sont très nombreux suivant les types d'acier et l'habilité du producteur (formes simples comme des lignes parallèles, vagues, ronds, carrés... Principe du damas torsadé...
Les centres de production de l’acier étaient l’Inde et l'actuel Ouzbékistan. Il existe trois grandes théories se recoupant relativement bien sur l'origine du nom de Damas donné à cet acier. L'une d'entre elles repose sur les textes d'Al-Kindi, qui fait explicitement référence à la fabrication de ce type d'acier à Damas.
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Certaines sources francophones pensent plutôt que l'acier de Damas était plutôt en partie d'origine iranienne et que l'on a peut-être appelé cet acier par référence à l’étoffe, car l'acier poli a le même aspect moiré que les étoffes de cette ville. Cet acier servait à faire les armes blanches, et les Iraniens ont particulièrement excellé dans la fabrication de cimeterres, cependant ces derniers étaient des lames recourbées alors que Damas était célèbres pour la fabrication d'épées droites à double tranchant, qui, contrairement à une opinion répandue, étaient très utilisées en Égypte et en Syrie jusqu'à l'époque mamelouke.
Le wootz est un lingot d'acier de quelques kilos, exporté de l'Inde vers le Moyen-Orient. Issu d'une loupe métallique extraite d'un bas fourneau, un traitement d’homogénéisation grossière et de recarburation en faisait un demi-produit apte au forgeage.
La qualité de cet acier tient dans le fait qu'il alterne des couches d'acier à la fois hypoeutectoïde et hypereutectoïde (pauvre ou forte en carbone). L'aspect de l'acier variant avec sa teneur en carbone, l’alternance de très fines couches d'acier lui donnait un aspect mat avec un effet de moiré.
En effet, ces couches microscopiquement fines, obtenues par pliages successifs, étaient très difficile à distinguer à l'œil nu : le grain des katanas japonais possède une structure comparable bien que loin d'être identique et de composition complètement différente (le wootz contient une quantité de carbures divers bien plus importante que l'acier japonais des katanas).
L'originalité des lames vient donc de leur apparence esthétique, et de l'impossibilité des Occidentaux à le reproduire, ceux-ci n'ayant pas accès au wootz. Quant à reforger les épées à disposition, les forgerons y renoncent vite, le métal part en miette s'il est forgé trop chaud, devient cassant s'il est forgé trop froid, perd ses propriétés s'il est forgé trop longtemps (les carbures graphitisent alors).
Les croisés célèbrent la qualité de ces armes autant à cause de leur aspect mystérieux, que pour vanter leurs adversaires, ce qui exaltait d'autant leurs combats. La fabrication d'objets en acier damassé prit fin vers le xviie siècle, peut-être à cause de l'épuisement du minerai, ou des difficultés à maintenir actives les routes commerciales permettant de se fournir avec les métaux nécessaires, voire de l'insuffisante transmission des techniques de fabrication, tenues secrètes, et à coup sûr d'une conjonction de ces éléments.
Les progrès de la métallurgie, notamment au cours du xviiie siècle, donnent aux chercheurs français et aux expérimentateurs suédois les outils et les méthodes pour redécouvrir l'acier de Damas. Les tentatives de reproduction des forgerons occidentaux échouent jusqu’en 1823, où un dénommé Bréant fut salué par toute la communauté scientifique en proposant un procédé d'élaboration d'un acier aux caractéristiques recherchées.
Cependant les européens avaient très vite compris qu'un acier similaire -en apparence uniquement- à celui dit de Damas pouvait être obtenu par soudure à chaud et martelage de plusieurs bandes d'acier ou de fer à teneur en carbone différente, qui se substituaient à l'utilisation d'un lingot de teneur en carbone variable.
Un procédé similaire de corroyage fortement simplifié fut employé au XIXème pour forger des canons de fusil: des barres d'acier chauffées étaient enroulées autour d'un mandrin en rotation puis le tube en spirale était soudé puis rectifié aux dimensions voulues, ce qui donnait des canons peu fiables prompts à exploser lors d'un tir.
Aujourd'hui, le damas "moderne" obtenu par corroyage existe essentiellement pour la production de lames de collection et ce grâce à sa popularisation dans le milieu des forgerons artisans.
L'alternance de couches d'acier est mise en valeur par l'application finale d'une solution corrosive attaquant certains alliages plus que d'autres et colorant ceux qui sont plus réactifs à la solution en question: les alliages inoxydables et le nickel pur seront peu affectées par la solution et révèlent une couleur brillante gris argenté contrairement aux alliages d'acier au carbone qui apparaîtront gris foncé ou noires, partiellement dissoutes en surface par la solution.
L'idée était d'utiliser des barres de deux ou plusieurs types d'acier différents, ou d'acier et de fer, dont l'un ayant une teneur en carbone moindre, et de les forger ensemble en une seule barre. Cela se faisait en chauffant, en tordant et en martelant selon les besoins, puis en pliant la barre, en la martelant et en la forgeant à nouveau. Le processus était répété plusieurs fois. Le résultat était une barre avec des couches d'acier de différents types produisant les lignes ondulées et les motifs visibles en raison de la différence de composition chimique entre les différentes barres utilisées.
La technique a d'abord été appelée « soudure à motifs » et était connue de plusieurs cultures. Les Japonais l'utilisaient pour fabriquer leurs épées depuis 1100 après JC, et les Vikings et les Celtes vers 600 après JC. En 1570, elle était utilisée pour fabriquer des canons de fusil en Inde. Les techniques de Damas s'étaient répandues dans l'Empire ottoman, puis en Hongrie et en Espagne vers 1650.
La défaite des Turcs au siège de Vienne en 1683 a permis d'examiner des milliers de canons soudés à motifs capturés. Cela a accéléré la fabrication de canons soudés à motifs en Europe.
Holland & Holland incarne le summum de l’excellence britannique dans la fabrication d’armes fines et de vêtements pour la chasse de luxe. Fondée en 1835 par Harris Holland dans les rues prestigieuses de Londres, cette maison symbolise une tradition d’artisanat hors pair, où chaque fusil et chaque accessoire porte la marque indélébile du soin méticuleux et de l’attention au détail.
Holland & Holland est à l’apogée de la fabrication traditionnelle d’armes anglaises depuis plus d’un siècle. Les origines de sa création, bien que peu conventionnelles, sont liées au destin et à l’audace de ses fondateurs.
Le fondateur, Harris Holland, était un bon tireur de pigeons d'argile et il a commencé à faire construire ses fusils sur commande dans les années 1840. En 1850, il est devenu « armurier » et a ouvert un atelier sous le nom de « H. Holland ». Ses succès dans le cercle des pigeons ont continué d'être rapportés dans la presse et les affaires ont prospéré.
Avec l'expansion, il a déménagé de King Street à Bond Street, au cœur du quartier branché de Mayfair à Londres. En 1860, son neveu Henry William Holland a rejoint l'entreprise en tant qu'apprenti. Il allait devenir un génie inventif et un homme d'affaires doué, aidant à faire progresser l'entreprise de son oncle. En 1861, il dépose déjà 51 brevets pour protéger les inventions de sa société et devient associé en 1876, sous la nouvelle appellation « Holland & Holland ».
Au fur et à mesure que le XIXe siècle progressait, l'entreprise prospérait. Tout au long du 19ème siècle, les affaires prospèrent.
En cours de route, elle a remporté toutes les classes lors des essais de fusils de 1883 organisés par le magazine The Field. En 1883, Holland & Holland remporte tous les trophées des compétitions organisées par le prestigieux magazine The Field. Sans oublier l’attribution de décrets royaux émanant du roi d’Italie et de Georges V entre autres.
En 1885, le nom « Royal » a été adopté pour les meilleurs fusils de l'entreprise.
En 1893, Holland & Holland a construit sa première usine, qui a été rapidement remplacée, en 1895, par celle qui fonctionne actuellement à Kensal Green. En 1893, Holland & Holland construit sa manufacture, remplacée deux ans plus tard, par l’actuelle située à Kensal Green.
L'innovation s'est poursuivie avec l'introduction du fusil de jungle « Paradox » en 1885 et du célèbre .375 H&H Magnum en 1912. Les innovations ont continué avec l’introduction du fusil « Jungle Paradox » en 1885 et le célèbre H & H 357 Magnum en 1912.
Dans la seconde moitié du XXe siècle, Holland & Holland a conservé sa position de l'un des meilleurs fabricants d'armes à feu au monde, en déménageant à Bruton Street et en introduisant le concept de « Produits d'excellence », qui a établi une nouvelle norme pour les fusils et carabines de qualité supérieure et a introduit un nouveau calibre, le .700 Nitro Express. Au cours de la seconde moitié du XXème siècle, Holland & Holland conforte sa position comme l’un des meilleurs fabricants d’armes au monde. L’enseigne se déplace à Bruton Street et introduit le concept de « Produits d’Excellence », qui établit de nouveaux standards d’élaboration pour des réalisations nécessitant une qualité de très haut niveau. Le nouveau calibre, le Nitro Express 700, fait ainsi son apparition.
Ces dernières années, de nouveaux modèles ont rejoint la gamme, comme le fusil de chasse superposé « Sporting » et le fusil de chasse et la carabine « Round Action ».
Les clients de Holland & Holland n’achètent pas simplement un fusil; ils investissent dans une pièce d’héritage, une œuvre d’art fonctionnelle mise au point par des mains expertes. Chaque pièce est conçue sur mesure, en harmonie avec les mesures et préférences personnelles du propriétaire, et se distingue par sa gravure élaborée, son ajustement impeccable et sa performance inégalée sur le terrain.
En visitant la boutique Holland & Holland, le connaisseur est immédiatement transporté dans un monde de raffinement et de classe sylvicole. En visitant la boutique Holland & Holland, le connaisseur est immédiatement transporté dans un monde de raffinement et de classe sylvicole.
Du tactile doux des tissus soigneusement choisis pour les vêtements, aux bois nobles et métaux polis des fusils, chaque élément est sélectionné pour garantir une qualité supérieure et une expérience sans égal.
Au fil du temps, Holland & Holland a su conserver son engagement envers l’excellence artisanale tout en adoptant les innovations nécessaires pour répondre aux exigences modernes de la chasse et du tir sportif.
La rencontre entre Holland & Holland et F.P. Journe ne pouvait qu'aboutir à un projet commun en partenariat. Cela a immédiatement suscité le désir de produire quelque chose d'unique pour une occasion spéciale.
Toujours à la recherche de quelque chose d'exceptionnel, d'unique et d'innovant, F.P. Pour leur part, Holland & Holland a été attiré par l'idée de permettre à deux de leurs canons de musée vieux de plus de cent ans d'être utilisés pour fabriquer de magnifiques montres F.P. Journe de haute horlogerie.
Le Chronomètre Holland & Holland est accessible à F.P. Les deux canons antiques Holland & Holland, portant les numéros de série 1382 (38 cadrans) et 7183 (28 cadrans), ont seulement permis la fabrication de cadrans qui n'existeront jamais dans aucune autre montre.
Afin de produire les cadrans, les canons de fusil ont d'abord été coupés sur toute leur longueur à l'usine Holland & Holland et déroulés pour former des bandes plates. Celles-ci ont été coupées en bandes plus petites, qui pouvaient ensuite être nettoyées, polies et réduites à l'épaisseur requise. Le matériau a ensuite été envoyé aux propres fabricants de cadrans de F.P. Journe, « Les Cadraniers de Genève », où les cadrans ont été découpés.
Ils ont été renvoyés à Holland & Holland et « brunis », une technique traditionnelle de fabrication d'armes à feu qui aide à protéger l'acier et met en évidence les magnifiques motifs créés lors de la fabrication originale des canons Damas. Le processus est le même aujourd'hui qu'il l'était lorsque les fusils ont été fabriqués à la fin des années 1800.
Compte tenu du cadran en acier Holland & Holland, l'option la plus appropriée pour F.P. Journe était également de fabriquer un boîtier en acier. Le diamètre de 39 millimètres s'adapte facilement à la plupart des poignets.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Mouvement | Calibre exclusif F.P. Journe 1304 |
| Boîtier | Acier, 39 mm |
| Cadran | Acier Damas provenant de canons de fusils anciens Holland & Holland |
| Réserve de marche | 56 heures ± 2h |
| Série limitée | Numérotée XX/38 ou XX/28 selon le canon d'origine |
Aujourd’hui l’acier Damas est produit essentiellement pour ses qualités esthétiques. Le forgeron le produit par forge libre, déformation, utilisation de pièces découpées et technologie des poudres. Il a aujourd’hui une grande maîtrise des dessins produits par le Damas.
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