Envie de participer ?
Bandeau

Plongez dans l'histoire du Second Empire avec le fusil Chassepot modèle 1866, une pièce emblématique de l'armement militaire français. Adopté officiellement le 30 août 1866, le Chassepot représente une avancée technologique majeure avec son système de culasse à aiguille et sa cartouche en papier combustible de 11 mm.

Le contexte historique du Fusil Chassepot

Le déroulement des guerres en Amérique (guerre de Sécession) ou en Europe entre la Prusse et le Danemark, la Prusse et l'Autriche (victoire de la Prusse à Sadowa, 1866) apportait la preuve de la supériorité des armes à chargement par la culasse et à cartouche amorcée. Afin de réaliser l'obturation et empêcher les gaz de s'échapper vers l'arrière la tête de culasse comporte un joint en caoutchouc vulcanisé, une première en cette période d'innovation technologique. Le système est fiable mais fragile, il a été adopté précipitamment afin de faire face aux menaces de guerre avec la Prusse et de ce fait le grand pas qu'aurait été l'adoption d'une cartouche métallique n'a pas été possible. Malgré tout il sera l'un des meilleurs fusils de son temps et inaugurera la fabrication en grande série au sein de manufactures d'Etat. Devant les énormes besoins en armes de cette époque l'industrie privée sera également mise à contribution. La firme Cahen Lyon et cie, détentrice du brevet, ne pouvant assurer seule et dans les temps la fourniture de milliers d'armes commandées par l'Etat, fera appel à de nombreux sous-traitants dans toute l'Europe.

Caractéristiques Techniques et Innovations

Rompant définitivement avec le chargement par la bouche des systèmes antérieurs, il est le premier système d'arme à culasse mobile ce qui augmentait considérablement la cadence de tir de l'époque. Chassepot continua ses recherches et pour utiliser une cartouche amorcée combustible, adapta à son fusil le système à aiguille du fusil autrichien Dreysse. Une commande de 500 fusils Chassepot fut passée à la Manufacture de Châtellerault pour mise en essai concurrentiel avec les fusils Favé et Plumerel au camps de Châlons pendant le séjour de la garde impériale aux manoeuvres de 1866. Dérivé du fusil d'infanterie d'essai dit du camp de Châlons, le Chassepot fut adopté le 30 août 1866 sous l'appellation officielle de fusil d'infanterie Mle 1866. Des modifications sont apportés, en particulier sur la queue de détente, les organes de visée et la baguette de nettoyage puis la fabrication en série est lancée.

Voici quelques caractéristiques clés du fusil Chassepot:

  • Canon rayé de quatre rayures
  • Calibre 11 mm
  • Culasse en acier trempé avec cylindre forgé d'une pièce
  • Monture en noyer
  • Système à aiguille

Le Chassepot en Action et son Héritage

La première unité à en être dotée est le bataillon des Chasseurs à pied de la Garde en septembre 1866 et sa première intervention au combat à lieu en 1867 à Mentana où il y a "fait merveille" selon les propres mots du général de Failly. Il sera encensé par l'Etat-major et nos dirigeants politiques malgré ses défauts (aiguille fragile, encrassement important du à l'utilisation d'une cartouche à poudre noire, ratés de percussion...).

Lire aussi: Guide d'achat fusil de chasse particulier

La défaite de 1871 sonne le glas du Chassepot, ses défauts intrinsèques et les énormes pertes en matériels lui ont été fatals. L'adoption du Mauser 1871 par la Prusse accélérera son remplacement par le système Gras 1874. Le Chassepot finira ses jours en arme de surplus vendues par St-Etienne. Le Chassepot est un des trésors historique français, ce fusil à aiguille est malheureusement sortie trop tard des arsenaux Français. C'est aujourd'hui une arme assez rare car historiquement assez vite remplacé par le fusil Gras en 1874. Un certain nombre de ces armes ont été malheureusement maltraité avec le temps, que ce soit par des transformations militaires ou de chasse. Ce qui rend les chassepots encore apte au tir rare surtout en mono-matricule et belle état de conservation.

Le Camp de Châlons: Un Centre d'Innovation Militaire

Le camp de Châlons naît de la volonté impériale. La guerre de Crimée (1853-1856), bien que victorieuse, a révélé des problèmes d’organisation et de coopération interarmes. Pour former les états-majors à la manœuvre des grandes unités, Napoléon III fait aménager un camp fixe de 12 000 hectares assez vaste pour recevoir 25 000 hommes, 12 000 chevaux et pratiquer des tirs d’artillerie. Les travaux débutent en novembre 1856 par la construction des bâtiments en briques et pans de bois, et par le creusement des puits. Les villages de toile sont cantonnés par des poutres auxquelles on attache les chevaux ; les allées reçoivent des noms de généraux et de soldats tués en Crimée. Un chemin de fer à voie unique relie Mourmelon à Châlons situé à 25 km, avant d’être prolongé vers Reims.

Dès 1857, l’empereur inaugure le camp qu’il commande lui-même cette année là, puis il y vient chaque année en famille, drainant des invités de marque et un public nombreux. Le camp est équipé progressivement d’un grand quartier impérial, d’un hôpital transformé par la suite en bibliothèque, de l’éclairage au gaz, d’un bureau de poste, d’un télégraphe et d’un jardin, « le parc de l’Impératrice ». Pour les cérémonies religieuses, un autel à baldaquin est élevé sur une plateforme à 4 mètres du sol. On vient de loin pour assister à la messe dominicale avec la famille impériale et on apprécie particulièrement le moment de l’élévation lorsque tous les soldats mettent genou à terre et que tonne le canon.

L'Armée Française sous le Second Empire

Le système de conscription, depuis la Restauration, est organisé pour obtenir des soldats professionnels. Les hommes sont solidement encadrés par leurs sous-officiers et les officiers subalternes, le plus souvent sortis du rang. Les interventions extérieures, très nombreuses sous le Second Empire, révèlent les compétences de certains chefs et confirment la bravoure et la cohésion des troupes mais ces opérations s’apparentent le plus souvent à de la contre-guérilla. Les officiers généraux, notables choyés du régime, et les officiers d’état-major, recrutés parmi l’élite, montrent dans l’ensemble peu d’intérêt pour l’étude de la tactique. Le commandement a par ailleurs peu d’autorité sur l’Intendance qui reste un corps indépendant. Le camp se réduit donc à des exercices mécaniques. Les grandes manœuvres restent conventionnelles, inspirées le plus souvent des batailles du Premier Empire. La victoire de la Prusse sur l’Autriche à Sadowa (1866) impressionne à juste titre Napoléon III. Il impose la modernisation de l’armement et soutient une nouvelle loi de recrutement (la loi Niel, 1868), inspirée du modèle prussien (avec formation des réservistes) mais celle-ci, même fort édulcorée par rapport aux ambitions initiales, est mal acceptée par les milieux politiques et militaires aussi bien que par l’opinion publique.

Fusil Chassepot d'Infanterie, Modèle 1866 - Exemple Spécifique

FUSIL CHASSEPOT D'INFANTERIE, modèle 1866, Manufacture de Châtellerault, Troisième République. Canon à quatre pans poinçonné « U 8584 », daté « 1868 », marqué « Épreuve des manufactures de l'Etat Châtellerault 1876, commission d'armement commerce 1870-1871, Mle 1866 », matriculé « X 15943 », longueur sans la culasse 79,2 cm, longueur totale du fusil 131 cm. Tenon de baïonnette sur le côté droit. Guidon sur embase cubique. Monture en noyer à long fût matriculé « X 159432 », cachet de réception marqué « MA REPARons de CHATEL S 1876 ». Toutes garnitures en acier.

Lire aussi: Choisir son arbalète médiévale

Lors de la guerre franco-allemande de 1870-1871, l'armée a eu recours aux fournisseurs privés pour acheter des armes. Sous la Troisième République les armes qui étaient encore utilisables furent examinées et marquées de la Commission d'armement du commerce 1870/71, numérotées en série X.

L'Importance des Marquages

Comme toutes les armes Français du XIXème siècles le fusil Chassepot se distingue par un nombre de marquage impressionnant et d'une beauté rare. Fabrication de Châtellerault bien marquée « C 1872 » en chambre coté droit comme il se doit. En 1872, juridiquement et de facto, on ne sait pas où on est ! Ou du moins sous quel régime politique. Il s’en faudra d’ailleurs de très peu avec Mac Mahon et le Comte de Chambord pour que la Monarchie soit rétablie en 1873. Donc pas de « République » ou même de « Nationale » de prudence nulle part non plus sur l’arme. Pardonnez moi cette digression façon « études de droit constitutionnel » mais cela explique bien des variations de marquages et je trouve très intéressant de retrouver l’Histoire politique de notre pays jusque sur les marquages de nos armes. Pareil pour les périodes révolutionnaires et post révolutionnaires ou bien de la première restauration Peu de collectionneurs y prêtent attention. C’est dommage.

Pour les Collectionneurs

Ce Fusil Chassepot 1866 proposé ici est une arme d’origine, de catégorie D, donc en vente libre pour les personnes majeures. Il est marqué de la Manufacture Impériale de Saint-Étienne et présente toutes les caractéristiques d’époque : culasse mobile avec aiguille fonctionnelle, hausse graduée, canon rayé et crosses en noyer massif. Ce fusil est idéal pour les collectionneurs recherchant une arme authentique du XIXe siècle, mais aussi pour les passionnés de reconstitution ou les décorateurs cherchant un objet de caractère.

Notre arme est intégralement mono matricule en chambre, culasse (les deux pièces), tenon de baïonnette et …. bois ! Bref sur toutes les parties réglementairement numérotées de l’arme. Seule la baguette n’est pas la sienne. Les bois sont en excellent état aussi nonobstant quelques traces usuelles de manipulation - sinon vraiment très beaux ( ni fracture, ni enture ni vers) - Macaron encore bien lisible de Février 1872 avec son insert de buis bien présent. Les poinçons du bois bien nets aussi. C’est un deuxième type (queue de culasse arrondie - tige d’armement de culasse quadrillée). Fonctionnement mécanique irréprochable - percussion franche - bon ressort - verrouillage parfait avec un canon à nettoyer mais absolument miroir aux rayures bien nettes et bien profondes - j’ai rarement vu un canon aussi beau sur un Chassepot. J’aurai pu dire neuf malgré ses … 152 ans ! La hausse est bien du type avant 1874. Des munitions et un kit de tir sont disponibles facilement sur le marché - chez H&C par exemple - pour ceux que refaire des cartouches papier rebute. Un bon moyen de se faire plaisir et d’imaginer ce que pouvait donner en bruit et fumée une bataille de 40.000 armes à poudre noire même sans l’artillerie !!

Lire aussi: En savoir plus sur la Fourmi Balle de Fusil

tags: #achat #fusil #chassepot

Post popolari: