Les maladies des gibiers ont une grande importance pour les chasseurs et pour le monde cynégétique. Depuis que le «Paquet Hygiène» a été mis en place, et surtout depuis le 28 décembre 2009, jour où cette règlementation est parue au Journal Officiel, les chasseurs doivent obligatoirement faire l'examen sanitaire des organes internes ainsi que de la carcasse.
Mme Frédérique Tuffnell interroge Mme la ministre de la transition écologique et solidaire sur les risques de zoonose liés aux lâchers de gibier. La crise liée à la Covid-19 a mis en exergue les risques de transmissions d'agent pathogènes liés aux contacts entre la faune sauvage et l'espèce humaine. La faune sauvage peut être le réservoir d'un agent pathogène pour elle-même comme pour d'autres animaux domestiques et l'homme, ou n'être que le vecteur asymptomatique d'une infection transmissible. Le lâchage de gibier, par les échanges qu'il implique entre le milieu domestique et naturel, multiplie ces risques.
Cette pratique concerne, en France, principalement les espèces de gibiers à plume (canard colvert, faisan, perdrix), de grand gibier (cervidés et sanglier), ainsi que de léporidés (lapin de garenne et lièvre). Ces lâchers ont pour prétexte le maintien d'une activité de chasse plus motivante pour les chasseurs, ainsi que la restauration de la biodiversité. On observe cependant une très forte mortalité au sein des animaux relâchés, s'expliquant notamment par le stress provoqué chez les animaux transportés et lâchés à un endroit où ils ne savent ni s'abriter, ni se nourrir, et qui sont vulnérables à la prédation.
En particulier, les lâchers de sangliers sont quant à eux problématiques pour les dégâts que peuvent provoquer ces animaux sur les cultures agricoles, dégâts qui justifieront ensuite leur prédation. Par ailleurs, les repeuplements cynégétiques affaiblissent les populations relictuelles en appauvrissant leur patrimoine génétique. Cette situation est encore plus critique alors que le changement climatique et l'artificialisation des espaces naturels demandent aux animaux sauvages de s'adapter rapidement. En somme, la pratique des lâchers de gibier n'est pas favorable à la préservation de la biodiversité.
Plus généralement, rappelons que la chasse dans son ensemble y compris celle du petit gibier exerce une mission d’intérêt général notamment par son rôle de sentinelle et de veille sanitaire indispensable par la présence des chasseurs sur le terrain. Elle joue un rôle de prévoyance essentiel pour la lutte contre les nuisibles et d’alerte sur les maladies contagieuses auprès notamment des animaux d’élevages (PPA, maladie d’Aujeszky, tuberculose, IAHP, tuléramie, etc..).
Lire aussi: Tout savoir sur l'arbalète de chasse
Sur le plan de la surveillance des maladies animales et zoonoses : à l’occasion de leurs actions de chasse au petit gibier sédentaire, les chasseurs assurent un rôle de sentinelle sanitaire sur le terrain indispensable pour la surveillance d’éventuelles mortalités dans l’avifaune sauvage et donc indispensable pour la détection précoce d’éventuels cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) dans un contexte où des oiseaux sauvages ont été détectés infectés IAHP aux Pays-Bas. Ne plus être en capacité d’assurer cette surveillance de terrain expose à un retard de détection de foyers en avifaune sauvage avec toutes les conséquences en termes de retard pour protéger les élevages avicoles.
En Europe, depuis le 01/08/2024, 24 pays ont détecté la présence de virus IAHP sur leur territoire. Trois nouveaux foyers d’Influenza Aviaire Hautement Pathogène en élevage ont été détectés la semaine passée dans le Morbihan (un élevage de poules pondeuses, un élevage de canards filière foie gras, vaccinés-protocole complet, et un élevage de canards en filière chair, partiellement vaccinés). Ces cas sauvages concernent principalement des anatidés.
Au-delà d’un volume de déchets correspondant à 2-3 sangliers ou chevreuils à la fois, nous vous recommandons d’enfouir les déchets de l’association de chasse dans une fosse.
Si une fosse de taille raisonnable (jusqu’à 10m de long x 1,2m de large x 1,3m de profondeur) est remplie avant la fin de la période de chasse, cela signifie que la quantité de sous-produits correspondant au tableau de chasse devient trop importante.
Une tranchée de 1 m de large, sur 10 m de long et 1,2 m de profondeur est creusée. Le remblai est laissé sur le sol tout le long de la tranchée de façon à ce que la terre puisse être facilement déposée sur les déchets. L’ensemble de ce site est clôturé afin de renforcer la sécurité humaine et de le protéger de la visite de petits carnivores.
Lire aussi: Le Tir de Gros Gibier : Techniques et Lois
La fosse se remplit dans la longueur : le remplissage commence à une extrémité et se poursuit jusqu’à la fermeture complète de la tranchée. Un dépôt de sous-produits est recouvert soit de compost végétal soit de terre sur une épaisseur de 30 à 50 cm. Si la profondeur est suffisante, un 2ème dépôt peut avoir lieu par-dessus.
Comme pour la campagne de chasse, celle du piégeage s’étend du 1er juillet au 30 juin de l’année suivante.
Pour piéger :
La surveillance des maladies du gibier à plume et la gestion des risques de zoonoses sont des éléments essentiels pour la santé publique et la conservation de la biodiversité. Les chasseurs jouent un rôle crucial dans cette surveillance et doivent être formés et équipés pour identifier les anomalies et prévenir la propagation des maladies.
Lire aussi: Cartouche Gros Gibier: Analyse
tags: #zoonose #gibier #à #plume