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La question des qualités et défauts respectifs de la visée optique et de la visée électronique n’est pas nouvelle, et les réponses non plus. Il me semble important de différencier deux niveaux de réponse : le niveau objectif (les aspects techniques, quantifiables, etc.) et le niveau subjectif (l’agrément personnel à utiliser l’une ou l’autre forme de visée).

Les Débuts de la Souris

9 décembre 1968 : Douglas Englebart fait la démonstration, au cours d'une conférence publique, d'un curieux périphérique arborant trois boutons et destiné à prendre place dans la paume de la main. Il s'agissait du premier exemplaire de la souris, un outil qui fête cette année son quarantième anniversaire.

1972 : Inspirés par les travaux de Douglas Englebart, Jack Hawley et Bill English, élaborent une souris pour le centre de recherche Xerox PARC. L'outil ne repose plus sur un convertisseur analogique/numérique mais fonctionne en transmettant directement à l'ordinateur des informations numériques sur son positionnement.

1981 : Xerox commercialise une souris pour sa station de travail Star 8010. La même année, Apple sous-traite à Hovey-Kelley la conception d'une souris bon marché destinée à être produite en grande quantité pour épauler ses machines.

1982 : Steve Kirsch invente une souris optique qui fonctionne avec un tapis sur lequel est imprimée une grille. Il fonde Mouse System l'année suivante pour commercialiser sa création et fournira par la suite ses périphériques à Sun.

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1983 : Jack Hawley crée la société Mouse House pour distribuer des souris issues des ses travaux menés depuis dix ans dans les laboratoires Xerox. La souris Apple fait son apparition avec le Lisa, le premier ordinateur personnel livré avec un tel dispositif de pointage. Microsoft lance lui aussi une souris, pour l'IBM PC, vendue 195 $. Logitech conçoit le premier mulot fonctionnant sans fil grâce à un dispositif infra-rouge.

1987 : IBM présente son ordinateur PS/2, qui intègrent le connecteur MiniDIN à 5 broches pour claviers et souris.

1991 : Logitech lance la première souris sans fil à radio-fréquence, la Cordless MouseMan.

1995 : Mouse Systems présente son ProAgio, qui inaugure la présence d'une molette de défilement.

1996 : Microsoft lance son IntelliMouse Explorer, dotée elle aussi d'une molette.

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1999 : Agilent commercialise la première souris optique fonctionnant sans tapis dédié. Ce dernier se lance aussi sur le créneau des rongeurs optiques avec l'IntelliEye. L'outil intègre cinq boutons. Le géant de Redmond présente aussi sa Cordless Wheel Mouse, qui fonctionne sur la technologie radio-fréquence.

2005 : La Mighty Mouse d'Apple fait son apparition, l'occasion pour le constructeur à la pomme d'adjoindre un deuxième bouton sur ses souris.

Viseur Optique vs. Viseur Électronique : Comparaison Détaillée

Sans prétendre, évidemment, à l’exhaustivité des critères pour comparer l’une et l’autre visée, j’ai tendance à retenir ceux-ci. Pour aller plus vite, j’écris VE pour viseur / visée électronique et VO pour viseur / visée optique :

  • Le bloc de VE est d’un gabarit plus réduit que le bloc de VO.
  • L’image qui apparaît dans le VE représente 100% du cadre qui sera photographié. Ce n’est pas toujours le cas avec un OVF, où le cadre peut être inférieur à 100 %, mais aussi supérieur (les utilisateurs d’appareils télémétriques le savent bien).
  • Le grossissement et le dégagement oculaire sont souvent « meilleurs » en VE qu’en VO, à gamme d’appareils comparables.
  • Le VE permet d’afficher dans le viseur une gamme bien plus large d’informations qu’un VO. C’est pratique, sauf si ça devient envahissant, quand l’utilisateur a peu de choix sur ce qu’il souhaite afficher ou pas dans son VE.
  • La VE induit un décalage temporel (latence) entre ce qui se passe effectivement devant l’objectif et ce que l’écran du viseur projette devant l’œil. La latence est généralement faible, mais certains photographes trouvent cela gênant, notamment pour photographier des sujets à déplacement / variation rapide. J’incline à penser que ce phénomène est de moins en moins perceptible, avec la progression de qualité des VE.
  • Certains VE rendent une image un peu saccadée, quand on modifie rapidement son angle de visée (de haut en bas, ou latéralement). Cependant, la fluidité s’est améliorée, au fil des modèles successifs.
  • L’image perçue dans un EVF est différente de celle perçue à l’œil nu, et donc dans un VO. Car l’image dans le VE essaie de se rapprocher au maximum de ce que sera l’image JPEG prise par le boîtier en fonction des réglages de l’exposition. C’est souvent ce point qui divise le plus les amateurs de VE et les amateurs de VO. Les amateurs de VE soulignent que ça facilite la visée en conditions de faible lumière, qu’ils bénéficient d’outils d’aide comme la loupe, le « niveau » pour vérifier l’horizontalité, l’alerte pour les hautes lumières « cramées », etc. Les amateurs de VO préfèrent la vision plus « naturelle », et s’appuient, généralement, sur leur propre expérience pour préjuger de ce que les réglages de l’exposition produiront comme rendu ; ils reprochent aussi, non sans raison, les difficultés d’un VE face à une scène très contrastée.
  • La VE permet de voir dans le viseur une image qui reflète aussi des choix de « modes d’images » particulier : la désaturation, le monochrome, le « pop art », et autres filtres de prise d’image.
  • La visualisation de la profondeur de champ est facilité par la VE, alors qu’avec un VO, il faut recourir au bouton de « test de profondeur de champ » et subir, éventuellement, l’assombrissement de l’image dans le viseur quand le diaphragme se referme à l’ouverture choisie.
  • Dans le cas d’un VE sur un boîtier stabilisé et/ou avec l’utilisation d’un objectif stabilisé, l’image dans le VE est « stabilisée ». Alors qu’avec un VO, la visée n’est stabilisée que si l’objectif l’est.
  • Le VE consomme beaucoup plus d’énergie que la VO ; ça impacte directement l’autonomie d’une batterie, en nombre de photos réalisables avec une charge de batterie. Même si certains modes d’affichage améliore la gestion énergétique d’un VE, ça reste nettement moins économe qu’un VO.
  • Pour l’utilisation d’objectifs à mise au point manuelle, le contrôle de la « bonne » mise au point est plutôt fruste avec un VO : il se limite le plus souvent à un petit voyant vert en bas du viseur, dont la précision n’a pas grand-chose à voir avec la visée à stigmomètre ou verre dépoli des viseurs des reflex argentiques sans autofocus. Un VE, lui, offre des outils pour mieux gérer la mise au point manuelle, comme la loupe, ou la mise en relief de la zone de netteté (« focus peaking »).

J’incline à penser que la principale différence entre un VE et un VO est que le VE projette sur l’œil une « interprétation » de la scène photographiée ; interprétation qui découle des choix faits par le photographe (ou par le boîtier, selon les automatismes) selon les réglages choisis. Cette interprétation se traduira de manière plus ou moins fidèle dans le fichier JPEG qui sera produit (le fichier RAW n’est pas du tout impacté de la même manière), selon que le VE est fidèle dans les chromies, les contrastes, etc.

Tandis que le VO laisse arriver à l’œil l’image qui n’est modifiée que par la qualité de l’objectif et de l’oculaire (et du miroir ou du prisme, dans le cas d’un reflex) et les paramètres physiques de la visée (par exemple : viseur qui « couvre » 100% de l’image ou pas), et c’est le cerveau du photographe qui procède à l’interprétation. Cette interprétation repose sur l’expérience de la personne ; par exemple, « voir en noir et blanc » dans un VO, on n’y arrive pas du jour au lendemain !

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A titre très subjectif, j’apprécie le VE et le VO, pour autant qu’ils soient assez « bons » pour que cela me procure du plaisir à les utiliser. En numérique, les VO des reflex D810, D850 ou D500 me satisfont pleinement, tout comme le VE du Z6. Ou, dans une autre marque, le VE de l’Olympus EM1.2. Mention spéciale aux Fujifilm de la série X100, avec leur visée qui peut basculer d’un VE à un VO et vice-versa, rien qu’en agissant sur un petit levier qui tombe très bien sous l’index.

L'Évolution Technologique et l'Avenir de la Visée

Comme nous l’avions prédit il y a déjà longtemps, Sony abandonnera bel et bien le marché du reflex. Je veux parler évidement des “vrais reflex” à visée optique. Cela a été confirmé par des cadres de Sony lors d’une présentation en Espagne. Et si l’on vous “colle” du viseur électronique à tout va, c’est seulement pour la bonne raison que ça coûte beaucoup moins cher !

Une gamme panachée (optique et EVF) ne me choquait pas trop, il en faut pour tous les goûts… Mais l’abandon complet de la visée optique est à mon avis un très mauvais signe envoyé aux photographes (aux vrais). Car si les viseurs électroniques présenteront un jour certains avantages, ce n’est certainement pas encore le cas en ce début 2011.

D’ailleurs, que diriez-vous si Canon et Nikon remplaçaient d’un coup tous leurs modèles (y compris expert) par des modèles à visée électronique ?

tags: #viseur #optique #souris #fonctionnement

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