Le zoom Sigma ultra grand-angle 14-24 mm f/2.8 de la gamme Art n’est pas nouveau. Il faisait déjà parti du catalogue en monture Canon, Nikon et Sigma, à destination des possesseurs d’appareils photo reflex. En 2019, Sigma dévoilait le 14-24 mm f/2,8 DG DN Art, une version pour hybrides plein format de son zoom ultra grand-angle, désormais disponible en monture L et E.
Nous avons testé pendant plusieurs semaines le Sigma 14-24mm f/2,8 DG DN Art, monté sur un Sony A7 III en monture E. Quelle qualité d’image et performance délivre cet objectif sur le terrain ?
Ce zoom appartient à la gamme Art de Sigma, symbole de qualité optique et de haute performance. Il s’agit de la catégorie haut de gamme du fabricant en matière d’objectifs.
Sigma a logiquement choisi d’adapter cette version pour appareils photo hybrides à la monture L, qu’elle partage à présent avec Leica et Panasonic via une alliance stratégique et commerciale : la « L-Mount Alliance ». La monture E de Sony a également été considéré, Sony étant le pionnier de l’hybride plein format et le mieux implanté sur le marché.
Ce 14-24 mm DG DN Art est composé d’une nouvelle formule optique comprenant 18 éléments répartis en 13 groupes dont 1 élément en verre FLD (F Low Dispersion) et 5 verres SLD (Super Low Dispersion) afin de limiter les aberrations chromatiques. Trois lentilles asphériques, dont une de grand diamètre placée à l’avant de l’objectif, sont aussi utilisées pour minimiser le flare ou la coma et optimiser la sensation de netteté.
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Les photographes de paysage, d’architecture ou d’astrophotographie sont donc les premiers ciblés, mais d’autres photographes tels que les portraitistes, les photoreporters ou les photographes sportifs qui veulent sortir des clous pourront apprécier ce zoom particulier.
Les zooms grand-angle lumineux sont des objectifs particuliers, qui se caractérisent généralement par une lentille frontale imposante et bombée et se révèlent presque aussi lourds que certains téléobjectifs qui peuvent zoomer très loin. Si la construction sans miroir des appareils photo hybrides a permis de limiter l’encombrement de ce type d’objectif, ce Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art n’en reste pas moins imposant et impressionnant.
Il gagne cependant de précieux grammes par rapport à la version reflex : 795 g contre 1150 g. Côté encombrement, ce Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art se positionne donc très bien, sans oublier que le déploiement du zoom se fait en interne ! Cela n’enlève rien au fait qu’il reste un équipement relativement lourd, qu’il faut être capable de supporter toute une journée. On notera que les boîtiers Sony Alpha plein format sont plus légers que la plupart des hybrides Panasonic ou Leica.
Avec cet objectif, Sigma signe une belle qualité de fabrication, en adéquation avec la gamme Art. Physiquement, le zoom a été modernisé depuis la version reflex et semble même s’être allongé, alors qu’il gagne en réalité quelques millimètres en longueur.
Comme son aîné, l’objectif comprend deux bagues de réglages : l’une dédiée au zoom, l’autre à la mise au point manuelle. La bague de zoom est plutôt ferme, pour éviter que le réglage de la focale ne change de façon inopinée et la bague de mise au point est plus douce pour une meilleure maîtrise. Vous pourrez en tout cas aisément être aidé par les assistants de mise au point manuel tel que le mode loupe ou encore le focus peaking.
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Enfin, juste en dessous du commutateur AF/MF, une touche AFL permet de bloquer la mise au point. Pour protéger la lentille frontale bombée, l’objectif dispose d’un pare-soleil inamovible et d’un cache avec un intérieur en feutrine. Si vous souhaitez utiliser un filtre, l’objectif n’a pas de filetage à l’avant, mais dispose d’un porte-filtre arrière au niveau de la monture et proche du capteur. Il est ainsi possible de fixer et verrouiller des filtres en gélatine, comme ceux d’Aurora Aperture.
Les objectifs ultra grand-angles ne sont pas des objectifs standards. Ils s’adressent généralement à des photographes qui expriment le besoin d’avoir un angle de vision beaucoup plus large qu’habituellement.
En termes de qualité d’image, ce Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art propose un très bon piqué au centre dès la pleine ouverture à f/2,8 et à des ouvertures supérieures. À pleine ouverture, la netteté sur les bords de l’image n’est pas parfaite, surtout au 14 mm et lorsque l’on se rapproche très près du sujet, mais est vite rétablie en fermant le diaphragme.
La distorsion est difficile à évaluer, puisqu’elle dépend aussi beaucoup de l’angle de votre prise de vue et de votre sujet. Pour des prises de vues larges, type paysages, elle est assez peu visible, notamment au 24 mm. Plus le sujet est près et imposant, plus la distorsion sera marquée. Nous la remarquons nettement pour la prise de vue de bâtiments.
Le Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art n’est pas un zoom avec zéro distorsion, comme le proposent certains fabricants. Au 14 mm, on observe plutôt une distorsion en barillet qui a tendance à bomber légèrement le centre de l’image.
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Au final, la distorsion générée par l’objectif lui-même est visible, mais plutôt contenue pour un tel objectif. Le vignettage est assez présent à f/2,8, mais se dissipe très rapidement dès f/4. Il est d’ailleurs plus visible sur des fonds unis, tels que les ciels bien bleus comme sur les images d’exemples suivants.
En se rapprochant ainsi au plus près du sujet - la lentille frontale parfois presque collée à son sujet - il est possible d’obtenir des beaux rendus de flou. La lentille frontale sphérique est protégée par un pare-soleil intégré en forme de corolle.
Ce dernier permet d’atténuer les effets de flare, mais la lentille à la composition optique complexe reste toutefois sensible aux rayons directs. Les images suivantes montrent du flare plus ou moins présent.
La nouvelle construction optique, conçue pour limiter les aberrations chromatiques fait ses preuves puisque nous avons eu beau chercher les aberrations chromatiques sur plusieurs images, nous n’en avons tout simplement pas trouvé, même en zoomant fortement.
Depuis son annonce en juillet 2020, le zoom grand-angle Sony FE 12-24 mm f/2.8 G Master est devenu le concurrent direct du Sigma 14-24 mm f/2.8 DG DN Art proposant une fiche technique alléchante et des performances de haut niveau. Il se différencie notamment par sa focale légèrement plus large de 12 mm, mais reste toutefois légèrement plus lourd que la version proposée par Sigma.
Chez Sony, un autre 12-24 mm existe, mais cette fois à ouverture f/4 constante. Il s’agit du Sony FE 12-24 mm f/4 G. Plus léger (565 g) et plus compact (117 mm de long), ce zoom est assez intéressant pour qui ne nécessite pas une ouverture f/2,8 lumineuse et offre une prise en main très équilibrée.
Au niveau optique, il est plutôt bon, dès la pleine ouverture, et permet de venir toucher les 12 mm. Par contre, lancé en 2017, il est aujourd’hui proposé à plus de 1700 €, soit 300 € plus cher que le Sigma qui ouvre à f/2,8.
Chez Tamron, le zoom le plus large à ouverture constante f/2,8 est le 17-28 mm f/2,8 DI III RXD que nous avons testé. Pour le moment, les possesseurs de boîtiers Sony trouveront donc peu d’alternatives à ce zoom ultra grand-angle.
Avec sa plage focale spécifique et relativement courte, ce 14-24 mm ne s’adresse pas à tout le monde. Les photographes de paysage, d’architecture et les astrophotographes qui aiment voir large et qui ont du mal à se contenter d’une focale minimale de 24 mm seront donc ravis de basculer sur un zoom qui ouvre le champ des possibles.
À cause d’une formule optique complexe et d’une lentille frontale imposante, ce type d’objectif est généralement lourd et imposant. Le Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art n’y échappe pas, mais reste pour le moment le plus léger de sa catégorie.
Le Sigma 14-24 mm f/2.8 DG DN Art fait partie de ces objectifs auxquels l’on s’attache vite, même si au départ, il ne s’agit pas de notre zoom de prédilection. Même si sa plage focale n’est pas très étendue, c’est l’un des zooms les plus larges disponibles sur le marché des appareils photo hybrides plein format et s’adapte à toutes sortes de prises de vues.
Sa qualité d’image est presque sans reproche, aidée par un savoir-faire déjà bien ancré chez Sigma et une nouvelle formule optique réussie. Certes, ce zoom est imposant, mais il ne faut pas oublier qu’il est pour le moment le plus léger du marché et qu’il est très lumineux sur toute la plage focale.
Posséder un zoom ultra grand-angle de cette trempe est généralement un choix pleinement assumé. Désormais modernisé, allégé, très bien positionné d’un point de vue tarifaire et approuvé pour sa qualité d’image, ce Sigma 14-24 mm f/2,8 DG DN Art est sans nul doute le meilleur rapport qualité/prix sur le secteur.
| Caractéristique | Sigma 14-24mm f/2.8 DG DN Art | Sony FE 12-24mm f/2.8 GM | Sony FE 12-24mm f/4 G | Tamron 17-28mm f/2.8 Di III RXD |
|---|---|---|---|---|
| Focale | 14-24mm | 12-24mm | 12-24mm | 17-28mm |
| Ouverture maximale | f/2.8 | f/2.8 | f/4 | f/2.8 |
| Poids | 795g | 847g | 565g | 420g |
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