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L'expression "Tu ma dans le viseur ta tirer dans le mille" évoque une image de ciblage et de précision, de danger potentiel. Cette expression trouve un écho particulier dans l'œuvre de Jonas Hassen Khemiri, notamment en lien avec des événements marquants de son enfance et les thèmes qu'il explore dans ses pièces.

Invasion ! : Une Farce du Langage et un Drame des Langues

Créée en 2018, Invasion ! est une pièce qui explore la complexité de l'identité et de la langue. La pièce débute avec l'idée d'une course-poursuite derrière quelque chose d'insaisissable. Cette chose prend finalement le nom d'un homme : Abulkasem.

« Abulkasem » : ce simple mot, plein de mystère et d’humour, lancé sur scène par les acteurs, sème le trouble. Deux jeunes surgissent, perturbant la représentation d'un théâtre d'élite. Ils brisent les codes, sortent le monde et le temps de leur routine. Un mot, un nom, envahit alors l’espace. Ils le prononcent, le crient, le multiplient, et le déforment.

Le nom devient celui d’un dragueur, d’un metteur en scène ou d’une figure des Mille et une nuits. Abulkasem devient leur mot, ils le tordent comme un souvenir, une intimité racontée, jusqu’à en faire le nom d’un ennemi public numéro un, la star du mal.

Le terrain de jeu des quatre interprètes d’Invasion ! est miné de drôleries et de ferveur. Invasion ! est une farce du langage ou un drame des langues inassimilées. Le ton de la pièce est vraiment drôle, mais le monologue de la fin ne l'est pas du tout.

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Dans la mise en scène à Stockholm, le moment où le public a cessé de rire était le moment préféré de l'auteur. Dans la scène avec l’interprète, l’acteur parlait perse. Au début, les spectateurs rient, mais lorsqu’on comprend que c’est la traductrice qui invente les répliques racistes, on est écœuré. L'auteur aime cette expression : blesser avec l’humour. Il aime bien le sourire qui se fige.

L'Homme au Laser et le Sentiment d'Exclusion

L'expression "Tu ma dans le viseur ta tirer dans le mille" prend une dimension particulière lorsqu'on l'associe à un événement traumatisant de l'enfance de Jonas Hassen Khemiri : l'homme au laser.

Quand il avait treize ans, en 91, il y avait un raciste à Stockholm qui a acheté un fusil et il a utilisé un viseur laser et a commencé à tirer sur les hommes d’origine étrangère. Il a tiré sur 11 personnes, et l'une d'elles est décédée. Cet événement a profondément marqué l'auteur, lui faisant ressentir un sentiment d'exclusion de l'identité suédoise.

Il y avait des Skinheads à Stockholm qui ont commencé à acheter des viseurs laser et, tout à coup, il y avait des points rouges (du laser) partout à Stockholm. Tout à coup, j’ai commencé à me voir comme pas forcément suédois.

Dans ce contexte, "Tu ma dans le viseur ta tirer dans le mille" devient une métaphore de la menace et de la vulnérabilité ressenties par les personnes issues de l'immigration, constamment ciblées et menacées par la violence raciste.

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Abulkasem : Un Mot Rempli de Sens

Le choix du nom "Abulkasem" pour un personnage central de sa pièce est également significatif. En arabe, Abulkasem veut dire le père du témoin. C’est un mot avec beaucoup de possibilités, présent dans Signora Luna et Les Mille et une nuits. C‘est un prénom du prophète et signifie chirurgien. C'est la manière dont on peut prendre un mot et le remplir avec beaucoup, beaucoup de sens.

Utiliser la langue c’était pour trouver une identité créole. Quand je vivais en Suède, j’avais l’impression que le suédois n’était pas vraiment ma langue, que le suédois était un peu comme la langue coloniale, la langue de pouvoir… Et quand on jouait avec les mots, quand j’étais petit, c’était aussi pour créer un outil, une appropriation.

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