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Les armes utilisées sur le front pour combattre la Russie de Vladimir Poutine sont diverses. En deux ans et demi de guerre à grande échelle, la Russie a lancé environ 10 000 missiles de différents types et plus de 33 000 bombes planantes sur l'Ukraine.

Contexte du conflit en Ukraine

Le conflit en Ukraine a mis en lumière l'importance de la force morale, à savoir la volonté de combattre des Ukrainiens, la capacité de soutien et la protection sol-air. La Russie a constitué un outil militaire pour employer la force en Ukraine, en vue de modifier l’ordre international au mépris du droit international, souligne le général Schill. Cette guerre provoque des répercussions économiques dans le monde (énergie et alimentation des populations), avec des risques de changement majeur.

La transparence du champ de bataille, acquise par les États-Unis, résulte de l’emploi des drones, de la guerre électronique, du cyber et des satellites. L’analyse des images par l’intelligence artificielle s’avère plus complexe sur un théâtre terrestre, en raison de la topographie et de la dispersion des forces. L’influence a montré son importance. La milice privée Wagner, outil de la Russie employé au seuil de la conflictualité, devait se développer. La frappe dans la profondeur mobilise drones, guerre électronique et forces spéciales.

Le conflit entraîne une forte létalité, qui serait de l’ordre de 100.000 tués et blessés côté ukrainien mais moitié moins du côté russe. Pour gagner, un assaillant doit disposer d’un effectif au moins six fois supérieur à celui du défenseur. Actuellement, la Russie en déploie un d’environ une fois et demie le nombre de militaires ukrainiens.

Soutien militaire et coordination internationale

La France apporte un soutien militaire à l’Ukraine, rappelle le colonel Ianni. Les entretiens téléphoniques du président de la République, du chef d’Etat-major des armées et de l’amiral commandant en chef pour la Méditerranée se poursuivent avec leurs homologues russes pour la « déconfliction », actions de coordination pour réduire les risques d’accidents susceptibles de conduire à une escalade militaire.

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Conformément au dispositif de vigilance renforcée de l’OTAN, un avion d’alerte avancée E-3F Awacs effectue des missions de défense aérienne et de renseignement à la frontière bulgare. En Roumanie, la mission « Aigle » de réassurance terrestre est menée par 500 militaires. A la frontière polonaise, des avions de chasse Rafale et un avion-ravitailleur Phénix renforcent la défense aérienne. En Norvège, des éléments français participent aux exercices OTAN « Brilliant Jump 22 » et « Cold Response 22 » de dissuasion et de posture défensive. Pour protéger et contrôler l’espace aérien des Etats baltes, 100 militaires et des Mirage 2000-5 participent à la police du ciel de l’OTAN.

Production et dépendances de l'industrie d'armement russe

En septembre 2022, après la mobilisation de 300.000 hommes, le président russe Vladimir Poutine ordonne à l’industrie d’armement de concentrer ses efforts sur les besoins des forces armée engagées sur le front ukrainien. Or la BITD souffre de coûts élevés de fonctionnement et du manque de personnels qualifiés. Loin d’en améliorer l’efficacité, la création de grands groupes industriels, au milieu des années 2000, a favorisé la corruption et le népotisme.

Devant l’insuffisance des rythmes de production, des négociations portent sur des achats massifs de drones iraniens et la fourniture de munitions par la Corée du Nord. En outre, des pièces de rechange de chars et de missiles sont rachetées dans l’urgence à l’Inde et à la Birmanie. Un missilier russe a racheté au ministère indien de la Défense ses propres composants pour missiles anti-aériens au prix de 150.000 $.

Puis, à l’automne 2023, les entreprises russes d’armement accroissent la production de systèmes, d’obus, de lance-roquettes multiples et de munitions guidées. Le budget de la défense passe de 3,9 % du produit intérieur brut en 2023 à 6,7 % en 2024. Pour pallier le manque de personnel qualifié, estimé à 160.000 personnes, de nouveaux recrutés sont formés avant d’être employés sur les chaînes de production.

L’économie russe profite des dépenses de l’État pour satisfaire les demandes de l’industrie d’armement, notamment d’acier, de matériels informatiques et électroniques, d’instruments de navigation et d’équipements électriques. La production globale de 2023, supérieure à celle de 2022, inclut les équipements issus des stocks, à savoir chars, pièces d’artillerie et blindés de transport de troupes réparés ou modernisés. Celles des missiles Iskander et Kalibr continuent. Celles des drones de diverses catégories ont considérablement augmenté ainsi que celles des munitions d’artillerie de différents calibres.

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Environ 80 % des besoins des forces armées russes sur le front ukrainien sont assurés par le groupe Rosteckh, qui emploie 660.000 personnes et inclut notamment l’entreprise aéronautique OAK, les fabricants de moteurs, la société Hélicoptères de Russie et la centrale d’exportation d’armement Rosoboronexport.

Après l’invasion de la Crimée en 2014 et les premières sanctions occidentales, la BITD russe avait dû élaborer des programmes de substitution de centaines de pièces de rechange et de composants achetés dans les pays occidentaux et en Ukraine. Depuis l’invasion de celle-ci en 2022, le démontage de matériels russes récupérés sur le champ de bataille atteste de l’emploi massif de composants étrangers. La Chine en est devenue le premier fournisseur, y compris pour les machines-outils utilisées.

Missiles nord-coréens en Ukraine

L’introduction de missiles nord-coréens sur le théâtre ukrainien pointe tout d’abord un problème de prolifération : l’efficacité avec laquelle la Corée du Nord réussit à contourner les sanctions pour construire des munitions élaborées avec des composantes électroniques et à les exporter. Ainsi, selon les forces armées ukrainiennes, la Russie a lancé depuis le 24 février 2022, 9 590 missiles et 13 997 drones, dont 1 388 missiles balistiques (principalement Iskander-M, Tochka-U au début du conflit et désormais quelques KN‑23).

Moscou éprouve sans doute la nécessité de compléter par des exportations ses propres productions pour soutenir le rythme de frappes. Les exportations nord-coréennes présentent vraisemblablement deux avantages, tout d’abord, un coût attractif pour ce type de systèmes, et deuxièmement, une capacité de production importante.

En matière de dissuasion, ces exportations et cette exhibition de missiles ont évidemment comme premier effet de montrer le potentiel des forces nord-coréennes, les systèmes en question ayant comme caractéristique de pouvoir emporter des armes nucléaires. Mais l’emploi sur le terrain de dizaines de ces missiles avait peut-être également pour objectif de crédibiliser la dissuasion nucléaire nord-coréenne d’un point de vue opérationnel.

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De manière globale, les missiles balistiques employés sont parmi ceux qui sont le moins souvent interceptés par les forces ukrainiennes (4,5% d’interceptions depuis le début de la guerre), malgré l’acquisition par Kiev de systèmes antimissiles réputés performants. Les données sur le KN‑23 sont plus discutables. En mai 2024, le gouvernement de Kiev a ainsi indiqué que sur les cinquante KN‑23 reçus et tirés par Moscou entre décembre 2023 et février 2024, près de la moitié ont dévié de leur trajectoire ou explosé en vol.

Comparaison des systèmes de défense aérienne

En janvier 2023, la France et l’Italie finalisèrent l’envoi en Ukraine d’une batterie de défense aérienne SAMP/T [Sol-Air Moyenne Portée / Terrestre], l’une et l’autre devant fournir différents éléments de ce système. Puis, l’année suivante, Rome confirma son intention de céder une deuxième batterie SAMP/T aux forces ukrainiennes tandis que Paris devait se concentrer sur la livraison d’Aster 30.

Cependant, la priorité de Kiev était alors d’augmenter ses capacités en matière de défense aérienne avec des systèmes Patriot de facture américaine. Plusieurs systèmes lui ont depuis été livrés, grâce, en particulier, à Berlin. Si le Patriot est moins efficace, ce n’est pas le cas du SAMP/T. C’est en effet ce qu’a affirmé le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition au Sénat, ce 5 novembre.

« On a aidé l’Ukraine en déployant des systèmes SAMP/T. Les Russes ont adapté les profils de vol de leurs missiles les plus perfectionnés parce qu’ils ont constaté qu’ils étaient interceptés par la défense aérienne ukrainienne. Aujourd’hui, le Patriot a du mal à les intercepter. Le SAMP/T les intercepte », a expliqué le général Mandon.

Le général Mandon est revenu sur les performances du SAMP/T à un autre moment de son audition. « Récemment, quand on me rapporte que notre système SAMP/T a intercepté des missiles qui ne l’étaient pas par des Patriot, les Ukrainiens nous remercient. Et ils savent que même si les quantités sont celles que l’on peut donner à l’échelle de notre pays, l’effort est là. La France a toujours tenu parole et fait de la qualité », a-t-il conclu.

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