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Les revolvers à poudre noire et à cartouches métalliques représentent une fusion unique d'histoire et de technologie, offrant une expérience de tir distinctive. Découvrez le charme classique des revolvers dans ce guide complet, explorant leur histoire, leur conception et leurs applications pratiques dans le domaine des armes à feu.

L'Invention de la Cartouche Métallique

Daniel B. Wesson a marqué l'histoire en déposant un brevet en 1854 pour la première cartouche métallique à allumage intégral, substituant la douille à percussion à capsule.

Les Premiers Revolvers à Cartouche Métallique

La marine française fut la première au monde à adopter, en 1858, un revolver à cartouches métalliques : le modèle 1854 du fabricant Lefaucheux. Eugène Lefaucheux, admirateur de Samuel Colt, adapta le modèle initial au chargement par l’arrière et à la cartouche métallique, la fameuse cartouche à broche inventée par son père Casimir, dans le calibre .45 ou 12 mm.

Ce revolver révolutionnaire (modèle 1854) fut testé par la marine française dès le 16 septembre 1854, en concurrence avec les systèmes Colt et Adams, et adopté le 8 mai 1858. Lefaucheux vendit le brevet à la Manufacture Impériale de St. Etienne, permettant une production rapide pour un coût de 33 à 36 francs.

En 1857, Smith et Wesson avaient un revolver en .22 short, une création 100% américaine (arme + munition d'invention américaine).

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Les Modèles Lefaucheux

Conçu par Eugène Lefaucheux en 1854, ce revolver était le plus moderne de son époque. En 1858, il fut adopté par la Marine Nationale, devenant le premier revolver à cartouche métallique adopté par un état.

  • Modèle 1858 : Adopté par la Marine Nationale avec 6 000 exemplaires fabriqués de 1862 à 1867.
  • Modèle 1858 T : Fabriqué à partir de 1873, une version modifiée du modèle 1858 pour utiliser des munitions à percussion centrale, avec des ajustements au niveau du barillet, du chien et des organes de visée. L'arme fut également modifiée pour le tir en double action.
  • Modèle 1858 NT : Construit à partir de 1873, similaire au modèle 1858 N avec des modifications pour employer la munition à percussion centrale, le tir en double action.

L’Italie était le plus gros client, achetant environ un quart de la production des revolvers 1854, soit plus de 28 000 armes avec canon court. La majorité des commandes furent passées en 1861 et 1862. L'Espagne (1858) et la Suède (2000 ex.) suivirent. De nombreuses versions civiles furent réalisées par la MAS, principalement pour les officiers d'infanterie et de cavalerie.

Caractéristiques du Lefaucheux 1854 « Corto » :

  • Longueur totale : 240 mm
  • Canon : 123 mm
  • Capacité : Six coups
  • Poids : 1 035 grammes
  • Calibre : 11,1 mm (sur le dos des rayures, contre 11,7 à fond)
  • Poids de la balle : 12,8 grammes
  • Vitesse initiale : 215 m/s

Smith & Wesson et les Revolvers à Cartouche Métallique

Horace Smith et Daniel B. Wesson s'associèrent en 1852 à Norwich, Connecticut, pour fonder la Smith & Wesson Company, avec l'objectif de développer leur « Volcanic rifle ».

En 1856, ils formèrent une deuxième association pour produire un nouveau modèle à la pointe du progrès, un petit revolver avec une mise à feu du type à cartouches « Rimfire », breveté en août 1854. Simultanément, le brevet de Colt de 1836 concernant la fabrication des revolvers à barillet tomba dans le domaine public.

Tableau récapitulatif des premiers revolvers à cartouche métallique

Modèle Fabricant Année d'adoption Calibre Pays d'origine
Lefaucheux 1854 Eugène Lefaucheux 1858 .45 (12 mm) France
Smith & Wesson Model N° 3 Smith & Wesson 1869 .38 - .44 USA

L'Utilisation des Revolvers à Cartouche Métallique

Les revolvers à cartouche métallique furent utilisés par les militaires, les forces de l'ordre et les civils pour la défense personnelle, offrant une manipulation plus simple. Le tir sportif avec ces revolvers historiques offre une expérience unique. Certes, leurs performances sont inférieures à celles des armes modernes, mais leur intérêt historique est inestimable. Pour les collectionneurs et les passionnés d’histoire, ces armes représentent bien plus que de simples outils de tir.

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Colt : Une Icône de l'Ouest Américain

Le revolver Colt, une icône de l'histoire américaine et de la culture populaire, incarne bien plus qu'une simple arme à feu. Le Colt Single Action Army, au fil des ans, a porté de nombreux noms, dont "New Model Army Metallic Cartridge Revolving Pistol".

Pour retracer l'histoire du Colt 45, il faut remonter à 1836, lorsque Samuel Colt obtint son premier brevet pour un revolver à percussion. À ses débuts, ce revolver nécessitait le démontage du canon pour recharger le barillet, une procédure fastidieuse. À la fin des années 1840, grâce à l'amélioration apportée par le capitaine Samuel Walker, un Texas Ranger, il devint suffisamment robuste et fiable pour une utilisation sur le terrain. Par la suite, une variété d'autres modèles emblématiques a vu le jour, tels que le Colt Dragoon, le Colt 1851 Navy, le Colt Army Model 1860 et le Colt M1861 Navy.

Avant l'avènement du Colt Single Action Army, les pistolets utilisaient des capsules à percussion pour enflammer la poudre, qui devait être chargée manuellement dans chaque chambre du barillet du revolver, un processus lent et encombrant. Cependant, au milieu des années 1860, une avancée majeure fit son apparition sous la forme de la cartouche métallique autonome.

En juillet 1873, l'armée américaine a fait un choix décisif en adoptant le Colt Single Action Army et en passant une commande de 8 000 de ces revolvers, ainsi qu'une série conséquente de 3 000 Smith & Wesson Model 3. Grâce au succès rencontré par le Colt dans le milieu militaire, il n'a pas tardé à se diffuser parmi la population civile. Alors que les modèles militaires du Colt étaient strictement chambrés en calibre 45, les versions civiles étaient disponibles dans une variété de calibres. Par exemple, en 1877, Colt a lancé un tout nouveau modèle nommé "Frontier". Suite et fin de la saga Winchester/Colt.

La Guerre Commerciale entre Winchester et Colt

1880, d’un point de vu économique, Winchester qui a actuellement une position dominante avec ses armes à levier de sous garde souhaite étendre rapidement son influence dans d’autres domaines. Le revolver est un marché difficile et risqué.

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La demande augmente également sur les fusils de chasse à deux canons lisses dont le marché est depuis 1878 entre les mains principalement de Colt. Si Remington n’est pas en situation financière pour répondre à l’agressivité commerciale de Winchester, Colt est en mesure de le faire. La guerre commerciale est donc déclarée ente Winchester et Colt.

En réponse, Colt annonce son intention de réaliser une arme à levier de sous garde qui sera plus performant que la Winchester 1873. Cela devient possible car les brevets Winchester tombe bientôt dans le domaine public.

En parallèle il lance une campagne pour discréditer Winchester sur le thème : « Buy American » en réponse aux importations de produits en provenance d’Angleterre.

La réponse de Winchester ne se fait pas attendre et il inonde le marché avec de nouvelles importations à bas coût, des revolvers British Bull Dog double action P. Webley & son pour concurrencer les Colts.

1882 chez Winchester un quatrième homme est recruté il s’agit de William Mason qui travail chez Colt. Il est l’un des créateurs du fameux Colt 1873, l’autre étant Charles Brinckerhoff Richards William Mason est un des plus grands designers et ingénieur de l’époque. Son recrutement n’était pas innocent car sa mission fut de permettre à Winchester de construire rapidement un revolver SA concurrent direct du Colt 1873.

Masson était également connu pour ses brevets de transformation des revolvers à percussion en revolvers à cartouches métalliques.

1882 c’est aussi l’année où Colt achète le brevet d’un fusil à levier de sous garde à RL. Brewer et celle du recrutement de Burgess pour étudier une carabine à levier de sous garde qui sera brevet n° 251.694 le 3 janvier 1882. C’est une copie améliorée de la Winchester 1873 elle a un mécanisme d’ouverture de culasse à genouillère plus résistant pour accepter une cartouche plus puissante.

1883 on parle de la présence de Hugo Borchardt dans l’équipe Winchester mais là cela ne semble pas certain car Borchard travaillait à cette époque pour Sharps et se serait trouvé à Budapest. Des contacts amicaux semblent se nouer avec John Moses Browing, ils déboucheront par la suite en partenariat pour faire évoluer les carabines Winchester.

1883 En réponse à la carabine Colt Burgess à levier de sous garde, Winchester présente à Colt un revolver simple action modèle 1883 copie améliorée du Colt 1873 et menace Samuel Colt de le lancer en production. Il annonce également sont intention de se lancer dans la production d’un fusil à pompe du même type que celui en développement chez Colt.

Colt qui avait commencé la production de son levergun Colt-Burgess modèle 1883 demanda une trêve dans cette guerre commerciale car ni les uns ni les autres n’avaient rien à y gagner.

1884 Winchester semble baisser les bras et provoque une réunion où étaient présents le vice président de la Winchester Repeating Arms Co TG. Bennett et le Major Général William B. Franklin Directeur Général et Vice Président de la société Colt. Les négociations restent secrètes.

Pour « facilité » les négociations et mettre d’avantage Colt en positon de faiblesse Winchester vendit à perte, deux semaine avant la réunion, tout son stock de fusils de chasse environ 1400 pièces à son concessionnaire de New York JP Moore & Sons. L’objectif était d’inonder le marché avec des armes de grandes qualités à bas coût pour affaiblir Colt sur son marché des fusils de chasse juxtaposé à canon lisse.

Il ressortira de la réunion de paix que ni la société Colt, ni la société Winchester ne s’immisceront dans les marchés de l’autre. Cet accord tiendra jusqu’à 1890 avec la sortie du nouveau modèle Winchester mais ça c’est une autre histoire.

Winchester ne produira jamais son revolver modèle 1883. Ce qui est surprenant, c’est que ce revolver modèle 1883, n’avait aucune des innovations de Wetmore, Wells et Wood. Ce n’était qu’une copie légèrement améliorée du Colt 1873.

Les débuts du revolver

Les revolvers ont été la première tentative vraiment réussie de surmonter l'une des principales limites des armes à feu : le fait qu'elles doivent être rechargées. Historiquement, cela signifiait généralement un processus long et laborieux consistant à verser de la poudre dans la culasse du canon, à insérer le projectile et à déclencher une explosion contrôlée près de la culasse pour tirer l'arme une seule fois.

Les modèles de revolvers

Le premier véritable revolver, au sens d'une arme à feu avec un cylindre rotatif, a été créé par James Puckle, qui l'a breveté en 1718. Il s'agissait en fait d'une version très précoce d'une mitrailleuse, très similaire au modèle breveté par Richard Gatling près de 150 ans plus tard, en 1862. Elle était rechargée en interchangeant les cylindres et pouvait tirer 63 coups en moins de huit minutes.

Un inventeur anglais du nom d'Elisha Collier a mis au point une arme à silex avec un cylindre rotatif en 1818, mais elle était limitée par son utilisation de poudre noire et son mécanisme inefficace.

En 1836, Samuel Colt (1814-62), originaire du Connecticut, a obtenu un brevet américain pour un mécanisme de revolver permettant de tirer plusieurs fois sans recharger l'arme. Malgré tous ses efforts, son invention n'a été largement acceptée qu'une décennie plus tard, lorsqu'en 1847, le capitaine Samuel Walker des Texas Rangers en a commandé 1000 dans le cadre de la guerre du Mexique (1846-48). En 1855, Colt a ouvert ce qui était la plus grande usine d'armement privée du monde, dans laquelle il a utilisé des techniques de fabrication avancées telles que des pièces interchangeables et une chaîne de production organisée. En 1856, l'entreprise pouvait produire 150 armes par jour.

White a eu l'idée d'utiliser des cartouches métalliques autonomes, ce qui éliminerait la nécessité de verser méticuleusement la poudre dans les cartouches et d'insérer les bouchons dans la brèche du cylindre. White a breveté l'idée lui-même et l'a ensuite présentée à deux entrepreneurs qui travaillaient également dans le domaine des armes à feu, Horace Smith et Daniel B. Wesson. Ils ont rapidement signé un accord avec l'armurier pour utiliser son innovation. Colt, cependant, s'est vu interdire par la loi fédérale sur les brevets de le faire pendant les 20 années suivantes.

Bien qu'il permette une cadence de tir beaucoup plus élevée que les armes à simple action, il a fallu des décennies pour que les armes à double action deviennent populaires. Cela était dû au fait qu'avant la guerre civile, la fabrication se faisait en grande partie à la main, de sorte que la qualité des ressorts et autres composants vitaux était souvent inégale. L'amélioration des techniques de montage à la chaîne a toutefois permis de surmonter cette limitation et, dès 1877, Colt fabriquait des revolvers à double action. Au début du XXe siècle, ils avaient pratiquement remplacé leurs ancêtres à simple action.

Le revolver aujourd'hui

Les pistolets à chargement automatique sont apparus en grand nombre au cours de la première moitié du 20e siècle et, depuis, on n'a cessé de prédire la fin du revolver. Pourtant, ce modèle d'arme vintage est toujours extrêmement populaire, surtout en version .38, .357 magnum et 44. magnum. Heritage Manufacturing of Florida fabrique des revolvers à simple action de style western ancien dans de nombreux calibres, et les revolvers dits "sans marteau" sont très populaires parmi les civils et les forces de l'ordre pour le port dissimulé.

Le Smith & Wesson Schofield

Lors de sa sortie en 1875, le S&W Schofield fut proposé pour être adopté par l’armée, en concurrence avec le Colt SAA 1873 déjà en service.

Les deux armes étaient en calibre .45, mais la cartouche du S&W était légèrement plus courte que celle du Colt et, si cette cartouche pouvait être chambrée sans difficulté dans le Colt, la cartouche de .45 Colt ne pouvait en aucun cas être chambrée dans le Schofield.

Pour remédier à ce problème, l’arsenal de Frankford (situé à Philadelphie en Pennsylvanie) produisit des cartouches destinées indifféremment aux deux armes. Ces cartouches à percussion centrale avaient pour particularité d’avoir un culot qui leur donnait l’aspect d’une cartouche à percussion annulaire, car l’amorce de type « Benet » était à l’intérieur de l’étui.

L’armée se retrouvait donc dotée de 2 cartouches d’arme de poing : la .45 Colt destinée uniquement au SAA introduite dès 1873 et la .45 à amorçage Benet destinée à la fois au Colt et au S&W à partir de 1876.

Tout aurait pu fonctionner ainsi si ce n’est que l’intendance (généralement appréciée par tous les militaires du monde…) commit l’erreur de livrer des munitions de .45 Colt à des régiments exclusivement équipés de S&W et donc inutilisables.

Ceci suffit pour expliquer officiellement le fait que le Schofield ne soit en définitive pas retenu pour devenir réglementaire. Cependant, il y a fort à parier que bien que cela n’ait figuré dans aucun document officiel, l’autre raison fut certainement que cette même intendance eut peur que la possibilité de recharger beaucoup plus rapidement le S&W que le Colt entraîne une trop grande consommation de munitions…

Cela se produisit d’ailleurs dans bon nombre de pays où des armes performantes furent rejetées à cause de cette crainte de consommation de munitions.

Voici par ailleurs un rare Colt SAA civil produit en 1875. En effet, jusqu’en 1876, le SAA n’était proposé qu’en calibre .45 et avec un canon de 7,5 pouces, et 99 % de sa production était réservée à l’armée.

Steve, je ne sais pas quelle était encore l'influence de la maison Colt en1876. Elle devait certes être encore importante, mais Samuel était décédé 14 ans auparavant et des liens s'étaient rompus.

Je pense vraiment pour ma part que c'est surtout la peur du gaspillage de munitions qui a véritablement condamné le Schofield.

Quant à l'appellation de "cavalry model" pour le SAA, elle allait de soi vu que l'arme de poing était principalement destinée à la cavalerie, alors qu'elle était "accessoire" pour l'infanterie.

PatibulaireMessages : 4439Date d'inscription : 05/12/2020Localisation : A l'est du MississipiSteve, je ne sais pas quelle était encore l'influence de la maison Colt en1876. Elle devait certes être encore importante, mais Samuel était décédé 14 ans auparavant et des liens s'étaient rompus.

C'est en 1870 que S&W sortit son premier revolver en calibre .44, simplement appelé "S&W n° 3". La firme le proposa aussitôt à l'armée américaine qui en commanda 1000 exemplaires pour faire des essais. Ceux-ci se révélèrent plutôt négatifs pour un tas de raisons, dont une prétendue fragilité possible de l'arme du fait de son canon basculant, mais je pense surtout pour une raison propre à l'intendance de pratiquement toutes les armées du monde de l'époque : la crainte qu'une arme pouvant se recharger rapidement entraînant une trop grand consommation de munitions.

Mais ce S&W n° 3 avait un défaut effectif, notamment pour les troupes montées, car le déverrouillage du canon se faisant en soulevant un étrier situé devant le chien exigeait d'utiliser les deux mains. Bref, les choses traînèrent en longueur, la firme relançant régulièrement l'armée sans grand succès.

A ce moment, le Colt SAA était déjà sorti et avait aussitôt été adopté par l'armée (peut-être simplement parce que beaucoup plus long à recharger que son concurrent), et l'armée trouva un nouveau motif d'élimination du S&W en exigeant que ce dernier puisse utiliser la munition de calibre .45 du Colt. Et là, ça coinçait vraiment, car il aurait fallu pour cela faire une nouvelle carcasse et un nouveau barillet rallongés pour accepter cette cartouche, ce qui était jugé trop onéreux par les investissements que cela nécessitait pour S&W, sans certitude que l'arme soit finalement adoptée en plus du Colt.

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