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Le rechargement de munitions représente bien plus qu’une simple économie financière - c’est un art qui combine précision technique, passion balistique et recherche constante de performance. Face à l’augmentation constante du prix des munitions manufacturées et aux pénuries récurrentes, de plus en plus de tireurs sportifs et de chasseurs se tournent vers cette pratique ancestrale modernisée.

Qu'est-ce que le rechargement de munitions ?

Le rechargement consiste à réutiliser des douilles déjà tirées pour fabriquer de nouvelles cartouches. Cette pratique, qui remonte aux origines des armes à feu modernes, permet de reconditionner une cartouche en remplaçant l’amorce usagée, en ajoutant une nouvelle charge de poudre et en installant une nouvelle ogive. Le processus de rechargement transforme des éléments séparés (douille, amorce, poudre, ogive) en munitions performantes adaptées spécifiquement à votre arme.

Pourquoi recharger ses munitions ?

Vous savez déjà que cela peut vous faire économiser de l'argent et vous donner un contrôle total sur la qualité, les performances et la précision de vos munitions. En outre, le rechargement peut permettre aux tireurs de disposer de composants de meilleure qualité et plus difficiles à trouver, tels que des balles de qualité équivalente ou des poudres exotiques. En rechargeant vos propres munitions, vous apprenez également à mieux connaître les armes à feu et les munitions en général, ce qui vous permet d'avoir davantage confiance en votre équipement et en vos compétences de tir.

  • Économie : L’aspect économique reste la motivation première pour la majorité des rechargeurs. Les économies réalisées sont considérables : jusqu’à 50% sur le .308 Winchester et 60% sur le .223 Remington.
  • Autonomie : Au-delà de l’économie pure, le rechargement offre une autonomie précieuse en période de pénurie. Les ruptures de stock récurrentes depuis 2020 ont démontré l’intérêt de maîtriser sa production de munitions.
  • Personnalisation : Un autre avantage du rechargement est la possibilité de contrôler précisément le recul d'une arme à feu, ce qui permet de modifier les caractéristiques de l'arme en fonction des différents styles de tir ou du gibier.
  • Amélioration des performances : Dans l'ensemble, le rechargement permet aux tireurs de mieux contrôler leurs munitions et d'améliorer leurs performances au stand de tir ou sur le terrain.

Composants d'une munition

Il est essentiel de connaître les éléments essentiels pour un rechargement réussi afin de s'assurer que vos munitions rechargées sont sûres, précises et fiables, balle après balle. Il s'agit de sélectionner le bon calibre de balles, de laiton, d'amorces et de poudre.

  • L’étui (ou douille) : Enveloppe métallique en laiton qui contient tous les autres composants.
  • L’amorce : Petit composant explosif situé dans le culot de l’étui. Elle s’enflamme sous l’impact du percuteur et initie la combustion de la poudre.
  • La poudre : Propulseur qui génère les gaz nécessaires à la propulsion du projectile.
  • L’ogive (ou projectile) : Partie qui sera propulsée vers la cible.

Les étapes clés du rechargement

Le rechargement consiste à monter des cartouches ou des obus à la main, à l'aide de composants achetés séparément.

Lire aussi: Le futur de l'arbalète : rechargement rapide

1. Nettoyage des douilles

La qualité du rechargement dépend directement de la préparation minutieuse des étuis. Cette phase commence par le nettoyage approfondi des douilles tirées.

  • Nettoyage humide : Utilise de l’eau, du détergent et des aiguilles en inox pour nettoyer l’intérieur et l’extérieur des étuis.
  • Nettoyage à sec : Utilise des granulés de maïs ou de noix concassées dans un vibrateur.

Après nettoyage et séchage complet, l’inspection visuelle permet d’éliminer les étuis fissurés, déformés ou présentant des signes de fatigue.

2. Désamorçage et nettoyage du logement d'amorce

Ces résidus sont indésirables : il faut les éliminer à l’aide d’un « outil à nettoyer les logements d’amorce » aussi appelé en anglais : « Pocket Primer Cleaner » ou plus simplement « primer Cleaner .» Il existe 2 modèles de nettoyeurs de logements d’amorce : le modèle SMALL (petit) et LARGE (large), selon que les logements des amorces soient petits ou grands.

  • Artisanalement : à l’aide d’un pointeau ou d’un chasse-goupille suffisamment fin et solide, d’un petit marteau, ainsi que d’un boulon.
  • A l’aide d’un désamorçeur manuel : c’est le même principe que le désamorçage manuel, mais à l’aide de 2 articles proposés principalement par la marque LEE (publicité gratuite) sous la dénomination : DECAPPER BASE ou DECAPPING DIE.
  • Dans les règles de l’art : l’on peut désamorcer ses douilles usagées avec un outil à désamorcer universel qui sera vissé sur votre presse mono station (LEE-RCBS-DILLON-LYMAN-SHYNX-SINCLAIR-ETC…) ou grâce à votre outil à recalibrer auquel est dans la majorité des cas combinée une aiguille de désamorçage : ainsi la douille est désamorcée et recalibrée simultanément.

3. Recalibrage des douilles

Le recalibrage consiste donc en une action simple, mais qui ne peut se faire qu’à l’aide d’une presse à recharger, qu’elle soit mono station ou automatique à plusieurs stations. Le recalibrage complet (Full Length Sizing) redonne à l’étui ses dimensions d’origine. Cette opération, effectuée avec l’outil approprié monté sur la presse, s’accompagne généralement du désamorçage. Pour les armes à verrou, le recalibrage partiel du collet (Neck Sizing) peut suffire et prolonge la durée de vie des étuis.

D’une autre part, il est fort probable que le recalibreur soit pourvu en son centre d’une tige de désamorçage sur laquelle se trouve une olive s’élargissant progressivement, qui redonnera au collet de la douille son diamètre original, suffisamment étroit pour permettre la réintroduction d’une nouvelle ogive ainsi que son maintien de manière fiable. Cette olive agira deux fois : la première fois lorsque la douille pénétrera dans le recalibreur, la seconde lorsqu’elle en ressortira.

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4. Amorçage

L’installation de la nouvelle amorce demande précision et délicatesse. L’amorce doit affleurer ou être légèrement en retrait du culot, jamais en saillie. L’amorçage peut se faire soit manuellement, avec un AUTO-PRIMER (140FRF environ) soit avec un AUTO-PRIMER II (140FRF également) monté sur presse : une tige actionnée par l’action du levier de la presse (monostation uniquement) vient pousser l’amorce dans le logement d’amorce.

Il existe, comme nous l’avons déjà cité plus haut, deux types de taille d’amorces : SMALL et LARGE, de type BOXER, c’est à dire avec un seul trou au fond de la douille pour permettre l’ignition de la poudre. L’amorce se présente toujours sous la forme d’une petite capsule, mais elle est de forme plus aplatie.

5. Dosage de la poudre

Le dosage de la poudre constitue l’étape la plus critique. Respectez impérativement les données des tables de rechargement. Une balance de précision au 1/10e de grain minimum est indispensable. Il est formellement déconseillé de mélanger des poudres d’origine diverses entre elles.

Démarrez toujours vos nouveaux rechargements au moins 10% en dessous du seuil que vous aurez fixé, mais tenez tout de même compte du type de poudre que vous employez : lente ou vive.

6. Positionnement de l'ogive

Cette opération peut se faire manuellement (vous prenez le nouveau projectile avec vos doigts et le placez aussi droit que possible sur le collet évasé de votre douille) que ce soit dans le cas des presses monostation ou automatiques. Néanmoins, vous pourrez greffer un distributeur d’ogives sur votre presse automatique : vous éviterez ainsi de manipuler du plomb avec vos mains, si vos ogives sont en plomb nu, et vous gagnerez du temps quel que soit la nature de vos projectiles, blindés ou en plomb.

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La douille, ainsi réhabillée, maintenue dans son shell-holder, va monter dans l’outil sous l’action du levier de la presse. Au sommet de la douille, la balle va rencontrer le « poussoir de balle ». Ce poussoir se règle par la partie supérieure de l’outil en tournant une simple vis à main, ou une molette, ce qui va déterminer la valeur d’enfoncement de la balle dans la douille, le shell-holder étant toujours à fleur (ou au contact) de la partie inférieure de l’outil, comme dans la plupart des opérations.

7. Sertissage

Le sertissage est une opération délicate : il n’existe pas de norme précise entre un sertissage fort, moyen ou léger. Pour les munitions d’armes automatiques, un sertissage prononcé évite le recul de l’ogive lors du chambrage.

Le sertissage rond sert quasi-exclusivement dans le cas des revolver : Si dans un barillet à 6 coups, les 6 cartouches n’ont pas leur ogive fermement sertie, le tir de la première cartouche va dégager un recul tel que les 5 cartouches restant dans le barillet risquent de perdre leur ogive, ou au moins de voir celle-ci s’extraire sur quelques dixièmes de millimètre, ce qui risque de les faire dépasser du barillet, l’empêchant d’effectuer sa révolution autour de son axe, et par la même occasion de continuer à faire feu.

Matériel nécessaire

Il est essentiel de connaître les éléments essentiels pour un rechargement réussi afin de s'assurer que vos munitions rechargées sont sûres, précises et fiables, balle après balle. Mais disposez-vous de tout l'équipement nécessaire pour commencer ?

  • Presse : Le choix de la presse détermine votre confort et votre productivité.
  • Balance : Une balance électronique précise au 1/10e de grain (0,0065g) est indispensable.
  • Outils : Les armuriers proposent l’ensemble des composants.

Types de presses

  • Presses mono-station : Conviennent parfaitement aux débutants.
  • Presses à tourelle : Offrent un excellent compromis.
  • Presses progressives : S’adressent aux tireurs intensifs.

Conseils de sécurité

  • Le rechargement requiert une grande attention en tout temps, ne vous laissez pas distraire, déranger ni agacer.
  • Respectez impérativement les données des tables de rechargement.
  • Utilisez systématiquement une balance électronique.
  • Installez un bon éclairage et travaillez sans précipitation.

Législation française

La législation française autorise le rechargement dans un « cadre privé ». Cette notion englobe l’usage personnel et familial, excluant toute activité commerciale. Vérifiez que votre assurance couvre le rechargement. La plupart des contrats de responsabilité civile chasseur incluent cette activité.

Coût du rechargement

Comptez 350-500€ pour un équipement de base complet : presse monostation (160€), jeu d’outils (50€), balance (70€), accessoires divers (100€).

Questions fréquentes

  • Tous les calibres sont-ils rechargeables ? Techniquement oui, économiquement non. Les petits calibres (.22LR) ne sont pas rechargeables. Les calibres militaires surplus (.7,62×39) sont rarement rentables.
  • Combien de fois peut-on recharger une douille ? Un étui de qualité en calibre pistolet standard supporte 10-20 rechargements. Pour les calibres puissants (Magnum), comptez 5-10 utilisations.
  • Quelle presse choisir pour débuter ? La Lee Challenger III offre le meilleur rapport qualité/prix pour débuter. Simple, robuste et précise, elle permet d’apprendre sereinement.
  • Faut-il trier les douilles ? Non pour les douilles d’usine, oui pour les douilles en vrac. Triez vos étuis par poids et marque.
  • Le rechargement use-t-il l'arme ? Au contraire ! Des munitions adaptées à votre arme, avec des pressions modérées, préservent la mécanique.
  • Peut-on recharger des munitions de chasse ? Absolument. Le rechargement permet de créer des munitions parfaitement adaptées au gibier visé.

Livres recommandés

L'objectif de ce livre est d'aborder le sujet sous un angle différent du Manuel de René Malfatti, référence en la matière. Vous y trouverez un bref historique de la cartouche métallique et le détail de ses composants, l'amorce, l'étui, la poudre, la balle et les différents outils utilisables dans le cadre du rechargement. D'autres points largement mis en avant, comme les procédures avancées et les réglages des matrices, marquent la différence avec la littérature spécialisée habituelle et permettront l'élaboration d'une munition totalement adaptée à son arme à partir des tables du manufacturier de poudre pour une cartouche spécifique.

Poudres
Poudre Description Utilisation
BA10 Poudre en bâtonnets bicolore (vert-rose). Cartouches de faible performance, comme les « wadcutter ».
SP8 Poudre sphérique écrasée grise. Déconseillée aux rechargeurs amateurs.
SP2 Poudre sphérique écrasée grise. Tireurs IPSC. Permet d’atteindre de grandes vitesses tout en engageant de faibles pressions.
SP3 Poudre sphérique grise.
TUBAL Poudres lentes de type mon tubulaire, de couleur grise.

tags: #rechargement #munition #guide

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