Dès lors que l’on souhaite exprimer quelque chose d’un peu élaboré, la phrase complexe s’impose. On doit alors utiliser des propositions. Il y a trois sortes de propositions : les propositions juxtaposées, les propositions coordonnées, les propositions subordonnées.
Ce qui les caractérise est le mot qui les relie à une autre proposition : un signe de ponctuation particulier, une conjonction de coordination, une conjonction de subordination.
Par ailleurs, on distingue trois sortes de propositions subordonnées : les relatives, les complétives, les circonstancielles. Chacune d’entre elle remplit une fonction bien précise : si l’on veut donner une information sur un nom ou un groupe nominal (dans le cadre d’une phrase complexe), on utilise une proposition subordonnée relative. Si l’on veut donner une information sur un verbe, on utilise une proposition subordonnée complétive.
On peut mixer les différentes sortes de propositions. Par exemple, utiliser d’abord deux indépendantes coordonnées, puis ajouter une subordonnée circonstancielle. Ce qui donne : Les enfants jouent et le chien dort pendant que le père bricole.
La première est « Les enfants jouent », la seconde est « le chien dort » (coordonnée à la première par la conjonction de coordination « et ») et on ajoute une circonstance (qui précise quand tout ça se passe) « pendant que le père bricole ». Cette dernière étant introduite par la conjonction du subordination « pendant que », il s’agit d’une proposition subordonnée circonstancielle de temps.
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La phrase simple ne contient qu’un seul verbe conjugué et qu’une seule proposition. Une proposition ne dépend d’aucune proposition et aucune proposition ne dépend d’elle. Au XVIIème siècle, le Pérou était un symbole de richesse.
La phrase complexe contient plusieurs propositions, au moins deux. Elle contient donc au moins deux verbes conjugués. Elles sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou par un adverbe de liaison (puis, en effet, c’est pourquoi…). Ex : Elle s’énervait souvent [car elle était soupe au lait].
Une phrase complexe peut aussi être composée d’une proposition principale et d’une ou plusieurs propositions subordonnées. La proposition subordonnée dépend de la proposition principale et ne peut exister sans elle. La proposition subordonnée est introduite par un mot subordonnant.
La proposition subordonnée complétive est toujours introduite par QUE. Fonction de « qu’il a travaillé au noir » : COD du verbe « savoir ». Je sais quoi ?
La proposition subordonnée relative est introduite par des pronoms relatifs simples (qui, que, quoi, dont, où) ou des pronoms relatifs composés (duquel, auquel, laquelle…). Ex : Pierre [qui roule] n’amasse pas mousse.
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La proposition subordonnée interrogative indirecte est une question posée de façon indirecte. Elle peut être introduite par le mot subordonnant SI ou par des pronoms interrogatifs (qui, ce que, quoi, lequel…), par un déterminant interrogatif (quel, quelles…) ou un adverbe interrogatif (où, quand, comment, combien…). Ex : Dis-moi [où tu habites]. Autre ex. : Nous allons nous demander [si le mal est visible ou invisible].
Les trois formes de phrases suivantes sont obligatoirement complexes, c'est-à-dire quelles comportent plusieurs verbes donc plusieurs propositions (un verbe par proposition).
L’analyse logique et grammaticale de la phrase consiste en français en l’analyse des différentes propositions qui constituent une phrase. Exemple : Le lion vit dans la savane. On distingue au minimum un groupe nominal (déterminant + nom et éventuellement des adjectifs) et un groupe verbal (verbe et éventuellement ses compléments). Ces deux groupes sont liés entre eux par une relation de dépendance : l’un ou l’autre ne peuvent pas être supprimés.
Une phrase peut être composée d’une ou de plusieurs propositions. Lorsqu’elle est composée d’une proposition, on dit que c’est une phrase simple. Bien qu’une proposition puisse former une phrase à elle toute seule (phrase simple), on considère qu’elle n’est qu’un constituant de phrase, puisqu’il peut y avoir plusieurs propositions dans une même phrase (phrase complexe).
☝ Pour identifier le nombre de propositions, il s’agit donc de repérer les verbes conjugués. Une proposition indépendante ne dépend d’aucune proposition et aucune proposition ne dépend d’elle. Exemple : Le singe mange sa banane. Ici, il y a un seul verbe conjugué, donc une seule proposition. C’est une phrase simple.
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Une phrase peut également être composée de plusieurs propositions indépendantes. Exemple : Le singe mange sa banane, l’éléphant boit de l’eau et le la girafe mâche des feuilles. Ici, il y a trois verbes conjugués donc trois propositions. Toutefois, chacune de ces propositions pourrait former une phrase à elle seule. Il n’y a pas de lien de dépendance entre ces propositions.
La proposition la plus autonome, celle qui pourrait fonctionner comme une proposition indépendante est appelée la proposition principale. Exemple : [Le perroquet s’envole] [parce qu’il a entendu du bruit]. Ici, la proposition “le perroquet s’envole” pourrait fonctionner seule, comme une proposition indépendante. C’est donc la principale.
En revanche, la proposition “parce qu’il a entendu du bruit” n’est pas autonome, elle dépend de la première proposition. Exemple : [Quand le chasseur tire], [les perroquets s’envolent], mais [les singes restent]. Ici la phrase commence par une subordonnée, puis est suivie de deux propositions principales.
Contrairement aux subordonnées relatives, les subordonnées complétives ne complètent pas un nom (antécédent) de la principale, mais le verbe de la principale. Exemples : [Je crois] [que les lions sont près de l’étang].Je me demande [si nous verrons des gazelles].
Les subordonnées complétives conjonctives sont introduites par la conjonction de subordination “que”. /!\ Attention à ne pas confondre la conjonction de subordination ‘“que” avec le “que” pronom relatif. Exemple : [Je sais] [que les éléphants ont des défenses en ivoire]. La proposition subordonnée complétive vient compléter un verbe de parole. Elle commence par la conjonction de subordination “que”. C’est donc une complétive conjonctive.
Exemple 2 : [J’ignore] [quand les hippopotames arriveront]. La proposition subordonnée complétive vient compléter un verbe d’ignorance. Elle commence par le mot interrogatif “quand”. C’est donc une complétive interrogative indirecte.
Les propositions subordonnées circonstancielles sont des propositions subordonnées qui donnent une information sur des circonstances (temps, cause, conséquence, but, concession, condition, opposition). Par conséquent, ce sont des compléments de phrase qui sont facilement déplaçables ou supprimables. Exemple : [Prends la photo] [dès que le zèbre sera sorti !] Ici, la proposition subordonnée “dès que le zèbre sera sorti” apporte une information temporelle. C’est donc une proposition subordonnée circonstancielle de temps. Elle est introduite par la locution conjonctive “dès que”. On peut facilement déplacer la proposition : “Dès que le zèbre sera sorti, prends la photo !” ou la supprimer : “Prends la photo !”.
Les différentes propositions peuvent être reliées entre elles de trois façons. Exemple : [Les singes vivent dans les arbres] , [les poissons vivent dans l’eau]. La juxtaposition n’engage aucun lien de dépendance entre les différentes propositions, mais elle peut parfois engager un lien logique entre les propositions de façon sous-entendue. Exemple : Le lion est sorti : prends la photo ! Ici, le lien logique de conséquence est sous-entendu par les deux points. On pourrait dire : “le lion est sorti, donc prends la photo”.
La coordination n’engage aucun lien de dépendance entre les différentes propositions. Les propositions principales et subordonnées sont reliées par un lien de subordination. La subordination crée un lien de dépendance entre la proposition principale et la subordonnée.
En grammaire, les phrases simples offrent une communication idéale pour transmettre des idées claires. Les phrases complexes permettent une expression plus nuancée, en reliant des idées de manière élaborée, offrant ainsi une richesse et une complexité supplémentaires à la communication : ✅ La phrase simple se compose d'un seul sujet et d'un seul verbe, exprimant une idée claire et directe ⚠️ La phrase complexe comporte au moins deux propositions, offrant une structure plus élaborée avec plusieurs idées interdépendantes.
Une phrase simple s'organise autour d'un seul verbe conjugué. Elle a un seul noyau verbal.
Une phrase complexe s'organise nécessairement autour de plusieurs verbes conjugués. Elle comprend une ou plusieurs phrases juxtaposées, coordonnées, ou subordonnées.
Les phrases coordonnées sont essentielles pour créer de la diversité stylistique dans un texte. Elles permettent de relier des idées ou des actions de manière équilibrée et fluide. En utilisant des conjonctions comme "et", "mais", "ou", elles ajoutent du rythme et de la clarté. Ces constructions : Renforcent la structure narrative, offrant variété et dynamisme Facilitent la compréhension en reliant des éléments similaires ou contrastants.
| Type de phrase | Exemple | Liant(s) | Verbes conjugués |
|---|---|---|---|
| Phrases juxtaposées | Julie aime bien les chats, Léon aime bien les chiens. | la virgule (« , ») | « aime » « aime » |
| Phrases coordonnées | Manon est allée à la plage car il faisait très chaud tandis que sa mère est restée à la maison. | « car » « tandis que » | « est allée » « faisait » « est restée » |
| Phrases subordonnées | Il n'a pas mangé les pommes que je lui ai données. | « que » | « a mangé » « ai données » |
| Phrases subordonnées et coordonnées | L'homme avait enlevé ses chaussettes, puis s'était endormi, tandis que le soleil se levait. | « puis » (coordination) « tandis que » (subordination) | « avait enlevé » « s'était endormi » « se levait » |
Quand deux propositions (ou phrases) sont juxtaposées, elles sont liées avec un signe de ponctuation : Une virgule Un point-virgule Deux points.
Quand deux propositions (ou phrases) sont coordonnées, elles sont reliées par une conjonction de coordination ou un adverbe de liaison : Adverbe de liaison : en effet, puis, aussi, alors, par conséquent, enfin, cependant... Conjonction de coordination : mais, où, et, donc, or, ni, car.
Quand deux propositions (ou phrases) sont subordonnées, elles sont liées ensemble avec un mot subordonnant : Pronom relatif : qui, que, quoi, dont, où, ... Conjonction de subordination : que, quand, lorsque, si, puisque, parce que, tandis que, etc. La proposition subordonnée dépend de la proposition principale, elle ne peut fonctionner seule.
Une proposition subordonnée peut être introduite par un mot subordonnant dans plusieurs contextes.
Contexte 1 : Phrase relative Une phrase relative est introduite par un pronom relatif, comme qui, que, quoi, où, lequel, laquelle, ... J'écoute ce disque qui me passionne.
Contexte 2 : Interrogative indirecte Une proposition subordonnée peut être une interrogative indirecte. Si elle est introduite par un si, il s'agit alors d'une interrogation totale. Je me demande si autre chose m'intéresserait autant ?♂️ Si elle est introduite par un mot interrogatif, comme combien, pourquoi, qui, où, comment, alors il s'agit d'une interrogation partielle. J'aimerais savoir comment il a fait.
Contexte 3 : Conjonctive complétive Une proposition subordonnée introduite par que est une conjonctive complétive. Mes amis savent que cette musique me passionne.
Contexte 4 : Conjonctive circonstancielle Une proposition subordonnée introduite par une autre conjonction de subordination (comme, pour que, si bien, quand, alors que, ...) est une conjonctive circonstancielle. J'écoute ce disque parce qu'il me passionne.
D'autres propositions subordonnées peuvent être introduites sans mot subordonnant.
Contexte 1 : Proposition participiale Le sujet du verbe au participe présent ou passé est différent du sujet du verbe principal. La proposition participiale est séparée de la proposition principale par un signe de ponctuation. J'écoute ce disque, les paroles étant passionnantes. Dans cette phrase, « J'écoute ce disque » est la proposition principale et « les paroles étant passionnantes » est la proposition subordonné. « J' » est le sujet du verbe conjugué « écoute » « les paroles » est le sujet du verbe au participe présent « étant ».
Contexte 2 : Proposition infinitive Dans une proposition infinitive, le sujet du verbe à l'infinitif est différent du sujet du verbe principal. J'écoute les oiseaux chanter. Ici, le verbe à l'infinitif « chanter » a pour sujet « les oiseaux », tandis que le verbe conjugué « écoute » a pour sujet « j' ».
Il est très peu recommandé de se dispenser de tout signe de ponctuation entre deux propositions juxtaposées : même si le lien entre les deux propositions paraît très clair, il faut marquer le passage d'une proposition à la suivante par un signe explicite.
La virgule n'est possible que dans quelques cas bien précis :
Dans le cas général, on trouve un point, un point-virgule ou deux-points.
On utilise deux-points lorsque la seconde proposition est une explication ou une justification de la première, ou qu'elle énonce une conséquence de celle-ci : Les contemporains de Louis XIV jugent inutiles les clauses de l'édit de Nantes : pour eux, c'est un mauvais souvenir, une erreur dans l'Histoire de France.
Le point-virgule est rarement utilisé. Cependant, il peut être précieux pour marquer que le lien est fort entre les deux propositions : on indique ainsi que celles-ci constituent les différents moments d'une même pensée : On peut donc dire que « être roi » était un véritable métier ; cela devait même être une véritable vocation.
Dans les autres cas, le mieux est d'utiliser un point : Être roi était un véritable métier. Assumer cette fonction était très difficile.
Lorsque la deuxième proposition est introduite par un adverbe coordonnant (ou une locution adverbiale ayant la même fonction), les deux propositions sont généralement séparées : elles se présentent comme deux temps différents dans la progression de la pensée, et relèvent de deux phrases distinctes. Il est bienvenu dès lors de faire précéder cet adverbe d'un point qui vient clore la phrase précédente : Elle leur a écrit une longue lettre pour les informer. Ainsi, elle a pu leur expliquer les raisons de son geste.
Lorsque les deux propositions sont reliées par une conjonction de coordination comme mais, ou, et, donc, car :
La conjonction or a un comportement plus proche des adverbes coordonnants : on la fait généralement précéder d'un point. Le sage est heureux. Or Socrate est sage. Donc Socrate est heureux.
Lorsque la proposition subordonnée précède l'autre, il est difficile de ne pas l'isoler par une virgule : Pour que l'utilisateur comprenne ce mode de fonctionnement complexe, il faudra prévoir une série de schémas. Le blog étant moins formel que le site web, le langage utilisé peut y être plus familier.
Lorsque la proposition subordonnée suit l'autre, il est toujours possible de l'isoler complètement en la faisant précéder d'un point : cela produit un effet de style un peu hardi mais qui peut être bienvenu :
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