Le 6 juin 1944, date connue sous le nom de D-Day, marque l'une des plus grandes opérations militaires de l'Histoire. Cette opération, baptisée "Overlord", visait à créer un nouveau front et à libérer l'Europe de l'Ouest de l’occupant nazi. Dans ce cadre, les forces alliées, composées de soldats américains, britanniques, canadiens et français, ont débarqué sur cinq plages en Normandie.
Le 80e anniversaire du Débarquement de Normandie nous a permis de revenir sur les principales armes standards et la grande diversité d'armements adaptés à différents types de combat. Comme nous l’avons vu, les forces alliées ont utilisé une gamme d'armes variées pour surmonter les défenses bien établies des forces allemandes.
Il faut attendre le début des années 1940 pour que les soldats britanniques soient dotés d’un pistolet-mitrailleur, qui leur fait cruellement défaut sur plusieurs théâtres d’opération. La Sten Mk II, arme économique en acier embouti, devient vite emblématique des paras et SAS britanniques, qui la plébiscitent pour sa mécanique simple, son démontage rapide et sa compacité.
Cette mitraillette américaine de calibre .45 ACP, utilisée pour son efficacité à courte portée. C’est LE PM de l’armée américaine ! Compacte et lourde (5Kg) cette nettoyeuse de tranchée chambrée en calibre .45 ACP équipa L’armée de Terre, les Marines et les troupes aéroportées. Le PM Thompson était une arme offrant une puissance de feu conséquente, privilégiée dans le combat à courte portée.
Beaucoup plus légère et compacte que la Thompson, souvent utilisée par les équipages de chars, cette mitraillette de calibre .45 ACP avec chargeur de 30 coups, avait un coût de production faible et dota largement les troupes US à partir de 1944 avec la version M3A1.
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Emblématique des combats de la seconde guerre mondiale, le pistolet mitrailleur Schmeisser MP40 est une figure connue aussi bien des initiés que des novices. Le MP40 original est aujourd’hui rare et cher, et peu d’entre eux sont encore aptes au tir. Les amateurs de militaria et autres passionnés d’histoire ont à présent l’opportunité d’en acquérir une réplique fabriquée par un spécialiste allemand de l’arme de loisir. Les innovations apportées par GSG consistent en l’utilisation d’un matériau moderne dans la fabrication de cette arme, majoritairement composée de zamak et matière plastique (l’authentique laissait déjà une part belle à la bakélite). Fabriqué en Allemagne.
Développé en 1943 pour combler le besoin d'une arme intermédiaire entre le fusil et le pistolet mitrailleur, il est introduit tardivement dans le conflit, long et couteux à produire, il n’en a pas moins été utilisé pour sa puissance de feu par les troupes de choc et certaines unités lors de la Bataille de Normandie. On trouve aujourd’hui des répliques aux dimensions originales du Stg 44.
Le souvenir de la terrible efficacité de cette arme en combat rapproché resta bien présent dans l’esprit des rédacteurs du programme de 1921, qui définissait le futur armement français. Aussi les caractéristiques du futur PM de l’armée française furent elles fortement inspirées par celles du Bergmann MP18/I. L’arme aura la forme d’une carabine raccourcie, Son poids sera compris entre 3 et 4 kg, sa munition devra être la même que celle du pistolet qui sera choisi comme modèle de l’armée. En attendant que ce modèle ait été fixé, les armes à présenter devront tirer la cartouche de Parabellum 9 mm,l’arme tirera des chargeurs de 25 cartouches au moins,son mode de tir normal est le tir en mitrailleuse, un mécanisme permettant le tir coup par coup n’est pas demandé,la cadence de tir sera de 400 à 500 coups par minute,l’arme sera très rustique, très simple, bien protégée contre la boue,le principe d’une arme à culasse non verrouillée est recommandé en raison de sa simplicité,l’arme tirée sur appui à une distance de 100 mètres devra donner un rectangle inférieur à 70/70 (cm) dans le tir par rafales de 5 à 6 cartouches et inférieur à 100/100 (cm) dans le tir par chargeurs complets,la précision dans le tir à bras francs sera expérimentée et entrera en compte dans l’appréciation de l’arme,la hausse comportera que les crans de 100 et 200 mètres,pour faciliter le tir sur appui, l’arme devra être munie d’un bipied. Ce document plein de pragmatisme, en date du 11 mai 1921, a été rédigé par des militaires encore proches des réalités du combat!
Au cours des années suivant la publication du programme, des armes d’origines diverses, en calibre 9mm Parabellum vont être proposées à l’armée, soit par des établissements d’état, soit par des fabricants étrangers. Le programme de 1921 avait stipulé que les armes proposées devraient être établies en calibre 9 mm Parabellum «en attendant que le calibre du futur pistolet de l’armée française ait été choisi ». Ainsi que nous l’avons mentionné précédemment, dans l’attente du choix définitif de cette munition, il avait été décidé que les prototypes de PM seraient chambrés en 9 mm Parabellum. De très importantes quantités de cartouches de ce type capturées sur les troupes allemandes étaient en effet disponibles dans nos arsenaux. Il n’y avait par contre aucune raison particulière pour que la France choisisse d’adopter définitivement la 9 mm Parabellum, qui n’était à cette époque fabriquée qu’en Allemagne, plutôt que telle ou telle autre cartouche.
Les services techniques de l’armée avaient expérimenté la cartouche de .30 Pedersen en 1922, en étudiant une carabine semi-automatique, dans ce calibre, que John M. 50 000 Cartouches de .30 Pedersen furent commandées aux USA pour effectuer les premiers essais. Le choix de cette cartouche s’expliquait aussi par une modification apportée aux caractéristiques initialement prévues pour le futur pistolet de l’armée française par le programme de 1921. En 1927, ce cahier de caractéristiques militaires fut modifié au profit d’un pistolet plus léger et moins encombrant. La réduction de calibre, permettant d’utiliser une cartouche plus légère était cohérente avec cette tendance. Une évolution analogue se dessina pour le PM.
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Les rédacteurs du programme de 1921 avaient initialement défini une arme d’assaut, comme l’était le MP-18 : un pistolet-mitrailleurPistolet-Mitrailleur More rustique, destiné à prendre d’assaut les positions ennemies en noyant leurs défenseurs sous un déluge de feu ou à défendre nos propres positions, par le même procédé.Entre les deux guerres, les penseurs militaires français voyaient plutôt dans le PM, une arme de défense, destinées à armer les cadres et les spécialistes qui n’avaient pas à combattre avec un fusil.
Par ailleurs, la modernisation de l’armée française, entreprise au milieu des années 1920, devait déboucher sur une motorisation accrue de l’infanterie, jointe au développement des unités blindées et aéroportées. En 1933, les critères de choix contenus dans le programme d’armement de 1921 furent complétés par deux nouvelles exigences : les PM devraient désormais être dotés d’une crosse repliable et d’un chargeur rabattable.
L’ETVS mit rapidement au point un nouveau PM doté d’une crosse et d’un chargeur repliables. Deux prototypes de cette arme furent construits au sein de l’établissement. Ils furent testés en 1937 le premier par l’ETVS lui-même, le second par la Commission d’Études de l’Infanterie (CEI) en compagnie du PM Petter et du PM MAS modèle 1935 SE. Long de 67 cm une fois la crosse dépliée et de 42 cm crosse repliée, le PM ETVS était doté d’une culasse ingénieuse, à l’intérieur de laquelle était intégré un ralentisseur de recul actionné par un volant à inertie. Cette conception permit de créer une arme courte et légère. Grâce à la faible puissance de la munition de 7,65mm Long et à l’efficacité du ralentisseur de recul qui maintenait la cadence de tir autour de 600 coups par minute, les concepteurs de l’ETVS avaient pu se dispenser de doter l’arme d’une culasse lourde et volumineuse et limiter la course de cette culasse pendant son recul.
En revenant en position de fermeture, la culasse actionnait un levier de percussion, qui déclenchait la percussion de la cartouche présente dans la chambre. Avec son levier de percussion commandé par la fermeture de la culasse et sa partie avant cylindrique, la culasse de l’ETVS n’est pas dépourvue d’analogies avec celle du PM Thompson, dont l’établissement technique de Versailles (ETVS) avait testé plusieurs exemplaires entre 1921 et 1927.
La Manufacture Nationale d’Armes de Châtellerault (MAC), se vit confier par l’ETVS, la charge d’en réaliser dix exemplaires de présérie du PM ETVS. Devant le résultat prometteur des essais, le 14 Mars 1937, la Direction des Études et Fabrications d’Armement (DEFA) ordonna à la MAC de fabriquer quarante PM ETVS supplémentaires. Cette commande ne fut finalement achevée qu’en 1939. Par décision ministérielle du 30 juin 1938, la MAS fut chargée de réaliser 600 chargeurs et 58 canons de PM ETVS.
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L’adoption du PM Petter en 1939 et le choix de mettre en fabrication en urgence une version améliorée du PM modèle 1935 (qui donna naissance au PM MAS 38) de la MAS mettront fin à la carrière de l’ETVS, qui était pourtant une arme fort intéressante et bien conçue. Étrangement, l’une des fiches d’identification des matériels étrangers (Kennblätter Fremdengeräts) éditées par la Wehrmacht, présente le PM ETVS sous la désignation de «Maschinenpistole 721(f)». Compte tenu du faible nombre de PM ETVS fabriqués, du nombre réduit de chargeurs disponibles et de la spécificité de sa munition, il est fort peu probable que l’armée allemande ait remis l’ETVS en service.
Les volte-face survenues dans les programmes d’étude et le manque de volonté de faire aboutir rapidement un projet de pistolet-mitrailleurPistolet-Mitrailleur More dans une armée encore persuadée que seuls le fusil et le fusil-mitrailleur étaient des armes « sérieuses », ont conduit en 1939, à adopter des solutions d’urgence pour fournir des PM à nos soldats : mise en fabrication accélérée de la version industrielle du PM MAS SE-1935 (le MAS 38), commande de pistolets-mitrailleurs Thompson modèle 1921 aux États-Unis (qui arrivèrent en France top tard pour participer aux combats de 1940), mise en service de PM Erma-Vollmer saisis sur les troupes de la République espagnole lors qu’elles se réfugièrent en France en 1939.
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