Cet article explore l'histoire du fusil mitrailleur Bren et du pistolet mitrailleur Owen, deux armes emblématiques qui ont marqué l'histoire militaire australienne.
Le fusil mitrailleur BREN est entré en service en 1937 dans l’armée britannique. À l’origine, ce fusil mitrailleur n’est pas anglais mais Tchèque ! Il se nomme à la base ZB-26, il a été conçu dans les années 20. Bren c’est la contraction de Brno (ville tchèque) et de Enfield (ville anglaise). Comme le FM BAR, la volonté des militaires de disposer d’un appui feu plus léger, donc plus mobile, qu’une mitrailleuse, a poussé les ingénieurs à concevoir des armes plus ou moins légères et capables de faire baisser les têtes de l’ennemi durant la phase d’assaut.
Au début des années 30, l'armée britannique décida de doter ses troupes d'un nouveau fusil mitrailleur censé équiper et soutenir les groupes d'inganterie dotés des fusils Lee Enfield n°4. Il s'agissait alors de remplacer les vieilles mitrailleuses Lewis à refroissement par eau, en service depuis la première guerre mondiale. Un groupe d'experts de la Royal Small Arms Factory (RSAF ; manufacture royale d'armes légères, firme d'Etat britannique à l'époque) repéra vite une mitrailleuse légère produite par l'entreprise tchécoslovaque Brno, la ZB vz.26. Celle ci, produite depuis 1928 et conçue au début des années 20, retint particulièrement leur attention, et il fut bientôt décidé qu'elle servirait de base au développement du nouveau fusil mitrailleur britannique. Après avoir acquis quelques exemplaires de la ZB vz-26, les ingénieurs de la RSAF se mirent donc au travail et cherchèrent à améliorer l'arme tchécoslovaque. Ce fut chose faite en 1935, avec l'apparition de la version définitive de ce qui allait devenir le Bren. Ce nom fut à cette occasion créé en associant les lettres BR de Brno et EN de Enfield, la ville anglaise où la RSAF était implantée. L'adoption officielle du fusil mitrailleur Bren eut lieu en 1937 au sein des troupes britanniques.
Effectivement en mai 1935, le Royaume-Uni avait obtenu la licence de fabrication du modèle ZBG-34, un version modernisée du modèle 26. Cette arme produite en quatre versions (Mark 1 à Mark 4) se différenciant par des détails simplifiant la fabrication et par la longueur du canon. Ce fusil mitrailleur à la particularité d’avoir une alimentation par le haut. Les chargeurs courbes garnis de 30 cartouches de .303 british se placent au dessus de la culasse. Ce dispositif permet au tireur d’avoir une position très basse. Par contre son système de visée est un peu plus complexe, en effet le chargeur étant en plein milieu de la ligne de visée classique, les ingénieurs ont réalisé un dispositif de visée sur le côté gauche.
Le chargeur cintré (dû à la conicité de l’étui de sa munition), accueillant 30 coups (rempli seulement de 28 cartouches sur le terrain) étant indroduit par le dessus du boîtier-culasse, les organes de visée hausse et guidon sont décalés sur le côté gauche. Contrairement à de nombreux FM, le canon du BREN est démontable pour être changé quand il s’échauffe. Le tireur BREN est autonome. Il porte ses propres munitions et est équipé pour sa défense rapprochée ou du revolver Webley ou du Browning GP35 en 9mm parabellum. L’arme très appréciée des combattants, notamment grâce à sa fiabilité, est construite de 1938 à 1958.
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Très rapidement, il apparut comme une arme d'une qualité remarquable, qui appuyait de façon efficace les groupes d'infanterie équipés d'armes à verrou dont la cadence de tir laissait à désirer. Différentes armées s'y intéressèrent vite, et des pays du Commonwealth comme le Canada et l'Australie lancèrent leur propre production du Bren, alors que l'Irlande et la Nouvelle Zélande s'en dotaient également. En 1939, ce dernier était très répendu au sein des troupes du corps expéditionnaire britannique qui débarqua en France, et il connut véritablement son baptême du feu à ce moment là, lors de la grande débâcle de 1940. Par la suite, les troupes britanniques et canadiennes l'utilisèrent intensivement en Afrique du Nord, en Italie et durant la campagne de France en 1944. On estime ainsi qu'en 1943, la production totale de Bren en Grande Bretagne atteignait près de 1.000 exemplaires par semaine.
Toujours durant la seconde guerre mondiale, le Canada livra des Bren aux nationalistes chinois de Tchang Kai Chek, qui s'en servirent pour lutter contre les Japonais, puis contre les communistes de Mao. A la fin du conflit, le Bren jouissait d'une excellente réputation parmi les soldats de Sa Majesté. Il fut donc décidé de le laisser en service. Par la suite, il vit également les combats durant la guerre de Corée aux mains des soldats australiens venus aider les Américains. De nombreux exemplaires furent également utilisés par les Royal Marines lors de l'assaut sur les Malouines en 1982. Dans les années 50, il fut rechambré pour être adapté aux standards OTAN en matière de calibre des armes légères, devenant alors le Bren L4. Cette modernisation donna un second souffle au Bren, qui resta finalement en service jusque dans les années 1980 dans l'armée britannique.
A mis chemin entre la mitrailleuse légère et le fusil mitrailleur, le Bren aura marqué l'histoire de l'armement léger du XXème siècle et aura au final été utilisé près d'une cinquantaine d'années par les troupes britanniques. Aujourd'hui encore, on en retrouve quelques exemplaires dans les pays du Tiers Monde, en particulier dans les anciennes colonies anglaises. Le BREN est très précis, en tir posé (coup par coup) au stand de tir, on arrive à faire de jolis cartons jusqu’à 200 mètres. L’arme peut faire mieux mais les instruments de visée ne le permettent pas.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Type | Fusil-mitrailleur |
| Fonctionnement | Automatique |
| Calibre | .303 British (7.7 mm) |
| Cadence de tir | 500 coups/min |
| Chargeur | 30 balles |
| Portée | 900 mètres |
| Poids | 9.96 Kg |
| Longueur | 1150 mm |
| Vitesse initiale | 731 m/s |
Le Bren est une arme automatique, utilisant un système d'emprunt de gaz. Ainsi, après que la première cartouche ait été armée manuellement en tirant sur la poignée d'armement (placée sur la droite de la boîte de culasse), les gaz créés lors du tir sont récupérés grâce à différents ressorts et pistons placés dans la boîte de culasse et dans la crosse. Ces derniers permettent de faire reculer la culasse, d'éjecter la douille, de la remplacer par une nouvelle cartouche, de tendre le percuteur et ainsi de réarmer le fusil mitrailleur. Les mécanismes du Bren sont bien conçus et l'arme jouit d'une très bonne réputation concernant sa fiabilité. Sa cadence de tir maximale se situe autour de 500 cartouches par minute.
La munition qui équipait les premières générations de Bren était la .303 britannique, en calibre 7.7x56mm. Elle projetait une ogive de 11.4 grammes à 745 mètres par seconde. Dans les années cinquante, cette cartouche fut remplacée par la 7.62x51mm standard OTAN, qui disposait d'une ogive plus légère, de 9.5 grammes, mais également plus rapide, puisqu'elle sortait du canon à une vitesse se situant entre 780 et 840 mètres par seconde. Du point de vue de l'alimentation, les Bren disposent de chargeurs détachables de trente cartouches s'introduisant dans la boîte culasse par en haut. Ce principe permet notamment de ne pas gêner le tireur en position couchée, là ou certains chargeurs classiques trop longs sont inconfortables à utiliser dans cette position. Un poussoir est placé à côté du puit d'alimentation permet de déverrouiller le chargeur et de le détacher pour le remplacer par un nouveau magasin. Une manière très efficace de reconnaître un Bren standard d'un Bren L4 est d'observer son chargeur : les premières variantes de Bren disposent de chargeurs courbes, alors que les versions L4 sont équipées de chargeurs droits.
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La visée sur un Bren se fait grâce à une hausse graduée rabattable placée au dessus de la détente. Il dispose en outre d'une poignée pistolet, ce qui était assez rare à l'époque. Pour faciliter les déplacements de son utilisateur, une poignée de transport est placée sur le canon. Celui ci est détachable et peut être changé en quelques secondes en cas de surchauffe due à une utilisation trop prolongée, même si le fait qu'il soit entièrement à l'air libre lui offre une bonne capacité de refroidissement. En outre, il a une longueur assez imposante, qui offre au Bren une précision surprenante pour ce type d'armes. Il dispose de plus d'un bipied repliable venant se placer sous le canon, au bout du garde main.
Le Bren est donc une arme fiable et précise. Si cette précision peut être préjudiciable à une mitrailleuse classique car elle limite la zone de tir et l'effet "d'arrosage" permettant un feu de barrage, elle permet au Bren de fournir un feu précis, ce qui est d'autant plus intéressant que la capacité de ses chargeurs est relativement limitée. Du point de vue de son utilisation, il équipait généralement des escouades d'une dizaine d'hommes dont il devait augmenter le volume de feu. Il est cependant assez difficile assimilable à une mitrailleuse légère, du fait qu'un seul homme le déplaçait, et qu'il lui arrivait d'être utilisé par un tireur en position accroupie, voire en mouvement. Il se rapprocherait donc plutôt d'un fusil mitrailleur, même si une seconde personne accompagnait généralement le tireur pour transporter les munitions et le(s) canon(s) de rechange.
L’Owen Gun, qui était connu officiellement comme Owen Machine Carbine, était un pistolet-mitrailleur australien conçu par Evelyn (Evo) Owen en 1939. Evelyn « Evo » Owen est né le 15 mai 1915 à Wollongong (Nouvelle-Galles du Sud). En dépit des efforts considérables déployés par ses parents à l’orienter vers activités moins dangereuses, le jeune Owen était obsédé par les armes ; les fabriquer,les modifier, et tirer avec. Au fil des ans Owen a poursuivi son hobby avec passion. Il a poursuivi également la fabrication de bombes, et fut blessé une première fois à l’estomac par des éclats d’un de ses explosifs. À une autre occasion, il s’est tiré une balle dans l’estomac en essayant le nouveau type de verrou dans un vieux fusil.
L’arme qui portait son nom, le Owen Gun, trouve son origine en 1931, mais il ne l’a terminée qu’en 1938. Des tests répétés prouvèrent que pas grand chose ne pouvait enrayer l’arme ou faire baisser sa cadence de tir ce qui la rendait supérieure à la Thompson. Mais lorsque l’année suivante il a tenté d’intéresser les militaires, Owen a été repoussé. Owen s’est enrôlé dans la deuxième force impériale australienne (AIF) en mai 1940, où il ira rejoindre le 2nd/17th Battalion, du Royal Regiment de New South Wales. Juste avant de s’embarquer pour le Proche-Orient avec son unité, il a réussi à éveiller l’intérêt du directeur de l’usine de Port Kembla Lysaght de Newcastle Works, Vincent A. Wardell, sur son pistolet-mitrailleur. En Juin 1941 Owen a été démobilisé de l’AIF et commence à travailler à Lysaght qui fabrique son arme.
Dans les premier tests l’Owen Gun se révèle le plus précis et avec un meilleur groupement des tirs. Ayant été ensuite immergé dans de l’eau, de la boue et du sable, l’Owen Gun fait ses preuves. Presque impossible à l’enrayer, alors que les autres armes faiblissent et finalement deviennent impraticables. Fin 1942 l’Owen a été utilisé dans les combats de jungle contre les Japonais en Nouvelle-Guinée. Owen a reçu 10 000 £ de royalties provenant de la vente des droits et des brevets de son arme, et a utilisé l’argent pour établir une scierie près de Wollongong (Nouvelle Galles du Sud) où il vivait seul.
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Longueur : 81,3 cm / Poids d e l’arme chargée : 4,815 Kg. L’Owen Gun n’a été utilisé officiellement que par l’armée Australienne. Souvent l’Owen Gun reçoit une peinture camouflage, le terrain de prédilection d’usage de l’arme c’est la Jungle.
Jusqu’en 1900, tout l'armement dont l'Australie avait besoin lui fut fourni par le Royaume Uni. Pendant le conflit des Boers en Afrique du sud il devint évident que l’éloignement géographique de l’Australie de sa source d’approvisionnement deviendrait problématique lors de conflits futurs. Après la fédération de ses Etats et la création du Commonwealth en 1901 le nouveau gouvernement devint responsable de la défense du pays.
En 1907, la décision fut prise de fonder une fabrique pour la manufacture d’armes légères en Australie. Après de longues discussions au niveau des autorités, Lithgow, situé sur la partie ouest de la chaîne des ‘’Great dividing Range’’, fut désigné pour abriter la nouvelle fabrique. Ce choix fut influencé par la présence d’aciéries, de mines de charbon, mais également par un accès aisé par la route et le rail, par la protection naturelle offerte par les ‘’Blues Mountains’’, et par la volonté de développement de cette région.
La construction démarra en 1909 ; quatre compagnies, trois anglaises et une américaine présentèrent des soumissions pour créer une usine capable de produire 250 fusils SMLE par semaine. Bien que très controversée, l’entreprise métallurgique américaine Pratt et Whitney remporta le contrat. Pratt et Whitney fournit l’usine, les machines outils, l’outillage, la formation des cadres aux Usa, ainsi que le premier directeur de l’usine. Ceci permit la production d’un fusil selon les meilleures exigences du moment. L’usine d’armes légères fut inaugurée le 8 juin 1912. Les premiers 40 SMLE furent complétés en mai 1913 ; à l’éclatement de la première guerre mondiale, en 1914 la production atteignait le nombre de 1600 fusils par semaine.
Pendant l’entre-deux guerres, la production et l’embauche diminuèrent considérablement. L’Usine entreprit alors d’autres activités pour garantir sa survie ; elle produisit notamment des outils pour la tonte de moutons, des clubs de golf, des fourchettes, des menottes ainsi que des membres artificiels. On y produisit aussi des canons de rechange, et des clips de chargement. De 1925 à 1930, l’usine fut agrandie pour la manufacture de mitrailleuses Vickers. De nouveaux agrandissements furent réalisés à la fin des années 30 pour la production de mitrailleuses Bren.
En 1940, après l’évacuation de Dunkerque, le gouvernement britannique exigea l’obtention de tout armement fait en Australie ; n’arrivant pas à honorer la demande, une annexe de l’usine fut érigée à Bathurst, à 40 kilomètres à l’ouest de Lithgow. De son côté, l’Armée australienne exigea l’obtention de 4000 fusils par semaine,, et une nouvelle annexe fut crée à l’usine de Slazengers, près de Sydney. Afin également de faire appel à de la main d’œuvre peu qualifiée, de petites usines de ressorts furent crées dans huit autres localités dans un rayon de 150 kilomètres de Lithgow.
En 1943 l’usine comptait 6000 ouvriers, ainsi que 6000 autres répartis dans les diverses annexes, y compris celles produisant les ressorts.. La production hebdomadaire se montait à 4000 fusils, 150 fusils mitrailleurs Bren, et 50 mitrailleuses Vickers. Dès 1944 la production diminua drastiquement, et les deux années suivantes virent la fermeture des diverses annexes.
La production des fusils Lee Enfield cessa en 1955 ; à un total de 640 000 fusils ont été produits en tout, dont 415580 à partir de 1939. En 1954, l’armée australienne fut équipée de fusils L1A1 en calibre 7,62, arme automatique basée sur le FAL belge. Ceci impliqua une réorganisation de l’usine, la construction de nouveaux bâtiments et l’utilisation de nouvelles machines. La fourniture aux forces armées australiennes débute en 1959, et une version du L1A1 à canon lourd apparut en 1962, jusqu’en 1982. Ce fusil fut appelé ‘’Rifle 7,62 Automatic L2A1 t fut fabriqué uniquement en Australie et au Canada. Une version courte du L1A1 appelée ‘’Rifle 7,62 L1A1-F1 fur produite au début des années 70, essentiellement destinée à la Papouasie Nouvelle -Guinée.
Au cours de l’année 1963 démarra la production d’un pistolet mitrailleur cal. 9mm, appelé ‘’F1 Carbine’’ Cette arme ne fut guère appréciée par les militaires qui en pensaient pas qu’elle remplacerait efficacement le PM ‘’Owen’’ ; la production cessa en 1973. A la suite de différents essais, le gouvernement australien opta pour le fusil d’assaut autrichien Steyr AUG, cal 5,56. La production sur place démarra en en 1987 ; l’usine de Lithgow fur privatisée en 1995 et devint la ‘’ADI Weapons and Engineering Division’’.
Les Australiens ont pris la décision de créer une variante locale du Sten MK2, initialement reçu en 1941, tout comme le pistolet-mitrailleur Owen. Cette décision a été prise en urgence afin d’équiper rapidement l’armée australienne d’armes faciles et peu coûteuses à produire localement, face à l’avancée japonaise et aux incertitudes quant à la fourniture d’armes en provenance d’Angleterre ou d’Amérique. Dans l’arbre technologique, l’Austen est une évolution directe du Sten MK2. Il est mieux fini et les Australiens ont apporté des évolutions telles que l’ajout d’une poignée avant similaire au Sten Mk4 et une crosse pliante directement inspirée de l’Erma Mp38. L’Austen pouvait également accepter le silencieux du Sten MK2. Les soldats australiens ont préféré le pistolet-mitrailleur Owen, jugé plus fiable. Un nombre inconnu de pistolets-mitrailleurs Austen sera livré à titre d’assistance militaire à la KNIL, qui combattait les Japonais dans les Indes néerlandaises. Le pistolet-mitrailleur Austen fonctionne avec une culasse non calée de type blow-back et un chargeur latéral.
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