Malgré un taux de suicide plus élevé, le suicide des personnes âgées attire moins l'attention que celui des jeunes. Chaque année en France, près de 10 000 personnes se suicident et 200 000 font une tentative de suicide. Il y a des sujets dont on ne parle pas assez. Le suicide de la personne âgée en est un et nous avons choisi de le traiter via cet article.
Pourtant, 30 % des décès par suicide concernent les plus de 65 ans. Alors que les seniors ne représentent que 20 % de la population, cette tranche d’âge est statistiquement la plus à risque de décès par suicide.
La maison de retraite accueille les populations les plus isolées sur le plan familial et les plus vulnérables sur le plan psychologique et physique. Les objectifs de cette recherche sont d'apporter des informations sur le suicide des personnes âgées en France en précisant les moyens utilisés selon le lieu de décès, et de comparer les taux de suicide en maison de retraite et à domicile.
Les statistiques utilisées sont celles des effectifs de population issues des recensements (domicile, maison de retraite) et des causes médicales de décès. Ces dernières ne permettent pas de faire le lien entre un lieu de résidence, domicile ou maison de retraite, et un passage à l'acte dans un lieu différent. Elles sous-estiment donc les décès considérés aux seuls domicile ou maison de retraite. En conséquence, différentes estimations ont été effectuées.
Les taux de suicide sont plus importants en maison de retraite qu'au domicile pour les deux sexes. Pour les hommes, les taux de suicide en maison de retraite sont du même ordre que les taux enregistrés pour les personnes isolées vivant à domicile. Au contraire, pour les femmes, la maison de retraite apparaît comme un risque spécifique en soi avec des taux de suicide qui se détachent nettement des autres situations étudiées. En maison de retraite, contrairement aux hommes, ce sont les femmes les plus jeunes (65-74 ans) qui ont les taux de suicide les plus élevés.
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Le mode du suicide par pendaison est le plus utilisé, au domicile et en maison de retraite. Le saut d'un lieu élevé constitue la seconde cause de décès par suicide en maison de retraite où les suicides par arme à feu et par absorption de substances sont beaucoup moins fréquents.
| Mode de Suicide | Prévalence |
|---|---|
| Pendaison | Le plus fréquent, au domicile et en maison de retraite |
| Saut d'un lieu élevé | Seconde cause en maison de retraite |
| Arme à feu | Moins fréquent |
| Absorption de substances | Moins fréquent |
Quelque 750 000 seniors, en situation de « mort sociale », ne rencontrent jamais ou quasiment jamais personne. La solitude extrême des personnes âgées a augmenté de 150 % en huit ans, alerte l’association Les Petits Frères des pauvres. Deux millions de seniors sont isolés des cercles familiaux et amicaux, un nombre qui a plus que doublé (+ 120 %) depuis 2017, selon le baromètre.
Le vieillissement de la population explique cette explosion, ainsi que la rupture des liens sociaux pendant la crise du Covid : les plus fragiles n’ont jamais retrouvé leurs habitudes d’avant, selon les Petits Frères des Pauvres. « Autour de 80 ans, avec le décès du conjoint, des amis et des voisins du même âge, les seniors sortent moins, car ils sont moins autonomes, ne conduisent plus », ajoute Isabelle Sénécal, responsable du pôle plaidoyer.
En effet 1,5 million de personnes âgées ne voient jamais ou quasiment jamais leurs enfants et petits-enfants, contre 470 000 en 2017, selon le baromètre. S’y ajoutent 3,2 millions de personnes sans enfants ou petits-enfants.
La baisse de la natalité pourrait aggraver cet isolement à l’avenir. « On a besoin de natalité pas seulement pour financer les retraites mais pour éviter l’isolement au grand âge, facteur de perte d’autonomie, de mal-être, voire de dépression. Car les premiers aidants sont la famille », selon Isabelle Sénécal.
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Le taux de suicide des 85-94 ans était de 35,2 pour 100 000 en 2022, deux fois plus élevé que la population générale. 1,1 million de personnes âgées n’ont quasiment pas de lien avec des amis et 2,7 avec leurs voisins au-delà d’un simple « bonjour-bonsoir », selon l’étude.
Être sans famille proche, ne pas utiliser internet, avoir des revenus faibles, être en perte d’autonomie sont des facteurs de risques menant à la « mort sociale », relève l’association. « Une personne âgée sur deux ne sort pas de chez elle tous les jours. Surtout en milieu rural, où elles disposent moins de commerces, d’associations ou transports en commun », indique Isabelle Sénécal.
« Aux déserts médicaux s’ajoutent de plus en plus des déserts commerciaux », note Yves Lasnier, président des Petits Frères des Pauvres. Quant aux associations, elles réduisent leurs activités, faute de soutien financier, souligne-t-il. « Si on ne compte que sur des professionnels, de moins en moins nombreux, ils vont s’épuiser », explique Boris Callen, son délégué général.
La prévention du suicide des sujets âgés est peu investie à différents niveaux. Cette vue à court terme est dangereuse par l’ignorance des effets que le suicide de la personne âgée a sur les enfants adultes, surtout les petits enfants adolescents et même sur les générations suivantes.
La mort de la personne âgée est considérée dans l’ordre du courant de la vie, contrairement à la mort du plus jeune considérée contre nature. L’absence ou la rupture des liens familiaux entraînent cette conception de la famille et cette résistance à la prévention du suicide de l’âgé.
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