Cet article explore en profondeur la définition et le symbolisme de l'arbalète, en particulier dans son association avec la figure de la nymphe.
L'arbalète est une arme de jet, dont le principe est ancien.
Dans la mythologie grecque, on retrouve des références à des divinités associées au tir à l'arc, comme Apollon, souvent qualifié d'« ἑκηβόλος ».
Pour les vers 27-28, l'auteur propose une traduction plus littérale que celle d’A. Puech.
Voir J. Carlier (art. cit., p. 53) qui relève notamment, au sujet de ce passage, l’ « effort [de Pindare] pour lire l’omniscience divine en des termes qui évoquent la visée de loin du dieu à l’arc d’argent ».
Lire aussi: Fonctionnement des pistolets arbalètes à poulies
Cf. DELG, « ἑκηβόλος » : les Anciens comprenaient qui tire de loin (ἑκάς/βάλλω), mais P. Chantraine juge « plus naturel » de rapporter ἑκηβόλος non pas à ἑκάς mais à ἑκών - il renvoie à ἑκάεрγος et à ἑκατηβελέτης - et de traduire « qui tire à son gré, qui atteint son but », ce qui n’empêche pas que « le rapprochement avec ἑκάς par étymologie populaire est probable ».
Cf. LSJ, sv.
Cf. Hymne ps. hom. Apollon, 45 ; Hymne ps. hom. Hermès, 218, 509, 522.
Chez les Tragiques, ἑκηβόλος qualifie aussi des armes de jet - arcs, frondes - ou les mains de Zeus et dans la prose hellénistique, des guerriers lanceurs de traits ou les traits eux-mêmes.
Cf. DELG et LS J, sv.
Lire aussi: Guide des arbalètes sous-marines pneumatiques
Pour ἑκατηβόλος épithète d’Apollon, voir Il., I, 370 et V, 444 ; Od., VIII, 339 ; Hésiode, Bouclier, 58, Pindare, Pyth., VIII, 61 et, employé absolument, Il., XV, 231.
De même, pour ἑκατηβελέτης, Il., I, 75 ; Hésiode, Bouclier, 100 et, employé absolument, Hymne ps. hom. Apollon, 157.
D. Knoepfler, « Haltère de bronze dédié à Apollon Hékabolos dans la collection G. Ortiz (Genève) », p. 369. Je reproduis le texte grec transcrit par l’auteur avec sa traduction.
Un premier hexamètre était gravé sur l’autre haltère qui n’a pas été retrouvé (p. 370-372).
Ibidem, p. 365-379.
Lire aussi: Projet DIY : arbalète en bois
D. Knoepfler (ibid., p. 374-376) montre d’après la liste des attestations épigraphiques de ἑκηβόλος/ ἑκατηβόλος pour Apollon, que ce n’est pas une épiclèse mais une épithète littéraire.
Selon la définition-traduction de D. Knoepfler, ibid., p. 340 : les mots ἁλτήр, « haltère » et ἅλμα, « saut » ou « sautoir », appartiennent à la famille du verbe αἅλλομαι, « sauter ».
Cf. DELG, « νόος » : le terme signifie « “intelligence, esprit” en tant qu’il perçoit et qu’il pense ».
Op. cit., p. 72.
Op. cit., p. 149.
Entre « sagitta », la « flèche » et « sagire », « percevoir rapidement », G. Durand invoque une racine commune dont - cela n’enlève rien à la pertinence de la symbolique de la flèche - A. Ernout et A. Meillet (DELL., « sagitta » et « sagis ») ne font pas état.
Traduction de J. Humbert, modifiée notamment au vers 391 : ένόησ' est rendu par « il aperçut ».
Roux 2, p. 41. C’est moi qui souligne.
Cf. DELG, « νόος » : le verbe dénominatif noéô, issu de νόος, est « distingué de ἰδεῖν », « voir ».
L’Hymne pseudo-homérique à Apollon fait ressortir que l’esprit de l’Archer est toujours au travail : avant de voir le navire dans son noûs (v. 391), le dieu interroge son thumos sur le recrutement des prêtres (v. 388) et agite ses pensées (v. 391).
Auparavant, il venait de comprendre « en son esprit » (ἔγνω ᾖσιν ἐνὶ ϕрεσι, 375) la jalousie malveillante de la nymphe Telphousa qui l’avait persuadé de s’établir à Crisa : « Phoibos, Seigneur Hékaergos, il est une parole que je veux faire entrer dans ton esprit » (ἔπος τί τοι ἐν ϕрσεὶ θήσω, 257)… Cf. v. 261, 275.
Sur les champs sémantiques voisins de νόος, θυμός et ϕрήν, voir DELG, svv.
Cf. DELG, « νόος » : le nom νόημα, « perception, intelligence, pensée », dérive de νόος et « désigne un concept par opposition aux sensations ».
Traduction de J. Humbert, modifiée aux vers 440 et 444.
On pense aux flèches (κῆλα, 53, 383) dont Apollon Phoibos (Фοῖβος Ἀπόλλων, 43), avec son arc, crible le camp grec au premier chant de l’Iliade.
Op. cit., p. 148-149.
Cf. DELG, sous « σκέπτομαι » : P. Chantraine donne « surveillant, guetteur, espion » et au sens passif, « ce que l’on vise, but, etc. ».
Sur le « statut privilégié » du « voir » dans la culture grecque, se reporter à l’introduction de J.-P. Vernant à L’homme grec, p. 19 : » En premier lieu, voir et savoir, c’est tout un ; si idein, “voir”, et eidénai, “savoir”, sont deux formes verbales d’un même terme, si eidos, “apparence, aspect visible”, signifie également “caractère propre, forme intelligible”, c’est que la connaissance est interprétée et exprimée sur le mode du voir.
Connaître est une forme de vision. » De même, Fr. Hartog (Mémoire d’Ulysse. Récits sur la frontière en Grèce ancienne, p. 12), à propos d’Ulysse qui « est celui qui a vu, et qui sait parce qu’il a vu », et plus loin : « Voir, voir par soi-même et savoir, “c’est tout un”. » Dans ce sens, voir Aristote, Métaphysique, I, 980 a 22-26.
Voir J. Fontenrose, DIDYMA. Apollo’s Oracle, Cult and Companions, p. 120 : l’inscription DI 76 cf. A. Rehm et R. Harder, Didyma II : Die Inschriften, Mann, Berlin, 1958 - Ἀπόλλωνος ἘϕοΨίου, d’Apollon Éphopsios, vers la fin du iiie siècle av. J.-C., a été retrouvée dans la partie nord du Didymeion.
L’auteur traduit « Apollo the Overseer », Apollon « le Surveillant », « qui voit au loin ».
Épopsios est une épithète habituelle de Zeus (cf. Callimaque, Hymne à Zeus, 82 ; Apollonios de Rhodes, Argonautiques, II, 1123,1133).
J. Fontenrose (ibidem, n. 24, p. 120) traduit ici epopsios par « overseeing ».
M. Detienne (Detienne 3, p. 52 et n. 165 = Detienne 4, p. 37 et n. 167, p. 253) retient les deux significations.
L'arbalète, comme l'arc, est souvent associée à la notion de visée et d'atteinte d'un but, tant au sens propre que figuré.
E. Herrigel, op. cit., p. 95.
M. Martin, op. cit., p. 109, 115.
H. Onuma et alii, op. cit., p. 99.
Op. cit., p. 169.
H. Onuma précise que cette sensation n’a aucune valeur pour l’élève tant qu’il ne fait que l’imaginer.
Quand il en fait l’expérience, au bout d’une longue pratique, elle s’impose par son évidence.
Op. cit., p. 99-100.
Je traduis littéralement le texte de l’édition américaine originale (p. 82) : « But to see it with the “mind’s eye”. » L’édition française donne « mais de la voir mentalement ».
Voir R. Habersetzer, « Kyudo », p. 9.
L. Frédéric (Tir à l’arc. Le matériel, la technique, l’entraînement, la compétition, p. 167-168) propose un entraînement mental similaire consistant à se concentrer sur deux points noirs ou rouges de 3 cm de diamètre et espacés de 20 cm à une distance de 2 m, jusqu’à n’en voir qu’un seul : « Ce gros point semble alors grossir et se rapprocher de vous.
Cessez l’exercice lorsque vous aurez la sensation d’être “entré” dans le point, ou bien de ne faire plus qu’un avec lui.
tags: #nymphe #loue #arbalete #definition