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La carabine à levier reste dans l’imaginaire collectif comme l’arme de l’ouest. Toujours difficile de présenter un monstre sacré. On s’imagine que ce qu’on va dire n’est que répétition de ce que tout le monde sait déjà. Et pourtant. D’abord, cette Marlin fut la toute première arme à levier sous garde en calibre 22 LR de l’histoire.

En 1891 L.L Hepburn, ingénieur chez Marlin et transfuge de chez Remington, invente donc cette première 22LR à levier sous garde. L’honnêteté intellectuelle oblige à rappeler que cette Marlin 1891 (comme sa sœur jumelle la 1892) sera également produite en .32 annulaire et percussion centrale ou 32 long (par changement de percuteur). Dès 1891, l’arme est assez polyvalente pour tirer avec une très grande précision aussi bien de la 22 Long (historiquement un étui de 22 LR à balle moins lourde né en 1871 qui donnera la 22LR quand elle sera combinée avec la balle « lourde » de la .22 Extra-Long de 1880), de la 22 short (née elle en 1857) que de la 22 LR (née en 1887 comme rappelé ci-dessus).

Les Modèles Emblématiques et Leur Évolution

Souple en fonctionnement, jolie, légère, précise, simple à entretenir et très solide. Ça fait beaucoup de qualités. Mais cette première Marlin 1891 est une vraie levier sous garde avec portière d’introduction latérale des munitions du type « Nelson King » comme sur les « grandes » type Winchester 1886 ou Marlin 1889 à l’époque.

En conséquence, dès 1892, Hepburn revoit sa copie et met au point un tube mobile de chargement externe similaire à celui toujours présent sur vos 9422XTR par exemple. Pour compliquer les choses, les marquages ont varié à cette époque et il existe des 1891 à tube de chargement externe. Ces armes comportaient aussi déjà la grosse vis de démontage rapide et imperdable en partie droite de boitier, un peu à la manière de nos X51 bis, pour favoriser entretien et nettoyage. Car la 22LR (de l’époque et encore aujourd’hui) encrasse beaucoup les mécanismes.

La seule grosse différence entre une 1891 à tube et sa sœur 1892 (toutes à tube externes cette fois) est une modification de sécurité de détente. Ces armes (91 et 92) se vendaient en une multitude de finitions plus ou moins luxueuses, de bois, de bronzage, de placages, de longueurs de canons (de 24 à 28 pouces en longueurs de base mais on pouvait pousser le vice jusque ….32 pouces pour quelques dollar de plus! 1 dollar du pouce même, en plus ou moins par rapport au standard le plus proche), canons qui pouvaient être ronds ou octogonaux. Il se vendra 30.706 modèle 1892 en .22LR et 10.327 autre sen calibre.32.

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En 1897, sous l’influence du succès des armes à levier en canon « take down » de la marque, la Marlin 1892 elle-même devient une take-down. C’est à dire démontable en deux avec une simple vis imperdable. Le standard de la 1897 est à canon 24 pouces. Le modèle restera « take down » jusqu’au dernier modèle 39 A et consorts. Hepburn, né en 1832, toujours fidèle au poste, fait une mauvaise chute en 1910. Il passera encore 4 ans à continuer à travailler pour Marlin depuis son lit de souffrances. Il meurt en 1914. Il ne verra pas la suite de la fantastique aventure de sa petite 1891 en 22LR à levier sous garde. C’est dommage car le succès de sa petite 22LR ne va pas se démentir durant des décennies. Surtout que Marlin, du fait de la qualité de ses fabrications mord de plus en plus sur les plates-bandes de Winchester.

En 1922, la carrière commerciale de la 1891 devenue 1897 repart sur les chapeaux de roue. Elle s’appelle désormais (depuis 1922) Modèle 39 mais c’est la même. Elle devient modèle 39 A au catalogue de 1936. Gus Swebilius lui invente un nouvel éjecteur en 1923, la culasse est modifiée en 1932, pour avaler des munitions très hautes vitesses, on change aussi sa plaque de couche en 1935, etc. Mais c’est toujours la même.

Pour ce qui nous intéresse sur cette arme tout à fait exceptionnelle qu’est la 39, la mention Golden en catalogue et sur le canon apparait en 1957. Période qui est encore celle des fabrications de rêve de chez Marlin qui disparaitront en 2008. Le modèle dit « Golden » de la 39 A, notre arme de ce jour, apparait donc en 1957 avec ces grenadières de série (absentes jusque là de la 39), sa ligne blanche décorative en poignée pistolet et plaque de couche, et sa détente doré (d’où le nom).

L'Héritage et la Légende de la Marlin 39A

Enfin, cette merveilleuse Marlin est aussi l’arme à feu la plus longtemps vendue de l’Histoire. En effet, cette même arme, à quelques modifications près, fut vendue sous les dénominations commerciales Model 1891, 1892, 1897, 39 et 39A sans interruption de 1891 à… 2020! Près de 130 ans. Performance inégalée à ce jour.

A titre illustratif, le 10 mars 1893, Annie Oakley avec son modèle 1891, premier nom de la 39 A, plaça 25 tirs dans un seul trou, en 27 secondes, à une distance 11 m en .22 Short. Le même jour, elle réalisa un autre groupement en un seul trou au centre d’un as de cœur, en tir à bras franc. Depuis, Marlin a réalisé deux « séries spéciales » de carabines commémoratives 39 A en l’honneur de la petite Annie.

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Ruger, qui a racheté auprès de Remington la marque et les brevets Marlin en 2020, n’a jamais repris la production de ces excellentes petites carabines 22LR, façon cow boys, si facilement démontables et qui ont amusé tant de petits et de grands sur tous les continents pendant près de 130 ans. Sic transit Gloria Mundi.

Notons que Marlin, peut-être du fait de sa relative petite taille et de sa quasi absence des toujours dangereux marchés militaires pour des boites privés, est, de toutes les grandes marques US , Remington, Colt , Smith ou Winchester, celle qui aura tenu le plus longtemps sur ses critères de qualité à l’ancienne de ses productions.

Les dernières de ces merveilleuses 39 A vraiment faites par Marlin sortiront d’usine en 2008. Il en a certes été fabriquées par Remington entre 2009 et 2020. 2020 c’est l’année de la faillite de cette autre auguste maison qui avait oublié son ADN au point de s’appeler « Outdoor Company ». Et de quasiment tuer la marque Marlin du fait de la piètre qualité de ses dernières productions à elle. Rien de vaut une vraie 39 A au poinçon « JM ».

Caractéristiques Techniques et Détails Spécifiques

C’est donc une très jolie Marlin 39 A des encore excellentes fabrications Marlin d’avant 2008 que Maître Flingus vous a trouvée là. Elle porte bien en canon le poinçon « JM ». Ce poinçon a disparu avec la reprise par Remington en 2009. L’arme est en code Vxxxx ce qui la situe entre août 1961 et fin 1962. Les bois portent très peu de marques de manipulations. Les moindres défauts sont à nouveau TRÈS exagérés par mes TRÈS gros plans. L’arme est très belle avec ses inserts en bois blancs, légèrement rétractés avec le temps, qui sont une des caractéristiques du modèle Golden.

Le dessous de poignée pistolet est en magnifique en bois noir verni. A noter que le fameux insert « Bull Eye » de Marlin est encore bien présent en dessous de crosse. Ce « bull eye » était inséré chez Marlin comme symbole des qualités de précision de la marque. C’était aussi un très bon moyen de signaler le rayon des Marlin, posées verticalement en râtelier, chez l’armurier. On voyait la série des « bull eyes » de loin. Ce symbole marketing de qualité qui nécessitait encore une étape de fabrication supplémentaire pour son insertion a été supprimé progressivement à partir de 1980 et a totalement disparu après 2008.

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Les fers sont en excellent état avec un bronzage épais de qualité présent à 99,9%. Quasiment aucune griffure visible arme en main. Celles que l’ont voit ne se voient QUE sur mes très gros plans encore une fois. Aucune oxydation. La mécanique est excellente. Les mouvements sont à la fois souples et fermes. Aucun jeu en levier.

Le canon est un très beau 24 pouces (61 cm!) aux rayures micro-grooves, orgueil de la marque. Brevetées en 1953 et généralisées dans les gammes à partir de 1956, ces canons micro-groove permettent une précision accrue, un encrassement réduit et une résistance à l’usure également significativement accrue. La détente est dorée, encore un point « haut de gamme » des fabrication Marlin de cette époque. Et sa dorure est toujours impeccable 63 ans plus tard. Mais surtout elle est excellente, très nette avec peu de course. Le chien a été complété d’un fort utile prolongateur latéral qui fait de son armement un petit bonheur du jour en soi sur cette mécanique très souple. Il peut se démonter avec une petite clé hexagonale sans souci.

La guidon est de type « baguette » sous tunnel très bien complété par une hausse crocodile (buckhorn) classique. Mais surtout l’arme est doté d’un excellent montage 100% acier qui porte une très bonne lunette Monope (Japon) en corps acier 21 mm et grossissement 2.5. Le réticule est un n°1 à trois branches comme les réticules militaires germaniques. Tout cela est idéal pour le tir en stand et sur les nuisibles.

Catégorisation et Législation

Le décret du 29 août 2023 rebat les cartes. Il libère certaines armes à levier de sous-garde qui seront classées en catégorie D§e), d’autres restent ou passent en catégorie C1°§b)). La réplique de la carabine Henry 1860 est produite à l’origine par Uberti comporte 14 coups. De ce fait elle serait en catégorie B2°§b). Mais celles qui sont commercialisées aujourd’hui ont une capacité de 9+1 coups.

Pour les armes anciennes produites avant 1900 et dont la fabrication a cessé, elles sont en catégorie D§e)), sauf cas particulier des Winchester Modèle 1895, du contrat russe, en calibre 7,62 X 54 R qui restent en catégorie C1°§b)). Savage 1899, classée en Classement en catégorie D§e) pour les matricules inférieurs à 429 000 et en Classement C1°§c)) pour les matricules au-delà.

Reste les armes dont la fabrication se poursuit comme les Winchester 92, 94, les Savage 1899 ou les Marlin 1894. - soit parce que la production est toujours en cours. Dans ce cas, suivant la doctrine, les armes produites avant le 1er janvier 1946 sont en D, les autres, postérieures à cette date sont en catégorie C1°§b).

La liste suivante ne fait mention que des armes qui pourraient prêter à confusion. En 1972 sont apparues les New Marlin 1895. La numérotation de ces armes est assez confuse. Sur les tous premiers modèles fabriqués entre 1973 et 1976 le fabricant utilisait la lettre « B » comme préfixe.

Arme de catégorie C au CSI : Licence de tir en cours de validité y compris médecin ou bien un permis de chasse avec sa validation pour l’année en cours ou l’année précédente et CNI ou passeport en cours de validité.

In fine un très bel exemplaire de l’iconique carabine Marlin 39 A. Sans aucun doute, et surtout dans cette fabrication de qualité, la meilleure de toutes les leviers sous garde en 22LR. Et ce sont bien ses qualités de souplesse, de légèreté, de précision, de robustesse et son extrême simplicité d’entretien et de transport qui ont créé cette légende désormais séculaire. Cette petite reine des 22 Lr, en très bel état, sera de plus en plus difficile à trouver dans cette excellente fabrication des années 60.

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