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Marco Polo, le célèbre explorateur vénitien, a voyagé à travers l'Asie au XIIIe siècle, une période où l'Empire Mongol était à l'apogée de sa puissance. Ses écrits offrent un aperçu précieux de la culture, de la politique et des technologies de cette époque, y compris des références aux armes utilisées par les armées de Koubilaï Khan.

L'Empire Mongol et sa Puissance Militaire

Koubilaï Khan, empereur des Tartares, régnait avec une magnificence inégalée, surpassant tous ses prédécesseurs. Son empire s'étendait sur presque tout l'Orient. Issu de la race de Chinchis, il était le sixième empereur de cette monarchie, gouvernant avec sagesse et majesté depuis 1256. C'était un homme vaillant, exercé aux armes, vigoureux de corps et d'esprit, prompt à l'exécution, avisé et circonspect dans le gouvernement de ses peuples.

En 1286, son oncle Naiam se révolta contre lui, s'alliant avec le roi Caydu. L'empereur, conscient de cette conspiration, jura de venger cette insolence. En trois semaines, il assembla une armée de 360 000 cavaliers et 100 000 hommes de pied près de Cambalu. Il avait d'autres armées en campagne, mais il ne les rappela pas pour ne pas alerter l'ennemi. Il envoya des gardes pour surveiller les routes et empêcher toute information de parvenir à Naiam.

Après avoir consulté les astrologues, l'empereur partit et campa son armée sur une colline. Les soldats de Naiam, ne se méfiant de rien, furent surpris au matin. L'empereur partagea son armée en douze bataillons de trois mille hommes chacun. Les bataillons furent ainsi ordonnés, à savoir, qu’en quelques bataillons les piétons couvriraient de leurs lances le front des combattants. Le roi était dans un château admirable bâti sur quatre éléphants, où était aussi l’étendard royal. L'armée de Naiam fut saisie d'étonnement en voyant les enseignes de Koubilaï, car le secours du roi Caydu n'était pas encore arrivé. Ils coururent réveiller Naiam, qui mit son armée en bataille.

Les Armes et les Tactiques de Guerre

Les Tartares avaient coutume de sonner de la trompette et de battre des instruments de guerre avant d'attaquer. Le combat fut sanglant, l'air obscurci par une grêle de flèches et de traits. Les machines à jeter des pierres furent utilisées, et les adversaires se tuaient à coups de lances et d'épées. Le combat dura du matin jusqu'à midi, avec de nombreuses pertes des deux côtés, mais Koubilaï finit par vaincre et mettre l'ennemi en fuite.

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Koubilaï ordonna que Naiam soit tué sur-le-champ pour sa rébellion. Cependant, étant de son sang, il ne voulut pas que le sang royal soit répandu. Il ordonna qu'il soit mis dans un sac et secoué jusqu'à l'étouffement. Après sa mort, les rebelles se soumirent à Koubilaï.

Le roi Koubilaï, ayant été vainqueur, récompensa les généraux, les capitaines et les soldats de son armée. Celui qui commandait avant cela à cent soldats fut élevé à un plus haut degré, le faisant chef de mille, et ainsi des autres chefs ; il leur fit aussi présent de vases d’or et d’argent, de tablettes royales, sur lesquelles étaient gravés des privilèges et des exemptions.

D’un côté de ces tablettes était écrit : « Par la vertu toute-puissante du grand Dieu, et à cause de la grâce qu’il a accordée à l’empereur, le nom du Grand Khan soit béni ! » De l’autre côté était gravée la figure d’un lion, avec le soleil ou la lune, ou l’image d’un griffon ou de quelque autre animal. Or quiconque a une de ces tablettes avec le soleil ou la lune empreints dessus, lorsqu’il marche en public, on lui porte le pallium pour marque de sa grande autorité ; celui qui a la figure du griffon peut conduire et mener avec lui, d’un lieu à un autre, toute la milice de quelque prince que ce soit ; et de cette manière ces tablettes montrent le degré d’honneur et de dignité de ceux qui les possèdent, suivant les différentes choses qui y sont gravées, et qui sont significatives du pouvoir qu’elles représentent.

Cambalu : La Ville Royale et son Arsenal

L'empereur résidait à Cambalu pendant trois mois de l'année. Son palais était d'une taille et d'un artifice admirables. À chaque coin de ce carré il y a un magnifique palais, comme autant de forteresses ; et au milieu de chaque mur de l’enceinte est un autre palais somptueux, en sorte qu’il y en a huit en tout. C’est dans ces palais que l’on garde les armes, les instruments de guerre, les canons et autres machines servant à la guerre, les arcs, les flèches, les carquois, les éperons, les brides, les lances, les massues, les cordes des arcs. Tout cela est serré, chaque espèce dans un palais particulier : de sorte que c’est proprement l’arsenal royal.

La face du palais qui regarde le midi a cinq portes, dont celle du milieu est plus grande que les autres ; on ne l’ouvre que pour le roi. Car il n’est permis qu’au roi d’entrer par cette porte ; mais ceux qui accompagnent le roi entrent par les quatre autres, qui sont aux côtés de celle-là. Chacune des trois autres faces n’a qu’une seule porte au milieu, par où il est permis à tout le monde de passer.

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Au reste, il y a une seconde muraille intérieure, outre celle dont nous avons parlé, qui a, comme la première, huit palais, tant aux angles qu’au milieu des côtés. Dans ces palais sont gardés les vases précieux et les bijoux du roi ; or, au milieu de l’espace de carré intérieur est le palais où loge le roi.

La ville de Cambalu est située sur le bord d’une rivière dans la province de Cathay ; elle est fort ancienne, et depuis longtemps le siège des rois ; le mot de Cambalu signifie « ville du Seigneur », en langue du pays. Le Grand Khan la changea de place et la transféra à un autre endroit de la rivière, ayant appris par les astrologues qu’elle devait être rebelle à l’empire [3]. La ville est faite en carré et peut avoir vingt-quatre milles de superficie, chaque côté ayant six milles de long.

Ses murailles sont blanchies ; elles sont de vingt pas de haut, dix de large, elles sont bâties en talus. Chaque long côté de la muraille a trois portes principales, qui font douze en tout ; auprès de chaque porte il y a de magnifiques palais ; il y a aussi de beaux bâtiments aux angles des murs, qui servent à garder les armes de la ville ; il y a dans cette ville des rues et des places tirées au cordeau, en sorte que l’on peut voir d’une porte à l’autre tout le travers de la ville.

Tableau des Armes et Équipements Militaires Mentionnés

Arme/Équipement Description
Arcs et Flèches Armes de projectile utilisées en grande quantité.
Lances Armes de mêlée utilisées par l'infanterie.
Épées Armes de mêlée utilisées par la cavalerie et l'infanterie.
Machines à jeter des pierres Artillerie primitive utilisée pour assiéger les villes et les fortifications.
Canons Mentionnés comme étant stockés dans l'arsenal royal, ce qui suggère une utilisation précoce de l'artillerie.

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