Envie de participer ?
Bandeau

Le renouvellement de la trame missile-roquette de l’armée de Terre, élaboré depuis plus de 10 ans, est sur le point d’aboutir. L’un de ses deux piliers, le missile MMP, est en service depuis 2017, a servi en opération et continue à évoluer grâce aux premiers retours d’expérience. Plusieurs fois retardée, la roquette de nouvelle génération pourrait quant à elle être livrée cette année, permettant à la Section technique de l’armée de Terre (STAT) de l’évaluer en vue d’une mise en service l’an prochain.

La trame actuelle laissera bientôt place à un binôme roquette/missile multi-cibles disposant de capacités supérieures en termes de perforation, de précision, de portée et d’acquisition d’objectifs. Des cinq systèmes d’ancienne génération, le missile HOT n’est plus produit et le Javelin est sorti de l’inventaire l’an dernier et a été mis sous cocon en attente d’une décision de la Direction générale de l’armement (DGA). Le Milan sera « normalement » remplacé définitivement cette année par le MMP.

Au 1er juillet, l’armée de Terre disposait encore de 343 postes Milan et 630 postes Eryx, contre 457 et 650 un an plus tôt. À l’inverse, les stocks de missiles et de postes de tir MMP se complètent d’année en année. Cette année serait donc celle de la retraite pour le missile Milan, après un demi-siècle d’utilisation dans l’armée de Terre.

Son remplacement complet par le MMP restait conditionné à la levée des dernières réserves, dont l’ultime relative à l’aérolargage du système. Cette expérimentation a été réalisée en fin d’année dernière par le groupement « aéroportés » de la STAT (GAP/STAT), stationné sur la base aérienne 101 de Toulouse-Francazal. Plusieurs largages ont permis de vérifier la tenue du système dans toutes les conditions possibles, tant par fixation dans les gaines du personnel que sur un fardeau.

Autre réserve levée en 2021, celle du transport en véhicule. Après l’adaptation d’une poignée de VAB, la bascule sur le Griffon a été rendue possible grâce au développement de supports internes adaptés. Ceux-ci sont éprouvés au Sahel depuis l’automne dernier et la projection d’un premier GTIA Scorpion équipé du Griffon. « Jusqu’à présent, nous avons eu de bons retours », souligne l’adjudant-chef Mickaël. Le système se veut modulaire, avec des configurations d’emport à trois ou six munitions. La première semble être privilégiée jusqu’à maintenant.

Lire aussi: Lance-roquettes : Astuces Ghost Recon Breakpoint

En service depuis 2017, le MMP et son environnement continuent d’évoluer au gré de corrections mineures. Hors de question de toucher à la structure ou à l’ergonomie du système, cette dernière n’ayant « été l’objet que de retours très positifs. Elle a d’emblée été travaillée très sérieusement pour rendre le système le plus accessible possible ».

Le simulateur d’entraînement, premièrement, va évoluer vers un second standard ajoutant des fonctionnalités prévues à l’origine et tenir compte des remontées des opérationnels. Autre RETEX remonté des forces, la possibilité de conserver une trace des tirs effectués à l’instruction et à l’entraînement. Chaque tireur disposerait d’une fiche personnelle, un historique sur lequel l’instructeur pourra apposer des commentaires. La doctrine d’emploi pourrait elle aussi évoluer. Jusqu’à présent, un groupe MMP opère sur un unique poste de tir.

« La Marine Nationale est aussi intéressée », rappelle l’adjudant-chef Mickaël. Les expérimentations menées à l’été 2018 Djibouti, notamment par des commandos marine à partir d’une embarcation ECUME, auront été riches d’enseignements. « En tirant de la mer vers la mer, nous avons remarqué que l’autodirecteur ne parvenait pas toujours à accrocher une petite cible flottante en raison des reflets générés par les vagues », relève l’adjudant-chef Mickaël.

À l’export aussi, le MMP accroche sa cible. La Défense belge n’a pas retenu la version débarquée dans la première tranche d’acquisitions du programme CaMo, au contraire de la version intégrée sur Jaguar. La trame antichar de la Composante Terre continue donc de se focaliser sur le système israélien Spike LR commandé en 2013. Mais l’intérêt pour un MMP débarqué n’est cependant pas inexistant.

La Suède a acté son intérêt pour le MMP, et plus spécifiquement pour sa fonction de tir au-delà de la vue directe (TAVD), l’an dernier au travers de plusieurs accords entre institutions et industriels. Très prometteuse, cette capacité TAVD est toujours en expérimentation dans l’armée de Terre. Le programme LynkEUs, piloté par MBDA et soutenu par un financement européen, contribuera à démontrer les concepts opérationnels préliminaires d’une capacité TAVD. Bien que décorrélé du programme MMP, LynkEUs est suivi de près par les militaires français. Ainsi, la STAT réalisera prochainement une première expérimentation tactique (EXTA) à base de simulation chez MBDA.

Lire aussi: Choisir un Point Rouge Panoramique

Successeur de l’AT4 CS, l’AT4 F2 a été retenu au terme d’un appel d’offres remporté par le groupe suédois Saab. Quand l’AT4 CS français ne dispose que d’un seul type de munition, le futur AT4 F2 en comprendra trois. À la munition anti-char viennent s’ajouter des versions anti-structure et anti-personnel, celle-ci comprenant un mode airburst. L’œilleton et le guidon composant le système de visée de l’AT4 CS disparaissent au profit d’un viseur point rouge couplé à une conduite de tir FCS 51. L’ensemble « aidera le militaire à tirer sur un objectif mobile et lui permettra de tirer la roquette anti-personnel jusqu’à 1000 mètres grâce à la télémétrie ».

Dans son véhicule, le tireur disposera d’un panachage de roquettes dans lequel il sélectionnera la plus adaptée en fonction de la cible à traiter. Infanterie, cavalerie, génie, etc. : « tout le monde est censé pouvoir l’utiliser », indique l’adjudant-chef Mickaël. Si les premiers exemplaires parviennent en France en 2022, ce sera avant tout pour autoriser la STAT à mener le processus habituel d’évaluation.

Exercice Militaire et Technologies de Pointe

Dans un contexte de guerre aux portes de l'Europe, l'armée française ne cesse de s'entrainer. Une équipe de TF1 a pu suivre, en exclusivité, une simulation en mer Méditerranée. Un exercice d'attaque et de défense avec des tirs de missiles contre des cibles ennemies. À quelques encablures du Lavandou (Var), l'île du Levant cache en son sein l'un des sites militaires les plus protégés en France.

Le scénario est simple : il s'agit de repérer puis de détruire l'armement de l'ennemi. Tout commence par l'envoi d'un drone, assemblé en dix minutes et dont le décollage à la verticale est une prouesse technologique. Le drone part chercher les cibles ennemies qu'il peut voir dans un rayon de 100 km. Ses coordonnées GPS sont ensuite transmises en temps réel au poste de commandement.

Le lance-roquette est prêt, chargé de vraies munitions. Une première roquette est lancée, suivie d'un deuxième tir. La cible est touchée à 40 km. La 19ᵉ brigade d'artillerie est la seule à voir et frapper aussi loin derrière les lignes ennemies.

Lire aussi: Test complet du Canik TP9 SFX

Entre la détection de l'aéronef ennemi et sa destruction, 17 secondes se sont écoulées. Un autre tir de missile est déclenché, il s'agit cette fois de la défense entière aérienne. Car les radars alertent : des drones ennemis tentent de riposter. Pour les neutraliser, les militaires utilisent des missiles Mistral. Ils visent le drone grâce à cet outil ultra-technologique. Il va pourchasser la cible jusqu'à la détruire.

Stratégique, innovante et soudée, l’armée de Terre a démontré en 2025 sa capacité à faire face et à durer tout en consolidant sa préparation au combat. Marquée par des entraînements de haute intensité aux côtés de ses alliés en France et à l’étranger, par une montée en puissance capacitaire portée par des partenariats stratégiques, et par les soubresauts géopolitiques d’un monde en tension, elle a, dans le même temps, poursuivi ses missions de protection du territoire national.

250 soldats et 110 véhicules ont été engagés dans la région de Hyères, sur le camp de Canjuers et l’île du Levant, pour Toll 25, exercice tactique de la 19e brigade d’artillerie. Cet entraînement réaliste a mobilisé l’ensemble des capacités feux et de défense sol-air des 1er, 54e et 61e régiments d’artillerie, dans un scénario de haute intensité. Durant trois semaines, Toll 25 a mêlé préparation opérationnelle et expérimentations.

Évolution des Roquettes et Technologies Associées

Massivement utilisée par les Alliés à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, puis par les Américains pendant la Guerre de Corée et au Vietnam, la roquette de 2.75’’ (70 mm) n’évolue qu’à la marge au fil des ans. Côté soviétique, puis russe, la roquette de 80 mm, tirée à courte portée depuis des blindés volants, fait ses preuves en Afghanistan. En France, dès les années cinquante, la Société Nouvelle Edgar Brandt (SNEB) produit des roquettes air-sol pour les besoins de l’armée de l’air, mais avec des calibres de 68 et 100 mm.

Avec le développement du futur hélicoptère de combat TIGRE, dans les années 2000, l’armement roquettes air-sol connaît un nouvel essor, mais doit se plier à de nouvelles contraintes opérationnelles (augmentation de portée, de précision, de sécurité) et techniques. En effet, mises à feu via une liaison électrique filaire, les roquettes existantes génèrent toutes des éjectas (câbles, connecteurs…) susceptibles d’endommager l’aéronef.

Plus légère, plus précise, complètement inerte jusqu’au moment du tir et exempte de tout branchement externe, la roquette est activée par induction, c’est-à-dire par la transmission d’ondes électriques codées du lanceur vers la munition. Ensuite, de par la technologie employée et contrairement aux roquettes de première génération, les Roquettes activées par induction (RAI) sont totalement insensibles à l’environnement électromagnétique. Enfin, les roquettes de type F4 sont réputées inviolables, car il est impossible de les tirer si l’on ne connaît pas leur code d’activation. Des terroristes seraient bien incapables de les utiliser dans des lance-roquettes de fortune, d’en faire des Katiouchas ou de les transformer en Engin Explosif Improvisé (EEI).

Propulsée elle aussi par le moteur F4, cette munition est équipée du même système d’activation que les roquettes non guidées, d’un semi-actif laser, d’un kit de guidage comprenant quatre gouvernes et d’une charge militaire modulaire. Cependant, la véritable révolution tactique consiste en la combinaison de cette extrême précision avec une charge militaire n’occasionnant que des dommages collatéraux très réduits : au-delà d’un rayon de vingt mètres autour du point d’impact, la munition n’a plus aucun effet, seule la cible est effectivement traitée.

En particulier, la RGL autorise un emploi « au milieu des populations », dans le cadre d’une guerre asymétrique où l’ennemi n’hésitera pas à prendre des non-belligérants en otages afin d’interdire des frappes certes conventionnelles, mais très imprécises et aux effets souvent dévastateurs.

Le FOUDRE : Un Nouveau Lance-Roquette 100% Français

Il y a quelques semaines, la société Turgis & Gaillard a surpris beaucoup de monde en dévoilant son projet de lance-roquettes unitaire, le Foudre. Que peut apporter ce nouveau candidat pour remplacer les anciens LRU ?

Avec un ciel envahi de drones, il vaut mieux être en capacité de rapidement changer de place quelque soit le temps et l'état de la "route". La plateforme civile du camion qui est montré est robuste, capable de passer dans pas mal d'endroit dégradés et surtout elle est facile a faire et a produire partout avec des pièces qui existent déjà. CQFD des coûts réduits permettant de se concentrer sur le lanceur lui-même, c'est très malin.

RPG-7 : Une Arme Toujours Présente sur le Front

De conception soviétique et produit à neuf millions d’exemplaires, le RPG-7 est encore utilisé aujourd’hui sur le champ de bataille. L'arrivée massive des chars et des blindés sur les champs de bataille, à partir de la Seconde Guerre mondiale, a rendu les fantassins plus vulnérables. Certes, les canons antichars ont évolué, mais ils restent lourds et difficilement transportables.

Les Américains sont les premiers à développer une arme portative avec le bazooka. Ils appliquent le principe de l'effet Munroe (1888) qui permet la création de charges creuses. Dans une munition en partie vidée et de forme conique, la partie métallique va se déformer et se transformer en jet de métal capable de percer les blindages.

Les Allemands vont capturer l'arme américaine et la perfectionner en créant le Panzerschreck puis le Panzerfaust. Ce dernier devient le premier modèle de lance-roquettes antichar fabriqué à plusieurs millions d'exemplaires.

Il faut attendre 1961 pour voir apparaître le RPG-7 soviétique. L'arme, aisément reconnaissable avec ses parties en bois, est produite à neuf millions d'exemplaires et sera de toutes les guerres et guérillas du XXe siècle. Sans forcément détruire les chars les plus modernes, le RPG-7 peut les endommager. Pour contrer les effets de sa munition, les véhicules militaires se sont couverts de cages chargées de faire détoner, avant impact, la charge creuse.

tags: #le #point #lance #roquette #fonctionnement

Post popolari: