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Benjamin Rabier, né le 30 décembre 1864 et décédé le 10 octobre 1939, a mené une carrière prolifique à Paris, tout en puisant son inspiration dans ses racines berrichonnes. Fils de berrichons originaires de la région de Valençay, il achète une maison à Lye, à dix kilomètres de Valençay en 1900, pour se rapprocher de ses origines.

C'est là qu'il trouve le repos et l'inspiration, l'environnement et le décor où vivent ses animaux presque humains, dans les petites fermes typiques, dans les paysages et les villages du terroir. Ses personnages animaliers sont reconnaissables dans les albums de Gédéon. Le chagrin consécutif à la mort de son fils en 1917 l'éloigne du Berry, mais il y reviendra en 1924, cette fois à Faverolles.

Un Artiste Polyvalent

Benjamin Rabier n'est pas seulement le père de Gédéon, de la Vache qui rit, ou le pionnier du dessin à la ligne claire. Rabier est un créateur prolifique, dessinateur de presse, auteur de pièces de théâtre, d'opérettes et de comédies, illustrateur, auteur d'albums, aquarelliste, créateur publicitaire, auteur de dessins animés, lithographe, etc.

Arrivé à Paris en 1869, il habite le quartier des Buttes Chaumont avec sa famille, son père est ouvrier menuisier. Le jeune Rabier montre très tôt des dispositions pour le dessin, obtenant à quinze ans le Prix de dessin de la Ville de Paris, mais il doit interrompre ses études pour travailler.

Débuts dans la Presse et Reconnaissance

Rabier commence son activité de dessinateur de presse en 1891 et jusqu'en 1920. On estime sa production à environ six mille dessins pour une cinquantaine de journaux ! C'est grâce à son ami Caran d'Ache qu'il commence à publier ses dessins dans plusieurs revues importantes, et notamment L'Assiette au beurre, en 1902. Puis il crée Tintin Lutin, titre et personnage dont Hergé s’inspirera quelques années plus tard.

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On peut dire sans exagérer que Tintin Lutin est l'ancêtre de Tintin reporter, puisque c'est Hergé lui même qui le déclare. Hergé considérant Rabier comme un de ses maîtres et admirant la "lisibilité parfaite" de son dessin, a voulu lui rendre hommage en reprenant le nom de son personnage et en l'habillant comme on le sait.

Benjamin Rabier connaît le succès, ses dessins sont publiés dans l'Assiette au Beurre et le Chat Noir, mais aussi dans La Chronique Amusante, Gil Blas Illustré, Le Rire et Pêle-Mêle. En 1906, il publie une série très remarquée de deux cent quarante illustrations des fables de La Fontaine qui montre à tous son talent et établit définitivement sa réputation de grand dessinateur animalier.

Puis il se lance à lui même de nouveaux défis et illustre le Roman de Renart et l’Histoire Naturelle de Buffon. Il crée le journal pour enfants Histoire comique et Naturelle des Animaux (1907-1908). Malgré sa notoriété, il conserve prudemment son emploi jusqu’en 1910, mais contraint par le surmenage, il décide de voler de ses propres ailes et de se consacrer au dessin exclusivement.

Pionnier du Dessin Animé et Publicitaire

À partir de 1916, il crée des dizaines de dessins animés jusqu'en 1920, il est considéré comme un des pionniers de ce mode d'expression. On se l'arrache pour la publicité ; l'originalité de son dessin et l'humour qui habite ses animaux pourraient sans doute faire vendre n’importe quel produit !

La célèbre Vache qui Rit (il crée la boite de La Vache qui Rit en 1924), mais aussi le bouillon Maggi, le sel La baleine, les cartouches Gévelot, les magasins Au bon marché, Phosphatine Falières, Dentol, Pétrole Hahn, savon La Girafe, Nestlé, Le nain bleu, Phoscao, chocolat Kohler, Ricqlès, les magasins Le Printemps... La liste est interminable. Et pendant ce temps, monsieur écrit !

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Gédéon, le Personnage Attachant

Mais le personnage le plus attachant de Benjamin Rabier est sans conteste "Gédéon" le petit canard au long cou, mal aimé de sa famille et de quelques autres, ami des faibles et toujours plein d'astuce. Un lointain parent ailé de Charlot peut-être. Rabier aime semer dans ses albums de Gédéon de grands dessins en pleine page, véritables tableaux pleins de gaité où une foule d'animaux de toutes sortes se réunit pour se réjouir d'un bon tour ou pour fêter une victoire de Gédéon sur les méchants.

De 1909 à la fin de sa vie, Rabier réalise deux cents cinquante albums illustrés dont il écrit la plupart des textes.... Et on ne peut dénombrer les vignettes, les cartes postales, les images diverses, les jeux de société, les images d'Épinal, les bon points, les tableaux pour les écoles, les chromos...

Benjamin Rabier pendant la Première Guerre Mondiale

En 1914, la première guerre mondiale éclate, Benjamin Rabier, alors dessinateur reconnu, s'engage sous les drapeaux. Période lors de laquelle, l'illustrateur humoriste tourne en dérision l'armée allemande sous ses traits de crayons. Il dessine des affiches pour les emprunts de la Défense nationale, des cartes postales envoyées par les soldats au front à leurs familles. Il crée ainsi le Flambeau chien de guerre (1916), avec pour sujet : comment raconter aux petits français une guerre qui les privent d'un père, d'un frère, de parents, tout en donnant corps à la vie des poilus et leur enfer des tranchées.

Dans un même temps l'Etat-major décide de doter chaque unité de ravitaillement d'un emblème spécifique, qui sera apposé sur chaque camion. Pour ce faire, un concours est organisé. Ni une ni deux Benjamin Rabier y participe proposant une vache rouge hilare.

La Vache qui Rit

Mais comment est-elle devenue le symbole du fromage fondu triangulaire ? Simplement par Léon Bel qui en 1921 était à la recherche d'un nom pour son fromage fondu et se souvenant du logo qu'il avait vu tous les jours lors de la grande guerre, puisque affecté au RVF, déposa la marque « Vache qui rit ».

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Piètre dessinateur, il essaie de reproduire une vache sur pied, une entreprise vouée à l'échec. Il contact alors son ancien camarade de guerre pour qu'il reprenne son dessin original en lui ajoutant des boucles d'oreilles. Pour Léon Bel et sa société, l’acquisition et la maîtrise des droits d’utilisation de la Vache qui Rit furent longues et laborieuses. Il dut d’abord racheter en 1923 les droits de « La vache rouge » contemporaine de la Vache qui Rit et déposée à son insu par son imprimeur.

Benjamin Rabier est alors âgé de 59 ans et est au faîte de sa gloire. Séduit par cette vache qui rit et anticipant tout le potentiel de communication qui s’y attache, Léon Bel dessinera lui-même en 1922 une étiquette représentant un tel animal. Mais n’est pas illustrateur de talent qui veut ; il fera très vite redessiner sa Vache qui Rit par des illustrateurs confirmés. Après quelques hésitations, il optera pour le dessin de Benjamin Rabier qu’il achètera pour la somme de 1000 francs.

Tintin Lutin, l'ancêtre de Tintin

Parmi les nombreuses œuvres de Benjamin Rabier, on retrouve dès 1898 le premier album mettant en scène Tintin-Lutin, un petit garçon malicieux, en culotte de golf, coiffée qu'une houppette et souvent accompagné par un petit chien. Des histoires qui ont su séduire les plus jeunes comme un certain Hergé qui s'en est inspiré des décennies plus tard pour créer son Tintin, avec sa houppette blonde et son fidèle chien Milou.

Publications

Actuellement, environ 1600 histoires (hors reprises) publiées entre 1890 et 1924, réparties dans une quarantaine de publications, ont été recensées. Pour la plupart d’entre elles, un lien vers leur version numérisée est disponible. Le classement se fait par titre de journal et par date de première publication. Sauf mention contraire, les périodiques et imageries ont été examinés dans leur totalité. Les dates entre parenthèses après les titres de publication indiquent les années où des histoires en images de Rabier sont présentes.

Périodiques français

  • La Chronique amusante (1890-1892, 1897-1899, 1909)
  • L’Eclipse (1891)
  • Le Gil Blas Illustré (1891-1892)
  • La Revue illustrée (1893-1899)
  • La Vie drôle (1894)
  • Le Chat noir (1894)
  • Le Cycle (1894-1895)
  • Le Rire (1895-1898)
  • Le Pêle-Mêle (1896-1916)
  • La Revue Mame (1896)
  • Le Journal pour tous (1897)
  • La Caricature (1897-1898)
  • Cocorico (1899)
  • Le Journal Amusant (1899-1924)
  • Musée des enfants (1901)
  • L’Illustré national (1902-1903)
  • La Jeunesse Illustrée (1903-1919)
  • Le Grand illustré (1904)
  • L’Actualité (1905)
  • Les Belles Images (1905-1906)
  • Le Monde illustré (1905-1908)
  • Mon bonheur (1905-1907)
  • Mon beau Livre (1906)
  • La Vie parisienne (1907-1908)
  • Le Sourire (1908-1909)
  • Le Gaulois du dimanche (1908, 1910)
  • Le Matin (1908)
  • Je sais tout (1908)
  • Le Journal comique (1909)
  • Le Figaro de la jeunesse (1910)
  • Mon copain du dimanche (1911)
  • Les Annales politiques et littéraires (1912)
  • Le Bon temps (1914)
  • Le Petit Parisien (1915)
  • Almanach illustré du Petit Parisien (1917, 1919)
  • Histoire comique et naturelle des animaux (1907-1908)

Périodiques étrangers

  • Pick Me Up (Angleterre, 1892-1895)
  • Puck (États-Unis, 1896)
  • Scribner’s Magazine (États-Unis, 1897)
  • New York Herald (États-Unis, 1895-1902)
  • The Chicago Tribune (États-Unis, 1903-1904)
  • Fliegende blätter (Allemagne, 1895-1897)
  • Meggendorfer Blätter (Allemagne, 1897)
  • O Tico-Tico (Brésil, 1906-1911 et s.

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