En Seine-Maritime, l'ouverture générale de la chasse aura lieu dimanche 21 septembre. Mais dans les faits, cette première date concernera surtout la chasse du pigeon ramier, espèce la plus pratiquée dans le département.
L'ouverture de la chasse en plaine (perdrix grise, lièvre, faisan commun) interviendra dimanche 5 octobre. Cette mesure découle du plan de gestion spécifique, adopté lors de l'assemblée générale de la Fédération des chasseurs du département (FDC 76) en avril dernier, afin d'assurer une gestion raisonnée et durable de ces espèces.
Concernant le lièvre, la tendance est plutôt favorable. "Les comptages réalisés au printemps 2025 affichent une légère hausse par rapport à l'an dernier, avec en moyenne 16,3 lièvres aux 100 hectares. Les bonnes conditions météo printanières ont permis une reproduction réussie.
Pour la perdrix grise, après quatre années de reproduction catastrophiques, 2025 marque enfin un vrai renouveau. Les effectifs printaniers restaient faibles, mais la reproduction a connu un succès inédit depuis plus de dix ans. "En effet, les comptages par échantillonnage confirment cette embellie avec une moyenne de 4,8 jeunes par poule d'été à l'échelle du département. La moisson retardée par les pluies de juillet a également permis de sauver plusieurs couvées de recoquetage.
Le faisan commun, comme le lièvre, a profité d'un printemps favorable. "De belles compagnies sont observées, permettant quelques prélèvements raisonnés dans les secteurs où il est bien implanté", soulignent les représentants des chasseurs seinomarins. Le lapin de garenne, devenu très rare en Seine-Maritime, "reste cantonné à quelques colonies trop isolées pour se renforcer mutuellement".
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Du côté des grands gibiers, chez le cerf et le chevreuil, la reproduction se situe dans la moyenne et la stabilité domine. Le sanglier, avec sa capacité d'adaptation, se porte toujours bien. "Il faut impérativement prélever un maximum d'animaux pour limiter les dégâts agricoles de plus en plus fréquents dans certaines zones", insistent les instances de la FDC 76.
Le sanglier n'est pas la seule préoccupation de la Fédération des chasseurs de Seine-Maritime. La priorité reste la sécurité. Depuis 2019, la formation décennale obligatoire est venue renforcer les acquis des chasseurs, qui doivent suivre ce stage dix ans après l'obtention de leur permis.
La pratique de la chasse se porte bien, malgré un nombre croissant de chasseurs vieillissants qui raccrochent le fusil. Cette tendance est compensée par de nombreuses inscriptions à l'examen du permis de chasser.
Avec ses 574 ha qui associent deux entités complémentaires, une partie terrestre composée de parties humides et une partie maritime composée de prés-salés, de vasières et bancs de sable, la réserve naturelle de Beauguillot est devenue, au fil des années, un havre de paix propice au stationnement régulier d’oiseaux migrateurs.
À cette période de l’année, canards et oies sauvages ont pris possession du territoire. « Au dernier comptage, il y en avait 5 000 », explique Thierry Gallo, l’agent de la Réserve qui accompagnera, dimanche, la visite sur le chemin de l’observatoire jusqu’à la digue de mer. « Un nombre relativement stable », constate-t-il. « Les oies sauvages vont bientôt nous quitter. »
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Une opportunité que les chasseurs auraient bien voulu saisir en obtenant une prolongation de la chasse au gibier d’eau, officiellement fermée depuis le 31 janvier. Un arrêté gouvernemental ayant d’ailleurs donné son accord pour une prolongation de la chasse aux oies sauvages prévoyant un quota de 4 000 oies pouvant être tuées.
Mais les défenseurs des oiseaux devraient être rassurés : le Conseil d’État, saisi par la Ligue de protection des oiseaux, ayant ordonné le 5 février, semble-t-il, la suspension de cette autorisation.
Suite à l’aménagement de digues insubmersibles entre 1895 et 1920, étrécissant le lit du fleuve, de nouvelles terres émergées vinrent combler l’espace entre le canal de Tancarville et la digue insubmersible nord et donnèrent naissance aux marais endigués.
Bien qu’endigués, ces marais restent périodiquement alimentés par les eaux estuariennes, via de nombreuses vannes installées dans la digue insubmersible (sous la route de l’estuaire et le chemin de halage). Ces marais semblent très homogènes et le vert des prairies humides prédomine.
Le roseau s’est installé dans les zones les plus humides, le long de la digue et de nombreuses mares de chasse, baissières (vestiges d’anciennes filandres) et fossés apportent une diversité écologique supplémentaire et remarquable.
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Cet écosystème occupe les espaces les plus inondés et humides des marais endigués, les bordés de mares et de fossés. Elles représentent l'un des principaux écosystèmes de la réserve naturelle avec leur superficie de plus de 1600 hectares.
Il en existe différentes formes selon le cortège de plantes qui les composent. Des plantes peu communes, comme le Jonc de Gérard ou le Trèfle écailleux peuvent s'accommoder de cette petite touche de sel et font de ces prairies dites "subhalophiles" des milieux naturels d'une grande valeur, elles sont même uniques en Normandie d'après les spécialistes.
En plus de leur grande diversité floristique, les prairies constituent également un habitat de prédilection pour bon nombre d'oiseaux (zones de nourrissage, de halte migratoire et de reproduction). Plutôt pâturées à leur origine, elles sont aujourd’hui majoritairement exploitées pour le foin, récolté plus tardivement pour favoriser la nidification des oiseaux et le cycle de vie des insectes.
La bergeronnette flavéole est un oiseau très coloré. Le mâle présente une calotte et les joues vert olive, tandis que la gorge et le ventre sont jaune citron. C’est un oiseau à la silhouette élancée se terminant par une longue queue souvent agitée.
Le pipit farlouse présente une silhouette proche de la bergeronnette, légèrement plus petite de corps et de queue. C’est un oiseau majoritairement brun olive, au dos et au ventre striés de brun foncé. La femelle et le mâle sont identiques.
Toutes deux se nourrissent principalement de petits invertébrés - insectes, larves, araignées, vers et mollusques - qu’ils capturent en chassant au sol, mais aussi de graminées et autres plantes.
La réserve naturelle présente un réseau de mares qui est exceptionnel, autant en densité, qu’en nombre, puisque ce dernier est proche des 300 (dont 185 mares de chasse actives).
Tantôt d’eau saumâtre, tantôt d’eau presque douce, selon le gradient de salinité de l’estuaire, des dizaines de kilomètres de fossés sont entretenus pour permettre à l’eau et à la faune aquatique de circuler entre la Seine et les marais enclavés par les digues.
La Maison de l'Estuaire est une association créée en 1992, qui allie le rôle de médiateur entre les différents acteurs de l'estuaire de la Seine et celui de gestionnaire de la Réserve Naturelle Nationale de l'Estuaire de la Seine.
L'estuaire de la Seine fait partie des trois plus grands estuaires de France avec la Loire et la Gironde. Une vaste zone humide de près de 10 000 hectares, qui abrite un ensemble de milieux typiques et remarquables à l'échelle européenne - milieux subtidaux, vasières, prés salés, mares, roselières, prairies humides - à l'interface entre terre et mer.
L'estuaire de la Seine se compose d'une grande diversité de milieux naturels, soumis à l'influence de plus en plus marquée des marées et du sel : prairies humides, mégaphorbiaies, mares, roselières, prés salés, rivages de sables et de galets, estranszone de balancement des marées sablo-vaseux à rocheux et zones perpétuellement immergées.
Ces habitats fortement productifs permettent l'expression d'une flore d'une grande richesse - près de 500 espèces répertoriées à ce jour - et attirent quantité d'animaux dont pas moins de 385 espèces de papillons, 325 espèces d'oiseaux, 70 espèces de poissons, 48 espèces de mammifères, 13 espèces d'amphibiens.
Différentes activités économiques et de loisirs s'exercent dans la réserve naturelle. Les exploitants agricoles et les coupeurs de roseaux contribuent à l'entretien des prairies humides et d'une partie des roselières. Les pêcheurs professionnels du Havre et de Honfleur pratiquent encore la pêche à la crevette grise et à la crevette blanche.
Enfin la chasse est autorisée dans la réserve sur 30 % de sa surface. « Les animaux domestiques sont généralement de belle espèce, la race des chevaux purs normands y est belle, les bêtes à cornes sont grandes et fortes (...) Les moutons de Mielle (...) ont une chair délicate et estimée. Les bêtes fauves et le gibier deviennent rares; mais les loups et les renards sont encore trop communs, ainsi que les fouines. Les haies, plantées d'arbres qui entourent les cultures ans l'arrondissement d'Avranches, renferment un grand nombre d'écureuils et des oiseaux de toute espèce. Les oiseaux aquatiques et le gibier ailé sont très multipliés. Les rochers des côtes abondent en coquillages et en mollusques. L'orvet et la couleuvre ne sont pas rares, on rencontre aussi quelques vipères. Les rivières renferment des loutres. On pêche quelquefois à l'embouchure de celles qui se jettent à la mer le phoque ou veau marin. Les froids rigoureux amènent dans le département les cygnes, les cormorans, les spatules et les cigognes.
Depuis dimanche dernier, la chasse au gibier d’eau est lancée sur le site du marais du Grand Hazé. Mais de quoi s’agit-il ? Que peut-on trouver autour du marais ? Gilles Duquesnay connaît bien le marais du Grand Hazé, étendu sur 200 hectares.
Pour les marais intérieurs situés sur le territoire français, le 21 août marque l’ouverture de la chasse. Mais chaque année, c’est le dimanche suivant, cette année le 26 août, qu’elle débute autour du marais Grand Hazé, étendu sur les communes de Briouze et Bellou-en-Houlme.« Lancer la chasse un dimanche, cela permet d’être plus disponible, de ne pas poser une journée pour pouvoir participer », explique Gilles Duquesnay, secrétaire de l’Amicale des chasseurs de Briouze.
Si aujourd’hui l’endroit est bucolique et paisible, le Grand Hazé, qui se trouve aussi être le plus grand marais de l’Orne, n’a pas toujours été aussi accueillant. « Il y a près de 40 ans, le marécage était complétement délaissé, avec une végétation prédominante et de nombreux déchets déposés », raconte Gilles Duquesnay.
Ce sont les chasseurs de l’époque qui ont alors entrepris pour la première fois de restaurer les abords du marais, notamment en taillant les herbes hautes. « Ensuite, en reconnaissant le potentiel faune et flore, c’est le département qui a entrepris des travaux avec l’installation de panneaux, par exemple ».
Aujourd’hui, le marais du Grand Hazé est entretenu régulièrement : « si on laissait faire la nature, le marais deviendrait une forêt », assure le secrétaire passionné de chasse.
Sur le site où chasseurs et pêcheurs cohabitent, les animaux sont nombreux. Gilles Duquesnay distingue trois espèces de gibier d’eau : « les limicoles, les canards de surface et les canards plongeurs, qui sont une spécialité dans l’Orne ».
Concrétement, munis de leur fusil de chasse, et souvent de cuissardes, les chasseurs peuvent prétendre à des canards colverts, des sarcelles d’hiver, des sauvagines, des bécassines ou encore des canards souchets.
Si la chasse est ouverte toute la journée, mais se pratique plutôt « deux heures avant ou deux heures après le lever du jour », elle reste une question de chance : « le gibier d’eau est un oiseau migrateur, on ne peut jamais savoir quel jour il sera là », détaille le chasseur.
En se promenant sur un sentier, l’imitation d’un cri de canard est perçu, « chacun a sa technique pour approcher le gibier », sourit Gilles.
Les chasseurs du marais du Grand Hazé participent, sur la base du volontariat, à une étude scientifique sur les oiseaux, portée par l’Institut Nationale Nord Est Atlantique (ISNEA). « Lorsque l’on chasse, on récupére une aile et on les rassemble en fin de saison pour faire le point.
Pour chasser autour du Grand Hazé, mieux vaut connaître le terrain. « Il y a des zones où l’on ne peut pas aller car il y a des trous », raconte Gilles. Il se souvient d’ailleurs d’une situation qu’il a vécu il y a quelques semaines : « à cause d’un obstacle j’ai dû me décaler de quelques centimètres du chemin que j’emprunte d’habitude, et je me suis enfoncé de près d’un mètre ».
Ces variations de niveaux, entre 30 cm et un mètre, sont appelés les « Trous du Diable ». Dans un milieu aussi humide et vaseux, la question de contourner ou traverser se pose régulièrement pour les chasseurs, qui pour y pallier, emmènent souvent leurs chiens avec eux.
Autour du marais, de nombreux sentiers sont réservées aux chasseurs. Un autre est toutefois dédié aux promeneurs : le sentier du Breuil, long de 4 km. Des visites guidées sont aussi réguliérement proposées par le CPIE des Collines Normandes, notamment sur le thème des papillons et libellules, nombreuses sur le site.
L’Observatoire, situé à l’entrée du site et munis de grands panneaux informatifs, permet aussi aux visiteurs de découvrir les diverses espèces d’animaux et végétaux. « Il y en a certaines que je n’ai encore jamais vu », confie le chasseur pourtant habitué et fin connaisseur du marais.
Chasse au gibier d’eau, d’août à janvier. Pour s’inscrire, s’adresser à l’Amicale des Chasseurs de Bellou-en-Houlme ou de Briouze. 06 63 96 32 80.
L’historiographie du monde rural dans la France du 19e siècle lie le plus souvent les questions cynégétiques à celles de la forêt. Soit la chasse est envisagée en terme de droit d’usage, soit il est fait appel à la notion de voisinage pour aborder le problème des dégâts du gibier en plaine. L’emporte donc une vision juridique fondée sur la propriété : détention ou non d’un droit, responsabilité ou non d’un propriétaire.
À l’inverse, la zone humide, peu attractive sur le plan humain et économique, est encore mal connue, et nul ne peut être désigné comme le propriétaire incontestable d’un gibier d’eau, sujet le plus souvent à la migration, et surtout rarement considéré comme un nuisible. La combinaison de ces deux incertitudes explique probablement l’oubli dans lequel se trouve l’histoire de cette chasse au gibier d’eau.
The historiography of the French rural world during the 19th century generally links the history of hunting to the one of forests. Either hunting is explored by the study of hunting rights; either it is annexed to the question of neighbourhood and social relations in rural areas, with a focus on the problem of damages caused by game in plains. It is then a juridical vision of hunting practices, based on property rights and landlords responsibilities, that is mostly adopted by researchers.
At the reverse, in humid lands, relatively less populated and less considered by economic interests, property rights are far more ambiguous, and alas not well known. In those areas, quite often nobody can be considered as sole landlord of the waterfowl, especially of migrating species. Moreover, the question of game nuisances has no importance here, and thus does not influence common laws and practices. This is certainly why the history of waterfowl hunting is still so ignored.
En Normandie, les mammifères n’hésitent plus, par choix ou nécessité, à s’inviter dans les villes de Normandie. La Normandie regorge d’animaux en tous genres. De nombreux mammifères sauvages évoluent dans ou à grande proximité des centres-villes normands.
Une petite précision s’impose : bien qu’elles se rapprochent de l’homme, s’invitent chez lui et mangent parfois à ses dépens, ces charmantes créatures restent sauvages. Il est tout à fait possible de les admirer, les photographier et les aider en cas d’urgence vitale.
Les ragondins sont légion sur la quasi-majorité du territoire de Normandie ! Il a proliféré dans tous les cours d’eau de France. La Normandie n’y échappe donc pas ! Sa longueur va de 40 à 54 centimètres et son poids se situe entre 1,1 et 2,3 kg.
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