En tant que forestier, la question des dégâts de gibier vous touche pleinement. COFORET souhaite vous aider à trouver l’équilibre entre forêt et gibier pour que chacun puisse trouver sa place et s’épanouir.
Prendre en compte la pression et les dégâts du grand gibier (cerf, chevreuil, sanglier…) sur les peuplements forestiers, tel est l’objet d’un programme financé par France Bois Forêt, réunissant les propriétaires et gestionnaires de la forêt publique et privée et piloté par Fransylva.
Abroutissement, écorçage, frottis, tels sont les dégâts, alimentaires ou comportementaux, observés en forêt. Principaux responsables : les grands ongulés et, plus précisément, la famille des cervidés (cerf, chevreuil, chamois, mouflon…). Or ces populations ne cessent de croître malgré des tableaux de chasse revus à la hausse ces deux dernières décennies.
Le programme « Prise en compte des dégâts de grand gibier en forêt », financé par France Bois Forêt, mené par Fransylva et ses partenaires (dont les coopératives forestières), « vise à identifier et à caractériser les différents outils d’évaluation et de signalement de la pression et des dégâts sur les peuplements forestiers, publics et privés », explique Isabelle Flouret, responsable de projets chez Fransylva. Il s’agit de développer une procédure qui convienne à tout type de forêt et qui puisse générer des données fiables et communes sur tout le territoire.
En attendant d’avoir cet outil et de pouvoir l’utiliser, il nous faut utiliser les fiches de déclaration de dégât de gibier. Parce qu’il n’est pas aisé de s’y retrouver en fonction de votre département ou encore de votre région, COFORET a souhaité vous faciliter la vie en vous transmettant ici toutes les fiches. En fonction du département sur lequel est située votre forêt, téléchargez la fiche correspondante.
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La procédure d’indemnisation des dégâts est la suivante :
La loi Chasse du 7 mars 2012 comporte des mesures modificatives à l’indemnisation des dégâts causés par le grand gibier aux cultures et aux récoltes agricoles.
Dans le Jura, l’ensemble des mesures s’appliquent progressivement depuis le début de l’année. Plusieurs journées de formations auprès du personnel et des administrateurs ont été programmées. Les estimateurs ont étés formés aux nouvelles techniques d’expertise. Une campagne d’information auprès du monde agricole a été réalisée ainsi qu’une plaquette d’information téléchargeable.
Le conseil d’administration de la Fédération a décidé pour sa première année d’entrée en vigueur d’adopter une démarche pédagogique vis-à-vis des agriculteurs. L’année prochaine, les textes seront appliqués strictement.
Les services de la fédération restent à votre disposition pour tous renseignements complémentaires et vous conseillent de vous rendre en expertise avec l’estimateur et l’agriculteur en cas de dégâts sur votre commune.
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La rencontre entre la faune sauvage et nos modes de vie se passe le plus souvent sans heurts, voire au contraire avec un certain émerveillement… Qui n’a pas croisé au détour d’un petit chemin le regard furtif d’un chevreuil blotti dans le fossé? Parfois, il s’avère que la faune sauvage engendre des désagréments importants, pouvant causer des préjudices considérables.
En premier lieu, l’automobiliste doit savoir qu’il peut conserver le grand gibier tué accidentellement lors de la collision, quelle que soit la période de l’année. Il doit néanmoins, préalablement au transport de cet animal, avoir prévenu la gendarmerie ou la police. À noter toutefois que lorsque l’accident survient lorsqu’une action de chasse est en court, et qu’un gibier poursuivi par des chiens percute un véhicule, la responsabilité de l’association de chasse ou de l’organisateur de la chasse pourra être recherchée.
Le sujet fait régulièrement débat, car forestiers et chasseurs posent deux regards différents sur l’environnement forestier. Il y a donc nécessité de s’accorder sur l’importance que l’on doit donner aux choses que l’on observe. L’abroutissement de la végétation forestière par exemple révèle la présence d’animaux forestiers qui participent à l’écosystème et à sa biodiversité.
Ces futurs arbres doivent être en nombre suffisant et posséder une bonne conformation. Les abroutissements, les frottis et la mise à nu des racines peuvent, par leur intensité, compromettre leur développement normal, voire provoquer leur disparition. Il existe différentes méthodes pour évaluer cette intensité. Elles reposent toutes sur un échantillonnage statistique permettant d’évaluer un taux de dégâts.
Les chasseurs peuvent être invités à participer avec le forestier à la réalisation de ces relevés parcourant la totalité de la parcelle mais excluant les lisières, lieux d’alimentation privilégiés des animaux.
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Sur la base de ce diagnostic établi pour chaque lot de chasse, deux types de situations se présenteront. Si la situation est satisfaisante, forestier et chasseur définiront comment la perpétuer par des pratiques cynégétiques et sylvicoles vertueuses.
Le frottement du gibier, aussi appelé frayure ou effilochage, figure parmi les causes majeures de pertes en régénération forestière. Quand un cervidé frotte ses bois sur l’écorce, il provoque des blessures longitudinales qui interrompent la circulation de sève, ouvrent la porte aux champignons et fragilisent mécaniquement le tronc. Sans protection ciblée, un plant de valeur peut dépérir ou rester définitivement déformé.
On installe la protection effilochage là où la pression du gibier est tangible et la valeur des plants élevée: introduction d’essences feuillues précieuses, régénérations sous couvert, lisières, trouées, coupes rases et zones de gagnage.
Deux familles dominent la pratique :
Des grillages hexagonaux offrent une alternative économique pour des plantations extensives. La protection anti-frottement s’intègre dans une stratégie globale de sécurisation des jeunes peuplements.
Si l’objectif est d’accélérer la mise hors d’atteinte tout en protégeant des frottements, les Gaines de croissance pour la forêt apportent une solution performante. En présence de pression d’herbivorie, complétez avec la Protection anti-broutage pour la forêt.
Une fixation fiable réclame des ancrages adaptés, disponibles dans Tuteurs en tonkin & tiges de soutien pour plantes. Une décision bien structurée économise du temps et des remplacements.
Nous mettons à disposition un grand choix de solutions éprouvées pour la forêt, sélectionnées pour leur qualité et appuyées par une expertise terrain. Des variantes biodégradables facilitent la gestion des chantiers éloignés. D’autres modèles privilégient la robustesse pour résister aux hivers rudes et aux sites battus par les vents.
Un montage soigné conditionne l’efficacité. Dépliez la protection, formez le cylindre ou le cadre, puis fixez‑la fermement au tuteur. Sur les pentes et lisières, deux tuteurs assurent une meilleure tenue. Laissez un léger espace entre le tronc et la paroi pour éviter les frottements internes. Contrôlez au moins deux fois par an, après l’hiver et après la période de forte pousse.
Installez la protection anti-frottement dès la plantation et visez une hauteur d’au moins 120 cm. Fixez-la sur deux tuteurs solides, en laissant 2 à 3 cm d’espace autour du tronc.
En l'absence de prédateurs comme le lynx, le loup voire l'ours, les populations de sangliers et de grands cervidés se développent fortement dans les forêts françaises. L'équilibre écologique forestier s'est vu profondément modifié sous la pression anthropique liée aux morcellements des forêts et à l'exploitation forestière notamment.
En éliminant en outre les prédateurs naturels jugés dangereux, comme les loups, les ours ou les lynx, l'Homme a favorisé le développement des grands gibiers tels que les sangliers et les grands cervidés.
A proximité des axes routiers, la multiplication des grands animaux augmente les risques de collision avec les véhicules automobiles. En devenant le lieu privilégié d'alimentation des grands gibiers, a fortiori en cette année de disette de glands, les champs, notamment de maïs, jouxtant les bois peuvent faire l'objet de destructions régulières.
Mais au-delà des dégâts potentiels sur les infrastructures humaines, cette surpopulation exerce une vraie pression sur l'écosystème forestier.
Or, c'est le grand paradoxe de notre société que de reconnaître le problème posé par ces animaux alors que l'action humaine a délibérément cassé la chaîne alimentaire (prédateurs-proies) qui équilibrait auparavant les populations.
Dès lors, la chasse est présentée comme "incontournable" et totalement justifiée alors qu'une majorité de la population en France n'y adhère pas (54 % des Français interrogés).
Les pullulations de sangliers sont dues à plusieurs facteurs: l'agrainage par les chasseurs, l'enrésinement massif des forêts et la multiplication des cônes dont ils se nourrissent.
Rappelons en outre que si le sanglier et le chevreuil "proliferent" et que les populations "explosent", c'est aussi parce que certains chasseurs eux-memes les nourrissent (agrainage) afin d'en avoir plus a chasser...
Si nous regardons un tout petit peu au delà des nos frontières hexagonales, l'Italie abrite des ours et des loups, l'Espagne accueille une importante population de loups comme le Portugal et la cohabitation entre éleveurs de moutons ou de bovins se passe plutôt bien parce que des moyens efficaces de protection des troupeaux ont été donné aux éleveurs (chiens de garde + enclos entièrement grillagés avec rassemblement des troupeaux la nuit).
Avec environ 1 200 000 chasseurs, la France demeure en tête de l’Europe. Le nombre réel de chasseurs est un peu inférieur (certains prenant plusieurs licences à la fois, dans différents départements). Le nombre de chasseurs diminue chaque année.
Oui, aujourd'hui la pullulation des "grands ongulés" est problématique pour l'Homme (accidents divers, sentiment d'insécurité des habitants des bordures urbaines, pertes économiques agricoles et sylvicoles).
Il faut arrêter de parler de la réintroduction du lynx ou du loup parce que en réalité très peu de personnes sont pour ce projet. Il faut arrêter de se donner bonne conscience. Moi je suis pour cette réintroduction dans certains massifs où la surpopulation de certaines espèces est présente.
Mais combien de fois j'ai entendu des personnes qui disent au départ qu'ils sont pour et qui ensuite lors d'une table ronde ou conférence qui lance le projet passe dans l'autre camp. L'Homme au fond ne supporte pas être "dominé". Et il l'a prouvé en faisant disparaître le loup ou le lynx de plusieurs régions.
Mais si on réfléchit bien, ces espèces étaient là bien avant nous et elles nous bien acceptés à notre arrivée alors pourquoi on en ferait pas autant.
Le pratique agricole et notamment le remembrement ont créé une situation inédite. Des hectares de maïs subventionnés. Nourriture abondante et protégeant les sangliers, favorise l'augmentation des populations. Pour mémoire, les dégâts de maïs sont financés par les chasseurs exclusivement.
Une laie est féconde dès 40 kgs. en général, on peut compter sur un petit par tranche de 10 kgs (en moyenne). sa gestation est 3 mois, 3 semaines, 3 jours... avec allaitement pendant +ou - 3/4 mois soit une période de 7 mois ou la femelle n'est pas prenable.
le loup consomme très peu d'ongulés sauvage, (6% de sangliers). il consomme aussi des carnivores (renard 1%, surtout des chiens 2 %...) oiseaux 5%, petits mammifères 1%, lapins 8%, chevreuils 1%, potcs 4%.
Une réalité confirmée par les scientifiques qui travaillent sur le loup ""Dans la mesure où la plupart des études étaient réalisées en Alaska ou dans des zones très peu peuplées, ces animaux ont été associés à la nature sauvage. On en arrive à un tel point que les territoires où les troupeaux subissent le plus de pertes, dans le Mercantour et dans les Préalpes de Grasse notamment, sont aussi parmi les plus giboyeux de France.
Comment expliquer que les chasseurs ne puissent plus à terme payer les dégâts de gibiers ? La principale réponse se cache en forêt où un animal qui en était le « roi » est devenu aujourd’hui « un problème de gestion ».
C’est le constat dressé par Raphaël Mathevet, écologue, géographe et coauteur de « Sangliers, géographies d’un animal politique » aux éditions Actes sud.
D’une époque où prélever ce symbole de nature sauvage créait l’évènement - 35 000 sangliers avaient été prélevés en 1973, 50 ans plus tard, ils étaient 863 000 sur tout le territoire, 24 fois plus -, nous sommes passés dans une ère où l’animal est devenu abondant. Quittant même les bois pour s’approcher des villes, il est « banalisé » par les chasseurs mais aussi les naturalistes, relate le chercheur.
Pour les agriculteurs il reste un voisin non désiré à qui revient l’augmentation des dégâts de gibiers indemnisés ces dernières années, lui qui est l’auteur de 85 % d’entre eux. Le maïs est la principale cible. Il représente la moitié des dégâts indemnisés devant les céréales à paille pour 20 %.
Si Eric Baubet, chargé de recherche à l’Office français de la biodiversité qui travaille sur le sanglier depuis plus de 25 ans, estime que la population de sangliers, avant chasse, oscille entre 1,275 à 1,525 million d’individus, il suffit de peu d’animaux pour créer d’importants dégâts.
Pour parvenir à se multiplier et à coloniser de nouveaux territoires ces dernières décennies, le sanglier a profité de plusieurs conditions favorables.
« Dans les années 1960 et 1970, avec la modernisation agricole qui a fait le succès de l’agriculture française en augmentant les rendements et en permettant d’accéder à une forme d’autonomie et de puissance d’exportation agroalimentaire, le petit gibier s’est effondré avec les intrants et l’arrachage de haies », explique Raphaël Mathevet.
« Il y a alors eu la volonté politique des institutions cynégétiques, accompagnées par l’autorité publique, de se concentrer sur le retour du grand gibier, dont le sanglier. Cela a impliqué l’élevage en captivité, des lâchers et la fixation du sanglier sur des territoires. Dans les années soixante-dix à quatre-vingt, la France comptait plusieurs milliers d’élevages de sangliers ».
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