La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) a été un conflit mondial d'une ampleur et d'une brutalité sans précédent. Dans cette guerre totale, les armes à feu, tant les armes de poing que les armes longues, ont joué un rôle crucial dans le déroulement des batailles. Des armes emblématiques comme le pistolet-mitrailleur allemand MP40 au fusil américain M1 Garand, ces outils de guerre étaient à la fois diversifiés et innovants, reflétant les avancées technologiques militaires de l'époque. Cet article se penche sur certains des fusils mitrailleurs allemands les plus importants utilisés pendant la Seconde Guerre mondiale, en explorant leur conception, leur utilisation et leur impact sur le champ de bataille.
Développé en 1940, le MP 40 (Maschinenpistole 40) est l’un des pistolets-mitrailleurs les plus reconnaissables de la Seconde Guerre mondiale. Conçu pour être robuste, compact et maniable, il était principalement utilisé par les officiers et les troupes mécanisées de la Wehrmacht. Chambré pour la munition de type Parabellum 9x19 mm, ce pistolet mitrailleur MP40 succède le MP 38 et le MP38-40. Ces chiffres indiquent l'année de fabrication. Cette ancienne arme de guerre reprend le mode de fonctionnement du MP38 avec sa culasse ouverte. Sachez que plus de 1,2 million d'exemplaires de MP38, PP 38-40 et MP 40 sont produits. Une usine d'armement appelée ERMA ou Erfurter Maschinenfabrik Geipel a développé ces trois modèles. Heinrich Vollmer, le concepteur de l'entreprise, s'est basé sur le MP 36 pour les façonner. Quant à la production, Schmeisser s'en est occupé.
Ce fusil de combat allemand est automatique. Il fonctionne avec des munitions 9x19 mm Parabellum, un calibre de cartouche conçu pour les pistolets semi-automatiques. Le MP40 est intensivement utilisé au début des années 1940. Des groupes de rebelles et des armées se servent encore de lui aujourd'hui. À vide, ce fusil d'assaut pèse 4,03 kg. Chargé, son poids s'élève à 4,7 kg. Lorsque sa crosse est repliée, l'arme mesure 630 mm. En revanche, sa longueur atteint 833 mm lorsque sa crosse est dépliée. Le canon du MP 40 mesure 250 mm. La portée pratique de cette arme à feu est de 100 m. Sa cadence de tir est intéressante, car elle peut tirer jusqu'à 600 coups par minute. Sa vitesse initiale est de 380 m par seconde. Son chargeur est droit et contient 32 balles.
Ce vétéran a d'autres caractéristiques propres à lui, il dispose en effet :
Le MP 40 s'est avéré particulièrement efficace dans les combats urbains, comme lors de la bataille de Stalingrad. Après la Seconde Guerre mondiale, une grande quantité d'armes fut stockée en Israël. Jusqu'en 1956, elles étaient l'arme officielle des parachutistes de cette nation. Le MP 40 servit aussi en Palestine. Lors de la guerre d'Indochine, l'armée française a utilisé une quantité importante de MP 40. Les commandos de marine l'ont beaucoup employé avant les années 1960. Après la Seconde Guerre mondiale, une grande partie des armes produites sont parties en Asie et en Afrique. Elles ont surtout été utilisées lors des différents mouvements indépendantistes. En 1999, de nombreux exemplaires de MP 40 réapparaissent pendant la guerre du Kosovo. Ce fusil a également été utilisé lors de la guerre civile syrienne.
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Sachez que de nombreux modèles de fusils ont tiré leurs caractéristiques du MP 40 :
La MG 34 était une des plus grandes innovations dans l’histoire des armes. Cependant, la conception et la main d’œuvre exigées pour la fabrication étaient respectivement longue et coûteuse. Avec de telles exigences, l’arme s’était vite retrouvée hors des chaînes de production. À la fin de 1940, les Allemands réalisèrent qu’ils devaient remplacer la MG 34 par un substitut mieux adapté à la production à grande échelle.
Quand l’armée allemande va faire l’acquisition de la MG34, elle va rapidement se rendre compte que malgré son efficacité et sa fiabilité, l’arme est complexe et coûteuse à fabriquer. L’Allemagne met donc en place une sorte de concours pour que les entreprises du Reich proposent un nouveau prototype pour une mitrailleuse universelle efficace, fiable, simple et moins onéreuse. En 1937, les autorités militaires vont sélectionner le prototype de l’entreprise Grossfuss Metall und Lackier-Warenfabrik qui comme son nom l’identique n’est pas une entreprise de l’armement mais un spécialiste des métaux et de la peinture. En 1938, la mitrailleuse est améliorée grâce à l’implémentation d’un système de changement de canon extrêmement rapide et simple. S’en suit une période d’essai et de tests dans l’armée à partir de 1939.
La MG42 est une des armes les plus emblématiques de la Deuxième Guerre mondiale grâce à sa fiabilité, son ergonomie notamment grâce à son changement rapide du canon et de sa relative simplicité. D’ailleurs l’arme a eu un important impact sur le développement des mitrailleuses et fusils mitrailleurs. L’arme était refroidie à l’air, le mécanisme de recul basé sur une conception nouvellement inventée d’une culasse avec des rouleaux. Les munitions ceinturées de calibre 7,92 mm alimentaient l’arme par la gauche.
Le Sturmgewehr 44, souvent abrégé en StG 44, est un fusil d'assaut allemand qui a marqué une étape importante dans l'histoire de l'armement. Il est considéré comme le premier fusil d'assaut véritable de l'histoire.
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L'une des spécificités du StG44 et des fusils d’assaut modernes est l’utilisation de ce qu’on appelle une munition intermédiaire. Une munition moins puissante que les cartouches en services dans les fusils de l’époque mais avec une efficacité balistique bien supérieure à des munitions de pistolets.
Vers la fin des années 30, le concepteur Hugo Schmeisser commença à travailler sur un fusil automatique qui utiliserait une cartouche de court-cas, soit avec une douille plus courte. Les essais avaient prouvé que la cartouche normale de fusil était trop puissante pour un fusil automatique, rendant l’arme trop difficile à contrôler quand on ouvrait le feu. L’utilisation de la cartouche de court-cas était donc obligatoire.
En 1939, le bureau central allemand lance un programme pour une « Maschinen Karabiner » MKb aménagée pour la nouvelle cartouche 7.92×33 Kurz. Deux entreprises vont alors proposer leurs prototypes: Haenel avec le MKb 42 (H) et Walther avec le MKb 42 (W). Malgré le manque d’intérêt du Führer, les développements vont se poursuivre pour améliorer l’arme notamment en la modifiant pour qu’elle tire avec une culasse fermée. Et l’arme va devenir le MP43.
En 1944, sa désignation fut changée pour MP 44 ; plus tard cette année là, elle fut de nouveau modifiée pour Sturmgewehr (fusil d’assaut) 44, créant ainsi une nouvelle catégorie d’arme à feu (le nom avait alors été choisi pour des raisons de propagande). Environ 500 000 Stg 44 furent livrés aux troupes allemandes combattant sur le front de l’Ouest. Ses utilisateurs en étaient très satisfaits, mais elle arriva trop tard et en trop faibles quantités pour influencer le cours de la guerre.
Le StG 44 a été produit en moins de 426 000 exemplaires, dont environ 300 000 ont été effectivement utilisés au combat entre 1943 et 1945. Les 130 000 autres ont été capturés essentiellement par les russes avant même leur envoi en ligne.
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Un fusil d’assaut, c’est d’abord une arme compacte (moins d’un mètre), portable par un seul homme avec son stock de munitions suffisant pour un combat standard, fonctionnant en mode semi-automatique et automatique, et qui reste contrôlable en mode rafale.
Le StG 44 est souvent comparé à l'AK-47, bien qu'il existe des différences significatives entre les deux armes. Le StG 44 utilise une complexe culasse à coin basculant contre une culasse rotative dans la AK47.
Le StG 44 utilise un piston à tige fixe et non solidaire de la culasse. Ce piston, indépendant de la culasse, frappe une tige de transmission qui pousse le bloc culasse vers l’arrière. Kalashnikov est un génie de la mécanique pure. Dans le STG 44, le boîtier est segmenté en sous-ensembles distincts, chacun ayant son propre logement: la culasse est guidée dans des rails séparés, le ressort récupérateur est logé dans un tube séparé, la partie supérieure et inférieure du boîtier forment deux pièces bien distinctes assemblées ensemble.
Dans le AK47, la philosophie de conception est radicalement différente. Le boîtier de culasse en tôle emboutie (ou même usiné selon les versions) est structuralement intégré à l’arme. Il sert, lui même et directement, de support à plusieurs composants internes. Il assure le guidage du piston et du bloc culasse, le logement du ressort récupérateur, l’ancrage du système de détente.
Au début de 1945, apparurent aux mains des combattants Allemands du Volkssturm, (unité combattante constituée de vieillards et de gamins armés en hâte pour essayer d’endiguer l’avancée des Anglo-américains à l’ouest et du rouleau compresseur soviétique à l’est) toute une série d’armes dites « de nécessité ».
Un des responsables de Gustloff, l’ingénieur Karl Barnitzke avait mis au point durant la Deuxième Guerre mondiale un fusil d’assaut simplifié tirant la mythique cartouche de 7,92×33 Kurz dévolue au Sturmgewehr : le MP507.
Lorsque la situation se dégrada encore vers le début de 1945 chaque Gauleiter (responsable local équivalant à un préfet) fut doté de pouvoirs accrus, et chargé d’organiser les fabrications de moyens de défense à l’échelle locale. Ainsi, Fritz Sauckel utilisa au mieux les ressources de son Gau (province) de Thuringe en faisant fabriquer chez Gustloff environ 10 000 exemplaires du modèle.
Le numéro de série « Th. 3984 » que nous observons sur notre exemplaire est en très bon état. Il n’est seulement frappé que sur le côté gauche de la crosse qui est constituée d’une simple planche découpée et rivetée à la carcasse. Les lettres préfixes « Th. » identifient le « Gau » de Thuringe.
Aucun poinçon de contrôleur, d’épreuve ou de fabricant n’est porté sur l’arme : ceci accrédite ainsi la thèse d’une fabrication d’urgence dans les dernières semaines de la guerre. Le seul marquage à part le numéro de série sont les lettres « S » et « F » au niveau du levier de sûreté.
Le concepteur a ainsi tablé sur un retard à l’ouverture de la culasse tout d’abord induit par son importante masse puis assisté par le prélèvement des gaz pour contrecarrer le recul initié par le départ du coup. Dans ce mouvement arrière, la culasse se trouve également amortie par un puissant ressort récupérateur.
La construction de l’arme recourt autant que possible à la tôle emboutie, au rivetage et à la soudure. Ainsi, la carcasse et le système de mise à feu font massivement recours à ces technologies.
À quelques centimètres de la bouche, le canon est percé de 4 évents d’emprunt de gaz périphériques disposé à 90° les uns des autres. Lorsque, poussé par les gaz issus de la combustion de la poudre, la balle dépasse ces évents, les gaz envahissent la chambre constituée par le manchon qui entoure le canon.
La pression de ces derniers contribue à ralentir le mouvement arrière de culasse en prenant appui sur la partie avant du manchon. Sous doute mis au point à force de mathématique et d’expérimentation, le placement des 4 évents doit correspondre à l’endroit permettant le meilleur «timing» quant à l’ouverture de la culasse de cette importante masse.
Outre le StG 44, l'Allemagne a développé et utilisé une variété d'armes pendant la Seconde Guerre mondiale, chacune ayant ses propres caractéristiques et utilisations.
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