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L'idée d'ajouter une lame à une arme à feu est ancienne, mais transformer cette idée en un objet solide, efficace, pratique et facile à fixer au fusil, sans nuire au tir, a nécessité du temps et des avancées techniques significatives.

La Baïonnette : Plus qu'une Simple Lame

La baïonnette militaire doit répondre à des contraintes importantes de pénétration, même si son utilisation est moins fréquente aujourd'hui. Elle reste en dotation dans la plupart des armées, même à l'ère de la guerre spatiale et des armes automatiques. La baïonnette est une réalité incontournable de la guerre.

Son défi est de percer le brêlage de cuir, le manteau, la vareuse et la chemise de l’adversaire, ou son treillis et son gilet pare-balles. Le combat à la baïonnette est un choc violent, un contact interindividuel souvent final pour l'un des protagonistes.

La baïonnette est l'expression d'un choc violent, d'un contact interindividuel, sans deuxième manche, les yeux dans les yeux et souvent final pour l’un des deux protagonistes. Le combat à la baïonnette, c'est la dialectique des volontés portée à blanc comme le fer dans la forge.

L'aphorisme « La balle est folle. La baïonnette est sage » (version « École de Guerre 1912 ») est dérivé de la citation du Généralissime russe Souvorov : « La balle est folle. La baïonnette sait ce qu'elle fait. » Napoléon disait aussi que « le fusil n'est qu'un bâton sur lequel le brave fixe sa baïonnette ».

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Les Origines de la Baïonnette

Face à la question combat de près / combat de loin, créée par le fusil, on opta souvent pour une solution hybride (qui demeura longtemps) consistant à équiper les hommes de deux armes, une à feu à distance et l’autre blanche pour le combat rapproché. Un sabre court genre « briquet » le plus souvent car il était plus apte au corps à corps. Mais deux armes par hommes, c’est une dépense. C’est encombrant aussi. Et puis ce n’était pas adapté à tout. A repousser la cavalerie notamment. Alors on continuait, en gros, de faire accompagner des tireurs de mousquets avec des hallebardiers ou des piqueurs.

Une autre motivation, trop négligée, est que la « solution » baïonnette aurait sans doute permis d’économiser des munitions. On le pensait.

L'histoire voudrait qu'en pleine Guerre de Religions, des paysans catholiques de Bayonne, à court de poudre, se défendirent d'un assaut protestant en fixant des couteaux de chasse au bout de mousquets vers 1570. Une autre version fait remonter le mot au « baionnier », archer français de la Guerre de Cent-Ans maniant aussi le couteau. Le mot « bayonnette » est attesté dès 1572. La région de Bayonne était réputée pour ces couteaux et lames à destination militaire.

Née du système « D », la baïonnette connaitra deux étapes. Elle permet aux hommes de disposer en quelques secondes d'une « pique » pour se défendre au corps à corps voire de résister à des cavaliers. Ce concept de fusil se transformant en pique de combat durera jusqu'au XXe siècle. Cela explique la longueur des fusils à silex (1m50 sans la baïonnette!) et celle des fusils Lebel ou Gewehr 1898 allemand de 1m20 avec leurs baïonnettes de 60/70cm de plus !

Ce concept ne sera remis en cause que par la Guerre de 14 et ses tranchées exiguës où un long fusil muni d’une longue baïonnette est plus gênant qu’autre chose. Mais c’est bien cette même baïonnette qui a sorti de l’Histoire les hallebardes, les faux, les multiples piques et autres espontons qui avaient régné en maitre sur tous les champs de batailles du monde depuis les hoplites de la Grèce antique. Une arme révolutionnaire donc par son coût, sa praticité et son efficacité une fois associée à un fusil.

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L'Innovation de Vauban

La seconde étape, l'amélioration décisive du concept, viendra de Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban. En 1687, Vauban indique à Louvois qu'il est possible de concevoir un système de fixation qui n'obstrue pas le canon. Naît ainsi le principe de la baïonnette moderne, avec une douille cylindrique se bloquant sur un tenon en acier à l'extrémité du fusil et munie d'une lame droite à base coudée, fixable/détachable en un instant et d'une rigidité totale. La baïonnette moderne était née.

1670 environ pour la naissance des baïonnettes bouchons - 1690 pour celle des baïonnettes à douilles - inutile de vous dire que les baïonnettes bouchon militaires survivantes comme la notre sont très rares. Je ne vois d’ailleurs passer que des baïonnettes-bouchon de chasse. Par sa lame très large 45mm à la base, d’une longueur de 37 cm et d’une épaisseur de plus de 4mm, c’est assurément une baïonnette militaire ce que confirme la forme de sa lame à contrepointe. Elle est de plus muni en croisière de deux outils pour être encore plus utile au soldat - un servant à cogner - un servant à visser ou démonter pour le service du fusil. Déjà très bien pensé !

La lame a été oxydée / nettoyée (350 ans ont passé !) mais elle est dans sa bonne épaisseur d’origine, très saine et très solide. Ce même modèle est répertorié en collection avec une Fleur de Lys et une trace de couronne au talon (ici disparus avec les siècles) - poinçons qui indiquent à coup sûr une baïonnette de fusil d’officier « fournie par le roi » et de fabrication privée de Saint-Étienne.

Notre baïonnette est exactement la même, y compris le bois de la poignée, de ce même bois de grande qualité, voire luxueux d’apparence, qui confirme une destination pour officiers. C’est du buis. Bois européen le plus dur et le plus résistant à tout y compris aux parasites et surtout un bois à grains très fins qui ne se fend presque jamais à cœur sous les chocs. Notre poignée-bouchon est en excellent état sans trou de vers, presque neuve. Le buis a remarquablement résisté. Vive le buis ! Nos ancêtres étaient des experts dans le choix des matériaux naturels.

Les marques sur la boule de la poignée sont des marques d’enfoncements successifs dans le canon ou des coups et nullement des fentes ou des recollages.

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In fine une TRÈS rare baïonnette militaire française vers 1670. Une des toutes premières de l’Histoire de toutes les armées du monde. Et c’est du 100% made in France ! Infiniment plus rare que la 1717 son successeur déjà difficile à « loger ». Une vraie pièce évocatrice de la grande Histoire de France et d’une étape majeure de l’histoire de l’armement . Objet indispensable pour tout collectionneur de baïonnettes.

La Baïonnette Fulcrum : Un Modèle Moderne pour le FAMAS FELIN

Extrema Ratio, une société italienne spécialisée dans la production de couteaux et lames tactiques haut de gamme, a fourni son modèle emblématique Fulcrum aux forces armées italiennes et françaises. En 2003, environ 2000 couteaux Fulcrum ont été utilisés lors de l'opération « Nibbio » en Afghanistan.

Devant le succès de ce modèle sera développé une version baïonnette, également utilisée par l’armée italienne, mais aussi officiellement par l’armée française, c’est de ce modèle que l’on parlera spécifiquement ici !

La baïonnette Fulcrum modèle Armée Francaise.Cette baïonnette se caractérise par un poids imposant de 380g. Elle est prévue pour être utilisée sur la nouvelle génération de Famas, à savoir le FAMAS valorisé et le FAMAS Felin. 11000 exemplaires auraient fait l'objet d'une commande.

Le manche est fabriqué en Forprene, un élastomère thermoplastique vulcanisé (TPV) très durable et résistant, également approuvé par l’OTAN. Pour l’armée francaise, il sera de couleur OD. Sa lame Tanto de 170mm, partiellement dentée sur 40mm, est fabriquée à partir d’acier inoxydable au cobalt N690 pour une dureté de 58HRC. Le bronzage est à priori d’excellente qualité et répond à la norme MIL-C-13924, comme on peut s’y attendre pour une fabrication haut de gamme.

Les modèles réglementaires sont dotés de deux numéros : un numéro de série commun, ainsi qu’un numéro à priori unique à chaque baïonnette commençant par « MA » sur l’autre face. Preuve de la qualité, la lame résisterait a 150kg de pression (données fabricant).

Le fourreau, toujours de couleur OD, est en matière plastique ABS et doté d’un système d’aiguisage au dos. Il est, comme pour la baïonnette, sérigraphié sous la dénomination suivante : « FOURREAU - Série - Contrat (ici FAQ 15) ». Comme sur les modèles de type AK, on retrouve un système permettant d’utiliser la baïonnette comme coupe-barbelés. On peut également retrouver au dos une plaquette "VIGIFELIN TRACABILITE", parfois absente comme ici.

Information importante : il est a noter que les fourreaux et baïonnettes ne disposent pas de numéro unique mais reçoivent un numéro de série commun. Cette particularité ravira les collectionneurs pointilleux et stressés à l’idée de ne pas avoir les lames et étuis « aux numéros » !.

L’étui réglementaire est en cordura de couleur OD/noir et est doté de système de fixation MOLLE/PALS. Il est marqué sous la designation « ETUI SOUPLE - Série - Contrat (ici FAQ 15) » . Il est doté de deux sangles permettant l’adaptation a la cuisse, ainsi que d’une attache ceinturon sécurisant l’ensemble.

Cotation (07/2024) :

Deux versions existent : la version commerciale et la version militaire. La version commerciale se trouve sur internet pour environ 500€. Pour la version militaire, il est relativement difficile d’en acquérir une. Rappelons que, selon une source, l’armée française aurait réalisé une commande de seulement 11 000 exemplaires, une production que l’on peut qualifier d’extrêmement faible pour une production gouvernementale. De plus, l’utilisation des FAMAS New Gen fut relativement limitée sur le terrain.

Remarque: Sur quelques photos de l'armée française montrant l'utilisation de cette baïonnette, il semble que l'on distingue parfois des modèles non sérigraphiés, ce qui indiquerait peut-être un achat "test" de versions commerciales par l’armée avant le passage aux modèles sérigraphiés.

Cette baïonnette, dont l’utilisation par l’armée française a été confirmée en Afghanistan (photos à l'appui), est un modèle très atypique de par sa qualité de fabrication et ses coûts de revient exceptionnels. Qu’elle soit recherchée pour son usage ou pour la collection, il est peu probable, à mon sens, que l’intérêt pour ce modèle d’une marque hautement réputée dans le domaine décroisse au fil du temps.

Tableau Récapitulatif de la Baïonnette Fulcrum

Caractéristique Détail
Poids 380g
Compatibilité FAMAS valorisé et FAMAS FELIN
Nombre d'exemplaires commandés 11 000
Matériau du manche Forprene (élastomère thermoplastique vulcanisé)
Couleur du manche OD (Olive Drab)
Type de lame Tanto, partiellement dentée (40mm)
Longueur de la lame 170mm
Matériau de la lame Acier inoxydable au cobalt N690
Dureté de la lame 58HRC
Traitement de surface Bronzage conforme à la norme MIL-C-13924
Marquages Numéro de série commun, numéro unique commençant par « MA »
Résistance de la lame 150kg de pression
Matériau du fourreau Plastique ABS
Couleur du fourreau OD (Olive Drab)
Fonctionnalités du fourreau Système d'aiguisage, coupe-barbelés
Marquages du fourreau « FOURREAU - Série - Contrat (ici FAQ 15) »
Matériau de l'étui Cordura (couleur OD/noir)
Système de fixation de l'étui MOLLE/PALS
Marquages de l'étui « ETUI SOUPLE - Série - Contrat (ici FAQ 15) »
Autres Sangles pour adaptation à la cuisse, attache ceinturon

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