Les armements utilisés en Ukraine suscitent de nombreux commentaires et questions, reflétant un désintérêt général pour les questions militaires. Cet article propose des explications simples sur le fonctionnement des lance-roquettes, permettant ainsi de mieux comprendre l'importance de certaines informations, notamment sur les livraisons d'armes.
Les Russes utilisent en Ukraine une artillerie dévastatrice, qui repose sur deux types d’armement : des canons et des lance-roquettes. Les « canons d’artillerie » propulsent des obus qui sont des bombes chargées d’explosifs. Ces obus commettent des dégâts d’autant plus importants qu’ils sont tirés en salves par des « batteries d’artillerie », regroupements de 5 à 10 canons (ou mortiers) bombardant la même cible. A ce jour, aucun système ne permet d’intercepter les obus en vol.
Une fois partis, la seule protection contre eux consiste à dégager de la zone ou à trouver un abri (tranchée, cave, bunker) qui permette de ne pas être soufflé, explosé ou criblé d’impacts. Ces tirs sont redoutables, relativement imprécis (de 10 à 100 m près), et avec un pouvoir de destruction important du fait de leur multitude. Tout ce qui est en surface ou exposé se retrouve détruit ou abîmé, ce qui est enterré peut y échapper sauf en cas de coup direct (l’obus directement sur l’abri).
Les roquettes sont des fusées non guidées qui transportent aussi une bombe. Les Russes ont développé depuis des décennies des lance-roquettes multiples qui envoient un « panier » de roquettes pratiquement en une seule salve, l’équivalent d’une batterie de canons qui tireraient quasiment en même temps. Le résultat est très impressionnant, l’arrivée des roquettes s’entend, un sifflement inquiétant, avant qu’elles ne s’écrasent en vague sur leur cible. Leur précision est inférieure aux canons car leur vol est plus lent et sans possibilité de correction de leur trajectoire.
Les HiMARS (High Mobility Artillery Rocket System) sont des lance-roquettes multiples (LRM) qui ne tirent que des missiles. Dans le cas spécifique du HIMARS, le système d’arme est monté sur un camion tandis qu’il existe en quasi équivalent sur chenilles appelé LRM dans l’artillerie française. Ces batteries d’artillerie, de canons ou de lance-roquettes, ont à peu près la même portée, quelques dizaines de km. Leurs tirs ne sont pas interceptables, restent moyennement précis et commettent de gros dégâts sur toute la zone visée.
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Dans cette guerre, compte tenu de leur portée, les batteries d’artillerie russes se situent largement en territoire ukrainien et elles sont difficiles à défendre, car il faudrait pour les Russes sécuriser de très larges zones pour empêcher de les approcher. Par ailleurs, ces batteries d’artillerie - canons ou lance-roquettes multiples - ont pour caractéristique d’avoir besoin d’une logistique considérable, les munitions utilisées étant lourdes et encombrantes. Ce sont en fait des milliers de tonnes qu’il faut acheminer depuis des stocks d’armement jusqu’au lieu de déploiement de ces batteries.
Techniquement, les missiles sont des roquettes guidées, c’est-à-dire que leur trajectoire est corrigée pendant le vol pour les « guider » avec beaucoup de précision sur leur cible. Les Russes ont développé toute une panoplie de missiles, tirés du sol à partir de camions, lancés de navires voire de sous-marins, ou à partir d’aéronefs (avions et hélicoptères).
Au contraire des armes de saturation (canons et roquettes), les missiles sont des fusées sophistiquées qui vont chercher à détruire un objectif précis. Leur portée va de quelques km à plusieurs milliers, puisque leur système de guidage leur permet de voler sur de longues distances s’ils sont équipés du propulseur adapté. A ce jour, il existe très peu de systèmes de protection capables d’intercepter efficacement des missiles en vol, et un peu plus de dispositifs pour brouiller leur guidage (on parle souvent de « leurrage »).
La médiatisation par les Russes de l’emploi de « missiles hypersoniques », c’est-à-dire volant à des vitesses de plusieurs dizaines de fois la vitesse du son (Mach) change seulement le fait qu’ils sont encore plus difficiles à intercepter (ou à leurrer). Ce qui est déterminant dans un missile est ce qu’il transporte. L’aviation utilise toute une série de bombes qui vont de 125 à 1,000 kg. Elles sont puissantes en comparaison des 45 kg d’un obus classique d’artillerie mais elles ne sont efficaces que si elles sont guidées.
Les États-Unis livrent aux Ukrainiens depuis janvier 2023 deux types d'armements importants :
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Les roquettes comme les missiles peuvent aussi embarquer des « sous-munitions », un paquet de bombes plus petites qui sont dispersées au-dessus de la zone visée et qui sont censées exploser en grappe lorsqu’elles sont répandues. Dans la réalité, ces « sous-munitions » se transforment en mines dès lors qu’elles n’ont pas explosé immédiatement, ce qui est souvent le cas, devenant un danger permanent pour toute personne devant traverser cette zone.
Les Etats-Unis, qui n’ont pas signé non plus la convention d’Oslo, décident en juillet 2023 de fournir des munitions de ce type aux Ukrainiens… qui utilisaient déjà celles d’origine soviétique. Si ces munitions sont employées sur les lignes de front érigées par les Russes pour empêcher les Ukrainiens de reconquérir leur pays, elles rajouteront quelques mines supplémentaires sur une zone abondamment minée par les troupes de Poutine.
Notons enfin que ces armes à sous-munitions ne constituent pas une « sur-arme », mais provoquent une dispersion plus grande des explosions dans un bombardement, avec une efficacité relative si les unités visées sont protégées, dans des tranchées ou des bunkers par exemple.
Dans la guerre contre l’Ukraine, ou contre les pays qui apporteraient une aide déterminante à leur résistance, les forces russes pourraient utiliser des charges nucléaires « tactiques », c’est-à-dire destinées à faire bataille : leur puissance est alors limitée à « quelques » kilotonnes - une kilotonne équivalant tout de même à 1000 tonnes de TNT - alors que les bombes classiques les plus puissantes ne dépassent pas quelques tonnes… Une arme nucléaire tactique détruirait l’intégralité d’une base militaire, sous deux mètres de profondeur et dans un rayon de quelques km. Elle produirait en plus une pollution radioactive, là aussi « limitée », mais tout est relatif.
Les DRONES sont des aéronefs sans pilote embarqué. Les plus lourds font la taille d’un avion et disposent d’une autonomie qui n’est plus limitée par la résistance humaine : il est difficile de tenir plus que quelques heures sanglé dans un cockpit pour un pilote. Dégagés du poids que représente l’équipage et de tout l’équipement qui lui est nécessaire (de la pressurisation au siège éjectable), les drones ne transportent donc que leur charge utile, pour l’essentiel des capteurs (pour voir, nécessitant de nuit un système plus sophistiqué et donc plus lourd) et pour « délivrer » une bombe qui peut aller, selon leur taille, de l’équivalent d’une grenade (500g) jusqu’au missile tiré normalement par un avion (en centaines de kg).
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Les plus petits drones sont évidemment très limités en rayon d’action (quelques dizaines de minutes) et en emport (une caméra miniaturisée et éventuellement une grenade allégée). Ils sont en général assez lents, difficiles à détecter du fait de leur taille et du bruit qui règne sur un « champ de bataille ». Mais ces drones restent relativement fragiles et bien sûr très sensibles au brouillage, car leur guidage à distance requiert une très bonne connexion pour espérer en garder le contrôle.
Pour l’essentiel, les drones sont aujourd’hui des armes qui volent, mais les prochains développements seront vraisemblablement d’autres armes pilotées à distance, des véhicules aux humanoïdes combattants. Pour contourner leur fragilité liée à la transmission du guidage, des constructeurs essayent de les autonomiser en les dotant de leur propre système de contrôle, appelé un peu vite « intelligence artificielle » mais qui pose d’ores et déjà la question de leur capacité à décider « seul » de choisir et de détruire une cible. En Ukraine, peu d’informations confirmées permettent de connaître leur efficacité réelle, les drones font l’objet de plus de déclarations que de faits étayés.
Les Ukrainiens bénéficient d’une couverture cyber remarquable. Ils sont alimentés en renseignements par les moyens considérables dont disposent en particulier les Etats-Unis, leur permettant en premier lieu de localiser avec précision les forces russes et de déterminer leurs mouvements. L’autre aspect de la cyber guerre est de fournir une protection aux Ukrainiens qui auraient dû normalement être paralysés ou désorganisés par les centres de hackers développés par les Russes pour mener de multiples piratages contre leurs systèmes informatiques.
Au lieu de cela, le fait que le président Zelensky ait pu se filmer sur « son » smartphone dans le centre de Kiev sans être immédiatement ciblé par une frappe de missiles, ou qu’il puisse donner des visioconférences avec les parlements de grands pays occidentaux, démontre la puissance de la bulle de cyber protection dont il bénéficie. Elle est vraisemblablement fournie par les Etats-Unis et elle a pris au dépourvu de nombreuses attaques russes.
Ces missiles MANPADS sont légers en comparaison de leur « grands frères » qui peuvent peser plusieurs tonnes, mais ils font en général entre 15 et 20 kg avec le système de tir. Il ne s’agit donc pas, comme dans les James Bond, d’ouvrir un sac à dos pour en sortir un tube, mais plutôt d’équiper avec précaution un engin sophistiqué dont l’utilisation est loin d’être intuitive. Utiliser un MANPADS revient à mettre en action un système sophistiqué et fragile, avec de multiples sécurités. C’est aussi différent de l’usage d’un fusil, que la moto d’un vélo… Autrement dit ça s’apprend, et surtout cela requiert une maîtrise encore plus longue à acquérir de bien savoir l’utiliser. Théoriquement quelques jours de formation suffisent pour arriver à tirer un MANPADS, mais en pratique des semaines, voire des mois d’entraînement sont nécessaires pour les utiliser au mieux de leur capacité et être capable d’intercepter en vol un hélicoptère ou un avion de combat.
Le MANPADS est alimenté par une pile batterie dont l’autonomie ne dépasse pas la minute et il faut donc la déclencher exactement au bon moment. Seulement alors, le système de guidage (« l’auto directeur ») est capable de repérer une source de chaleur correspondant à un avion ou un hélicoptère. Il prévient par un signal sonore et lumineux qu’il a accroché une cible, il faut aller vérifier que ce soit la bonne cible - et pas un reflet du soleil contre un immeuble lorsqu’on vise un hélicoptère - avant de pouvoir déclencher le tir. La portée du missile étant réduite à quelques km, il faut s’assurer dans le même temps que le lancement s’effectue bien dans cette « fenêtre de tir », sinon le missile retombera inexorablement faute d’avoir rattrapé sa cible.
Globalement, un tireur de MANPADS dispose d’une minute de « fenêtre de tir » (ce qui correspond d’ailleurs à l’autonomie de sa batterie), il n’est donc pas question de tirer « au jugé », il faut bien au contraire un dispositif d’alerte et de repérage pour déterminer quand la cible est réellement à portée. Ce sont soient des radars sophistiqués montés sur des camions, soit un réseau d’observateurs placés à des endroits clefs, capables de repérer l’entrée des avions dans le périmètre de tir. Une fois toutes ces conditions remplies, il faut encore surélever la ligne de mire pour éviter que le missile ne tombe au sol, faute d’avoir acquis une vitesse suffisante lorsqu’il est sorti du tube, grâce à un éjecteur dont le rôle est d’éviter de brûler le tireur. Un long panache de fumée suit alors le propulseur du missile, indiquant dangereusement d’où vient le tir, et il vaut mieux avoir prévu un dispositif de couverture mutuelle pour que le tireur de MANPADS ne soit pas immédiatement pourchassé pour un autre hélicoptère ou avion.
On comprend la longue route qui sépare la livraison de missiles aux Ukrainiens de la capacité de les utiliser efficacement. S’ils sont bien utilisés (« servis » dans la langage militaire), les MANPADS peuvent causer de gros dégâts contre les hélicoptères et les avions qui volent à basse altitude, en dessous de 10,000 ft (soit 3 km au dessus du sol). Les hélicoptères militaires russes sont principalement utilisés en Ukraine pour le transport (une équipe de combat, du ravitaillement léger, évacuer des blessés) ou pour l’attaque (hélicoptères armés).
Le groupe français Turgis & Gaillard travaille en secret depuis deux ans sur un système de lance-roquettes multiple baptisé Foudre. Le Foudre est un système conçu et produit en France, dont tous les sous-ensembles, et notamment les plus critiques sont souverains. Sur son site, Turgis & Gaillard présente le Foudre comme « un engin compact, doté de bonnes aptitudes au franchissement avec ses six roues motrices, tout en pouvant se projeter à haute vitesse par les voies routières ». Le véhicule est aussi équipé d’une cabine blindée pour protéger l’équipage des tirs de contre-batterie.
Côté armement, il est capable d’utiliser six munitions de précisions de différents types : roquettes guidées de 75 km de portée, missile de 150 km de portée, missile balistique de 300 km de portée et missile de croisière dépassant les 1 000 km de portée. « Doté de batteries militaires de dernière génération, il peut rester en veille sur de longues durées, moteur coupé, pour réduire ses rayonnements et ménager la vigilance de l’équipage. Tout en restant prêt à frapper à tout moment. »
L’arrivée du Foudre est donc une excellente nouvelle pour l’armée française, même si aucune commande n’a à ce jour était annoncée, mais aussi pour l’Europe. Jusqu’ici, le seul engin dans le monde pouvant se vanter d’avoir de telles capacités était le lance-roquettes américain M142 HIMARS. Le Foudre vient donc directement concurrencer le HIMARS américain et pourrait intéresser les autres armées européennes, elles aussi en plein réarmement.
L'Armée Française, fière de sa longue tradition militaire, dispose d'une vaste gamme d'armes pour répondre à ses divers besoins opérationnels.
L'armée française continue d'innover et d'investir dans des armes modernes pour maintenir sa capacité opérationnelle et sa réactivité sur le champ de bataille.
Une équipe de TF1 a pu suivre, en exclusivité, une simulation en mer Méditerranée. Un exercice d'attaque et de défense avec des tirs de missiles contre des cibles ennemies. Le scénario est simple : il s'agit de repérer puis de détruire l'armement de l'ennemi.
Tout commence par l'envoi d'un drone, assemblé en dix minutes et dont le décollage à la verticale est une prouesse technologique. Le drone part chercher les cibles ennemies qu'il peut voir dans un rayon de 100 km. Ses coordonnées GPS sont ensuite transmises en temps réel au poste de commandement.
Une première roquette est lancée, suivie d'un deuxième tir. La cible est touchée à 40 km. La 19ᵉ brigade d'artillerie est la seule à voir et frapper aussi loin derrière les lignes ennemies.
Un autre tir de missile est déclenché, il s'agit cette fois de la défense entière aérienne. Car les radars alertent : des drones ennemis tentent de riposter. Pour les neutraliser, les militaires utilisent des missiles Mistral. Durant cet exercice, "il n'est pas question de lancer de vraies cibles".
Étant donné qu’elle devra être en mesure de déployer une division « bonne de guerre » en 2027, l’armée de Terre doit impérativement renouveler ses capacités de frappes dans la profondeur à court terme. Pour éviter une rupture temporaire de capacité, l’option de l’achat « sur étagère » d’une solution étrangère n’est pas écartée.
La DGA se pose même la question de savoir si le lance-roquettes multiples est encore pertinent parce que, selon lui, « si on regarde le RETEX [retour d’expérience] d’Ukraine, on peut se dire que, peut-être, le prochain LRU sera un lance-drones ou un lance-MTO [munitions téléopérées], ce qui n’est pas exactement la même chose ».
Après la guerre les avions français étaient tous d’origine alliée, certains étaient déjà équipés de lance-roquettes dit « à longueur nulle ». Bien sûr, il fut décidé de lancer une fabrication française de ce type d’armement mais qui devait évidemment pouvoir être interchangeable avec les matériels alliés. Dans les années 50 la société SERAM à Breuil-Le-Sec (60) produisit les propulseurs à poudre des roquettes T10. Les T.10 étaient en fait le propulseur, un tube contenant la poudre pyrotechnique de propulsion, son empennage en tôle, son amorce et son allumeur électrique. Ils étaient évidemment non guidés, seule la vitesse relative de l’avion leur permettait d’aller au but fixé par le pilote.
Ce type de roquettes H.V.A.R. ou Hvar (et surnommé par les américains Holy Moses) fut utilisé par les avions américains lors de la 2ème Guerre mondiale notamment les Mustang, TBM-3 Avenger, Corsair, Bearcat, etc… Ces roquettes semblent avoir été utilisables comme les T 10 sur les mêmes supports. La première roquette de 5 pouces à propulsion par fusée lancée de la marine américaine était un dérivé d'un précédent de FFAR de 3,5 pouces qui a été développé par la Marine à partir de juin 1943, pour équiper des avions ASW (Anti Submarine Warfare).
Les fusées SNEB (de fabrication française, Société Nouvelle des Établissements Edgar Brandt) sont des roquettes non guidées reprises ultérieurement par la société française TDA Armements, conçues pour le lancement par des avions de combat et des hélicoptères.
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