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L'impression 3D permet de créer des maquettes ou des prothèses, mais certains l'utilisent déjà pour fabriquer des pistolets. C'est un véritable pistolet, qui fonctionne. Pourtant, il peut être fabriqué à la maison avec une imprimante nouvelle génération.

Habituellement utilisée à des fins artistiques ou médicales, pour réaliser une maquette en relief ou des organes de remplacement, l'imprimante 3D pourrait sous peu faire de nouveaux adeptes : les armuriers en herbe.

HaveBlue, un membre du forum AR15.com, spécialisé dans l'armement, affirme ainsi avoir réussi à fabriquer les pièces qui constituent une arme à feu à l'aide d'une imprimante Stratasys, qui n'est pourtant pas un matériel de dernière génération.

Cet appareil de stéréolithographie permet de fabriquer un objet en superposant des couches de plastique, de cire ou de métal afin de former un volume. Le résultat obtenu par HaveBlue aurait été fort concluant : il serait parvenu à tirer plus de 200 fois avec l'arme qu'il a assemblée.

Ce "progrès" technique est assez effrayant. Outre les risques de conception auxquels s'expose l'apprenti armurier (le pistolet, conçu en plastique, pourrait se révéler explosif pour celui qui le manipule), se pose le problème de la libre circulation de ces nouvelles armes.

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Avec des plans et les notices de fabrication disponibles sur Internet, rien n'est plus facile que d'imprimer les composants des pistolets. Faudra-t-il bientôt une autorisation de possession d'imprimante tridimensionnelle ?

Pendant que vous bricoliez ce Week-End pour réaliser vos griffes de Wolverine à l’aide d’un gant en latex d’un peu de ruban adhésif et d’une fourchette, d’autres se sont lancés dans des projets bien plus dangereux.

Évidemment, il faut avoir un peu de matériel, quelques notions de base et pas mal de cases en moins pour tenter de se fabriquer un fusil à l’aide d’une agrafeuse et de bouts de tuyaux.

Si vous ne saviez pas comment fonctionne une arme à feu jusqu’à présent, rien ne vous semblera aussi simple : il suffit de se fabriquer un percuteur et d’avoir les munitions.

Le Liberator : un exemple concret

Le Liberator, un dangereux pistolet à fabriquer chez soi avec une imprimante 3D, a été rendu public par son inventeur, suscitant l'inquiétude des militants anti-armes aux États-Unis. La vidéo fait froid dans le dos : le pistolet Liberator à un coup de calibre 9 mm, en plastique, peut être fabriqué par presque n’importe qui, par petites pièces qu'on assemble ensuite, avec une imprimante 3D.

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Il faut rajouter néanmoins un tout petit percuteur en métal et une autre pièce de métal de trois centimètres pour être en conformité avec la loi américaine en étant détectable dans les portillons de sécurité. L'arme à feu peut-être fabriquée par à peu près n'importe qui, pourvu qu'il soit équipé d'une imprimante 3D.

Le magazine du monde des affaires Forbes a notamment posté une vidéo sur son site dans laquelle on voit un essai être effectué près d'Austin, au Texas, la semaine dernière, avec un engin de plastique blanc et bleu. "Ca a marché", assure le magasine, qui ajoute néanmoins que l'arme a explosé au second essai de son inventeur Cody Wilson, un étudiant de 25 ans de l'Université du Texas.

"Maintenant, n'importe qui, un terroriste, un malade mental, un conjoint violent peut ouvrir une fabrique d'armes dans son garage. Il faut que cela cesse." Du plastique et deux petites pièces métalliques suffisent pour réaliser le Liberator.

"Cela retourne l'estomac", a indiqué le sénateur démocrate de New York Charles Schumer. "Maintenant, n'importe qui, un terroriste, un malade mental, un conjoint violent peut ouvrir une fabrique d'armes dans son garage. Il faut que cela cesse."

Le représentant Steve Israel, également de New York, a proposé un projet de loi interdisant la fabrication maison des armes en plastique. "Les contrôles de sécurité, les réglementations ne serviront à rien si les criminels peuvent imprimer leurs armes en plastique à la maison".

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Une imprimante 3D comme la Replicator 2 fabriquée par la société MakerBot peut s'acheter par exemple pour 2.199 dollars, livrable en une semaine.

Implications et Enjeux

Aux États-Unis, le patron d'une assurance santé a été tué par un homme qui aurait utilisé une imprimante 3D pour fabriquer une arme lui-même. L’auteur présumé du meurtre de Brian Thompson en pleine rue à New-York.

Il est très facile de fabriquer une arme chez soi. « Le principe d’une arme n’est pas compliqué, tant que c’est résistant, ce n’est pas sorcier », commence un armurier parisien, contacté par actu.fr. Qui nous confirme que c’est sûrement de l’impression 3D qui a permis d’obtenir chaque pièce du fameux pistolet qui aurait tué Brian Thompson.

« Toutes les pièces ne peuvent pas être imprimées en 3D, le canon notamment, qu’il est impossible de faire en plastique normalement, ce n’est pas résistant pour une balle. C’est donc en acier. Aux États-Unis, il est possible de se procurer facilement une vraie arme à feu (puisque le port d'armes est légal, selon l'amendement n° 2 de la Constitution, ndlr). Puis de récupérer les pièces pour ne garder que le canon par exemple, et ensuite se servir d'une imprimante 3D pour le reste.

Ainsi, il n’aurait fallu au tueur présumé que d’imprimer les différentes pièces avec du plastique, puis de se procurer un canon et des cartouches en acier, et de les assembler pour avoir un pistolet fait maison. Or pour les assembler, il faut bien un plan. « Il y en a beaucoup qui traînent sur internet… », confie ce spécialiste des armes à feu.

Selon un deuxième spécialiste, il est même possible de fabriquer des armes complètement en plastique. En février 2024, le procureur de la République de Marseille avait annoncé le démantèlement par la gendarmerie d’un réseau de trafiquants d’armes d’impression 3D.

Parmi les pièces vendues : le fameux « FGC-9 » (l’acronyme de « Fuck Gun Control », traduire par « J’emmerde le contrôle des armes »), un pistolet semi-automatique mis à disposition du public depuis 2020. Et réalisable en une trentaine de minutes très facilement. Pour le fabriquer, il était tout de même nécessaire de se procurer des éléments en acier.

Avant le FGC-9, une autre arme, entièrement en plastique, avait fait parler d’elle : le Liberator.

Et si Luigi Mangione avait tiré avec un pistolet, cela n’est pas la seule arme que l’on peut fabriquer via une imprimante 3D. « C’est possible de faire un fusil d’assaut, par exemple, à partir du moment où l’on a le canon. »

Fabriquer des armes chez soi relève de l’artisanat. Et ces pistolets ne sont pas faits pour durer. « Ça tire un ou deux coups et après, c’est foutu », nous précise ce spécialiste. Ainsi, on ne peut pas fabriquer « des armes à répétition par exemple ». C’est-à-dire une arme avec laquelle on peut tirer plusieurs coups.

Les Défis de la Traçabilité

Sur ces armes, pas de numéro de série, ni d’agrément, ce qui permet à ce genre d’armes d’être facilement intraçables. En plus d’être transportable en pièces détachées.

Facile de ne pas se faire repérer au portique de l’aéroport, si l’on a son pistolet en pièces détachées, « sauf le canon qui peut être repéré aux rayons X s’il est en acier », nous précise le premier armurier joint par la rédaction. Et de conclure que certains pays autorisent carrément l’utilisation de ce genre d’armes en obligeant sa population à les déclarer.

Aux États-Unis aussi, ce genre d’armes prolifère. Les autorités américaines en ont récupéré plus de 45 000 entre 2016 et 2021 sur des scènes de crime. Ce qui a forcé Joe Biden à annoncer une nouvelle règle en 2022 : dorénavant, les pièces détachées doivent comporter des numéros de série.

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