La confection des cartouches à la maison a existé jusque vers 1960, avec un pic pendant la période de la guerre quand il y avait des restrictions.
Dès le début du XXe siècle se trouvait dans beaucoup de maisons de nos campagnes un catalogue de vente par correspondance appelé « catalogue de Manu France ».
Ce livre épais de près de 500 pages était édité chaque année et proposait une multitude de produits divers et quelconques.
Il y avait une grosse partie qui était consacrée aux armes et aux cartouches et aussi à du matériel divers pour rechargement de cartouche.
La confection de cartouches artisanales demandait l’acquisition d’un minimum de matériel et de fourniture :
Lire aussi: Poudre noire : dosettes vs. boîtes
Le processus de rechargement comprend plusieurs étapes essentielles pour garantir la sécurité et l'efficacité de la cartouche.
Ensuite c’est la fabrication artisanale de la cartouche : d’abord la poudre qui était mesurée, ensuite une bourre (sorte de bouchon), puis le plomb qui était aussi mesuré et par-dessus un petit carton rond que l’on sertissait avec un sertisseur.
Avec un appareil sertisseur il consolidait la cartouche.
Pour les cartouches de 12, on mettait plus de poudre.
On achetait la bourre dans les mêmes magasins que les cartouches vides avec amorce, la poudre et les plombs.
Lire aussi: Comment jeter les cartouches de fusil
Quand il n’y avait pas de bourre, il faisait avec de la sciure de bois, on posait un carton après la poudre.
Son père contrôlait au son, en secouant la cartouche, si les plombs étaient bien tassés, une fois la cartouche terminée.
Le choix des composants est crucial pour la performance et la sécurité de la cartouche.
Cette poudre était mesurée avec une grande précision à l’aide d’une dosette, et versée dans la cartouche. Lors de pénurie comme pendant la guerre certains jouaient à l’apprenti sorcier en se fabricant la poudre avec les ingrédients suivants : chlorate de potassium, du charbon de bois, du sucre, du souffre.
Le résultat n’était jamais fiable et sûr.
Lire aussi: Conseils pour l'élimination des cartouches de fusil de chasse
Il y avait deux poudres différentes : la noire qui engendrait beaucoup de fumée ; la poudre T, plus moderne.
Elles étaient achetées dans le commerce. Certains les fabriquaient en les découpant avec un emporte-pièce dans des pièces de feutre.
La grosseur du plomb varie suivant l’utilisation de la cartouche et appropriée au gibier recherché. On parle du plomb par son numéro. Plus celui-ci est élevé, plus le diamètre du plomb est petit. Le N° 12 correspond à du plomb de 1,25mm, le N° 1 à du plomb de 4mm. Le choix du plomb est effectué en fonction du gibier recherché. Du petit plomb pour les petits oiseaux (passereaux, grives, cailles…) , du gros plomb pour les gros oiseaux (faisans, perdrix, pigeons) et mammifères (lièvres, lapins…). Lors de pénurie certains se fabriquaient les plombs de chasse.
Elle était placée au-dessus des plombs et les empêchait de sortir de la cartouche. Un sertisseur était utilisé pour former un bourrelet en bout de cartouche empêchant le carton de tomber.
Le choix du matériau pour la fabrication des « plombs » de cartouches de chasse nécessite la prise en compte de plusieurs facteurs : la forme sphérique des billes, la densité du matériau, et son élasticité pour le transfert d’énergie. En outre, il est crucial que le matériau soit aisément accessible pour une production industrielle tout en restant économiquement abordable pour les utilisateurs finaux.
En raison de leur densité plus faible (inférieure de 31 % à celle du plomb), une vitesse initiale plus élevée est nécessaire, et il est recommandé d'augmenter le calibre des billes de deux tailles par rapport à celles en plomb pour maintenir la même énergie cinétique finale.
Afin d'assurer des performances optimales à des distances plus éloignées, il est essentiel d'ajuster à la fois la charge utile et la vitesse.
L'un des principaux avantages des billes d'acier réside dans leur excellente capacité de pénétration (augmentation de 5 à 10 %). La gerbe résultante est plus uniforme, plus dense, mais aussi plus courte (pouvant être réduite jusqu'à 50 % par rapport aux billes de plomb). De plus, le coût reste abordable, ce qui constitue un avantage crucial pour les tireurs et les chasseurs.
Le bismuth ou les alliages (Bismuth, aluminium, étain & zinc) sont des métaux lourds, affichant une densité très similaire à celle de l'acier, et ils démontrent des performances comparables à ce dernier.
La caractéristique principale du bismuth réside dans sa souplesse, qui lui permet d'être utilisé par tous les types de canons, y compris ceux destinés aux billes d'acier. Cette souplesse permet le chargement des cartouches de bismuth avec une bourre traditionnelle.
La densité élevée du bismuth ainsi que ses propriétés de déformation lors de l'impact résultent en un transfert significatif d'énergie.
Certaines cartouches sont chargées avec des grenailles de cuivre qui forment également une excellente alternative au plomb et aux autres substituts au plomb.
La sécurité est toujours un point crucial lors de l’utilisation d’une arme. Nous ne parlerons ici que de la sécurité spécifique liée à l’utilisation de munitions de substitut au plomb dans des fusils de chasse à canon lisse.
Il est essentiel de comprendre la signification du poinçon du banc d'épreuves inscrit sur vos canons, ainsi que les cartouches qui peuvent être utilisées en toute sécurité.
Il convient de toujours garder à l'esprit la possibilité de ricochets, en particulier dans des environnements aquatiques, autour de branches ou au sein d'une végétation dense.
Ne déclenchez jamais un tir à moins d'être certain de votre cible et de la voir clairement.
Lors de l'utilisation de cartouches dotées d'une bourre fabriquée à partir d'un matériau alternatif ou d'un matériau dit « dégradable », il est primordial de garantir la protection constante du canon et d'éviter tout dommage aux parois internes des canons causé par les billes.
Étant donné que l'acier possède une densité inférieure, la vitesse résiduelle sera également moindre, impliquant ainsi un ajustement nécessaire de votre visée (plomb).
Les projectiles en acier sont inaltérables, et l'utilisation d'un choke jusqu'à ½ maximum garantit une dispersion optimale et précise.
Comparativement, le bismuth possède une densité supérieure à celle de l'acier, ce qui permet des tirs à des distances plus étendues, jusqu'à 55 mètres (60 yards).
Les projectiles en alliage ont un comportement intermédiaire entre l’acier et le Bismuth qui se rapproche énormément du comportement du plomb.
Il est également conseillé de faire des tests en stand pour bien prendre conscience du comportement de la munition en action.
| Composant | Description | Utilisation |
|---|---|---|
| Poudre Noire | Mélange de chlorate de potassium, charbon, sucre et soufre | Propulsion des plombs, nécessite une mesure précise |
| Bourre | Cylindrique, en feutre ou matériau synthétique | Amortisseur, joint d'étanchéité |
| Plomb | Billes de différents diamètres | Projectile, choix selon le gibier |
| Carton de Sertissage | Rondelle de carton | Fermeture de la cartouche |
| Acier (Substitut) | Billes en acier | Alternative au plomb, nécessite une vitesse initiale plus élevée |
| Bismuth (Substitut) | Alliage de Bismuth, aluminium, étain et zinc | Alternative au plomb, utilisable dans tous les canons |
tags: #dosette #de #cartouches #de #chasse #composition