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Le problème des armes à feu est un défi crucial aux États-Unis qui ne cesse de bouleverser la scène internationale. Chaque mois, les États-Unis sont endeuillés par de nouvelles fusillades. Les armes à feu sont donc un véritable fléau aux États-Unis (qui connaît un taux d’homicide par armes à feu en moyenne 25 fois plus élevé que celui d’un autre pays développé). Il est aujourd’hui nécessaire de faire face à cette violence.

Au pays de l’oncle Sam, les jeunes ont plus de risque de mourir d’une balle dans la tête que d’un accident de la route. En 2014 et pour la première fois depuis soixante ans, les armes à feu ont tué autant que les accidents de la route aux Etats-Unis. D'après le Washington Post, le constat sonne comme un nouvel avertissement pour les Etats-Unis : en 2014, les armes à feu ont tué autant de citoyens américains que les accidents de la route. Selon une étude du Centre de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) - l’agence fédérale de protection de la santé publique - 4 036 décès ont été imputés aux accidents de la route chez les jeunes de moins de 19 ans en 2020, tandis que 4 368 morts ont été causées par une arme à feu.

Statistiques alarmantes

Autre donnée glaçante, d’après Gun Violence Archive - une ONG recensant les victimes quotidiennes d’armes à feu aux États-Unis - depuis le 1er janvier 2022, 140 enfants âgés de 0 à 12 ans ont perdu la vie. D’après un rapport publié en septembre 2022 par Gun Violence Archive, les victimes ont atteint un total de 1 420 depuis le 1er janvier 2022, dont 293 morts et 1 127 blessés. Au cours des 145 premiers jours de 2022, les États-Unis ont connu 213 fusillades de masse.

Après quatre années de baisse, le nombre de meurtres par arme à feu repart à la hausse dans les 50 Etats, avec 8 855 meurtres en 2012. En 2017, près de 109 personnes sont mortes chaque jour de violences armées. Le taux annuel de décès par arme à feu est passé de 10,3 décès pour 100 000 habitants en 1999 à 12 décès pour 100 000 habitants en 2017.

Le 14 mai, le pays a été secoué par la tuerie de Buffalo. Dix personnes, dont une majorité d’Afro-Américains, ont été abattues par un jeune suprématiste blanc de 18 ans. Le 24 mai, un autre jeune de 18 ans a tué 21 personnes (dont 19 enfants) dans une école d’Uvalde au Texas. Le 1er juin, un homme d’une trentaine d’années a tué au moins quatre personnes dans un hôpital de Tulsa, dans l’Oklahoma. Le 9, une autre tuerie a provoqué la mort de trois personnes à Smithburg dans le Maryland.

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Tableau récapitulatif des décès par armes à feu et accidents de la route chez les jeunes

Année Décès par accidents de la route (moins de 19 ans) Décès par armes à feu (moins de 19 ans)
2020 4 036 4 368
Depuis le 1er janvier 2022 (enfants de 0 à 12 ans) - 140

Facteurs contribuant à la violence armée

Sont également impliqués les violences entre gangs, le trafic de drogue ou bien encore les prises d’otage. L’immense majorité des homicides ont lieu dans des maisons/appartements ou dans des lieux résidentiels privés. Les homicides à caractère racial sont aussi très importants. Les jeunes Afro-Américains sont victimes d’armes à feu de manière disproportionnée par rapport aux jeunes Blancs. Ils constituent le groupe le plus affecté devant celui des Amérindiens.

Si les fusillades de masse constituent un petit pourcentage des causes de décès par arme à feu chez les jeunes, toujours est-il que leur nombre a significativement augmenté. Les fusillades dans les écoles se multiplient et s’intensifient, le constat est édifiant. En 2022, on dénombre déjà 27 fusillades (de la maternelle au secondaire) et 119 depuis 2018, d’après le site Education Week. Ces tueries de masse ont pour toile de fond l’aggravation de la crise de la santé mentale chez les adolescents, qui s’est vue intensifiée par la pandémie.

Si on s’intéresse de près aux profils des assaillants ces dernières années, une immense majorité d’entre eux, pour ne pas dire la totalité, présentaient des signes de troubles mentaux. On le voit, le problème des armes à feu va de pair avec la dégradation de l’encadrement des élèves et des troubles de la santé mentale.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation :

  1. Le droit d’accéder aux armes à feu est un droit constitutionnel. Il est en effet garanti par le Second amendement (ratifié en 1791) qui défend le droit de détenir et de porter des armes.
  2. Les armes à feu font partie intégrante de la culture américaine. En 1995, le politologue Robert Spitzer affirmait que la culture américaine des armes à feu s’explique par la prolifération des armes à feu depuis les premiers jours de la nation.
  3. Le lobbying pour les droits des armes à feu est bien plus fort que celui pour le contrôle des armes à feu.

Les États-Unis assistent tout de même à une vague de criminalité particulièrement importante depuis plusieurs années. Plusieurs raisons sont évoquées :

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  1. Un sentiment d’anarchie/de désordre qui découle notamment de la violence policière.
  2. Un sentiment d’isolement et de frustration, sentiment qui a été exacerbé par la pandémie.
  3. La Covid a favorisé l’isolement et la prise de position sur de nombreuses questions et a ainsi divisé les concitoyens. Or, lorsque l’empathie pour les autres citoyens décline, la criminalité augmente.
  4. Une certaine rupture entre les citoyens et le gouvernement.

Mesures envisagées pour lutter contre la violence armée

Certains affirment même que cette relation singulière que les États-Unis tiennent vis-à-vis des armes à feu relève d’une forme sombre de l’exceptionnalisme américain. La première est d’appliquer des « buyback programs ». C’est-à-dire des programmes destinés à racheter les armes qui sont actuellement en circulation aux États-Unis. Cela permettrait de diminuer le nombre d’armes à feu disponibles et ainsi de faciliter leur contrôle. La seconde est de vérifier plus efficacement les antécédents (Effective background checks) pour résoudre l’une des grandes failles du système américain, souvent appelée « three-day loophole ».

Le bilan au sujet des armes à feu est dans l’immédiat assez décevant. 11 avril 2022 : Joe Biden a durci la réglementation des armes dites « fantômes ». Ces armes sont dangereuses, car non réglementées. Elles ne sont pas traçables et n’existent actuellement pas au regard de la loi. Le gouvernement américain a donc décidé de sévir contre les fusils artisanaux achetés et vendus sans registre. 24 juin 2022 : Joe Biden signe une loi qui permet enfin de renforcer le contrôle des armes à feu dans le pays. Ces mesures visent à renforcer la sécurité des écoles, à assurer un meilleur contrôle de la vente illégale d’armes, à limiter l’accès des personnes dangereuses aux armes à feu et enfin à financer des programmes de soutien psychologique.

Descendre dans les rues pour lutter contre les armes à feu, c’était le projet des manifestations « March for Our Lives » qui se sont déroulées en 2018, en réaction à la fusillade de Parkland. Ce mouvement a été amplifié sur les réseaux sociaux grâce à des hashtags tels que #NeverAgain, #MarchForOurLives, #WhatIf et #IWillMarch. Le mouvement « March for Our Lives » a bel et bien eu un impact.

Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir sur la question des armes à feu. Le climat de violence qui pèse actuellement sur le pays ne cesse de plonger de nombreux concitoyens dans l’inquiétude. Reste à voir quels efforts seront faits dans les mois à venir pour lutter contre cette violence.

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