En 2024, 138 morts violentes au sein du couple ont été enregistrées par les forces de l'ordre. Ce chiffre dramatique inclut 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, marquant une hausse de 11% des féminicides.
Le nombre de féminicides continue d'augmenter en France. Au total, selon ces données, 138 morts violentes au sein du couple ont été enregistrées par les forces de l'ordre en 2024, dont 31 hommes, soit un décès tous les trois jours.
Il est essentiel de noter que 80% des auteurs sont des hommes et 77% des victimes sont des femmes. En 2024, 403 tentatives d'homicides au sein du couple ont par ailleurs été recensées.
Selon des données publiées par le ministère de l’Intérieur, 107 femmes ont été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint en France l’année dernière, un nombre de victimes en hausse de 11% par rapport à 2023. Près d’un tiers d’entre elles avaient déjà porté plainte pour des violences.
« En moyenne, un décès est enregistré tous les trois jours », précise d’emblée le rapport du ministère de l’Intérieur, qui recense chaque année le nombre de morts violentes au sein du couple, évalué à 138 pour l’année 2024, soit une hausse de 16 % par rapport à 2023 (119). 403 tentatives d’homicides ont par ailleurs été comptabilisées.
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Sur ces 138 décès, les femmes en représentent 107 (77 %), contre 96 l’année précédente. De quoi affirmer qu’elles « sont les principales victimes des morts violentes au sein du couple » et que « le profil type de l’auteur reste majoritairement masculin ».
Dans les détails, le ministère révèle que ce dernier est « le plus souvent en couple, de nationalité française et n’exerçant pas ou plus d’activité professionnelle » et « majoritairement âgé de 20 à 49 ans ».
L’étude fait également part d’une recrudescence des 70 ans et plus, tant du côté des auteurs que des victimes. Les femmes de plus de 70 ans sont surreprésentées, constituant un quart des féminicides l'an dernier. Même vieillissement constaté chez les auteurs de féminicides : 30% ont plus de 70 ans dont la moitié a même plus de 80 ans. Ces crimes s'inscrivent souvent dans le contexte de la fin de vie. 78% des féminicides au sein des couples âgés sont liés à la maladie de la victime ou de l'auteur.
Pour les autres, ce sont les disputes (31%) et les séparations non acceptées (16%) qui restent les mobiles les plus courant dans le passage à l'acte. Souvent les violences existaient au sein du couple depuis longtemps.
47 % des femmes assassinées avaient déjà subi des violences antérieures (50), majoritairement physiques, mais parfois aussi psychologiques et sexuelles. Parmi elles, 74 % les avaient signalées aux forces de sécurité intérieure (37), et 81 % avaient même déjà déposé une plainte (30). Néanmoins, une seule bénéficiait depuis d’un dispositif « téléphone grave danger » et deux d’une ordonnance de protection. L’un des auteurs faisait par ailleurs l’objet d’un placement sous contrôle judiciaire.
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Selon cette étude, 90% des féminicides et homicides conjugaux ont été commis au domicile du couple de la victime ou de l'auteur. L’étude fait état de 49 usages d'arme blanche et de 34 usages d'arme à feu. 25% des auteurs étaient alcoolisés au moment des faits et 13% avaient consommé des stupéfiants. 29% d'entre eux se sont suicidés après les faits.
Les faits sont en majorité commis au domicile du couple, de la victime ou de l’auteur (90 % des homicides) à l’aide d’une arme blanche ou d’une arme à feu, et la période hivernale se démarque avec un nombre plus élevé en janvier et février (respectivement 18 et 17). Quant aux mobiles, la dispute ou la séparation non acceptée constituent toujours les principales motivations du passage à l’acte, signale l’enquête.
Au sein de la sphère familiale, les violences touchent parfois les enfants, qui peuvent être à proximité de la scène (9 %) ou devenir orphelins d’un ou deux parents, c’est le cas de 94 mineurs dans 46 affaires. En outre, sept infanticides ont aussi été recensés dans un contexte de conflit conjugal.
Dans l’Hexagone, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur regroupe le plus grand nombre de morts violentes au sein du couple (20), suivie par l’Ile-de-France (18). En Outre-mer, la Martinique et la Réunion enregistrent trois victimes chacune, et la Guyane en comptabilise deux. Rapportées au taux d’homicide au sein du couple pour 100 000 habitants, ces violences touchent davantage quatre territoires en 2024 : le Lot-et-Garonne, le Var, la Martinique et Saint-Martin. L’île des Caraïbes se classe en première position avec un taux de 3,13 pour 100 000 habitants, la moyenne nationale étant évaluée à 0,20.
La Fondation des femmes craint une baisse des fonds alloués aux violences faites aux femmes dans le budget 2026. Face à ces chiffres alarmant, la Fondation des femmes dénonce ce vendredi dans un communiqué une baisse de près de moitié des crédits alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes dans le projet de loi de finances 2026.
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"Non seulement le projet de loi de finances 2026 ne prévoit pas de crédits supplémentaires pour la lutte contre les féminicides, mais il contient une baisse de 47% des crédits des services de l’Etat dédiés à la politique d'égalité et de lutte contre les violences", dénonce la Fondation des femmes dans son communiqué. Or, selon l'association, "consacrer moins de moyens à la lutte contre les violences patriarcales conduira mécaniquement à plus de féminicides".
"Il faudrait 2,6 milliards d’euros pour accompagner les femmes victimes de violences qui portent plainte, contre 282 millions consacrés aujourd’hui à la lutte contre les violences", poursuit l'association.
De sombres chiffres, alors que la lutte contre les violences conjugales a été qualifiée de « grande cause du quinquennat » par le Président de la République en 2017. En juillet dernier, la commission des Finances du Sénat se penchait sur l’évolution du financement dédié au combat contre les violences faites aux femmes.
Constatant une hausse de ces moyens financiers de 36,5 millions d’euros en 2020 à 101,1 millions en 2024 (176,8 %), ils s’alarmaient que ceux-ci demeurent « dérisoires », lorsque les coûts des violences sont estimés entre 2,5 et 70 milliards d’euros par an en France.
D’autres fonds seraient aussi mal connus et donc sous-exploités, à l’échelle des collectivités territoriales, de l’Union européenne mais aussi ceux d’origine privés, à destination des associations, dont le rôle est « essentiel », compte tenu de leur expertise et expérience de terrain et de leur capacité d’information et d’accompagnement des victimes.
Sur la vingtaine de recommandations formulées par les deux sénateurs, l’une préconise de revoir le positionnement du service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes (SDFE), en dotant cette politique publique d’une vraie administration centrale et interministérielle.
| Type de Victime | Nombre | Pourcentage |
|---|---|---|
| Femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint | 107 | 77% |
| Hommes tués par leur conjoint ou ex-conjoint | 31 | 23% |
| Total des morts violentes au sein du couple | 138 | 100% |
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